‹ Promenade en Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 41 sur 75 · LS · texte numérisé non relu

LS

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passagers, ne ressemble guère à ces réceptacles immenses d’une foule ou plutôt d’une cohue qui se trouve emprisonnée pendant quelques jours dans la mème geôle flottante. Tout le monde se connaît, tout le monde s’est parlé. Nous sommes presque des compagnons de chambrée. L'aspect du pont est différent de celui que présente le pont d’un bàtiment à vapeur. On y voit rôder un vilain petit chien de bord et quelques matous; les poules qu gloussent, les pigeons qui roucoulent, donnent à notre habitation un certain air rustique; on dirait presque la basse-cour d'une ferme, n’était que les pauvres canards sont un peu tristes de marcher sur des planches sèches; une grande chèvre erre d’un air bête et ennuyé sur ce sol mouvant où elle ne trouve pas de rochers.

Tantôt lisant, tantôt sommeillant à demi, je vois s'éloigner les cimes montagneuses de Cuba, ou bien mon œil tombe et s'arrête, avec cette complaisance que donne l’oisiveté pour tout ce qui peut la distraire, sur les objets dont je suis environné, sur un chat, par exemple, qui s’est établi dans un pli de voile, où 1l fait sa toilette avec beaucoup de tranquillité. Ce premier jour de traversée se passe à regarder les ondulations de la mer, bleue auprès de

nous, argentée à l'horizon; à faire connaissance

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PROMENADE EN AMÉRIQUE. 229 avec nos compagnons de roule, avec l'équipage où se trouvent deux matelots chinois, avec le capitaine, grand Espagnol, grave, simple et, nous dit-on, très-prudent. On s'établit, on s'arrange à bord: pour le temps qu’on doit y passer. L'événement d’une journée er mer, c’est le coucher du soleil ; celui d'aujourd'hui a été magnifique; en s’abaissant et s’élevant, la voile le cachait et le montrait tour à tour. La nuit venue, étendu au pied du grand mal, J'ai contemplé longtemps les étoiles qui semblaient osciller autour de lui; l'air était doux, doux aussi le ciel et l'océan.

18 janvier.

Le temps est toujours beau; le vent plus fort ; souvent des poissons volants s’élèvent un peu au-. dessus des flots, se soutiennent quelques instants, puis viennent effleurer la surface de la mer, et alors ricochent, pour ainsi dire, c’est-à-dire se relèvent pour aller tomber un peu plus loin.

Aujourd’hui comme hier, admirable coucher de soleil; mais jamais deux de ces merveilleux spectacles gratuits ne se ressemblent. Ce soir, on a vu d'abord une coupole d’or resplendir à l’occident, puis la coupole a été remplacée par des amas de nuages rouges, figurant une montagne

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