‹ Promenade en Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 15 sur 75 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Navigation sur l’Alabama. — Mobile, — Un acteur et un clergyman.

40 janvier.

Nous partons de Charleston, le beau temps continue. Le chemin de fer traverse de grandes plaines voisines de la mer et plantées d’arbres toujours verts. Le sable alterne avec ces terres marécageuses qu’on appelle des swamps. En Europe, c’est en allant vers le nord qu’on trouve sur une vaste étendue des terrains plats et sablonneux, coupés de flaques d’eau et où croissent des forêts d’arbres verts; ici, nous les rencontrons au sud. Ce pays est désert, et il n’y a pas longtemps qu'il n’était habité que par des sauvages. Çà et là, une jolie habitation

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isolée dans les bois annonce la venue de la civilisation nouvelle au milieu de ces solitudes. On arrive ainsi à un point où le chemin de fer est interrompu. Ïl faut faire une journée de voyage en voiture. Sans cette interruption, on pourrait aller de Québec à la Nouvelle-Orléans par les chemins de fer ou les bateaux à vapeur. C'est deux fois la distance de Paris à Saint-Pétersbourg.

Les voitures sont étroites, la route détestable; tantôt on trouve des bourbiers, tantôt on passe sur des rondins qui servent de pavé et font horriblement cahoter la voiture. C'était du reste, il y à vingt ans, à peu près la seule manière de voyager en Amérique. Il est peut-être bon d’avoir laissé subsister ce pelit reste de route pour mieux faire apprécier l'avantage des chemins de fer. Nous les retrouvons et nous y passons encore une nuit, avant d'arriver, brisés de fatigue, à Montgomery, au bord de l’Alabama; là nous nous embarquerons sur ce fleuve jusqu’à Mobile, située à son embouchure et qui est une des villes en progrès dans les États du

Sud.

43 janvier.

L’Alabama coule presque toujours entre des bords abrupts et souvent pittoresques : c'est ce

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