L.TKuilliep , BdJ
avoir beaucoup d'incertitude dans la façon de les désigner. C'est ainsi que Varron et Festus nous disent que k peuple ne savait pas très bien ce qu'on devait appeler « la voie Sacrée». Ils ajoutent pourtant que tout le mondj s'accordait à donner ce nom au chemin qui menait du temple des Lares (près de l'arc de Titus) à celui de Vesta. Ce chemin, nous le connaissons parfaitement aujourd'hui, nous pouvons le parcourir dans toute sa longueur, et c'est un des plus grands senices les dernières fouilles de nous l'avoir rendu tout entier.
Au sortir de l'arc de Titus, la rue tourne brusquement à droite et suit une vaste terrasse élevée de quelques marches au-dessus d'elle. C'est sur cette terrasse que l'empereur Hadrien avait bâti son temple de Vénus et de Rome, dont il reste de beaux débris*. Après avoir dépassé l'église de Santa-Franccsca-Romana, avec son clocher élégant, elle tourne à rauche, le long de la basilique de Constantin, dont elle est séparée par quelques bâtisses du moyen âge; puis elle passe devant le temple de Romulus (église de Saint-Cosrae et Saint-Damien). Cet édifice, élevé par Maxence en l'honneur de son flls qu'il perdit jeune, était à moitié enterré sous les décombres ; on l'a tout à fait dégagé; la porte a été descendue à sa place; des quatre colonnes de marbre cipollin qui ornaient les ailes de la façade, deux ont été relevées sur leur base; enfin le petit temple nous est rendu dans son élégance primitive. L'autre côté de la rue ne possède pas des monuments aussi importants et aussi bien conservés. Sur le premier rang, on y trouve quelques bases de statues : c'était sans doute un grand honneur, et qui devait être fort recherché, de placer son image le long
1. M. Laloux a publié une restauration de cet édifice dans les ilélanget d'archéologie et d'histoire de l'école de Rome.
d'un chemin aussi fréquenté du public; on était sûr ainsi d'être sous les yeux de tout le monde, et l'on avait plus de chance d'échapper à l'oubli. A côté de ces bases honoraires, on distingue les restes d'un exhèdre, c'est-àdire d'un de ces bancs demi-circulaires, comme on en retrouve à Pompéi, où les oisifs venaient s'asseoir pour causer entre eux et regarder passer la foulée Au second rang, un peu derrière cette première ligne de monuments dont il reste peu de chose, les fouilles ont mis à découvert tout un ancien quartier composé de maisons serrées les unes contre les autres. Ce quartier a dû être 1res bouleversé dans l'antiquité même: sous les maisons qui ont été bâties les dernières, on trouve d'autres fondations qui suivent une direction différente. Ce sont les incendies, si fréquents à Rome, surtout dans le bas-fond du Forum, qui en ont si souvent changé l'aspect. M. Jordan pense qu'il a été entièrement remanié à l'époque d'Hadrien, quand cet empereur construisit son temple de Vénus et de Rome, qu'il tenait sans doute à bien entourer pour faire mieux ressortir son talent d'architecte.
Au lieu de continuer la rue que nous suivons jusqu'à l'endroit où elle débouche sur le Forum, détournonsnous un moment vers la gauche. A travers ce massif de maisons dont les fondations ont été remises au jour, dirigeons-nous vers le Palatin et l'église de Sainte-Marie- Libératrice. L'endroit où nous arrivons a joué un grand rôle dans l'histoire ancienne de Rome. C'est là que les premiers rois avaient établi le centre de la religion romaine avant que Tarquin le transportât sur le sommet du Capitole. La construction du temple de Jupiter marque une époque nouvelle dans la vie religieuse des