‹ Promenade autour du mondeChapitre 73 sur 102 · TRE CLII · texte numérisé non relu

TRE CLII

Sans date si paji.

i^ communiqueF deux .lettres de M. Oxley gouverneur Macquârîe/ qui avait chargé ce •A vant officier de marine* de faire^ dans Fintérieur de la. Nouvelle «-HoUande., deUx voyages de découvertes. J'ai cq«s€pEîvé autant quie.je, Fai pu la manière) is^ïye) de racofi^ter du narrateur^ parce <ïw;'«lle popte^ iw laaractere de vérité trop rare i&a pareilles, circoiïstaiiices. Ne t'ai^tepds pas a trouver des ^lQohtagnes à .pîc.> qî d^< ^c^iscades épouvantable$.: ,1e u^voir n'a pas l;>esoi]^ 4ei ces grand» phënomènes pour intéresser. L.e& relations de Mp: Qxl^y. dpmieBt la^ certitude qijie ces immenses mpn^tagnos^ rêv|éesv par d'enthousiastes écrivains^ n'ei^is^içiHv que daits. Içur invagination. On y verra que les pays qu'il a parcourus soiit en général bas et presque toujours sous l'eau, ce qui , en raisonnant par analogie et d'après des probabilités trèsadmissibles, pourrait faire soupçonner l'existence

^ M. Oxley est lieutenant de vaisseau de la marine royale et inspecteur-général de toutes les terres de la Noayelle-GaUes du Sud.

3Go PROMENADE

d'un lac intérieur où ces mêmes eaux iraient se réunir. Les lacs en effet sont' en 'général bordés par des marécages semblables à ceux qu'a trouvés sur sa route le Voyageur anglais*' L\)iivrage qu'il va publier donnera certainement sur ce pays intérieur des notïioii» du plus haut intérêt. Il faudra seulement ne pas lui faire un crime de ses détails minutieux; de tels "détails miideurc a .d«9 sftjei^ dë]tr trtiitéè , irtai* ik«(>nl'd'tine'gràfide itt9p(mÉà^e\ âtf édrttraire ; dtois le récw d« cmit^ «W^^téàtéuses^ où il s'agit non-seulement d'ibdiqutèir k tlààiré d^ liieilx qu'on pàrqouWy mai^ «encow dé taôiltrêr tei obstacle^ qui 1^'soiit prédîmes:' CôtiUri¥é <^p«rte tfint enf Etw-bpé éeé Montagnés-Blefefes^^èt dei^ittc^^ rîeiir de ce Vôkte feijs;^je66ittplém&i:'ittr^ par la tr^ducdôM des^dieul eiLWaiit^^qti«<^'^»é#a9^i M; Ollèy»ci^olt ^)J5tatèir â«silrer Iqftf^à'la^n-dlÊfSèki second voyagé/ il nô lui ï^éWaitqie ^i^s^^Jcfu'dé chemin tt feîVé pt^ùt-^rrfvéi* èfk3ëftë^thë*'(ï$*è lâna^ ture du pays hiï a ihdiqttée tf^tiié hïâhièré pOsim^. Quedevieiindttt dbiic les hy^ffièiès^e ^}9éimï.A

. * ' ' ' ::■ J..>- '• ^ ^' 'i ■ ; ?; i" J < . .^ ':.' ' /'il ' >•

, • . ''. ; .m'H 'Il II M «\ .,. .,,..,, ,

AUTOUR DU MONDE. 36l

Lettre de J. Oxlej, resservant dé sa première edcpéditio/iy au Gùiwerneur Mac^fuurie.

fiatliurst, 3ô août 1817.

MONSIRUR,

- J'ai riionnci!ir d'înfbtmer Voti^^ Excélleiiccf de ïhon arrivée a Bûthiirst hier soir, dvèc lè^ pérsôntt^ fo^fhant rexpédition <ie l^Ticst, qtie Yôtre ËxoeJiéncea jugé cowvenabfc d^ pkc^ son» mes oi*dr^/

Votre Exceltenpeê est déjà informée de ceqiie j'ai fait jusqu'au 3o avril. Les homes -tfune lettre ûe |)èhnëtteÀt jlas de m'^tendre sur^èsèétaiîsde^ce <^i s'est passé pendant dii-tieuf seiMstihës j éf^éoirimé fïJWrtiî i'iiofifnetir ^ Voir Vottré EiëélteiKie àom JjiieJquesjdurs, j'espèréqtf en attendàntt<îWépjwquêy e91è aurai îà bonté d'aceeptét le réttit ^ttBWaire> qlie je hll dfFr^ ieî. . ..- . ^ >-

Je <îDiltih«faî -à suivre te cbii^ dé là rivière- La*' tihiàn aVec fhés bateatii j^isqu^âti t» mui; lé pèy^ desfceridàiit • rapidement, juiq^'^à-eè^e^les ëàui dé là rivière, è- élevant de niveéew ôvec hii , et se divn saÀt en beaucoup dé brafiehes, nôtis^ présentèrè»* h têhiè îtiômJ^è k PÔtrest et au NohliOuest, et nous eitipëchèrent d'âtâricer da^aûta^ dans dette^ direction j la rivière eHie-iiiêàie ^ ^rdit an ihili^ èem

marais : elle n'avait, jusqu'à cet endroit, reçu aucmie augmentation d'eau d'aucun côté; mais^ au contraire^ elle se dissipait constamment en marécages et lagunes.

L'impossibilité d'aller plus avant avec les bateaux étant évidente, je me déterminai, après une mure délibération, à les hâler hors de la rivière; et nous dépouillant de tout ce qui ne nous était pas indispensable, k continuer notre route avec les chevaux chargés des provisions tirées des bateaux, et k nous diriger vers l'Ouest, de manière k couper tout courant qui pourrait provenir des ea,ux divisées de la rivière Lachlan.

Conformément k ce plan, je quittai la rivière le 17 mai, en me dirigeant dans l'Ouest vers le cap Northumberland, direction qui me semblait la plus propre au but que je me proposais. Je ne détaillerai pas ici les difficultés et les privations que nous éprouvâmes en traversant un pays nu et désolé, et qui ne nous offirit d'autre eau que ceUe que la. pluie avait déposée dans les trous et^qs fentes de rochers«Je, continuai k m'avancer ainsi jusqu'au g juin, époque où ayant perdu deux chevaux exté- Biiiés de fatigue. et de.beso^i, et voyant que les autres étaie^ daps. un état déplorable, je changeai notrei . rputq yens le Nord , le long d'une ^jiiite de coilii^qs , élieyi^ef s'é^ei^dant dans cette directiçiçi^

AUTOtJR DU MONDE. 363

Attendu cju'elles seules nous offraient le moyen de nous procurer de l'eau jusqu'au moment où nous pourrions rencontrer quelque courant. Je continuai à marcher de la sorte jusqu'au 23 juin, jour où nous recontrâmes de nouveau une eau couxante^ que nous eûmies d'abord quelque difficulté k reconnsdtre pour le Lachlan, car elle était plus large que la branche de cette rivière que nous quittâmes le 17 mai. ,

Je n'hésitai pas un moment à suivre son cours; non que la nature du pays ou son apparence indiquât en aucune manière qu'eUe deviendrait navigable y mais je ne voulais point qu'il restât le moindre doute sur l'existence d'une rivière qui se serait jetée vers l'Ouest dans la mer, entueles limites qui m'étaient indiquées dans mes instructions. '

Je contmuai à suivre lés bords de cette eau courante jusqu'au 9. juillet. Je trouvai qu'elle avait pris une direction vers J'Ouest , et avait traversé un pays entièrement plat ^ nu au dernier point, et qui, par moment ^ était évidemment tout-a-fait sous réau. Jusqu'à cet endroit, la rivière avait diminué par degrés , et étendu -ses eaux sur des lagunes stagnantes , sans recevoir aucune eau coûtante tribu-*taireque nous connussions, durant toute l'étendue de son cours. Les bords n'avaient pas plus de trois pieds de haut, et les marques que nous voyions sur

les buiss(^ et ' les arbrisseaux iajdîquaîeiit qtie quelquefois la rivière s'ëletaiide deux ou trots pieds de^us^ et rendait tout l6 pays marocageum et entièrendent inhabitoble.

Il devenait inutile d'hvaiie6!r davantage vers rOuest^ dans lé cas méide oùeelû eût été possible , attendu c|ii'il n'y avait ht colline/ ni éminenco de terre à \a^ poné<J de notre vite, qui n'était bornât que par un borizon éloigné 5 nous ne voyions, point de bois y àrmoins qu'on ne puisse donnef i^ nàm à quelques petits arbres à gomnie qui étaibnt sur le bprd m'énle des làg^ïnes. L'eàu ^ dans le Ht du mârsis (nom qui convient mainlënaiat )^ était stagnante; ce lit avait environ vingtipick}» de. large ^ 6t lés -têtes d'herbes (pii y poussaient ntonttdiënt qit'il pou:^art avoir u-ois pieds de profttodeur.

Cette .manière inattendue et vraiinenf emgnfière dont se ^Êrmine une : rivière i^e npua ra vioos e^iére ^vec raison devoir nous cotidiiiveà ùseconelitsion bien difïei^ente ^ nous rent^it de6 sensattonsrles plts p^nibtesi Nous étionst ai fhtà dé cinq centa milles «J^Q^rOii^st de Sidney!^ etp^sque par sa lititnadé; iQt pour notis avancer si loini^ nou^ smoïèn téfiomwé pendant dix semaines' des^faligitesoontinueHea^ I^ partie h plus proche de la cote ^ vers le oap Bèr-*noulUp ^ elle eût été a(5Qeséiblei ^ étjbiit éloignée de plus de cent quatre -ving^^ «liUes.' Nduë^ atiens

démoniréy deiuauière à vUen pouvoir douter^ qu'aucune., rivière, ne pouvait tomber dans la mer entre le oq> 0/tv^et le golfe di^Spmcér, du-moins aucune rivière tirant 3^ eaux de 1^ côte orientale^ et que 1^ pays ^ituç par le parallèle de 34^ de longitude Sud^ et porle méridien de i47^ 3o' de Ic^^gitude^ était ijihal>itable^ et n'offrait aucun espoir de pouvoir un jaur y former im établissement.

Dès -lors il devint de mon devoir dfe jendre les ressources qui nous restaieot auss utiles à la colonie qiie notre positioq nous. lé permettait; cesressources étaient bien diminuées : unaccidecti; qur élait arrivé à un de nos bateaux ^ au moment où: QQt^ (^^ipédilion partit^ nous avait privés d'un tiersf de nos provisions sèches, dont nous avioi«9 étédskm' le principe fournis pour dix-Jiuit semaines seulement ; et nous avions coniéquemment vécu quelque tenips avec mie modique ration de deux quarts d^ farine p^r chaque homme! par semaine» BïQto^mer au dépôt par la inenie routé que nou» avions prise en venant^ eut été une chose aussi inutile qu'impossible ; <et considérant sérieusement l'intention des instructions de votre Excellence, je résolus, après une délibération très-mure j dé revenir par la route qui me semblait devoir être la plus cOnfornie aux vues.de Votre Excellence, si elle avait été témoin dç notre situfition actuelle.

Remontant donc la riyière de Lacklan^ je recommençai a l'observer depuis Fendroit où nous la reconnûmes le 23 juin, avec Tintention de suivre ses bords jusqu'à ce que sa liaison avec les marais où nous la quittâmes le 17 mai, fût établie d'une manière évidente, et de déterminer si quelques courants d'eau avaient échappé à notre recherche. La liaison avec tous les points détënninés auparavant, fut complétée entre le 19 juillet et le 3 août* Dans l'espace parcouru durant cet intervalle, la rivière s'était divisée en plusieurs branches, et formait trois beaux lacs qui , avec un autre situé près de l'endroit où se termina notre voyage dans l'Ouest, étaient les seules pièces d'eau considérables que nous eussions vues jusqu'alors; et j'estimais que la rivière, depuis l'endroit où elle fut d'abord reconnue par M. Evans, avait parcouru, en comprenant tous ses détours, une étendue de plus de

1200 milles, longueur qui est sans exemple, lorsqu'on considère que la rivière coule sans recevoir aucun auxiliaire, et que sa source primitive constitue toute la quantité d'eau qu'elle a dans cette étendue.

, En la traversant k cet endroit, mon intention était de me diriger dans le Nord-Est p6ur OQuper le pays et pour déterminer, s'il était possible, la situation de la rivière Macquarle qui , bien évi—

demment n'avait jamais joint le LacUan. Cette direction nous conduisit à-travers un pays aussi mauvais qu'aucun de ceux que nous avions jusqu'alors traversés , et également dépourvu d'eau , dont le besoin personnel nous mit dans une grande détresse. Le 7 août, la scène commença à changer, et le pays prit un aspect bien différent. Nous quittions alors le voisinage du Lachlan , et nous avions passé au Nord-Est de la haute suite de collines qui par ce pjiraUèle bornent la contrée située au Nord de cette rivière. Le pays au Nord-Ouest et au Nord était haut et ouvert , avec une bonne terre forestière ; le I o nous eûmes la satisfaction de rencontrer le premier courant d'eau se dirigeant vers le Nord* Cette vue renouvela notre espoir de rencontrer bientôt la rivière Macquarie, et nous continuâmes la même route, en inclinant quelquefois vers l'Est jusqu'au 19, et traversant une riche et belle contrée bien arrosée ; nous vîmes dans cet espace de temps neuf courans d'eau qui passaient au milieu de riches vallées et dont la direction était vers le Nord; le pays de tous côtés était assez haut et ouvert, et généralement aussi beau qu'on peut se l'imaginer.

Nous rie doutions plus que ces courants ne se jetassent dans la Macquarie , et notre principal souhait était de voir cette rivière avant qu elle

reçût cet aliment. Le 19/ nous eûmes l'agrënuent de rencontrer une nouvelle rivière aiTOsant un fort bea» paya, et que j'eusse eu bien du plaî»r à supposer être celle que nous cherchions* Le hasard nous conduisit le long de ce courant pendant envi^ ron un mille; nous fûmes alors surpris de la voir se joindre avec une rivière venant du -Sud ^ d'une largeur et d'une grandeur telles^ que nou»ne pou-^ vions douter qu'elle ne fut cette rivière'.que nou« avions si Iong<-temps cherchée avec anxiété. Thm le triste état de nos ressources /nous ne pimes résister à la tentation que nous offrit un si beau paj^^ de rester deux jours a la jonction de. ce» deux rivières, pour examiner ses environs dans toute retendue possible.

No^ observations augmentèrent la satisfaction que nous avions d'abord éprouvée. Aussi loin que notre vue pouvait s'étendre, et de tous cotés, nous apercevions un pays nche et pittoresque, d'une grande étendue, produisant en grande quaiir tité la pierre à chaux, l'ardoise, le bon bols de construction, et toutes les ressources enfin que l'on peut désirer dans tm terrain non cultivé.

Il n'existe point de meilleur sol , attendu qu'une belle rivière, de première grandeur, procure le moyen de transporter au loin les productions. A Fendroit où nous quittâmes cotte rivière , ^n CQurs

se dirigeait vers le Nord, et nous nous trouvions aloré au Nord du parallèle du port Stephens, cai^ nous étions par 3fi^ 3a' 4^'' de latitude Sud, et par i48<^ Sa' de longitude Est.

Il me sembla que la rivière de Macquarie avait pris une direction N.-N.-O. depuis Bathurst, et qu'elle devait avoir reçu d'immenses accroissement d'eau dans son cours depuis cet établi^ement. Nous vîmes cette rivière à une époque bien propre à nous faire juger exactement de son importance ^ lorsqu'elle n'était ni élevée au-dessus de sa hauteur ordinaire par des débordemens, ni resserrée dans ses limites naturelles par les sécheresses d'été. On ^ pourra se former une idée de sa grandeur aprè^ qu'elle a reçu les courans d'eau que nous avions traversés, outre ceux qu'elle est susceptible de recevoir encore de l'Est ( qui, d'après la hardiesse et la hauteur du pays, doivent être, ce me semble, au-moins en aussi grand nombre que ceux qui viennent du Sud ), quand on saura qu'à cet endroit, elle surpofisait en largeur et en profondeur apparente le Hawkesbury a Windsor, et que beaucoup de ses bras étaient plus grands et plus étendus que celui que l'cm admire sur le fleuve Nepean, dépuis le Warragamba jusqu'aux plaines Emu.

Résolus de nous tenir aussi près que possible de la rivière , pendant le reste de notre route vers

Page 1