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œil finira vite par se faire à ce spectacle un peu confus et que nous y trouverons même un certain pittoresque qui ne se rencontre pas dans la régularité solennelle et froide de nos grandes places.
Il est un peu plus difficile de justifier le Forum d'un autre reproche qu'on lui a fait et qui semble assez mérité. Ce qui frappe d'abord, quand on l'embrasse dans son ensemble, c'est qu'il ne paraît pas ê,tre très grand. On se demande, en lui voyant si peu de profondeur et d'étendue, comment il pouvait suffire à tous les usages auxquels il servait. Les auteurs anciens nous disent que c'était le lieu le plus fréquenté de Rome. Les oisifs, qui sont toujours si nombreux dans les grandes villes, s'y donnaient rendez-vous : Horace raconte qu'il avait coutume de s'y promener tous les soirs ^ Il flânait, selon son habitude, le long de la Voie sacrée, le jour où il rencontra ce fâcheux qui s'attacha à ses pas, malgré son insistance, et voulait à toute force se faire présenter par lui à Mécène ^ La curiosité y trouvait amplement de quoi se satisfaire : sans parler des charlatans de toute sorte qui n'y manquaient pas, on y faisaitqnelquefois de véritables expositions de peinture; les chefs-d'œuvre de la Grèce, après sa défaite, y étaient souvent exposés sous les portiques ou dans les temples, et les amateurs se pressaient pour les voir. Les généraux victorieux imaginèrent quelquefois, pour relever l'efTet de leurs victoires, de faire peindre par des artistes habiles les batailles auxquelles ils avaient assisté et de les exhiber sur le Forum. L'un d'eux, le préteur Mancinus, poussa même la complaisance jusqu'à se tenir à côté du tableau qui représentait ses hauts faits pour donner des explications à ceux qui en auraient besoin. Cette
1. Horace, 5a/., 1, G, 113. — 2. Sal., I, 9, 1 : Ihamforte via Sacra sicut meus est mos.
politesse charma le peuple, qui le nomma consul l'année suivante ^ Au pied de la tribune se réunissaient les nouvellistes et les politiques ; ils formaient des groupes animés qui discutaient avec passion; ils répandaient des bruits effrayants, ils faisaient des projets de lois et des plans de campagne, ils n'épargnaient ni les hommes d'État qui n'avaient pas le bonheur d'être populaires, ni les généraux quand ils ne remportaient pas la victoire du premier coup^. Vers le même endroit, au-dessous du premier cadran solaire qu'on eût établi à Rome, les jeunes gens à la mode, les élégants, ceux qui s'épilaient avec soin ou qui portaient une barbe bien taillée (aut imberbes^ aut bene barbati), avaient coutume de se rassembler ^. Non loin de là, près de la basilique Émilienne, se tenait la bourse. Les banquiers avaient leurs boutiques autour de certains passages voûtés qu'on appelait des Janus; on les voyait derrière leurs tables occupés à inscrire sur leurs livres de compte l'argent qu'on venait leur confier ou celui qu'ils consentaient à prêter sur de bonnes garanties et à d'énormes intérêts. Là se rencontraient les intendants des grandes maisons, les chevaliers engagés dans les fermes publiques, les négociants, les usuriers, les emprunteurs ; on y traitait des affaires importantes, on y devenait riche assez vite, mais on y redevenait pauvre plus vite encore : que de fortunes qu'on croyait solides sont venues, suivant l'expression d'Horace, faire naufrage entre les deux Janus*!
Le Forum servait encore à donner quelquefoisdes spectacles populaires, surtout des combats de gladiateurs. Je n'ai pas besoin de dire qu'il était fort encombré ces jourslà. Cicéronnons apprend que c'était de tous les jeux celui que la multitude préférait et où elle se portait avec le plus
1. Pline, XXXV, 4, 7. — 2 Ou les appelait subroslrani. Cicéron, Ep. fam. VIII, i. — 3. Cicéron, Pro Quint., 18: non ad solarium, nonin campa, non in conviviis versatus est. — 4. Sat., ii, 3, 18.
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d'ardeur. On s'entassait pour mieux voir non seulement dans le voisinage de l'arène, mais sur les degrés des temples ou les terrasses des basiliques et le long des rues qui montaient au Capitole et au Quirinal. La fête durait souvent plusieurs jours, et elle se terminait d'ordinaire par quelque grand repas où l'on régalait tous les assistants. Les tables étaient dressées sur la place, et qui voulait venait s'y asseoira Pour qu'on pût regarder et manger à sfln aise, malgré les ardeurs du soleil. César eut l'idée de faire couvrir le Forum entier avec des vastes voiles qui abritaient tout le monde pendant les trois ou quatre jours qu-e se prolongeait la fête-; Dion nous dit que c'étaient des voiles de soie^. Cette magnificence devint aussitôt un usage, et même il arriva sous Auguste que, la saison ayant été très chaude, les voiles restèrent tendues tout l'été *. Un spectacle plus ordinaire encore que les combats de gladiateurs était celui qu'offraient aux curieux les funérailles des grands personnages. Le cortège traversait toujours le Forum : on y voyait passer ces joueurs de flûte, de trompette ou de clairon, qui assourdissaient toute l'assistance, ces pleureuses qui se déchiraient la figure et s'arrachaient les •cheveux, cette foule d'amis, de clients, de serviteurs attachés à toutes les grandes maisons, enfin ces chars ou ces litières qui portaient les images des aïeux; le nombre en devait être très considérable quand la famille était ancienne : il y en eut plus de six cents aux funérailles de Marcellus. Ce qu'il est assez difficile de comprendre, ce qui devait rendre l'encombrement incroyable, c'est que ces funérailles ne se détournaient pas du Forum, même quand il était déjà occupé par d'autres assemblées. On le sait par une anecdote célèbre que raconte Cicéron et que beaucoup d'autres ont rapportée après lui. L'orateur
1. Tite Live, xxxix, 46. — 2, Pline, xix, 1,6. — 3. Dioa, lui, 31. — 4. Dion,Lix, 23.
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Crassus défendait un jour un de ses amis contre M. Brutus, un fort méchant homme, qui portait mal un grand nom et qui, après avoir dévoré sa fortune, gagnait sa vie à faire le métier d'accusateur. L'affaire était vive, car Brutus ne manquait pas d'habileté, et l'ardeur de ses haines le rendait parfois éloquent. Il avait précisément parlé ce jour-là avec beaucoup d'esprit et accablé son adversaire des railleries les plus mordantes. Tout à coup, pendant que Crassus répondait, le Forum fut traversé par un cortège funèbre : c'était une femme du sang des Brutus qu'on portait au bûcher, entourée de toutes les images de ses aïeux. Crassus, prompt à saisir l'occasion et se tournant vers son rival : « Que fais-lu là tranquillement assis? lui dit-il ; que veux-tu que cette vieille femme aille annoncer sur toi à ton père, à tous ces grands hommes dont tu vois les portraits, à ce L. Brutus qui délivra le peuple du joug de rois ? de quel travail, de quelle gloire, de quelle vertu te dira-t-elle occupé »? » Et il continua à reprocher toute sa conduite et toute sa vie à l'indigne descendantd'unesigrande famille. C'est ainsi qu'un des spectacles qu'offrait le Forum à ceux qui le fréquentaient fournit à l'un des grands orateurs de Rome l'occasion d'un de ses plus beaux mouvements oratoires.
Mais ce qui appelait surtout la foule au Forum, c'étaient les assemblées politiques. Celles qui s'y réunissaient étaient
i. Cicéron, De oral., n, 55. J emprunte, pour ce passage de Cicéron, la traduction de M. Villemain. Il a mis en scène cette anecdote, dans son Tableau de la littérature au dix-huitième siècle, avec un peu de fantaisie peut-être, mais d'une manière fort intéressante. Sa narration, qui produisit un grand effet, commence par ces mots: « Voyez d'ici le Forum tel qu'il n'est plus, celte place immense, arène journalière du peuple-roi, etc. » 11 y a là un peu plus d'imagination que de vérité, et l'on vient de voir combien le Forum est loin d'être « une place immense ». Ce que décrit M. Villemain, ce n'est pas « le Forum tel qu'il n'est plus », c'est le Forum tel qu'il n'a jamais été.
LE FORUM. il
de trois sortes: 1° les comices législatifs où l'on votait des lois; 2" les réunions ordinaires (ronciones), où l'on n'avait rien à voter, et que convoquait un magistrat qui avait à faire quelque communication au peuple; 3° les procès politiques, qui se plaidaient en présence de tout le monde, devant des jurés tirés au sortet présidés par le préteur. De ces trois sortes de réunions, la première, c'est-à-dire les comices législatifs, était la plus importante ; c'était aussi la plus rare. Quelque manie qu'aient les peuples libres de changer sans cesse leur législation, on ne peut pas avoir tous les jours des lois à faire ou à défaire *. J'ajoute que ce n'était peutêtre pas celle où l'on se rendait avec le plus d'empressement. Ces grands discours sérieux, où l'on développe des idées générales, où l'on discute les intérêts de l'État, sont moins à leur place dans les assemblées populaires que dans les réunions restreintes, qui ne renferment que des gens éclairés. La multitude y prend d'ordinaire assez peu de plaisir, ils sont trop calmes et trop froids pour elle. Il fallait à Rome, pour la passionner, qu'une question personnelle se mêlât aux débats; de là l'importance qu'on y donnait aux procès politiques; ils y étaient aussi fréquents qu'à Athènes, et les hommes d'État passaient leur vie à accuser et à se défendre. Les partis n'avaient pas d'autre moyen de s'attaquer que de traduire réciproquement leurs chefs en justice. C'étaient des spectacles très dramatiques que ceux où l'on voyait un grand personnage entouré de sa famille en larmes, de ses clients et de ses amis, venir sur le Forum défendre son honneur et sa fortune ; aussi la foule était-elle fort empressée à y assis-
1. De tous les discours que nous avons conservés de Cicéron, il n'y en a qu'un très petit nombre, trois ou quatre seulement, qui aient été prononcés devant le peuple, pour lui conseiller ou le détourner de voter une loi.
42 PHOMENADES ARCHÉOLOGIQUES.
ter. Elle n'était pas moins nombreuse aux assemblées que convoquaient les magistrats pour s'entretenir avec le peuple. La démocratie est partout fort exigeante et très soupçonneuse; à Rome comme ailleurs, elle voulait que ceux qu'elle avait nommés aux charges publiques lui rendissent compte de leur conduite. C'était un devoir auquel on ne manquait pas quand on voulait conserver sa confiance. Caton, qui fut un des types les plus accomplis du magistrat populaire, se tenait toujours en relation avec sescommettants.il les réunissait sans cesse pour leur raconter en détail ce qu'il avait fait, leur disait sur tout son opinion avec cette verve boufTonne qui plaît tant à la multitude, les entretenait des autres et de lui-même, sans ménagement pour ses adversaires, qu'il appelait volontiers des débauchés et des fripons, tandis qu'il ne tarissait pas d'éloges sur sa sobriété et son désintéressement. Le peuple prenait grand plaisir à ces communications, qui lui faisaient sentir sa souveraineté. Dansles moments d'émotion publique, quand on savait qu'un tribun devait parler contre le Sénat ou traiter quelque question brûlante, les artisans abandonnaient leurs travaux, les boutiques se fermaient, et de tous les quartiers populaires on descendait en foule au Forum. Ces jours-là, le Forum, encombré de monde, devait paraître bien étroit. Il l'était encore plus quand on y réunissait ces comices législatifs dont je viens de parler. Il fallait prendre alors certaines précautions pour le vote, partager la place en trente-cinq compartiments séparés pour y parquer les tribus, construire ces passages resserrés qu'on appelait des ponts, où les citoyens ne pouvaient passer que l'un après l'autre pour venir déposer dans les corbeilles leur billet de vote. Quand on jette les yeux sur le Forum tel qu'il existe aujourdhui et qu'on voit le peu d'étendue qu'il occupe, il est vraiment bien difficile de comprendre qu'il ait jamais pu suffire à
toutes ces complications et contenir le peuple romain rassemblé.
Il est vrai, nous l'avons déjà dit, que cette place que nous avons sous les yeux n'est pas tout à fait le Forum de la république, mais celui de l'empire. On suppose quelquefois que c'est sous l'empire seulement qu'il a été ainsi diminué, €t l'on ajoute qu'il pouvait l'être alors sans aucun inconvénient, lepeuplen'ayantplus de lois ày voter ; mais cette supposition n'est pas exacte. A l'exception des colonnes et des statues qui ont encombré de plus en plus le centre de la place et des arcs de triomphe qui ont rétréci les rues voisines, les autres édifices étaient construits sur des terrains qui appartenaient à des particuliers, en dehors des limites du Forum véritable. Loin de le rendre plus étroit, Cicéron dit formellement qu'ils l'agrandissaient*. Les jours où l'assemblée était nombreuse, le peuple pouvait se grouper sur les marches ou dans le vestibule des temples ^. Ceux qui n'avaient pu trouver de place auprès de la tribune s'entassaient dans les deux étages des basiliques. De là on voyait très bien, et on pouvait à la rigueur entendre. C'est donc une erreurde croireque les monuments qu'on avait bâtis autour du Forum aient jamais empêché les assemblées populaires de s'y tenir, et qu'il ait contenu plus de monde avant qu'on ne les eût construits.
Une raison d'ailleurs empêche qu'il ait jamais pu être aussi vaste que notre imagination aime à se le représenter, c'est qu'il fallait qu'il fût possible aux orateurs de s'y
1. Cic, Ad AU., IV, 16: ut forum laxaremus. — 2. Un très grand nomlire de citoyens pouvaient se placer sur les marches de ces temples, quand ils étaient, comme celui de Castor, fort élevés audessus du sol. Les gens de mon âge se souviennent qu'en 1848, à l'une des fêtes célébrées par la république, on fit mettre sur les degrés de la Madeleine tous les élèves des collèges de Paris, c'est-àdire plus de cinq mille jeunes gens, et qu'on fut très surpris du peu de place qu'ils semblaient y tenir.
4i PROMENADES ARCHÉOLOGIQUES.
faire entendre. Quelque force de poumons qu'on suppose à un Cicéron ou à un Démosthène, il est impossible de se les figurer prononçant leurs discours sur la place de la Concorde. Les républiques anciennes se trouvaient dans un grand embarras quand elles avaient à construire leurs places publiques ; il fallait les faire à la fois assez vastes pour contenir tout un peuple, et assez étroites pour que la voix de l'orateur ne s'y perdît pas. Puisque le Forum de Rome a été pendant plusieurs siècles le lieu ordinaire des assemblées politiques, il faut bien croire qu'il répondait à ces deux conditions. C'est un fait, et l'on doit l'accepter, même quand on ne peut pas très bien le comprendre. Il nous faut donc admettre d'abord que les orateurs y pouvaient être entendus, alors même qu'ils n'étaient pas très bien écoutés, que leur voix parvenait à dominer ces assemblées bruyantes que l'on comparait aux flots de la mer irritée, où l'on se disait des injures, où l'on se crachait au visage, où l'on se jetait des pierres et des bancs à la tête. On pense bien que ce n'était pas sans efl"orts qu'ils y parvenaient : il leur fallait apprendre une façon particulière d'émettre la voix, chanter pour ainsi dire leurs discours, et surtout les accompagner d'une mimique expressive qui aidait à les suivre : de là l'importance du rythme et du geste dans l'éloquence antique. C'est grâce à tous ces moyens (|u'ils arrivaient à se faire entendre. Peut-être aussi la situation du Forum nous aidet-elle à comprendre ce qui nous parait d'abord un véritable prodige. Il est placé dans une sorte de bas-fond auquel on arrive par des rampes rapides. Vers le Gapitole, c'est un vrai précipice ; la pente est plus douce à l'extrémité opposée, vers l'arc de Titus, mais elle est encore assez prononcée ; de tous les côtés, comme on disait, « on descendait » au Forum. Quand on songe que cette disposition des lieux, que le peu d'étendue de la place, que
ces collines qui l'entourent, ces édifices qui l'enferment sont très favorables à la voix, il devient un peu moins étonnant que les orateurs s'y soient fait entendre et qu'ils aient pu produire ces grands effets qu'on nous rapporte.
Il nous faut admettre aussi, malgré la surprise que nous éprouvons, que ce Forum, qui nous paraît si étroit, a pu contenir tous ceux qui voulaient assister à quelque procès important, ou qui venaient apporter leurs suffrages un jour de vote. Peut-être, après tout, le nombre de ces votants était-il moins considérable que nous ne sommes tentés de le croire ; peut-être la place n'était-elle suffisante que parce qu'une partie de ceux qui avaient le droit d'y venir restaient chez eux. Vers la fin de la république, à mesure que les assemblées populaires devenaient plus orageuses, les gens sages et modérés, qui dans tous les pays sont les plus timides, prirent l'habitude de s'en éloigner. Quand on vit qu'elles se terminaient d'ordinaire par des rixes sanglantes, ceux qui craignaient le bruit cessèrent d'y paraître. Cicéron se plaint avec amertume de cette désertion des comices, et parle de certaines lois qui ont été votées par quelques citoyens à peine, qui même n'avaient pas le droit de voter. C'est ce qui explique que tant de Romains aient si aisément accepté l'empire ; il leur était assez indifférent d'être privés des droits politiques auxquels ils avaient eux-mêmes renoncé.
Le Forum finit pourtant, sous l'empire, par paraître trop petit ; les assemblées populaires n'existaient plus alors, mais les promeneurs, les oisifs, les curieux, devenaient de plus en plus nombreux, et les étrangers arrivaient de tous les coins du monde. On prit le parti, non pas d'agrandir l'ancien Forum, ce qui n'aurait pu se faire qu'en détruisant des monumentshistoriques.maisd'en bâtir d'autres autour de lui. César commença, les autres princes l'imitèrent, et comme chacun d'eux tenait à effacer ses
prédécesseurs, les dépenses devinrent à chaque fois plus^ considérables et les constructions plus belles. C'est ainsi qu'on parvintà créer, au cœur de la cité souveraine, le plus bel ensemble de monuments et déplaces publiques dont une ville se soit jamais honorée. L'étranger qui entrait à Rome par la voie Flaminienne, et qui, après avoir traversé le Forum de Trajan, celui de Nerva, deYespasien, d'Auguste et de César, arrivait enlin dans l'ancien Forum romain, où la beauté des édifices était relevée par la grandeur des souvenirs, devait être étrangement surpris de ce spectacle. Quelque grande idée qu'il se fût faite dans son. pays des merveilles de Rome, il lui fallait reconnaître que ses rêves restaient fort au-dessous de la réalité ; il sentait bien qu'il se trouvait dans la capitale du monde, et il revenait chez lui plein d'une admiration qui ne s'effaçait paspour cette ville sur laquelle tout l'univers avait les yeux et qu'on n'appelait plus, depuis le second siècle, que « la ville sacrée !»