LETTRE CLXIV
« En Tue de Cherbourg.
JjjH bienM t'ai-je trompé quand je t'ai dit, il y a peu de temps ^ que j'arrivais, que j'étais là? Oui, c'est bien elle, c'est ma patrie^ eh! comment ne pas la reconnaître à Fémotion que j'éprouve ! Mille çentimens divers se pressent dans mon cœur, etle font battre avec violence. Une mère impatiente m'ap?pelle de ses vœux les plus ardens; un frère chéri attend mon arrivée avec anxiété j une famille entière me tend les bras 5 des amis généreux accourent en foule au rivage. Hélas! ai-je encore xxùA
mère, un frère, une famille, des amis?
Le temps est gros, aucun de nos marins ne re-^ connaît la côte, et nous sommes contraints de tirer le canon d'alarme. Faire nauffrage au port est une chose horrible, et puisque nous avons échappé à des dangers cent fois plus imminens que ceux, qui nous entourent , je ne crois pas que la
Providence nous réserve ce coup fatal No^us
approchons d'une chasse-marée qui va nous piloter
jusqu'à Cherbourg Nous mouillons tout près
de la ville Je descends Je touche le sol
adoré... Terre des arts, salut ! Salut, ô ma patrie!...