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Germains, de plus en plus ivres de sang et de colère, et qui, voyant partout les complices des assassins, menaçaient de se jeter sur la foule désarmée. On eut grand peine à les calmer, et les spectateurs se sauvèrent au milieu d'un désordre épouvantable.
Le cryptoportique où se passèrent ces tragiques événements est presque entièrement conservé. On le parcourt encore tout entier, et l'imagination peut se figurer aisément, la scène terrible qui s'y est passée, il y a dix-huit siècles. On revoit ce prince usé par les excès de tout genre, ce vieillard de vingt-neuf ans, tel que Sénèque et Suétone l'ont dépeint en traits inelfaçables, avec cette petite tête sur ce corps énorme, ces yeux creux, ce teint livide, ce regard fauve, ce visage que la nature avait fait sinistre, et que, par une étrange coquetterie, il se plaisait à rendre plus effrayant encore. On suit les assassins depuis le moment où ils pénètrent avec lui dans le portique jusqu'à celui où ils se sauvent par la maison deGermanicus, demandant un asile au père après avoir tué l'enfant. Cette maison même, par un hasard heureux, existe peut-être encore, car quelques savants pensent que c'est' celle qu'on a retrouvée presque intacte à l'extrémité du portique*.
Elle fut découverte par M. Rosa en 1800, et c'est assurément l'un des restes les plus curieux du Palatin. On a beaucoup discuté pour savoir à qui elle pouvait appartenir. Il était naturel de croire, en la voyant si rapprochée du palais de Tibère, que c'était sa maison de famille, celle où il était né et que son père lui- avait léguée en mourant. Ce fut en elîet le premier nom qu'on lui donna ; mais quelque temps après on trouva dans les fondations un tuyau de plomb qui servait pour la conduite des eaux et