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de l’Europe. C’est pour cette classe, toujours plus nombreuse, qu'écrivent les auteurs américains ; ce n'est point pour la majorité sans doute, loute souveraine qu’elle soit. En Europe aussi, qui écrit pour la majorité? En France, la majorité ne sait pas lire ou ne comprend guère ce qu'elle lit. Ce qui est vrai, c’est que la littérature des États. Unis n’est à proprement parier ni américaine ni démocralique. Elle préfère sans doute prendre ses sujets dans l’histoire de l’Amérique, elle emprunte volontiers ses tableaux à la nature et aux mœurs américaines; mais elle procède même alors comme les littératures de l’Europe, et particulièrement comme la liltérature anglaise, sa sœur aînée. Elle peut être démocratique par les sentiments, elle n'est point démocratique par la forme, c’est-à-dire violente,
inculte, négligée, car elle cesserait d'être une littérature. En tous pays, ce qui s'écrit pour les masses est nécesssivement mal écrit. Les masses en Amérique ont une presse pour leur usage : c’est la presse
quotidienne, infiniment utile au point de vue poli-
tique, mais que je ne compte pas dans fa littéra-
ture, bien qu’il s'y dépense une grande activité
d'esprit. La littérature véritable des États-Unis
n'est point si pauvre, puisqu'elle compte dans son
sein des prosateurs tels que Prescott, Irving, Eve-
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