Juvénal, m, 2?8. — ± Stace, Sih'œ, m
des gendres moins exigeants; mais sa femme refusa de le suivre. C'était une de ces Romaines obstinées qui ne croyaient pas qu'on pût vivre ailleurs que sur une des sept collines. A l'idée de quitter Rome, elle poussait de profonds soupirs et passait les nuits sans sommeil. En vain Stace lui dépeignait-il en vers charmants les merveilles de Pouzzoles et de Baies, ce pays enchanteur h où tout se réunit pour charmer la vie, où les étés sont frais et les hivers tièdes, où la mer vient tranquillement mourir sur ces rivages qu'elle caresse » ; elle ne songeait jamais qu'à Suburra et aux Esquilles : elle était femme à regretter les ruisseaux de Rome en présence de la mer de Naples.
Cette répugnance que la province inspirait aux beaux esprits de Rome explique le silence qu'ils ont gardé sur elle : on n'aime pas à parler de ce qui déplaît ; aussi en parlent-ils le moins qu'ils peuvent, et ce qu'ils disent ne nous apprend rien de précis ni de nouveau. On serait donc aujourd'hui fort embarrassé pour deviner de quelle manière se passait la vie dans une petite ville de l'empire romain, si, fort heureusement, on n'en avait retrouvé une. La découverte de Pompéi nous console tout à fait du silence des écrivains anciens. Pour savoir comment on vivait hors de Rome, nous n'avons plus besoin de réunir à grand'peine des textes insignifiants et douteux, une courte promenade dans Poûapéi nous en apprend bien davantage.
Nous pouvons nous attendre, avant d'y entrer, que nous n'y serons pas aussi dépaysés qu'on est peut-être tenté de le croire. Partout où il existe une capitale importante, elle exerce sur les autres villes un attrait souverain; on imite ses monuments, on copie ses modes, ou reproduit son langage, on vit de sa vie. Au premier siècle, tout l'univers avait les yeux sur Rome; ses usages