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céder. Il retourne en arrière et vient mouiller à cinq cents mètres de nous. Son exemple est suivi par deux autres steamers. Quant au Sindh, Tétat de son hélice lui défend ' absolument de risquer le passage. Combien de temps allons-nous rester ici? La situation n*est pas gaie, surtout avec la quarantaine en perspective à Marseille.
5 heures. — Je viens d'assister à un spectacle émouvant. Une embarcation envoyée à terre avec un ofGcier et le docteur du bord perdait visiblement du terrain, malgré Faction énergiqueetsoutenuedequatre vigoureux rameurs. Depuis deux heures elle avait inutilement cherché à atterrir ; elle luttait maintenant pour ne pas être entraînée au large ; mais la ligne du Sindh était déjà dépassée, et il était évident que les forces des hommes commençaient à s'épuiser. Dans ces circonstances critiques, le commandant fit mettre à la mer une embarcation vide retenue par un câble. On jeta aussi, en tout cas, quelques bouées de sauvetage. Tout le monde à Tarrièrc suivait avec anxiété les efforts désespérés du petit équipage. La nuit allait venir; s'ils manquaient Tamarre, le vent les poussait fatalement en pleinemer. Heureusement ils parvinrent, après une longue lutte, à saisir le câble qui fut aussitôt halé à Taide du treuil; ils étaient sauvés.
12 février. — Même situation.
IS février. — La violence du vent ayant diminué pendant la nuit, on en a profité pour partir.
Au jour, nous avons encore le cap Corse à bâbord ; bientôt la chaîne des Alpes maritimes, avec ses hauts sommets couverts de neige, apparaît à tribord. Cette côte.
c'est la terre de France; ce sont les environs de Nice et de Menton.
A deux heures, le Sindh, poursuivant rapidement sa route, passe entre les îles d'Hyères et le continent. Le temps est beau, mais assez froid; la mer a déjà oublié ses fureurs de la veille. Tous les passagers sont sur le pont, avides de revoir les côtes si piltoresques de la Provence.
A la nuit, on arrive à Marseille. Nous donnera-t-on l'entrée libre, ou ferons-nous quarantaine? Telle est la question qui nous préoccupe tous. Une demi-heure se passe à en attendre la solution. Ce retard prolongé ne nous présageait rien de bon, lorsque, fort heureusement, une bonne nouvelle se répand à bord. L'autorisation de débarquer nous est accordée. On ne se le fait pas dire djux fois; bien que l'heure soit avancée, chacun s'empresse de quitter le beau et vaillant navire qui, malgré son hélice incomplète, malgré le mistral qui Ta retenu pendant trente-six heures au cap Corse, a trouvé encore moyen de devancer de trois jours l'époque réglementaire de son retour à Marseille.
Nous avions une véritable chance. Si nous étions arrivés seulement quelques heures plus tard, la quarantaine établie à Marseille à partir du 14 février nous était appli. quée. Quarante-huit heures après, le 15 février 1879, j'étais de retour à Paris,