Sénèque, De ira, \i
8»ement, dans co pays heureux, au pied des pentes verdoyantes du Vésuve, n'auraient pas aimé qu'on leur mît sous les yeux toutes les horreurs de l'antique mythologie. Les crimes de la famille d'Agamemnon, la mort d'Hippolyte, déchiré par les ronces du chemin, avaient donné lieu, nous le savons, à des tableaux célèbres (le peintres alexandrins. Nous ne les retrouvons plus à Pompéi. Ils n'étaient pas à leur place dans ces salles réservées aux joies calmes de la famille. Quand les artistes pompéiens 6e hasardent à peindre quelque scène moins plaisante, le plus souvent ils la modifient. Dircé attachée à un tau» reau furieux, Actéon dévoré par ses chiens, no sont plus chez eux que des prétextes pour des études de femmes nues ou d'agréables paysages. Voilà pour l'invention et le choix dos sujets ; l'exécution présente encore plus de différences. Lorsqu'on reproduit un tableau dans une fresque, inévitablement on le dénature. La fresque ne comporte pas au même degré cette finesse de traits, cette perfection de détails, qui étaient les principales qualités des maitres alexandrins. Du reste, ces qualités n'étaient pas celles que recherchaient surtout les peintres de Pompéi; on peut même soutenir qu'ils n'en avaient pas besoin. Aujourd'hui que les maisons pompéiennes n'ont plus de toits, nous voyons leurs tableaux sous la lumière d'un soleil éclatant qui en fait ressortir les moindres défauts; mais ils n'étaient pas faits pour ce grand jour. Les salles où ils étaient placés ne s'éclairaient ordinairement que par la porte, et même on avait pris des précautions pour que la lumière qui inondait l'atrium ne pénétrât pas toute par cette unique ouverture. Des voiles tendus d'une colonne à l'autre faisaient de l'ombre devant ces chambres où les habitants passaient les heures chaudes de la journée. Dans cette demi-obscurité, les imperfections de détail ne paraissaient pas, et les artistes pouvaient sans
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inconvénient négliger quelques-uns des mérites des modèles qu'ils imitaient.
Malgré ces réserves, qu'il était indispensable de faire, 9n peut admettre sans témérité que les fresques d'Hcrculanum et de Pompéi donnent une idée assez juste de la peinture alexandrine. M. Helbig en est si convaincu qu'il essaye de retrouver dans ces copies incomplètes quelques-uns des tableaux célèbres dont les critiques anciens nous ont vanté la beauté. C'est une entreprise qui peut sembler d'abord un peu hasardeuse; mais il ne faut pas oublier que, si ces tableaux sont aujourd'hui perdus, il nous en reste au moins quelques souvenirs. Ils sont mentionnés chez les écrivains qui nous ont transmis l'histoire de la peinture antique ; il est rare que les poètes, surtout ceux de l'Anthologie, n'aient pas consacré quelques vers à les décrire ; on en trouve des imitations plus ou moins exactes dans les bas-reliefs et sur les vases; enfin, ce qui est plus important, ils ont dû être plusieurs fois reproduits sur les murailles des villes de laCampanie. En rapprochant ces copies diverses et les contrôlant par les renseignements que les critiques et les poètes nous donnent, on aperçoit ce que chaque artiste a pris à l'original, et l'on arrive à le reconstruire au moins dans son ensemble et ses grandes lignes. C'est ainsi que, par un effort de science et de sagacité, M. Helbig nous rend deux tableaux fameux de Nicias, V Andromède et VIo. Le premier est reproduit deux fois à Pompéi dans des proportions qui n'y sont pas ordinaires; l'autre ne l'est qu'une fois, mais on l'a fort heureusement retrouvé dans la maison de Livie, au Palatin. Ce sont deux belles peintures, qui paraissent faites pour se correspondre et qui se ressemblent assez pour qu'on les croie de la même main Les copistes doivent avoir conservé l'ordonnance gêné* raie et les principales qualités du modèle; ils nous permet*
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tent donc de nous figurer ce que devaient <^tre ces deux ouvrages du grand artiste athénien, qui, selon Pline, excellait à peindre les femmes. C'est ce qui nous arrive aussi à propos d'un tableau encore plus célèbre que ceux de Nicias. Deux petites fresques de Pompéi représentent Médée au moment où elle va tuer ses enfants. Les savants sont d'accord pour admettre que ce sont des imitations d'un chef-d'œuvre de Timomaqiic, mais des imitations assez imparfaites. A côté de Médée, les peintres ont placé ses deux fils qui jouent aux dés sous la surveillance de leur pédagogue. Ce détail dramatique, ce contraste saisissant entre la joie insouciante des enfants et les préoccupations terribles de la mère, appartient évidemment au tableau original. Le reste, dans les fresques pompéiennes, est moins heureux; la figure de Médée surtout manque de caractère. Heureusement on a trouvé à Hcrculanum une Médée de dimensions plus vastes, et qui révèle un talent plus sûr. Cette fois elle est représentée seule et sans ses enfants, la bouche entrouverte, les yeux égarés *; ses doigts serrent la poignée de l'épée d'un mouvement convulsif : elle parait en proie à une indicible douleur. Cette figure, l'une des plus belles qui nous restent de l'antiquité, est certainement d un peintre de génie, les copistes de Pompéi no l'auraient pas imaginée, on y trouve la main du maître. De cette façon, en plaçant auprès de la Médée d'IIerculanum le groupe des enfants que nous donnent les fresques pompéiennes, nous sommes sûrs d'avoir tout le tableau de Timomaque'^. C'est donc toute une époque importante de l'art grec
1. Ovide {Trist., n, 526) semble se souvenir do tableau dont nous parlons lorsqu'il dit : Inque oculos facinus barbara mater habet. — "1. Oa a la preuve que la Matée d'Herculanuin, dcstiaée à décorer un pan de mur très étroit, avait été détachée d'une fresque plus vaste Le tableau dont elle faisait primitivement partie devait très probablement contenir les enfants et leur précepteur.
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qui s'est conservée pour nous dans ce coin de l'Italie. Lo plaisir que nous prenons à voir ces tableaux augmente quand nous songeons qu'ils représentent seuls une grande école de peinture; ce qui ne veut pas dire assurément qu'ils n'ont pas d'autre intérêt que de nous rappeler des chefs-d'œuvre perdus et qu'ils sont indignes d'être étudiés pour eux-mêmes. Je crains qu'à force de répéter les mots d'imitateurs et de copistes nous n'ayons trop rabaissé le mérite de ces artistes inconnus. On ne leur rend pas justice quand on se contente de les appeler des décorateurs, et surtout quand on les compare aux décorateurs de nos jours. Ils imitaient sans doute, mais avec une certaine indépendance; ils n'étaient pas tout à fait les esclaves de leurs modèles; ils les interprétaient librement et n'hésitaient pas à les modifier d'après les conditions des lieux qu'ils avaient à peindre ou l'humeur du maître qu'il fallait contenter. Ce qui le prouve d'une manière certaine, c'est qu'on trouve à Pompéi im grand nombre de répliques, évidemment faites sur le même original, et qui ne se ressemblent jamais entre elles. Il entrait donc dans le travail de ces artistes quelque chose de personnel qui entretenait leur talent, qui les empêchait d'être de simples manoeuvres et en faisait des peintres véritables. C'est ce qui les rendait capables d'inventer par eux-mêmes quand il en était besoin. Us le faisaient rarement, étant forcés de travailler vite et trouvant plus expéditif d'emprunter aux autres que de se donner la peine d'imaginer. Nous avons vu pourtant qu'ils avaient pris quelquefois leurs inspirations dans les scènes dont ils étaient témoins, et créé des tableaux de genre d'une inimitable vérité. Mais qu'ils inventent ou qu'ils imitent, ils font tout avec une aisance, une grâce, une rapidité d'exécution, une sûreté de main que nous ne pouvons nous empêcher d'admirer. Notre admiration redouble quand nous nous soiiveuoDS qu'ils travaillaient
pour les bourgeois d'une petite ville, quand nous songeons surtout que, dans tout le monde romain, on devait avoir les mêmes goûts qu'à Pompéi et qu'il devait se trouver partout des artistes capables des mêmes ouvrages. C'est ce qui étonne et confond notre esprit. Les historiens nous disent qu'il n'y avait plus alors de peintres de génie ; mais les peintures de Pompéi nous montrent que jamais les peintres de talent n'ont été plus nombreux. Nous nous vantons aujourd'hui de mettre l'aisance à la portée du plus grand nombre et de populariser le bienêtre; c'est un grand bienfait. Au premier siècle, on avait fait quelque chose de semblable pour les arts. Grâce à ces procédés commodes qui permettaient d'en répandre les chefs-d'œuvre, ils avaient cessé d'être le privilège de quelques-uns pour devenir le plaisir de tout le monde.
D'où viennent les ressemblances qu on remarque entre les peintures de Pompéi et la poésie du siècle d'Auguste. — Les peintres et les poètes s'inspirent des mêmes modèles. — La littérature latine imite l'école poétique d'Alexandrie. — Catulle. — Virgile. — Properce. — Ovide. — Différences entre les peintres de Pompéi et les poètes romains. — La peinture n'est jamais devenue romaine. — Répugnance des artistes pompéiens à traiter des sujets empruntés à l'histoire ou aux légendes de Rome. — Est-il vrai que Pompéi soit une ville grecque? — Caractère national de la poésie du siècle d'Auguste.
Quand on étudie de près les peintures pompéiennes, on est très frappé de voir combien elles ressemblent à certaines poésies de la grande époque des lettres latines, surtout à celles des élégiaques ou des didactiques qui chantent la mythologie et l'amour. Chez les poètes, comme chez les peintres, les mêmes sujets se reproduisent sans cesse, et ils sont traités d'une façon presque
semblable. Les uns et les autres aiment à exprimer les mêmes sentiments; ils recherchent les mêmes qualités et n'évitent pas les mêmes défauts. Faut-il en conclure que les peintres se sont inspirés des poètes et qu'ils ont pris dans leurs ouvrages le sujet de leurs tableaux? Nous verrons tout à l'heure qu'il n'en est rien, et qu'il est aisé de démontrer qu'ils sont demeurés presque entièrement étrangers à la littérature de Rome. Doit-on croire au contraire que ce sont les poètes qui ont imité les peintres? Cette supposition ne serait pas beaucoup plus vraisemblable, et dans tous les cas elle est inutile. Nous avons un moyen plus simple de tout expliquer: s'ils se ressemblent, c'est qu'ils puisaient à la même source; peintres et poètes travaillaient sur les mômes modèles, ils étaient les élèves des maîtres d'Alexandrie, et voilà comment ils pouvaient arriver à se rencontrer, même sans se connaître. On sait que les Romains ne possèdent pas une littérature vraiment originale et qu'ils ont toujours vécu d'emprunts. Ils imitèrent d'abord la poésie classique des Grecs, c'est-à-dire celle qui a fleuri depuis Homère jusqu'à l'époque d'Alexandre. C'était, il faut l'avouer, bien choisir leurs modèles; mais je ne crois pas qu'on doive leur faire trop d'honneur de leur préférence: ils n'étaient guère en état, dans ces temps reculés, de distinguer l'ancienne littérature grecque de la nouvelle et les écrivains du siècle de Périclès de ceux qui vivaient à la cour des tUolémées. Le choix qu'ils firent alors s'explique moins par la finesse de leur goût que par les circonstances. Les vieux poètes grecs, quoiqu'un peu effacés dans le monde par la gloire d'écrivains nouveaux, continuaient à régner sans partage dans les écoles. Les grammairiens les expliquaient à leurs élèves et ils faisaient le fond de l'éducation publique. Comme les Romains connurent d'abord la Grèce par l'intermédiaire des professeurs qui
venaient élever leurs enfants, ils furent naturellement amenés à admirer et à imiter les écrivains qu'on imitait et qu'on admirait dans les écoles, c'est-à-dire ceux do l'âge classique. Il faut dire aussi que, par leur grandeur et leur simplicité, ces vieux poètes convenaient à un peuple énergique et jeune, qui était en train de conquérir le monde. Malheureusement les mâles vertus des premiers Romains ne résistèrent pas à leur fortune, et au moment où elles commençaient à s'altérer, le progrès même de leurs conquêtes les mit en relation plus directe avec les Grecs. Après avoir connu la Grèce dans les écoles et par les livres, ils allèrent la voir chez elle et prirent l'habitude de la parcourir. A Athènes, à Pergame, à Alexandrie, dans ces grandes villes qu'ils visitaient si volontiers, et dont plusieurs avaient été les capitales de royaumes puissants, ils trouvaient une société éclairée, polie, spirituelle, dans laquelle ils étaient heureux de vivre, une littérature diirérente de celle que leurs maîtres leur avaient enseignée, et qui du premier coup les charma. C'est en vain que quelques amis du passé résistèrent : Cicéron se plaignit amèrement de « ces amoureux d'Euphorion », qui osaient railler Ennius et lui préféraient un bel esr prit d'Alexandr:j. Lucrèce aussi resta fidèle à Ennius et aux poètes anciens, les reconnut pour ses maitres et se plut à imiter leur vers vigoureux et sobre ; mais la nouvelle école avait pour elle ce qui donne le succès, la jeunesse et les femmes. Ces belles affranchies, qui régnaient dans les réunions du monde et gouvernaient les hommes politiques, aimaient à répéter les vers de Galvus et de Catulle. Dès lors l'imitation des Alexandrins se glisse chez presque tous les poètes; elle domine surtout chez Ovide et chez Properce, qui se proclame sans détour l'éWve de Calliniaque et de Philétas.
Yoilà pourquoi les élégiaques romains se sont si sou-
372 PnOMENADES ARCHÉOLOGIQUES.
vent rencontrés avec les peintres de Pompéi. Ces ressemblances ne sont pas de simples curiosités qu'il est agréable de noter au passage : M. Helbig pense qu'il y a un intérêt sérieux à les signaler, et qu'elles peuvent nous aider à mieux connaître la littérature du siècle d'Auguste. Comme les poètes d'Alexandrie sont perdus, il est difficile de dire jusqu'à quel point ceux de Rome les avaient fidèlement reproduits et de distinguer ce qu'ils leur empruntent de ce qui leur appartient. Pour le savoir, comparonsles aux peintures de Pompéi : quand leurs descriptions rappelleront fidèlement quelque tableau pompéien, nousen conclurons que le peintre et le poète avaient sous les yeux un modèle commun et qu'ils sont tous deux des imitateurs. Nous ignorons à qui Catulle doit le plus beau de ses poèmes, celui où il dépeint Ariane abandonnée par Thésée et consolée par Bacchus. M. Riese pense qu'il l'a traduit de Callimaque', mais il n'en a pas donné de preuve certaine; ce qui est sûr, c'est que ce sujet se trouve fort souvent reproduit sur les murailles de Pompéi ou d'Herculanum, et que par conséquent il devait être très commun chez les poètes d'Alexandrie. C'est bien aussi à la manière alexandrine que Cali'jie l'a traité : il môle à des traits de passion profonde beaucoup de diminutifs gracieux, il ne néglige pas de décrire, en ce moment terrible, la toilette de son héroïne, de nous dire en passant un mot do sa chevelure blonde et de ses petits yeux charmants, de raconter enfin que, lorsqu'elle s'avance dans les flots pour essayer de suivre son amant qui s'enfuit, elle a soin de relever sa robe jusqu'au genou, Mollia nudatœ tollentein tegmina surae.
Virgile aussi a commencé par céder au goût du moment et par imiter les Alexandrins. C'est ce qui explique
1 Ahein. Muséum, xxi, p. 498.
les défauts qu'on reproche à ses premiers ouvrages. On trouve dans ses Bucoliques quelques incohérences qui surprennent chez un esprit si juste et si fin. Ces bergers d'Arcadie qui habitent les bords du Mincio, ces hommes d'État devenus des pâtres, qui tressent des corbeilles de jonc dans des antres solitaires et chantent sur un chalumeau rustique, pour se consoler des infidélités d'une comédienne qui a suivi un officier, cette façon de transporter à la campagne les événements de la ville et de placer des allusions politiques au milieu de discussions pastorales, rappellent à M. Helbig les fantaisies étranges de certains paysages pompéiens, où l'on voit la ville et les champs bizarrement mêlés ensemble, des portiques élégants dans la solitude où Polyphème mène pattre son troupeau, et un temple ionien couronné de guirlandes sur les hauteurs du Caucase, près du vautour qui dévore Prométhée. Chez Properce, l'induence des Alexandrins est plus visible encore ; aussi ses élégies présentent-elles plus de rapports que les églogues de Virgile avec les peintures pompéiennes. La mythologie y déborde : qu'il soit triste ou joyeux, tous ses sentiments s'expriment par des allusions à de vieilles légendes. Il n'a pas d'éloge plus délicat pour célébrer sa maîtresse que de la comparer aux héroïnes de l'ancien temps. S'il l'a surprise un jour la tête appuyée sur son bras et endormie, elle lui rappelle aussitôt Ariane étendue sur le rivage de Naxos, Andromède après sa miraculeuse délivrance, ou la bacchante épuisée qui tombe saisie d'un sommeil invincible dans les plaines de la Thessalie : ce sont des personnages que connaissent bien ceux qui ont visité les villes campaniennes, on les y retrouve partout. Quand Cynthie, après une longue résistance qui a désolé le poète, cède enfin à son amour, c'est par une explosion de mythologie qu'il célèbre sa victoire. « Non, le fils d'Atrée ne fut pas plus
joyeux quand il vit tomber à ses pieds la foreresse de Troie ; Ulysse, après tous ses voyages, n'aborda pas avec autant de plaisir aux rivages de son île chérie; Electre, lorsqu'elle aperçut son frère, dont elle avait cru tenir les cendres dans ses mains, la fille de Minos en revoyant Thésée qu'elle venait de sauver du labyrinthe, n'ont pas éprouvé tant de bonheur que j'en ai connu la nuit dernière. Qu'elle m'accorde une autre fois ses faveurs, et je me tiens pour immortel *■ ! » Les petits Amours, que nous avons trouvés si souvent dans les peintures pompéiennes, ne manquent pas non plus dans les poésies de Properce. Lorsqu'il se décerne à lui-même une sorte de triomphe pour avoir fait connaître aux Romains , dans toute sa beauté, l'élégie alexandrine, il y associe les Amours et veut qu'ils prennent place dans le même char que lui,
Et mecum m curru parvi veciantur Amores*.
Il raconte, dans une de ses pièces les plus agréables, imitée par André Ghénier, qu'une nuit, après avoir fait quelque débauche, il errait seul, et à pas mal assurés, dans la ville endormie, cherchant une bonne fortune coupable ; tout à coup il tombe au milieu d'une troupe de petits enfants que sa frayeur l'empêche de compter. « Les uns portaient de petites torches, d'autres tenaient des flèches, d'autres enfin semblaient préparer des liens pour m'attacher. Tous étaient nus. Alors l'un d'eux, plus résolu, s'écrie : « Le voilà! saisissez-le; vous le connaissez bien. C'est lui qu'une femme irritée nous a chargés de lui rendre. > Il dit, « et déjà je sentais un nœud qui serrait mon cou ». Les autres s'approchent, l'enchaînent, le grondent, et le ramènent, repentant et heureux, à la maison de Cynthie \ — N'est-ce pas le sujet d'un tableau