Voy., sur le Plan du Forum, a
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Romains. La période qui l'avait précédée, et qu'on appelle quelquefois période de Numa, se faisait remarquer par des caractères différents : les rites alors étaient plus simples et les édifices moins somptueux; on n'élevait pas encore aux dieux de statues, et l'on se contentait, pour tout sacrifice, de leur offrir des gàleaux de farine salée. De cet âge primitif, il restait sous l'empire trois monuments que le temps avait respectés et qui étaient situés tout près les uns des autres ; c'étaient le temple de Vesta, où brûlait le feu éternel; la Regia, c'est-à-dire la demeure du roi, qui, étant à la fois le chef religieux et le premier magistrat de la cité, devait habiter près du foyer public; enfin V Atrium Vestœ, où résidaient les vestales qui aidaient le roi à remplir les fonctions du culte, comme dans la raaioon des particuliers les filles servaient les dieux à côté du père de famille. Voilà les trois monuments qu'il s'agissait de retrouver*
Le temple de Vesta fut découvert le premier, il y a quelques années. Après qu'on eut dégagé la basilique Julia, les ouvriers, en s'avançant un peu au delà du temple de Castor, rencontrèrent sur leur route un petit soubassement rond entièrement ruiné. Quoiqu'il eût fort chétive apparence, quelques archéologues n'hésitèrent pas à soutenir que sur ces fondements devait s'élever le fameux temple dont on faisait remonter l'origine jusqu'à Numa. Cette opinion fut alors très combattue. Aujourd'hui qu'on a découvert dans le voisinage la demeure des vestales, personne ne songe à la contester. S'il ne reste plus du vieux temple qu'un monceau de
1. Pour toutes les découvertes qui ont été faites de ce côté, je renvoie au travail de M. Lanciani, intitulé YAlrio di Vesta, publié dans les Notiiie degli scavi de 1883, et à celui de M. Jordan, dans le liulletiiio deW istiluto di correspondema archeologica d« mai 1884.
terre et quelques pierres éparses, ce n'est pas tout à fait la faute du temps. Le temps est moins habile que les hommes à ruiner les monuments anciens; et, parmi les hommes, les plus civilisés sont quelquefois pour eux les plus redoutables. « Les fouilles du seizième siècle, dit M. Lanciani, ont fait plus de mal aux antiquités que la barbarie du moyen âge. » En 1549, les archéologues, à la recherche de statues et d'objets précieux, découvrirent le temple de Vesta dont les débris s'étaient assez bien conservés sous les décombres, mais ils n'eurent rien de plus pressé que d'achever de le détruire. Ils enlevèrent, pour les édifices qu'ils construisaient, les revêtements de marbre, les frises, les colonnes, et jusqu'aux blocs de péperin qui servaient aux fondations; ils firent de la chaux avec les pierres qu'ils ne voulaient pas emporter; puis, la dévastation finie, ils recouvrirent de terre ce qui restait. Heureusement un savant de l'époque, Panvinio, avait pris auparavant un dessin de ces ruines. Ce dessin, rapproché de quelques bas-reliefs et de quelques monnaies sur lesquelles le temple de Vesta est figuré, permet d'en avoir quelque idée. Il est inutile de dire que le monument dont les gens du seizième siècle trouvèrent les débris, n'était pas celui qu'avait bâti Numa : en dix ou onze siècles, il avait dû être mis à neuf plus d'une fois; mais Ovide nous dit qu'en le reconstruisant, on le changeait le moins possible, et qu'on avait soin de lui conserver la même apparence*. C'était un édifice rond, surmonté d'une petite coupole, que recouvraient des plaques de métal. Pour rendre compte de cette forme qu'on persistait à lui donner, les savants avaient imaginé des raisons très profondes. Il est rond, disaient-ils, parce qu'il doit être l'image de la terre, et qu'il faut se représenter