‹ Promenade en Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 34 sur 75 · RS RL · texte numérisé non relu

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l’un et se croyait sûr de perdre l’autre : le contraire est arrivé. » Mon interlocuteur conclut comme Pantagruel que le meilleur serait de jouer la décision des tribunaux à beaux petits dés, comme disait le sage Brid'oison.

Ce n’est pas que l’île de Cuba ne jouisse en

E somme d'une prospérité réelle; la population s’ac-

4 croit", le mouvement général du commerce, les | î revenus des douanes augmentent chaque année”. L Les écrivains des États-Unis ont soin de faire re-

î marquer que ce progrès correspond à celui de leur

À pays, qui tient la plus grande place dans le com- | | ï merce de Cuba. Il est certain que, sauf le café, dont

la production a baissé sensiblement, tous les autres

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* En 1850, la population fixe de la Havane et de ses dépendances rurales s'est élevée de 142,000 âmes à 150,161. En 1849, la population de l’île a augmenté de 5 pour 100.

? Selon le Diario de Cadix, les douanes de Cuba ont en 1850 rapporté 4 7,729,685 piastres; en 1851. 8,462,854.

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PROMENADE EN AMERIQUE. 219 produits de l'île suivent une progression constante"; mais les habitants de Cuba sont peu touchés de ces progrès, dont l'Espagne profite plus qu'eux-mêmes, et que des impôts pesants qu’ils ne sont point appelés à voter diminuent considérablement.

Le gouvernement, dans son journal officiel, affirme que l’on paye en somme plus de taxes aux États-Unis que dans l'ile de Cuba. Il en conclut que les habitants de Cuba sont plus heureux que les citoyens des États-Unis, parce que les États de l'Ohio, de New-York, de Maryland ct de Pensylvanie ont

graduellement augmenté l’impôt de 80 pour 100. Quand le fait serait vrai, qu'importe? Tout est dans la nature et l’emploi de l'impôt; celui qu’on prélève aux États-Unis n'est poiut destiné à favoriser une métropole jalouse et à solder des fonctionnaires détestés. Le citoyen des États-Unis paye volontiers, parce qu’il est libre, parce que lui-même est appelé à diriger pour sa quote-part l'emploi des sommes

! De 1826 à 1849, l'exportation du tabac en feuilles a triplé; celle des cigares a presque quadruplé. Pendant la même période, l'exportation des mélasses s’est élevée de 71,600 à 228,400 boucauts (70 kil.), celle du rhum de 5,600 pipes à 14,900, et celle de la cire de 25,800 arobes (11 1/2 kil.) à 48,900 (Annales du commerce extérieur, 3° série des avis divers, n° 545, p. 7). Le progrès a continué. En 1849, le commerce général de Cuba à l'entrée et à la sortie était de 48,757,016 piastres; en 4850, il a été de 54,615,175 piastres ; en 1851, il a encore augmenté, pour les im=

portations, de 2,662,767 piastres, et pour les exportations, de 3,195,391 piastres, d’après les documents officiels les plus récents.

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