‹ Promenade en Amérique [microforme]Chapitre 14 sur 64 · XXIV JEAN-JACQUES AMPÈRE · texte numérisé non relu

XXIV JEAN-JACQUES AMPÈRE

commerce et de douce hospitalité : il a su s'en assimiler l'esprit et l'âme en courant, Dans tout ce qu'ila vu si vite et qu'il a si bien saisi, il choisit les points qui nous laissent une agréable idée et qui donnent envie d'en avoir davantage, Des rapprochements ingénieux, imprévus, un fonds de bonne humeur spirituelle, une pointe de plaisanterie et de gaieté, se font jour à chaque instant dans son récit et aménent le sourire, Enfin ces cent pages relues sont intéressantes d'un bout à l'autre: rien n'y est à côté, rien n'y est de trop; on n'y reléverait pas une seule ligne qui fatigue ou qui détonne, et l'on peut se dire encore aujourd'hui : Tel était Ampère en personne dans un salon, animé, racontant et causant.

Un ou deux passages, une Nuit sur le Catlegat par exemple, ectte traversée d'un bras de la mer du Nord près du Sund, se ressentait du contact habituel de Chateaubriand écrivain, et avait un air de grandeur qui devait appeler l'applaudissement du maitre : c'était lo morceau soigné, solennel, l'aria di bravura.

On me dit qu'en cette année 1827 (et ce ne put être que dans les tout derniers mois) Ampère refit une rapide tournée en Italie avec Adrien de Jussieu et M, Victor Le Clere : il passait ainsi volontiers d'un climat à l'autre, il aimait ces sortes de contrastes et de brusques antithèses d'impressions et de pensées, ces sortes de bains russes intellectuels, Il S'y plongeait tête baisse, il en Jouissait en dilettante de l'esprit.

Son apprentissage dans l'enseignement public se fit à l'Athénée de Marseille, nouvellement fondé : il y professa dans les premiers mois de 1830, Ce premiers cours, dans lequel il parait avoir apporté plus d'entrain et de vivacité de parole qu'il ne fit plus tard dans les chaires de Paris, a laissé un long souvenir à Marseille, si j'en juge par une étude sur Ampère, publiée par M. Tamisier, un des témoins et auditeurs de ce temps-là 1, Le sujet du cours fut précisément la littérature du Nord, dont Ampère était tout rempli, Ce fut encore ce

1. Étude historique et littéraire suv J.-J Ampère, par M. F. Tamisier, biblio thécaire de l'Athénée de Mavseille, 1 vol. in-{8, Paris et Marseille, 1864.

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