‹ Promenade en EgypteChapitre 14 sur 18 · Livre Jaune de · texte numérisé non relu

Livre Jaune de

« En 1884, le Foreign Office propose la réunion d'une conférence à Constantinople, pour décider certaines modifications h la loi de liquidation. Il envisage la possibilité d'étendre les pouvoirs des Commissaires de la Dette. M. Jules Ferry (15 juin), se dit favorable à cette proposition. Il ajoute :

Je vous ai déclaré que le gouvernement de la République était prêt à prendre les engagements les plus formels (de ne pas occuper l'Égypte après l'évacuation anglaise). Cette résolution nous a été inspirée par la confiance où nous sommes

que le gouvernement de Sa Majesté n'hésitera pas de son côté à confirmer expressément les déclarations solennelles qu'il» a faites à diverses reprises de ne porter aucune atteinte à la situation internationale faite à l'Égypte par les traités et les firmans et d'évacuer le pays quand l'ordre y sera rétabli.

« Le 16 juin, lord Gran ville répond :

.., Cette dépêche (celle du 3 janvier 1883) fut écrite trois mois après que la bataille de Tel-el-Kebir eut permis aux forces britanniques d'occuper l'Égypte. Elle fut soumise au parlement anglais et communiquée aux puissances et à la Sublime Porte, Elle rencontra un acquiescement général. C'est dans cette dépêche que la déclaration fut faite que le gouvernement de Sa Majesté était désireux de retirer les forces britanniques dès que le permettraient la situation du pays et l'organisation de moyens convenables pour assurer l'autorité du Khédive.

Le gouvernement de Sa Majesté a maintenu et maintient cette déclaration. C'est avec regret qu'il a vu les circonstances s'opposer au développement des mesures prises en vue de cette évacuation; il regrette également de constater que le moment n'est pas encore venu, dans l'intérêt de l'ordre et de la paix en Égypte, d'en retirer les forces britanniques.

Il y a quelque difficulté à fixer une date précise à cette évacuation, d'autant plus que toute période ainsi fixée pourrait à l'époque, se trouver ou trop longue ou trop courte. Mais le gouvernement de Sa Majesté', afin d'écarter toute espèce de doute à l'endroit de sa politique dans cette affaire et eu égard aux déclarations faites par la France, s'engage à retirer ses troupes au commencement de Vannée 4888, à condition que les Puissances seront alors d'avis que l'évacuation peut se faire, snns 'compromettre la paix et Vordre en Égypte.

« Et dans l'hypothèse où les négociations alors engagées aboutiraient, lord Granville propose de remplacer les anciens contrôleurs par l'extension suivante donnée aux fonctions des Commissaires de la Dette.

Les commissaires de la caisse seraient consultés lors de la préparation du budget de chaque année, à commencer par 1886. Le budget serait autant que possible basé sur les dispositions du budget normal que le gouvernement de Sa Majesté se propose de présenter à la conférence, sous réserve des changements survenant dans la situation du pays, et dont il conviendra de tenir compte.

Le budget de chaque année ayant <3té ainsi préparé de concert avec les commissaires, ceux-ci auraient un droit de veto pendant l'exercice à l'égard de toute dépense proposée qui dépasserait le budget, sauf en cas de circonstances subites entraînant péril pour la paix et l'ordre.

Ce droit de veto s'appliquerait également aux dépenses du budget de 1885, bien que ce budget n'eût pas été arrêté en consultation avec les commissaires.

Après le retrait des troupes britanniques, la caisse aurait en plus le droit d'inspection des revenus, de manière à assurer la rentrée effective au trésor de la totalité des revenus et à empêcher qu'ils ne fussent détournés en chemin pour d'autres objets.

Le président de la caisse serait un Anglais.

Le Gouvernement de Sa Majesté proposera, à la fin de l'occupation anglaise ou avant, aux puissances et à la Porte, un projet de neutralisation de l'Égypte sur la base des principes appliqués à la Belgique, et fera, en ce qui concerne le canal de Suez, des propositions conformes à celles contenues dans une dépêche-circulaire du 3 janvier 1883.

« Le 17 juin l'entente semble complète entre les . deux gouvernements. M. Waddington déclare à lord Granville que « le gouvernement de la République accepte les différentes propositions contenues dans la note du 16 et représentant les termes de l'accord intervenu. »

(( Vous savez par suite de quelles divergences sur la question de l'administration financière ce projet d'évacuation n'aboutit point.

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