‹ Promenade en EgypteChapitre 17 sur 18 · RETOUR · texte numérisé non relu

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dîner. La mélancolie de la nuit tombante donne au paysage un aspect en harmonie avec nos pensées. C'est pourtant la même campagne du Delta, qui nous semblait si vivante et si gaie, le jour de l'arrivée, les mêmes champs peuplés de fellahs et d'animaux, les chemins surélevés où passe la foule des campagnards, les bouquets de palmiers barrant l'horizon, les canaux où les vis d'Archimède, les norias, les chadoufs puisent l'eau qu'elles déversent dans les terres verdoyantes. Mais notre état d'âme a changé... Chaque tour de roue augmente notre serrement de cœur et c'est maintenant une complainte attristée que nous chante le train en marche...

Alexandrie. Nous nous rendons à Y Hôtel Khédivial, le meilleur de la ville; presque tous les voyageurs y passant la veille de leur embarquement, la liste de l'hôtel nous renseigne déjà sur nos compagnons du surlendemain. Le port de l'Egypte n'est pas seulement, comme on se plaît à le répéter, un entrepôt commercial. S'il possède de larges voies semblables à celles de nos villes européennes, il s'y trouve aussi des quartiers pittoresques ; les environs sont assez curieux et il serait intéressant d'étudier sa population cosmopolite ouverte et accueillante. Mais si Alexandrie ne crée point quelque obli-

gation aux touristes — celle de visiter un Musée important, par exemple, — elle sera toujours pour eux un lieu de passage rapide : on est si pressé de voir le Caire, à l'arrivée, et, au départ, les dernières heures sont tellement découragées ! Notre histoire est probablement celle de tous les promeneurs : une vaste rue semblable à celle des ports méditerranéens, un quartier cosmopolite, où grouille devant des boutiques trop régulières mais déjà amusantes de couleur, une foule bigarrée ; une promenade à Ramleh où souffle un vent froid qu'on ne connaît plus depuis des mois ; une charmante réception dans une aimable famille d'Alexandrie, les de Menasce, — cela résume nos impressions.

Le lendemain, chargés de fleurs que nous ont apportés nos nouveaux amis, nous rangeons tristement nos bagages dans la cabine du Hydaspes qui nous ramènera à Naples. Plus de cent Anglais encombrent les premières; nous retrouvons heureusement des compagnons du Haut- Nil, les Peill et leur conversation empêche le passé si récent d'être déjà une chose morte... La sirène retentit, le vapeur évolue à travers les passes ; bientôt les hautes maisons d'Alexandrie s'estompent dans la brume, la côte basse d'Afrique

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