‹ Promenade en Amérique [microforme] (volume 2)Chapitre 6 sur 75 · Le corps . l'est d'une oi, dans une and trouble · texte numérisé non relu

Le corps . l'est d'une oi, dans une and trouble

un tumulte

tout cela a

PROMENADE EN AMÉRIQUE. 17 homme qui arrive des extrémités de l'Ouest est un peu, en ce pays, comme un Français qui viendrait à Paris des montagnes de la Corse. Faudrait-il conclure des habitudes violentes de cet homme que la rendetta est dans les mœurs françaises? Un abus plus ordinaire était la longueur des discours. Îl ÿ à sur ce sujet des anecdotes incroyables. Maintenant, à limitation de la clepsydre de quelques républiques de l’antiquité et du sablier des premiers prédicateurs puritains, on a réglé que la durée des discours ne pourrait pas dépasser une heure. Il n’en est pas de même dans le sénat, où l'abondance oratoire n’est contenue par aucune prescription, etoù se trouvent en ce moment les orateurs les plus éminents de l'Union.

Le temps des grandes luttes est passé, alors que M. Calhoun, l'homme du Sud, avec son teint basané, son geste ardent, sa dialectique pressante et

quelquefois factieuse, luttait contre la parole am-

ple et sonore, contre l'attitude impérieuse et le geste souverain de M. Webster, quand M. Clay, l’Aristide de cette république, dont sa candidature

à la présidence à constammemt subi l’ostracisme, . venait opposer l'énergie de son langage et l'inté- - grité de sa politique et de sa vie aux violences des

partis. En ce moment M. Clay est à Washington.

mais mourant", M. Calhoun ne vit plus, M. Webster * est ministre, et, comme tel, l’entrée du congrès lui est fermée; mais, à défaut de ces grands héros du passé, j'ai entendu quelques-uns des hommes dont le nom commence à être prononcé parmi ceux des candidats à la présidence future, entre autres MM. Houston et Douglas, tous deux du parti démocrate.

M. Houston est un homme du Tennessee, qui, dans sa jeunesse, a quitté cet État pour aller passer plusieurs années au milieu des Indiens, puis a été le principal agent de la formation du Texas. Tandis qu'il guerroyait contre les Mexicains, le général Houston a eu la bonne fortune de battre Santa-Anna et de le faire prisonnier. C’est un homme célèbre par l’audace de son caractère. Quelques-uns craindraient de retrouver en lui un second Jackson et un appui pour le parti de la guerre; d’autres assurent que le fougucux chef de bandes, le demi-sauvage d'autrefois, ferait aujourd’hui un président trèssage. Tout ce que je puis dire, c’est que j'ai été témoin, au sénat, du grand empire que M. Houston peut exercer sur lui-même. Îl avait, dans un discours, excilé la colère de M. Fonte, gouverneur du

1 M. Clay est mort bientôt après le moment dont je parle. Le deuil a été universel, tardive expiation d’une longue injustice ! # M. Webster n’a pas survécu de beaucoup à M. Clay.

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PROMENADE EN AMÉRIQUE. 49 Mississipi, que j'ai entendu parler plusieurs fois, toujours avec beaucoup de violence. Celui-ci a mis dans sa réponse une extrême âpreté, accusant M. Ilouston de vouloir scinder et par là détruire le parti démocrate dans des vues personnelles; de faire alliance avec les free soilers pour se ménager un chemin à la présidence; l'attaque ne pouvait être plus véhémente et plus directe. M. Houston à répondu avec un grand calme, avec cette douceur un peu dédaigneuse d’un vieux soldat qui ne veut pas de querelle ce jour-là. Il s'est plaint des accusations lancées contre lui et désavouées tour à tour, disant que, lorsqu'il attaque, il le fait franchement et sans mauvaise humeur (èn a good humoured way); il à fini en racontant, et en racontant très-bien, l’histoire d’un curé {parson) grand trouble-fête. «On alla le chercher au ciel, il n’y était pas, puis au purgatoire; le gardien du lieu reçut très-poliment les visiteurs (on rit), et répondit : Celui que vous cherchez mettait tout le purgatoire en désordre; mais il a rompu sa chaîne, et je n’en ai plus de nouvelles. » Le mérite assez mince de cette petite histoire était relevé par l'expression de bonhomic railleuse qu’elle prenait dans la bouche du formidable chef texien, provoqué jusqu’à l’outrgae et raillant avec calme un adversaire frémissant. Celui-

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