‹ Promenade en Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 14 sur 75 · RE LE · texte numérisé non relu

RE LE

comfortables, nous nous sommes avancés vers un petit bois où j'ai eu le premier avant-goût de la nature tropicale. Les vignes sauvages grimpaient aux arbres au milieu d’une foule d’arbrisseaux croissant entre les troncs entourés de lianes; on voyait des yuccas, des cactus. Un beau soleil éclairait cette végétation déjà méridionale, et qui, avec la nouvelle culture, les nouvelles mœurs dont j'étais témoin, m'offrait comme l’annonce d’un monde tout différent de celui que j'avais quitté naguère. Ce coin de forêt, au soleil, bordé par une eau tranquille, m'a laissé un de ces souvenirs charmants et distincts qui se détachent parmi les souvenirs souvent confus d’un voyage, comme une fusée brille dans les ténèbres.

Revenu chez M. …, j’ai trouvé une bibliothèque composée surtout des productions contemporaines de l’Allemagne, de la France et de l'Angleterre. La France dominait. Sur les rayons du planteur se pressaient les poésies de Lamartine, les romans d'Alexandre Dumas et aussi la Physiologie du Goût de Brillat-Savarin. Aux murs étaient suspendues des gravures d’après les grands maîtres. En outre on voyait çà et ià des pipes turques, un fez, des staluettes égyptiennes, et jusqu’à un papyrus hiératique, souvenirs &e voyage rapportés de l’Europe, de

un 1a- Lux is ait rait c la tais nde ère.

ranants nirs

rille

l'Asie et de l'Afrique dans ce coin du Nouveau- Monde. Nous avons acquis, à la table de M. …, une notion très-avantageuse de l'hospitalité du Sud, et nous ne sommes revenus à la ville que la nuit, après avoir traversé dans la barque de notre hôte des eaux silencieuses, caressées par une brise douce à respirer et blanchies par une lune brillante. Décidément nous ne sommes plus dans le Nord ; c’en est fait de l’hiver, et désormais le printemps est devant nous.

A peu de distance de Charleston est un fort que le congrès a fait bâtir et que les secessionistes, ceux qui veulent qu’on se sépare de l’Union si le gouvernement attente aux droits et aux intérêts du Sud, dénoncent comme élevé pour maintenir la ville dans l’obéissance. Cette menace d’un côté, cette colère de l’autre, semblent annoncer une crise imminente. Le gouverneur nouvellement élu de l’État de Géorgie vient de déclarer que, tel cas échéant, il faudrait avoir recours à la séparation, et il à conseillé de s’armer pour être prêt à lout événement. Malgré cela, je ne vois personne qui redoute à cette heure la dissolution de l'Union. On sent qu'au moment d’en venir à une détermination si grave, les plus violents hésiteront. Il y a dans la population de ce pays une puissance de bon sens qui

nd

su

nn ii

GE ere à

arrête les partis lorsqu'ils semblent prêts à sc porter aux dernières extrémités. La vivacité même des passions politiques et la liberté avec laquelle elles s'expriment avertissent de leur danger et le préviennent: ainsi le régulateur des machines à vapeur reçoit, de l’excès de la force produite, le pouvoir de modérer cette force.

Page 1