‹ Promenade en Amérique [microforme] (volume 3)Chapitre 17 sur 76 · PR EE · texte numérisé non relu

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Wolfe, entouré de ses officiers, lisait à demi-voix,

pour ne pas être entendu par les sentinelles enne-

mies, l’élégie de Gray sur un cimetière de campa- *

gne ", dans laquelle sont exprimées avec tant de charme et de mélancolie les douceurs paisibles de la vie obscure, et qui était nouvellement arrivée d'Europe. En terminant sa lecture, Wolfe dit : « Messieurs, je serais plus fier d’avoir fait ces vers

que de prendre Québec. » Paroles vraiment belles :

dans la bouche de celui qui allait donner sa vie pour prendre Québec! Blessé à mort et sa vue s’affaiblissant, il se faisait raconter les détails de sa victoire, ets’écriait : «Je meurscontent! » Montcalm disait de son côté * «Je suis heureux de mourir; je ne verrai pas les Anglais dans Québec. » Rien de plus touchant que. cette joie magnanime chez ces deux hommes, tombant à la même heure pour leur pays, l’un heureux d’un succès dont il ne Jouira pas, l’autre s’applaudissant d’une mort qui lui épargne la douleur de voir le triomphe de l’ennemi, tous deux d’accord pour bénir une noble fin *.

* Le grand orateur des États-Unis, Webster, vient de mourir; à sa dernière heure, il se faisait lire aussi l’élégic de Gray.

+ Tel est l'intérêt historique et national qui s’attache au combat mémorable livré sur les hauteurs qu’on appelle les plaines d'Abraham, et dans lequel Montcalm perdit la vie. Ce qhi est moins connu, c'est qu'un Fran. çais dont le nom ne doit pas être oublié, le général Veyi, revint peu de

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