Tome IL
tomba d'abord sous ma main^ et j'eus le bonheur de saisir quelques objets auxquels j'attadiais un très-grand prix. Si je n'avais pas été malade lors du naufrage/ je ne doute pas qu'une grande partie de ce que je possédais n'eût été sauvée , si-non en bon état, du-moins comme souvenir^ mais, hélas! j'arrivai a terre avec deux petits caissons de curiosités, ; quelques nattes, un soulier et demi et un manteau de la Nouvelle-Zâadde , dont je me suis toujours
vêtu pendant notre «éjour aux Malouines
Le danger de mourir noyé est maintenant passé; mais quand on songe à l'étonnant péril auquel nous avons échappé , nous ne saurions trop rendre d'actions de grâces à la Providence, du rare bonheur qui a accompagné notre catastrophe.
Indiquâtes i>our ainsi dire sur la roche, 'Cause de notre désastre, il y avait mille à parier contre un que nous n'en sortirions pas; et à^ine nous en sommes^nousdéudbés, qu'une pompe s'est dérangée: juge du Xèle qii'oa a mis à la réparer!... D'un autre côté, dès que la nuit a commencé , la brise a molli , et les ]M*as commençaient à se lasser : quelle perspective ! ,. . ,
J'avoue toutefois qu'à minuit s^peu^rès noui^ eûmes une espérance de bonheur qui ne fut détruite qi|.e le lendanain. En passant a côté d'une île située dans la rade , nous entendîmes un bruit qui res*
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Semblait tËllemeut nu braiment des 4pe9 , que nou^ QQus persuadâmes qu'il y av^it quelqlie^ éiablissemena dans le p&ys. Cette dQuçe erreur ne fui pas de longue durée ^ et lorsque nous reconnûmes les cris des pingoins^ nous résolûmes de nous venger sur eux de l'illusion qu'ils venaient de détruire*
Cependant le navire était sur la côte^ et il fallut songer à descendre à terre le peu de provisions qu'on avait sauvées. La poudre et les fusils deve-^. naient surtout l'objet de notre plus vive sollicitude^ et chacun étai^ intéressé a leur conservation. Aus^j quel soin ne init^^u p^s k les débarquer ei à les garantir des lames qui , malgré le calme , déferlaient; avec viçleuceî De petites tentes furent dres^çes; vm^ <}Omipe on avait sagement résolu de garder les biscuits sauvés ^ pour la dernière r^^Bsowce Vlj9 l'équipage , plusieurs àçs matelots qui étaient descendus avec les premières embarcations s'avsoicèrent le long de la grève , afin de tâcher de tuer quelqueM^ps des oiseaux qui se prome-» naie^ sur le rivage» '
âouffront desdouleurs violentes qui ne m'avaient pas quiué (l^puis v^ixe départ du port Jackson^ je. tombai sur un tas d'herbes humides^ et enveloppé de nipn manteau d^ sauyage^ je cherchai à me garantir d'une pluie fine et très-froide qui commençait
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à tomber. A-peine eus- JQ. senti le sommeil s'approcher de mes paupières^ que je vis notre cuisinier et deux matelots accourir , pour nous annoncer qu'ils avaient trouva dans une petite anse peu ëloigiiée un animal horrible et gros comme la corvette. Voici donc le pays des merveilles, nous écriâmes-nous, bénissons notre naufrage, et marchons.
Aussitôt, MM. Dubaud, Adam et moi, nous nous acheminons vers le monstre j mes deux camarades , armes de sabres et de fusils , et moi un bâton à la main.... En effet, dans l'enfoncement que nous avait désigné nôtre cuisinier, et sur le bord d'un petit étang,' était étendu un énorme éléphant de mer, qui , dès qu'il entendit du bruit, tourna la tête de notre:. côté, ce qui nous fit craindre qu'il ne gagnât la mer>; nous approchâmes doucemoilt jusqu'a bout portant; et mon ami^dam lui lâcha le premier son coup de fusil chargé de deux balles , un peu au-dessus de l'œil , tandis que Dubaud lui perçait la tête a coups de baïonnettes , et que je lui assénais de grands coups de bâton sur là trompe. Nous le tuâmes-, et, satisfaits de notre triomphe, nous revînmes près de la corvette, qu'on commençait a alléger de tout ce qu'elle avait de plus pesant.
Mais pour travailler, il faut avoir des forces, et pour avoir des forces, il faut prendre quelque
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nourriture. Les biscuits étaient respectés, et désormais, ce que nous n'avions mangé qu'avec une sorte de répugnance devait faire nos plus délicieux repas. Il y avait déjà dix-sept heures que l'équipage était a jeun, et nos chasseurs, n'avaient tué que deux pu trois plongeons, un aigle et un canard. Avec de telles provisions, loi hommes auraient eu de la peine à passer gaiment leur journée, et cependant il importait de ne pas décourager les matelots dès les premiers momens.
D^ns cette triste occurrence, M. Requin, dont l'activité était toujours la même, et dont le principal soin était, de veiller sujr les vivres, ordonna à quelques matelots«de le suivre jusqu'à l'éléphant de mer que nous venions de tuer. A coups de sabre «ils en enlevèrent quelques tranches, sans s'occuper d'en extraire l'huile épaisse et fétide qui en découlait, et ils les apportèrent au coq*^ qui les. jeta dans une énorme mannite , et qui les fit cuire a force de tourbe , dont la fumée n'améliorait certes pas un tel mets.
Tu croirais peut-être que sans sel, sons huile, s^ns vinaigre , sans pain, ces tranches graisseuses, d'éléphant ne nous parurent pas très-bonnes \ eh. bien ! . , . tu aurais raison, et malgré notre appétit ,^
* C'est le nom qu'on donne au cuisinier de Téquipaçe.
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