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ordinaire aux créoles n’en à pas fait en général des hommes bien entreprenants et bien hardis. Tant que l'Espagne aura, comme aujourd’hui, une armée et une flotte pour contenir Cuba, Guba ne se soulèvera pas facilement; mais on peut affirmer que la force est le seul lien qui la rattache à la métropole. Or ce n’est pas là une garantie d’avenir. Cette situation a pour l'Espagne un grave inconvénient : tous les revenus qu’elle tire de sa colonie sont employés maintenant à l’entretien de l’armée et de la flotte. Que l'Espagne ait besoin de ses soldats ou de ses marins dans une lutte européenne, et Cuba lui échappera sans retour. Le parti violent prévaut aujourd’hui dans les conseils de l'Espagne, les passions sont excitées au plus haut degré contre la colonie. J’ai entendu des Espagnols déclarer que c'était avec elle une guerre à mort, qu’il n’y avait rien à faire et rien à accorder, qu’on allait interdire aux habitants de Cuba d’envoyer leurs fils étudier aux États-Unis, etc. C’est une politique désespérée. On ne se maintient pas longtemps par ces moyens extrêmes. D'autre part, je crois savoir de bonne source que le gouverneur actuel, le général Concha, qui a si vigoureusement anéanti les bandes de Lopez, réprimé les tentatives d’émeute, et par là conservé Cuba à l’Esp:gne, est menacé d’un rappel, et cela
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