DECLARATION
Au nom de la République française :
Nous, général de brigade, commandant : supérieur des Etablissements français du Bénin, commandeur de la Légion d'honneur.
En rertu des pouvoirs qui nous ont été conférés, Déclarons ;
Le roi Bélianzin Ahydjéré est déchu du trône du Dahomey et banni à jamais de ce pays.
Le royaume du Dahomey est et demeure placé sous le protectorat exclusif de la France à l'exception des lerritoiresde Ouidah, Savi, Avrékété,Godomey et Abomey Calavi, qui constituaient les anciens royaumes de Ajuda et de Jacquin lesquels sont annexés aux posnesfiions de la République française. Les limites des territoires annexés sont : à l'Ouest, la rivière Ahémé ; au Nord et à l'Est, la rivière de Savi et les frontières nordest du territoire d'Abomey Calavi, au Sud l'Océan Atlantique.
Fait à Porto-Novo, le 3 décembre 1892.
A. Dodds.
II. — Peu après la prise d'Abomey, le général Dodds, ayant pris les mesures nécessaires pour assurer l'ordre et la paix dans le pays qu'il venait de conquérir, était rentré à Porto-Novo, afin de procéder sans retard à l'organisation des territoires que la déchéance de Béhanzin faisait tomber entre nos mains. Au mois de février 1893 il transporta son quartier général à Wydah.
Pendant ce temps, les troupes frani;aises restées dans le moyen Dahomey (enaient parleur présence en respect les partisans que B6hanzin iivait pu rallier après la perle de sa capitale. Grâce à elles, un ordre complet régnait depuis la mer jusqu'à la hauteur d'Abomey. Le général Dodds ayant solidement organisé le pays espérait que la campagne se terminerait pacifiquement, c'est-à-dire que Béhanzin enfin convaincu de l'inutilité de ses elTorts pour recommen-
cer la lutte, licencierait ses fidèles et se rendrait à discrétion. Le général était d'ailleurs paiTaitenient renseigné sur les forces, les moyens el la position du roi.
Voici, d'après un document officiel (1), quelle était, au commencement d'avril 1893, la situation de l'ex-roi du Dahomey.
« Il (Béhanzin) est toujours à Alchéribé, point situé à deux journées de marche au nord d'Abomey.
« Il habite à peu de distance du Zou, dans une clairière située au centre d'une épaisse forêt et là, gardé par ses amazones, il est entouré de quelques fidèles seulement parmi lesquels les princes Kiobé, Ymavo et Alladoué.
*: H prend les plus grandes précautions pour se protéger, surtout contre les tentatives d'empoisonnement auxquelles l'exposent de la part de ses partisans ses récentes défaites. L'amazone qui prépare ses repas est tenue de manger elle-même en sa présence de tous les mets avant qu'il se décide à y toucher.
« Près d'Atchéribé se trouve un camp militaire qui ne contiendrait plus qu'environ deux cents guerriers bien armés ; les femmes, vieillards et enfants en portent la population à un millier d'individus parmi lesquels la variole fait de grands ravages.
« Le reste des forces dahoméennes est ainsi répar-
« Dans le pays d'Agony existe un groupement de défenses territoriales comprenant une cinquantaine de villages dont tous les habitants mâles ont été armés de fusils, de peu de valeur il est vrai, nsais que l'aspect du pays couvert d'une brousse épaisse ne permet pas de considérer comme une quantité négligea-
1. Lettre du général Dodds au 60us-8ecrétaire d'Etat des colo-
ble. C'est d'Arjony qu'Alchéribé tire sa subsistance en légumes, fruits, etc. Une route a été construite entre ces deux points pour .issurer les communications et échapper à notre surveillance.
« !.a reddition d'Agony mettrait Béhanzin dans une situation très précaire au point de vue de l'alimentation car avec l'imprévoyance qui caractérise la politique des Rois du Dahomey il a, dans ces dernières années, razzié et détruit d'une fai;on presque complète le vaste pays des Mahis auquel il se trouve actuellement adossé et qui aurait pu être sa sauvegarde s'il n'en avait pas tari les ressources et s'il ne s'était pas aliéné l'esprit des populations en semant partout la dévastation et la terreur.
« A une journée de marche au nord de Zumé, sur la route qui mène de ce point à Savalou, se trouvent dans la plaine d'Agony les troupeaux de l'ennemi ; une route nouvellement créée réunit ce point, de même qu'Agony au centre occupé par l'ancien roi.
« Vis-à-vis de nous, à quelques kilomètres au nord d'Abomey, s'étendent les avant-postes du camp d'Atchéribé fortement constitués et la gauche appuyée au camp d'Agony.
« Béhanzin n'a plus aucune communication avec le royaume de Porto-Novo ni avec la région située entre la grande route de Ouidah à Aboraey et l'Ouémé ; toutes les populations occupant ces territoires sont maintenant ralliées à nous d'une façon trop franche pour qu'il puisse trouver au milieu d'elles un appui efficace. Néanmoins les relations de Béhanzin avec les régions voisines de la c6te ne sont pas à l'heure actuelle entièrement interrompues.
« Nous sommes parvenus à fermer récemment par . des postes permanents les communications traversant la Lama, terrain marécageux formant une barrière
naturelle enire l'Ouénu^ el le Couffo. Il est probable que celle mesure coupera court aux agissements de l'ancien roi du Dahomey dans les régions que nous nous occupons acluellement de réorganiser et d'administrer. Il lui restera sans doute des moyens de communiquer avec les territoires allemands dépendant de Petil-Popo, mais des négociations entamées derniérementavec l'Adja Pohinzon et l'installation prochaine de poslesde douane sur la frontière occidenlale vont nous aider puissamment k la surveillance des relations de Béhanzin avec nos voisins.
« J'ai envoyé le 18 janvier une missioT au nord de Sakété, mission destinée à rallier à nous tous les chefs do la fronlière qui nous sépare de la colonie de Lag^
« Cette mission est revenue il y a peu de jours ayant rempli son programme d'une manière satisfaisante. Elle a ramené k notre influence le pays des Ouéré, des Hori-Ghés, 18 villages de Kétou et soumis ainsi î*! notre contrôle les routes allant d'Abéokoiitah et de Lagos au pays des Maliis.
« Les résultats de ces deux missions n'ont pas tardé à se faire sentir d'une façon appréciable à Atchéribé. Les diflicultés de ravitaillement des troupes de Béhanzin ont notablement augmenté et le découragement s'accuse par des désertions journalières que le système de surveillance, cependant incomparable de l'autorité dahoméenne, est impuissant à enrayer.
« Aussi, certains renseignements, la capture des prisonniers semblant être des ambassadeurs bien plutôt que des soldats quelconques, m'ont amené à penser que le moment pouvait être favorable pour arriver, par la voie des négociations, à la reddition de Béhanzin. J'ai dû, dans ce but, chercher à me créer des intelligences dans son entourage et les premiers envo-
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yés deslinûs à entamer les pourparlers sont partis le 23 mars pour Atchéribé chargés par Féliciano, hahitanl très iullueut de Ouidati, d'une lettre à l'adresse de Candido, un des conseill-jrs de Béhanzin.
€ Le sieur Candido et tous les métis brésiliens ont suivi, plus ou moins de gré ou de Force, la fortune de Béhanzin. Ils appuieront de tout leur pouvoir pour arriver à une solution pacifique. Tous ont des intérêts sur la côte et ne peuvent qu'envier la situation de ceux des leurs assez heureux pour avoir obtenu notre pardon et proQter de tous les avantages d'une adminislralîon incomparablement plus juste et plus douce que celle sous laquelle ils ont vécu jusqu'à ce jour.
« La réponse à la lettre de Candido ne nous parviendra pas avant le 15 avril au minimum, la distance entre Atchéribé et Wydah ne pouvant être inférieure à huit jours.
Ce n'est que vers le 15 ou le 20 avril que nous pourrons savoir à quoi nous en tenir sur les intentions de Béhanzin. »
Les premiers mois de cette année avaient été mis à profit par le Général Dodds pour établir dans le pays conquis une administrationrégulière.LeDabomey était divisé en trois provinces: Abomey, Allada, Ouémé, divisées elles-miîmes en cantons, autant que possible suivant l'ancienne division du royaume.
Un grand événement s'accomplit alors : la Guinée française, la Ciîte d'Ivoire et le Bénin furent par décret du 10 mars 1893, détachés les uns des autres, et érigés chacun en colonie (1).
Sur ces entrefaites le général Dodds, se rendit en
1 . Ce décret prononçait la diâlocaiion de ce que l'on avait juaqu'aloPâ appelé la Guinée trançaise, qui embrassait ia Côt» d'Ivoire, la Guinée et le BéaiQ.
Trance, et laissa le commandement militaire au colonel Lambinel qui était ipso facto chargé de mener à bien les négociations en vue de la pacification déllnitive et de la reddition éventuelle de Béhanzin.
Le pays était en général tranquille. Le colonel écrivait à ce sujette 10 mai 1893 :
« La situation au point de vue pacification, n'a pas sensiblement changé depuis l'établissement du dernier rapport politique. Le royaume de Porto-Novo, nos protectorats de la vallée du Mono, les territoires au nord de Dogba, sur la rive gauche de l'Ouémé, jouissent d'une parfaite tranquillité.
« Dans la partie du Dahomey qui s'étend au sud de la Lama et le long de la côte la pacification ne laisse non plus rien à désirer ; elle s'est même réaliséeavec une rapidité surprenante. C'est que le Dahoméen du Sud est un producteur et un cultivateur ; il a des intérêts commerciaux qui lui fout envisager laguerre comme une calamité ; enfin de nombreux croisements avec diverses races indigènes et aussi la fréquentation des traitants de la c6le n'ont pas été sans opérer un commencement de transformation sur son caractère.
« Nous avons également été aidés dans l'œuvre de pacification par ce Fait que les chefs les plus énergiques et les.plus hostiles à notre influence avaient pour la plupart suivi la fortune de Béhanzin et que nous n'avons pour ainsi dire pas eu à en purger le pays ».
Au nord de la Lama la situationétaitdifférente : « le pays est sillonné de bandes armées qui détroussent les passants et il est encore impossible de circuler sans une forte escorte. Derrière ce rideau de gens remuants qui constituent la véritable pierre d'achoppement du règlement de la question du Dahomey, se trouve l'armée régulière dnntla situation n'a pas changé. On souffre à Atchéribéj mais la discipline de fer à laquelle
sonlsoumisea les troupes tlii roi empêche toute idée de désertion.
« Dans le pays tout le monde désire vivement la paix, l'indigène aussi bien rjue le commerçant, l'élémenl militaire aussi bien que l'élément civil ».
Le colonel Lambînet était favorableà la solution pacifique delà question dahoméenne. Il avait même pensé i\ un certriin moment qu'il serait possible de conserver à Abomey le roi Béhanzin, sous une surveillance très rigoureuse, en lui laissant seulement le plateau d'Abomey. Il appuyait cette opinion sur la difficiilté de trouver un remplaçant au roi déchu et sur le défir d'éviter <l la France de nouvelles dépenses en hommes et en argent. II était dans cette disposition d'esprit lorsque dans la nuit du 29 avril le Chéligan arriva à Ouidah porteur d'un message du roi. II est bon d'ajouter que la lettre adressée par Féliciano à Candido Kodriguez avait été interceptée par le Roi qui l'avait gardée plusieurs jours avant de la remettre à son destinataire et ne lui en avait parlé que le 14. Il attendait h ce moment le résultat d'une ambassade envoyée par lui à Lagos, résullatqui fut naturellement négatif. Repoussé du côté de l'Angleterre, repoussé du côté de l'Allemagne qui avait refusé de le prendre sous son protectorat, il se décida à faire des offres de soumission au commandant supérieur. La lettre adressée à Candido lui servit de prétexte. Le 17 il donna son bâton royal et un message à Chétigan qui partit le lendemain avec Candidoetdeux autres ambassadeurs. ..Ils avaient demandé qu'on envoyât un officier à leur rencontre ; le commandant refusa et leur expédia simplement Féliciano à titre officieux mais avec mission de leur dire que leur qualité de messager garantissait leur sécurité et leur liberté.
Le message de Béhanzin était ainsi conçu ;
« 1" Le roi salue MM. le Président de la République, le gouverneur, le colonel et tous les officiers.
2° Il reconnaît qu'il est battu. C'est le bon Dieu qui a voulu la guerre.
3° Il vient demander la paix et offre sa soumission. Il aurait fait cette demande plus tôt, mais il en a été empêché par les considérations suivantes: l"Le3Nagos attaquent constamment les Dahoméens qui essayent de passer et coupent les chemins j 2" Toffa se vante partout que c'est lui qui a Fait la guerre au Dahomey et qu'il a été le vainqueur ; 3" Béhanzin prie qu'on empoche Toffa de dire des meusonges et du mal de lui, car si Toffa sert la France, le Dahomey la sert depuis bien plus longtemps. S'il avait voulu, il aurait pu écraser Porto-Novo avant l'arrivée des Français ; 4° lui veut la paix avec la France et ne veut plus la guerre; 5° Le roi demande à habiter le plateau d'Abomey et que les postes au nord de la Lama soient évacués ».
Le colonel Lambiiiet demanda des instructions à Paris. Le ministre de la marine lui répondit qu'il était indispensable de traiter avec Béhanziu lui-même, sans intermédiaires. Il devait lui être déhvré un sauf-conduit pour venir à Abomey d'où un officier avec une escorte l'accompagnerait à Ouidah. Le colonel ayant objecté qu'une question très importante de fétichisme défendait au roi de voir la mer, le ministre confirma ses précédentes instructions avec cetLe seule atténuation qu'afin de respecter les scrupules religieux de Bébanzin il pourrait s'arrêter à Allada pour y faire sa soumission sans conditions.
Une restait plus au colonel qu'à renvoyer les messagers du roi, Ils partirent leSmai en exprimant l'opinion que ces conditions ne seraient pas acceptées par le roi. Chétigan était porteur d'un sauf-condiùt permettant à Béhanziii de se rendre à Albida.
Le 17 mai. dale lixée pour la réponse du roi, (ilaiil arrivé, le colonel Lambtiiet donna l'ordre de fermer de Douveau les roules de la Laraa. II prescrivait en même temps au colonel Maudnil, commandant la région d'Abomey, défaire faire des reconnaissances pour dégager les abords immédiats de cette ville. Les négociations officielles étaient interrompues ; elles ne furent plus reprises depuis.
A la iin du mois de juin, le colonel Lambinel, atteint d'une grave maladie, dut quitter la colonie.
Le remplaçant du colonel La mbinet, colonel Dumas, n'eut pour ainsi dire pas à s'occuper de la question de Béhanzin. En effet il n'était à la tête des forces françaises au Dahomey que par intérim : le gouvernement ayant décidé que la campagne s'il y avait lieu serait reprise par le général Dodds, qui revint h ces fins au Bénin, où il arriva (à Kotonou) le 'SO août.
Comme on l'a vu plus haut, liéhanzin n'avait point accepté dans les délais qui lui avaient été imposés les conditions que le gouvernement mettait à sa reddition. D'autre part, il n'avait plus fait aucune démarche auprès des autorités françaises. Il ne nous restait donc qu'à tenter de le réduire et d'en finir avec lui par les armes. Il semblait d'ailleurs disposé à nous résister de nouveau.
Dès son arrivée le général Dodds s'occupa d'organiser pour faire campagne les effectifs dont il disposait. Le 14 octobre, toutes ses dispositions étant prises, il établit son quartier général àDogba. C'élaille commencement des nouvelles opérations.
Le général Dodds savait d'une manière certaine que la position de Bébanzin était des plus difficiles ; il ne pouvait se réfugier ouvertement avec ses troupes ni dans la colonie du Lagos ni dans celle du Togo, et était obligé de vivre en territoire Mahis parmi des popula-
lious hostiles, et que d'ailleurs il épuisait par ses réquisitions.
Ne Toulant cependant pas encore accepter les conditions qu'on lui accordait, il avait résolu d'essayer de franchir par force nos lignes, de passer la frontière anglaise après avoir licencié là ses partisans, et de se réfugier à Lagos où il projetait de vivre en simple pariiculier..., en attendant l'occasion de fomenler une révolte contre nous dans le Dahomey, et de nous chasser du pays.
Ces projets devaient échouer misérablement.
Entré en campagne le 14 octobre, le général Dodds s'était d'abord porté sur Agony, où il arriva le 17 avec une partie de ses forces, ayant divisé le reste en trois groupes qui s'avani^aient méthodiquement de manière à cerner Atchéribé, la localité où se trouvait le comp de Béhanzin.
Le 7 novembre, le général ayant marché sur cette position la trouva évacuée; Béhanzin s'était échappé par Savalou vers le pays des Dassas.
Les quelques soldats qu'il avait emmenés étaient démoralisés et hors d'état d'opposer une résistance sérieuse. On poursuivit activement les fugitifs.
Peu à peu, les derniers serviteurs du roi l'abandonnèrent : SCS ministres principaux, les princes de sa famille venaient, un à un, se rendre sans conditions.
Le reste de son artillerie tomba entre les mains de nos troupes. Enfin, le roi de Savalou qui l'avait d'abord accueilli, craignant de voir ses villages brûlés ■ par les blancs, lui intima l'ordre de regagner le Dahomey ; et les Dassas, sur l'hospitalité desquels il avait compté, lui interdirent le séjour sur leurs territoires.
« Béhanzin, écrivait à ce moment le général, abandonné de la plus grande partie de son entourage, n'a avec lui que sa famille et quelques fidèles divisés en
plusieurs groupes occupant dîlTérentes localités. II est lui-même à Didja, près du Couffo, Il n'a plus nî prestige ni autorité et sa situation ent telle aujourd'hui que l'on peut commencer à réduire l'efTectif des troupes blanches... Béhauzin, poussé progressivement vers le Sud par les colonnes volantes, a été ramené à l'ouest d'Ahomej vers le CoufTo, malgré ses tentatives pour retournLT vers le Nord et rallier son armée, aujourd'hui complètement dispersée. Tout le pays est occupé par nous. »
Déjà, le commandant supérieur avait émis l'opinion, étant donné l'étal d'esprit de la population et de la famille même de Béhanzin, qu'il serait possible et utile pour hâter les événements, dénommer un successeur à Béhanzin, déchu de tous droits depuis la chute d'Abomey.
II renouvela dans les premiers jours de janvier cette proposition qui fut acceptée par le ministre. Au mois de janvier, le prince Goutchili, fils de Gléglé et Frère de Béhanzin, fut solennellement présenté au peuple par les princes, les anciens du peuple et reconnu roi sous le nom d'Ago li Agbo.
Enlin, le 25 janvier 1894 Béhanzin, à bout de ressources, traqué de toutes parts, ne se sentant plus entouré que d'ennemis, déposa pour toujours les armes.
Se trouvant à Yégo, au nord-ouest d'Abomey, il flt dire au général Dodds qu'il se rendait sans conditions au gouvernement français.
La guerre était terminée.
Une ère nouvelle s'ouvrait, pleine de riches espérances, pour les pays si longtemps tenorisés par le cruel despote que nos vaillants soldats venaient enlin de réduire.
Saisi par un détachement à Yégo, Béhanzin et sa suite furent amenés sous bonne escorte à Kotonou.
LA, le roi fui embarqué sur le Segond qui devait le transporter avec quelques membres de sa famille à la Martinique, colonie que le gouvernement avait choisi pour y interner l'ex-roi du Dahomey, Ses trois anciens ministres les plus compromis, et trois mulâtres qui avaient été ses conseillers et ses ^mes damnées, furent de leur cflté déportés au Gabon sur la Mésange.
Eti même temps que s'accomplissaient ces événements, le général Dodds avait assuré la paciûcation du pays d'AlIada en procédant à son égard comme il l'avait fait pour le pays d'Abomey.
L'ancien royaume d'AUada avait été rétabli de même que celui d'Abomey pour exister désormais sous le protectorat de la France ; et le prince Ganhou-IIoug non, descendant des anciens souverains d'Ardra, homme sage d'ailleurs, et respecté de ses compatriotes, avait été nommé roi sous le nom de Gi-Gla (4 février 1894).
La question dahoméenne se trouvait ainsi liquidée : la tranquillité dans tout le pays était complète.
Peu après, le général Dodds ayant brillamment terminé la mission que le gouvernement lui avait confiée, rentra en France, Les troupes furent en partie rapatriées. Le Dahomey remanié allait bientôt passer aux mains de l'administration civile.
Trois lettres sur ia campagne de 1892. — On trouve dans les journaux de l'époque de la conquête, à côté des correspondances et des rapports officiels, de curieuses lettres écrites à main levée entre deux escarmouches par des militaires à des parents, à des amis. C'est dans ces lettres, beaucoup mieux que dans les rapports officiels, que l'on trouve la véritable physionomie de ia campagne. Leurs auteurs racontent ce
dont ils viennent d'être lémoins : ce sont des croquis pris sur le vif el qui souvent ne manquent pas d'une vive couleur ; commo ces lettres n'étaient sûrement pas destinées h la publicité, elles sont écrites sans recherche aucune, avec toute la bonne humeur que sait garder sous tous les climats, devant tous les ennemis, le soldat de France.
En voici trois, qui se rapportent au début de la campagne : elles intéresseront certainement le lecteur, en lui révélant un peu de l'esprit qui animait nos troupes au Dahomey.
I.— (De Porlo-Novo, juillet 1892; Eœlr. de la géographie: 8 sepiembre 1892).
« Quand je suis arrivé à Cotonou, la barre était très mauvaise. Depuis plusieurs années on ne l'avait pas vue aussi forte. Sans le wharf, le débarquement eût été impossible.
Le wharf est achevé comme longueur; mais il est loin d'être terminé et il ne faut pas croire qu'on y arrive facilement; son extrémité est dans la zone de formation de ces grosses lames qui viennent se briser à cent mètres du rivage; on a adapté tant bien que mal une échelle de bois et une échelle de corde, et c'est là que les pirogues viennent accoster; la houle y étant toujours très forte, on saisit le bon moment, on se cramponne à l'échelle et avec un peu de gymnastique on arrive sur le pont. Ceux qui ne peuvent pas sont hissés dans un panier et donnent souvent lieu à des scènes comiques, car, avant qu'on ait pu les enlever, ils sont presque toujours sûrs de prendre un bain de siège. Les bagages ne sont pas plus épargnés. C'est ainsi que la compagnie de tirailleurs amenée de Dakar a mis trois jours à débarquer. En temps ordinaire il faut une demi— journée ou une journée.
Cft qui montre mieux comment le wharf est encore peu pratique pour les marchandises, c'est qu'on a 6lé obligé, pour aller plus vite, de décharger la Ville-de- Pernambuco sur un navire allemand, le Teck, qui porte les marchandises à Porto-Novo en passant par Lagos. C'est de cette manière que l'on a transporté tous ces fameux baraquements destinés aux troupes blanches et dont on parle depuis longtemps.
Cotonou n'est pas beau : quelques cases, plusieurs maisons européennes. Située sur une bande de sable qui s'étend entre le canal qui mène au lac Denbam et la mer, à l'ouest et à l'est, la ville est protégée par des palissades et des défenses accessoires que l'on augmente tous les jours: petits piquets, trous de loup, fils de fer entrelacés etc. ; on a déboisé le terrain tout autour. C'est presque imprenable : aussi il n'y aura qu'une compagnie ou deux.
Les troupes sont massées à Porto-Novo : c'est notre ville la plus importante de tout le Dahomey ; on y arrive au moyen de longues pirogues faites avec des arbres creusés ; on longe le territoire ennemi, on traverse le lac Denham, le canal de Toché. Lescaïmans, les oiseaux abondent dans ces parages. On voit des villages entiers construits sur pilotis dans le lac, qui n'a jamais plus de deux mètres de profondeur. Cette traversée dure cinq ou six heures.
A Porto-Novo, la lagune forme le port ; la ville européenne estassez jolie, le tout est entouré d'une végétation superbe. La ville s'étend de l'ouest à l'est ; les maisons indigènes sont construites en terre argileuse rougeâtre, des rues très étroites et assez sales ; les noirs ont l'air très soumis aux Français. Tout autour de la ville un petit mur d'enceinte et des forts : le fort des Amazones, le fort Moncé, le fort Toffa, le fort Becon où sont logés les tirailleurs sénégalais, les
Haoussas et les trois compafjnies de voinntaîres ; il n'y a jusqu'à présent que des troupes noires. Il est probable que la compagnie d'infanterie de marine envoyée de Rocheforl stationnera d'aijord à Cotonou et ne viendra que plus lard à Porto-Novo.
Cofonou est, en eflet, beaucoup plus sain : il y a très peu de malades. Porto-Novo, au contraire, élant près de la lagune, est plus humide el rendu plus malsain à cause de la végétation et de la saleté des rues. Actuellement, c'est la meilleure saison : II n'y fait certainement pas plus chaud qu'à Paris, mais le soleil y est très mauvais, la chaleur accablante ; le soir et la nuit, il fait excessivement bon. Si quelques officiers et quelques hommes y sont malades, c'est un peu parce qu'on y fait un service beaucoup plus dur qu'en France. On va néanmoins construire un hôpitalàPorto- Novo. Contrairement à l'opinion répandue en France, les meilleurs mois sont juillet et août ; puis commencent des pluies en septembre el octobre, et enfin la saison est très mauvaise en novembre et eu décembre. Le meilleur moment pour la campagne est la saison actuelle, el l'expédition serait déjà commencée si les renforts demandés étaient arrivés.
Les compagnies de volontairescommcncentàmanœuvrer ; le colonel les a inspectées hier ; elles serviront certainement en première ligne et le colonel Dodds lient à faire les colonnes, du moins les premières, avec des troupes noires seulement. Les Européens seront en réserve et ne donneront qu'en dernier lieu.
J'ai vu, hier, le roi du pays, TofTa, frère de Glé-Glé prédécesseur de Béhanzin. H est très mal avec son neveu et la présence des troupes françaises le rassure. Le nom seul des guerriers du Dahomey inspire la terreur dans tout le royaume de Porto-Novo. Avant que nous ayons mis une garnison dans la ville, la seule
nouvelle de l'arrivée de quelques guerriers dahoméens faisait que tous les habitants de Porto-Novo abaûdoniiaient leurs cases, le roi Toffa en tête, et allaient se cacher dans les laçjunes au sud de la ville.
Toffa se promène avec un air digne, entouré de sa cour ; il est très bien avec le gouverneur de Porto-Novo et, le 14 juillet, ii a mangé à sa table, 1! porte une espèce de casquette, avec des broderies d'argent, sur laquelle on a écrit : roi Toffa ; c'est sa grande tenue. Le malheureux roi a été dépossédée l'arrivée des troupes du Sénégal, car on a dû installer les sous-officiers dans sa « salle du trône » ; à côté est son harem, dans lequel il a pour lui seul une centaine de femmes.
Porto-Novo est une ville qui, d'après certains géographes, a 40,000 habilants ; le chiffre est exagéré, mais il j en a bien 20,000. Les rues j sont bizarres, étroites, tortueuses : toutes se ressemblent ; il y a des petites places qui de temps en temps servent de marché. A partir de cinq heures du soir, dès que la nuit arrive, il est impossible de trouver son chemin ; ii faut coucher où l'on se trouve,à moins d'avoir un bon guide. La monnaie du pays consiste en cauris : il en faut une grande quantité pour faire un sou.
Sur le marché, on trouve en tout temps des oranges superbes que l'on vend un sou la demi-douzaine, des ananas, des bananes, etc., c'est un pays très riche en fruits ;' l'eau de Porto-Novo est très bonne; aussi la dysenterie y est-elle inconnue : il est vrai que la fièvre la remplace avantageusement; les noirs eux-mêmes ont la fièvre qui les abat complètement. Les Européens l'éprouvent à peu près tous les quinze jours ; quelquesuns ne l'ont pas du tout en se soignant à la quinine et en prenant des doses préventives.
Enfin, si l'intérieur du Dahomey répond à ce que nous avons vu jusque-là, c'est un pays superbe ; il est
à regretter qu'il soU si malsain. On voit pourtant des commerçanis qui habitent le pays depuis quinze ou vingt ans qui se portent bien, n'ayant jamais un accès de fièvre ; ilest vrai qu'ils sont sobres et qu'ils observent un régime excessivement régulier, tandis queles militaires, en colonne surtout, vivent comme ils peuvent, fatiguent beaucoup et sont plus exposés, par conséquent, à l'influence du climat. Les chevaux vivent 1res difficilement ici. Les grands chefs eux-mêmes sont obligés de marcher à pied pendant les colonnes. Dans ces conditions, et avec la difficulté de pénétrer dans les grandes forêts, où les roules n'existent pas, il est probable qu'on ne fera qu'une quinzaine de kilomètres par jour ».
IL — (De Dogba, 19 septembre 1892 ; Exlr. du Lyon népublicain).
Mes chera parents. — Je vous écris le soir, au crayon, après la bataille. Nous étions partis le 17 aoilt, nous sommes arrivés le soir à Adjara, où nous sommes restés deux jours.
Le 19, départ pour Atchoupa ; le lendemain 20, pour Kouti ; le 22, nous bombardons la ville de Tchou, qui n'a pas voulu se rendre ; le 24. départ pour Katagon ; le 27, pour Albigo ; le 28, pour Dangbo ; le l" septembre, pour Kenizou ; le 2, pour Keti ; le 4, pour Danou.
Le 6, on nous a embarqués sur les trois canonnières parce que le passage sur terre était trop dUficile. Nous avons remonté le fleuve jusqu'à Sané. Le 11, à une heure de l'après-midi, départ, marche toute la nuit, pour faire i5 kilomètres dans des herbes d'un mètre de hauteur. Arrivés à quatre heures du matin, on campe dans un endroit inconnu. Le lendemain 12, noua par-
Ions pour Dogba en passant par San(5. On fait des forlifications provisoires pour y mettre notre dépAt de vivres et de munitions et un hôpital. Les canonnières font le service avec Porlo-Novo.
Le IS, le colonel Dodds reçoit une lettre de Béhanzin qui dit que si les troupes françaises ne débarrassent pas ses états dans les trois jours, il nous écharpe tous. Le colonel n'a pas répondu.
Mais le t9 au matin — je n'oublierai jamais cette date — le jour commençait à poindre, on venait de sonner le réveil, tout à coup une fusillade éclate, des balles traversent les toiles de nos tentes, les uns sautent sur leurs fusils, tous nous courons à nos canons ; c'étaient les Dahoméens qui nous surprenaient. Trois minutes plus tard nous étions flambés ! La surprise était menée habilement, mais le calme revient vite.
Nos canonnières, barrant la roule au.i Dahoméens, ils venaîentde nous prendre par derrière.
Nous ripostons vivement. Les Dahoméens tirent à vingt mètres ; mais nous en faisons un vrai carnage. Le sang coule de partout ; les blessures des cadavres sont épouvantables ; beaucoup de cadavres sont coupés eu deux. Les éclats d'obus en avaient fait une vraie pdlée. Tons les coups de canon en blessaient ou tuaient une cinquantaine.
Les Dahoméens étaient, disent les uns, cinq mille, les autres plus. Dans tous les cas, le champ de bataille est couvert de cadavres. A l'aide de porteurs, on les met en tas auxquels on met le feu ; cela dure deux jours.
La lutte a duré quatre heures avec un acharnement inouï. Ensuite les Dahoméens se sont sauvés. Nous avons ramassé sur le champ de bataille deux cent cinquante fusils allemands et autrichiens.
Nous avons eu huit Européens tués, un commandant
de la Légion étrangère blessé et un lieulenant d'infanlerie de marine lue. Notre colonne se compose environ de deux mille Européens,
Maintenant, nous sommes très contenta des tirailleurs sénégalais et des indigènes.
Nous sommes à environ 40 kilomètres d'Abomey, la capitale, que nous voulons prendre ; mais, d'ici là, nous aurons pna mal de combats à livrer ; enfin, nous avons bon courage. Je me sens bien un peu de fièvre, nous avons bien quelques malades dans l'infanterie, mais ce n'est rien.
Vous me garderez les journaux pour que, quand j'aurai le plaisir de vous revoir, je sache s'ils disent la vérité.
Adieu, chers parents, en attendant le plaisir de vous embrasser de tout mon cœur.
canonnier à la )j> batterie d'artaierie de marine.
m. — (Extr. de la Chronique de Bruxelles ; lettre d'un jeune Belge engagé dans la légionétrangère française etqui se trouvait alors au Dahomey).
Cette lettre est datée de Porlo-Novo, 24 septembre, et est arrivée à Bruxelles le 25 octobre).
Dans cette lettre, le jeune homme rapporte les faits de la campagne et rend hommage au courage des Dahoméens, qui sont, dit-il, des guerriers intrépides, mais qui sont armes de l'usiis inférieurs, qu'ils perdent beaucoup de temps à charger.
Ils n'épaulent pas. Ils tiennent la crosse du fusil sous le bras et ainsi, sans s'en rendre compte, tirent fort souvent en l'air.
C'est ce qui explique que les pertes du corps expé-
ditionnaire soienl insigniliaiites niors que chez les Dahoméens ca sont de véritables hécatombes.
Le fusil Lebel, ajoute le jeune légionnaire, esl terrible.
La période de conquête ayanl entièrement pris fin, ella pacification du pays étant désormais assurée, une lie organisalion des vastes territoires que le général Dodds venait de conquérir, s'imposait.
Un décret du 22 juin 1894 réunitces nouvelles possessions à nos premiers et si modestes établissements de la côte, sous la dénomination de colonie du « Dahomey et dépendances ». C'était une colonie autonome de plus.
Voici les principaux articles des actes qui constituèrent la nouvelle colonie.
A . — Décret portant organisation de la colonie du Dahomey et dépendances.
Article premier. — L'ensemble des possessions françaises de la côte occidentale d'Afrique, situées sur la Côte des Esclaves, entre la colonie anglaise de Lagos à l'est et le Togo allemand à l'ouest, prend la dénomination de « Dahomey et dépendances ».
L'administration supérieure de cette colonie esl confiée à un gouverneur, qui est chargé en outre de l'exercice du protectorat de la République sur les territoires de l'intérieur comnris dans la zone d'influence française.
Art. 2. — Le gouverneur e.\erce dans toute l'étendue de la colonie les pouvoirs déterminés par les décrets et règlements en vigueur et notamment par l'ordonnance organique du 7 septembre 1840.
Art. 3. — En cas de décès ou d'absence de la colo-
iiie, le youverneur est remplacé par li; secrétaire général, <^ moins d'une désignalion spéciale faite par le ministre.
Art. 4. — Le Conseil d'admlnistratioti de la colonie du Dahomey et dépendances est composé ainsi qu'il suit ; le gouverneur, président ; le secrétaire général ; le commandant des troupes ; le chef du service administratif ; un habitaiit notalile français et un habitant notable indigène, désignés par le gouverneur.
Deux membres suppléants, ayant la même origine, sont désignés pour remplacer les deux liabitanls notables en cas d'absence.
Art. 5. — Le Conseil d'administration du Dahomey et dépendances peut se constituer en conseil de contentieux administratif, etc....
B. — Arrêté du Ministre deit colonies, (22 juin 1834) relatif à la division politique tt administrative des territoires delà colonie :
Article premier. — La colonie du Dahomey et dépendances est divisée politiquement et administralivement en Irois parties distinctes :
1° Territoires annexés ;
2" Territoires protégés ;
3° Territoires d'action politique.
Art. 2. — Les territoires annexés comprennent : nos établissements de Grand-Popo, Agoué, Ouidah, Cotonou, Abomey-Calavî.
Art. 3. — Les territoires protégés comprennent: les royaumes de Porto-Novo, d'AUada, d'Abomey, la République des OuatchJs et celle d'Ouéré-Kctou.
Art, 4. — Les territoires annexés sont divisés en trois cercles :
1" Le cercle de Grand-Popo, composé des cantoos d'Agoué el de Grand-Popo.
Les limites de ce cercle sont :
A rOuesl, la fronlière des Etablissements allemands de Toyo ; au Nord, la lagune de Ouidah ; à l'Est, la rivière d'Aroh ; au Sud, l'océan Atlantique.
2° Le cercle de Ouidah, composé des cantons d'Aroh; de Savi,d'Avrékété, de Ouidah ville et de Ouidah plage,
Les limites de ce cercle sont;
A l'Ouest, la rivière Ahémé ; au Nord, les frontières du royaume d'AUada ; à l'Est, le territoire du Godomey au Sud, l'océan Atlantique.
3" Le cercle de Cotonou,compo8é des cantons d'Abomey-Calavi, de Godomey et de Cotonou.
Les limites de ce cercle sont:
A l'Ouest, le territoire du canton d'Avrékélé, au Nord et au Nord-Ouest les frontières du royaume d'Allada ; à l'Est, la rivière de Sô, les limites du royaume de Porto-Novo et les frontières de la Colonie anglaise de Lagos-
Art. 5. — Chacun de ces cercles est dirigé par un administrateur ayant sous ses ordres les chefs indigènes de cantons et de villages.
Art, 6. — Les territoires protégés aonl placés sous le contrôle de résidents établis auprès des chefs indigènes, sous la haute autorité du gouverneur.
Art. 7. — Les territoires protégés ont pour limites :
1° Protectorat de Porto-Novo;
A l'Est, la frontière des possessions anglaises de Lagos ; au Sud, le cercle de Cotonou ; à l'Ouest, la rivière de Sô et au Nord, la Hépuhlique Nago de Ouéra-Kétou.
2" Protectorat d'Allada ;
Au Nord, la Lama et le royaume d'Abomey ; àl'Est, la rivière de Sô et la frontière ouest du royaume de
Pof to-Novo ; à t'Ouesl, la rmère Couffo ; an Sud, le territoire annexé.
3° Protectorat d'Abomey (l) ;
Au nord, la frontière du pays des Matiis ; à l'Est, la rivière Ouémé ; au Sud, la Lama ; à l'Ouest, la rivière CouBb.