ACT
Mexique, la méaagerie et le jardin des plantes de Montezuma, qui avait réuni en ce lieu les animaux et les productions végétales de tout son empire. A cet égard, les Mexicains étaient alors plus avancés qu'ils ne le sont aujourd’hui; car le jardin des plantes, qu’a vu encore M. de Humboldt, n'existe plus. Ce n’était pas une simple curiosité qui portait les souverains du Mexique à rassembler ainsi tous les végétaux de leur pays. Les plantes médicinales étaient distribuées aux malades, des médecins étaient chargés de rendre compte au monarque de l'effet des remèdes, et on enregistrait ces dépositions, comme on faisait en Grèce pour les observations desquelles est sortie, dit-on, la médecine hippocratique. Chapoultépec est un lieu charmant. On s’y promène sous de magnifiques cyprès chauves, les plus grands qui existent dans le monde. Leurs troncs énormes et tordus, leurs branches, d’où pend comme une longue barbe grise, le spanish moss, offrent un aspect bizarre et presque fantastique. Selon M. de Candolle fils, ces arbres ont plus de cinq mille ans. C’est à peu près l’âge des pyramides d'Égypte.
Au sommet de la colline qu'environnent ces
arbres antiques est l’école militaire. Dans la guerre
avec les Etats-Unis, les élèves de cette école se sont
PROMENADE EN AMERIQUE, 529 fait tuer bravement. Les troupes régulières n’ont pas toujours aussi bien tenu. C’est qu'il y avait, dit-on, de singuliers officiers. L'un d’eux, ayant reçu l’ordre de charger, fit répondre qu'il rencontrait un obslacle : cet obstacle étaitun petit fossé très-facile à franchir. Il a reçu le nom de général Obstacle. Un autre officier, fait prisonnier, après avoir remis son épée au général Scott, lui offrit une cigarette en lui disant : « Fumez-vous? » Du reste, l'habitude de fumer établit dans les pays espagnols, entre tous ceux qui s’y livrent, la familiarité quelquefois la plus sin gulière. J’ai vu un galérien qui travaillait, la chaine au pied, sur la grande place de Mexico, s'approcher d’un soldat en faction à la porte du président, et allumer son cigare à celui de la sentinelle. On se consolait des revers en les transformant en victoires. J'ai lu un rapport officiel de Santa-Anna où il parle du triomphe de Buena-Vista; ce triomphe est une victoire des Américains. Les soldats n’ont pas manqué de bravoure. Les Indiens se sont laissé tuer sans rien dire, avec beaucoup de sang-froid. La garde nationale de Mexico s’est très-bien battue. Son commandant, qui était un tailleur nommé Banderas, a été héroïque. Blessé la veille, il répondit à son fils, qui voulait l'empêcher de remonter à cheval : « Il s’agit aujourd’hui de sauver
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