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l'État s’est si bien conduit dans des moments difficiles, que les différents partis se sont réunis pour lui témoigner leur reconnaissance en lui donnant. unc montre,
18 septembre.
Ce jour est consacré à une promenade dans la
rade de Boston. Plusieurs bâtiments à vapeur ont
été mis par la ville à la disposition de ses hôtes. Une place m'a été accordée sur celui de ces bâtiinents qui porte aussi les députés canadiens venus de Montréal et de Québec pour fraterniser avec les habitants de Boston. Le temps est merveilleusement beau. La ville, entourée presque de tous côtés par la mer et bâtie sur plusieurs collines, s'élève au milieu des mille navires qui lui forment comme une couronne de mâts. Les fanfares, les hourras, les coups de canon, retentissent. On distribue une brochure sur la condition présente de Boston. Le premier chemin de fer destiné à être parcouru par la vapeur qui ait été construit en Amérique l’a été en 1829 par Boston (1). Il avait treize milles, moins de cinq lieues; maintenant mille lieues de chemin
‘ En 1838 un vieux juge se rappelait d’avoir vu dans sa jeunesse l'éblissement d'une diligence 'stage-coach} entre Boston et Providence, qui n'avait pas fait moins de sensatio:: que l'ouverture du chemin de fer.
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PROMENADE EN AMÉRIQUE. sl
de fer rayonnent de Boston dans le Massachusets et les États voisins, et les États-Unis sont traversés en tous sens par plus de dix mille milles de chemins de fer, plus de trois mille lieues, plus que le diamètre terrestre ‘.
La nouvelle ligne dont on célèbre aujourd’hui l’ouverture est d’autant plus importante, qu'elle offre un chemin direct aux émigrants qui arrivent d'Europe à Boston pour se rendre dans l’ouest, sans aller chercher l’Hudson, qui est la ligne directe de New-York ; les produits de l’ouest peuvent par la mème voie venir s’embarquer à Boston. Ce qui donne surtout une grande impulsion à la création des chemins de fer américains, c’est la rivalité des différents États qui cherchent sans cesse à se supplanter les uns les autres, et tâchent, si j’ose employer cette expression, de se souffler le transport des passagers et surtout des marchandises. Les
1 Le chiffre exact, tiré d'un document officiel, était, pour 1852, 10,814 milles de chemins de fer terminés, et 10,898 de chemins de fer en construction. Le capital engagé est de 592,730,000 doll. (plus de 3 milliards et demi). Un autre chiffre très-semblable donnait à la même époque, pour les États Unis, 10,200. Total des milles parcourus par les chemins de fer, dans plusieurs pays, 25,000 : Grande-Bretagne, 6,500 (un peu plus de la moitié); France, 1,800 (environ le cinquième); Belgique, 360 ; Espagne, 60. Ce qui fait pour chaque habitant, aux États- Unis 21 pieds, en Angleterre 12 pieds, en France 3 pieds, en Belsique 4 picds, en Espagne trois pouces.
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États-Unis sont comme un grand échiquier où chaun tâche d’arriver à dame le premier.
Des tables, jointes à la brochure qu'on nous à distribuée, montrent que, pour ce qui concerne le port de Boston depuis 1842 jusqu’à 1850, le produit des douanes a presque triplé, et que le tonnage a augmenté de plus d’un tiers ‘ en dix ans; le chiffre de la population de Boston a été porté de 158,000 âmes à 269,000 ; ces chiffres s’appellent ici des figures; il faut avouer que, comme les figures de rhétorique, celles-ci ont bien leur éloquence.
Le déjeuner que nous donne la ville est médiocre, il faut en convenir, et les plats sont disputés avec énergie ; mais le vin de Champagne est à discrétion, c’est l'important pour la chaleur de l'enthousiasme et la gaieté de la réunion. Bientôt commencent les toastset les *"‘2ches; on demande monsieur un tel, et il paraît . « parle, et des transports d’approbation accucillent invariablement son discours. Ce sont surtout les Canadiens, et parmi eux les Canadiens français, qui jouissent d’une popularité sans bornes. On crie: Vive la belle France! Trois hourras pour la belle France! Un habitant de Montréal en-
! Augmentation de 2,780,186 dollars pour les douanes, et de 493,502 à 315,192 dollars pour le tonnage.
tonne la vieille romance de la Claire fontaine. Un habitant de Québec chante :
Nous aimons la Canadienne Pour ses beaux yeux doux.
La foule se porte brusquement vers un orateur qui surgit, le chanteur est abandonné, et je perds la suite de ce morceau de poésie nationale que je m’apprêtais à recueillir.
Dans les discours, il n’est question des deux côtés que d'alliance, d’union par des liens de fer; les États-Unis semblent déjà tenir le Canada; mais comme on descend du bateau, j’aperçois un homme à figure anglaise qui cherche à se hisser sur un toit pour être entendu; le toit est assez élevé, il faut le soutenir par les jambes; enfin il s'accroche des pieds et des mains à cette tribune glissante, et de la position difficile qu’il a conquise il parleavec beaucoup d'énergie. Il commence par glorifier la race anglo-saxonne en Angleterre et en Amérique ; puis, se souvenant de la population française du Canada, il rappelle qu’elle est du même sang que le noble Lafayette. Après les compliments, il entre en matière ; 1l déclare nettement que le Canada est content de l’Angleterre et veut rester sous sa domination; l’orateur eonvient qu’il n’en:a, pas toujours
été ainsi, mais il affirme que les Canadiens ont obtenu ce qu'ils désiraient. ]l ose même ajouter ; « Nous vous avons enviés, nous ne vous envions plus. L’Angleterre nous a donné ce que vous avez. » Je dois dire que ce discours a eu moins de succès que les autres, et qu’il faisait naître autour de moi des murmures qui n'étaient pas des murmurcs d'approbation. Je me disais : Voilà sans doutequelque fonctionnaire anglais au Canada qui ne veut pas laisser passer cette cérémonie sans avoir protesté de sa loyauté. Quelle était mon erreur ! Celui qui venait de parler ainsi était M. Neilson, qui, bien qu’Anglais d’origine, est depuis vingt ans un des chefs les plus distingués et les plus ardents du parti national au Canada, au point qu’il a pris les armes, commandé les insurgés, et à leur tête a gagné sur les Anglais la bataille de Saint-Denis; mais, comme il le disait tout à l’heure, le pays a obtenu ce qu'il désirait: l’Angleterre, mieux éclairée sur ses intérêts et comprenant que le seul moyen de ne pas précipiter le Canada dans l'union américaine, c’est de le bien gouverner, — l'Angleterre a changé de politique envers lui, elle Jui a donné un vrai gouvernement représentatif, dans lequel les Canadiens français, grâce à l’accession d’un certain nombre d’Anglais raisonnables, ont la majorité. De plus, le
Dr PEER SET