GO PROMENADES ARCHÉOLOGIQUES
restés à leur place; on y remet aisément par la pensée la foule des promeneurs de tous les pays qui venaient s'y abriter aux heures chaudes du jour. Des deux côtés, on pe'nètre dans de grands magasins, dont quelques-uns ont été entièrement déblayés, et qui devaient être très vastes et fort riches*. Cette rue, avec les portiques, a 15 mètres de largeur; c'est la plus grande des Aoies romaines qu'on ait encore découvertes, et il n'y a rien à Pompéi qui en donne l'idée.
On en était là des travaux lorsque, en 1870, Rome changea de gouvernement. Les fouilles d'Ostie ne furent pas interrompues; on se contenta d'en confier la direction à RI. Pietro Rosa, connu du public par les découvertes qu'il venait de faire au Palatin. M. Rosa, qui est un esprit inventif et plein de ressources, eut dès le premier jour une idée heureuse et qui devait être féconde. Il ne tenait guère à continuer les travaux de M. Visconti, qu'il remplaçait; il voulait tenter des voies nouvelles et diriger les fouilles d'un autre côté. Il se dit qu'Ostie, étant une des grandes villes de commerce de l'empire, qui recevait des marchandises de tous les pays du monde, possédait certainement des magasins pour les remiser, et que, si l'on consultait les usages ordinaires et les données du bon sens, ces magasins devqient être situés le long du Tibre. C'est là qu'il les chercha, et il lui fut aisé de les trouver. Le Tibre forme en cet endroit un demi-cercle, autour duquel la ville est construite. Toute trace de quais a disparu , et l'eau vient battre les murs des maisons. Quelques-unes même s'appuient sur de solides piliers qui avancent dans le fleuve, en sorte que les barques pourraient entrer aujourd'hui dans la cave et y déposer directement les denrées. Les vastes magasins voû-