‹ Promenades archéologiques, Rome e PompéiChapitre 37 sur 68 · Séuèque, Epist., 55,4.. — 2. Pline, Epist., i · texte numérisé non relu

Séuèque, Epist., 55,4.. — 2. Pline, Epist., i

LA VILLA D'iIADlilEN. 237

« Je m'éveille quand je peux, ordinairement vers la première heure (six heures du matin). Mes fenêtres restent d'abord fermées, car j'ai remarqué que le silence et les ténèbres animent l'esprit. Si j'ai quelque ouvrage commencé, je m'en occupe; je dispose tout, les idées et même le style, comme si j'écrivais et je corrigeais. Je travaille ainsi tantôt plus, tantôt moins, selon que je trouve plus ou moins de facilité à composer et à retenir; puis j'appelle un secrétaire, je fais ouvrir les fenêtres et je dicte ce que j'ai composé. A la quatrième heure ou <à la cinquième (dix ou onze heures), selon le temps qu'il fait, je vais me promener dans une allée ou sous un portique, et je ne cesse pas, en me promenant, de composer et de dicter. Ensuite je monte en voiture; là encore je poursuis l'ouvrage dont je me suis occupé pendant mon repos du matin et ma promenade *. » Et il continue à nous faire le récit de ces journées sérieuses où le travail se mêle à tout, jusqu'au repas du soir, car on a l'habitude d'y faire une lecture instructive. Même quand il se donne . quelque plaisir extraordinaire, lorsqu'il va par exemple à la chasse, il a grand soin d'apporter ses tablettes ; elles sont à côté de lui pendant qu'il est assis près des filets, et, quand les sangliers tardent à se prendre, il tire son poinçon et se met à écrire; s'il revient les mains vides, il rapportera au moins ses pages pleines. Ce n'est pas tout à fait ainsi que nous entendons la vie à la campagne. Sans doute tout le monde alors n'était pas aussi laborieux que Pline; il devait y avoir des gens qui ne traînaient pas toujours leur secrétaire après eux et qui, lorsqu'ils allaient chasser, laissaient leurs tablettes à la maison ; mais presque tous étaient, comme lui, des politiques, des orateurs, des lettrés, des gens du monde, que la fatigue

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