‹ Promenades à l'expositionChapitre 2 sur 10 · NOUVELLE INDUSTRIE · texte numérisé non relu

NOUVELLE INDUSTRIE

— Dix francs pour moi et ma femme , c’est trop pour ma bourse.

— Mon bourgeois, entrez tout seul, ça vous coûtera cinq francs; je vous garderai votre femme pour quatre sous jusqu’à ce que vous sortiez, les parapluies compris.

— Oui, monsieur, elle fournit mille tasses à la minute. encore! En voilà une naïveté !

— Fournit-elle aussi les cuillères?

— Viens donc par ici, mon ami, ce sont les verroteries.

— Pour rien au monde, ça me ferait mal! Des bouteilles

vides! ça m’a toujours fait horreur à voir.

— Monsieur, c’est une poudre de chasse de ma fabrication. Elle est tellement bonne que nous avons toutes les peines du monde à l’empêcher de faire explosion à chaque instant.

— Pardon, monsieur, pourriez-vous m’indiquer la porte de sortie la plus proche?

— Tu salue ce fabricant? Mais tu ne le connais pas!

— Ça ne fait rien , il est toujours prudent d’être bien avec un gaillard qui a l’habitude des armes.

— Sortir d’ici quand nous n’avons pas tout vu, pour être obligés de revenir payer encore demain? pas si" bêles! Nous avons nos provisions, nous nous installons à l’Exposilion pour quatre ou cinq jours sans en sortir.

— Voyons , mon enfant , si la vue de ce palais élevé à l’industrie va éveiller en toi une vocation.

— Oui, papa, la vue du Palais de cristal me donne l’envie d’être un jour vitrier.

— Monsieur, moi été agent de police anglais envoyé in Paris pour surveiller les pick-pockets pendant l’Exposition.

— Eh bien?

— Eh bien! vous venir d’être volé par un pick-pocket, vous avoir l’obligeance de venir avec moi in London faire votre déposition tout de suite.

— Monsieur, je désirerais pouvoir visiter l’Exposition !

— Ah bigre 1 je vois ce que c’est, c’est cent sous qu’il vous faut?

M. rnoumiOMME a l’exposition.

— Mon ami, je crois qu’il y a une légère faute de dessin dans ce tableau anglais !

—Madame, les Anglais sont nos alliés, je n’avouerai donc jamais qu’ils ont pu commettre une faute dans un de leurs tableaux , je ne le dois pas et ne le ferai pas !

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‘ V'i IL *

Exposition des produits russes.

— Gardien ! au secours! ma femme qui se trouve mal.

. —Devant les cachemires de Biétry. Nous connaissons ça! cela arrive tous les jours; c’est pour en avoir un, aussi nous n’y faisons plus attention!

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