‹ Promenades au Far-WestChapitre 27 sur 48 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

Le nombre des Indiens augmente. — Les cinq tribus civilisées de rOklahoma. — Parmi les Choctaws. — Les suffragettes Hopi. — Comment les Sercees établissent leurs archives. — Les prisonniers de guerre de Fort Sill. — Les spéculateurs contre les Indiens. — Les Peaux-Rouges se syndiquent. — Une société fraternelle originale. — La revanche par le vote.

Beaucoup d'Européens s'obstinent encore à regarder les Indiens à travers les romans de Chateaubriand, les lunettes de Fenimore Cooper ou la poésie de Longfellow. Il faut déchanter quand on rend visite aux actuels Peaux-Rouges, pour les ancêtres desquels notre enthousiasme s'enflamma si volontiers. Les tribus qui restent réfractaires à la u civilisation » américaine se perpétuent misérablement, tandis que les autres plus dociles suivent avec des succès inégaux la trace des hommes au visage pâle et se mêlent à

la race nouvelle. Parmi les Indiens on trouve des fermiers, des éleveurs, des planteurs, des banquiers, des mineurs, des avocats, des médecins, des journalistes, des maîtres d'école, des artisans, des ouvriers répartis dans toutes les industries. Les sénateurs Owen d'Oklahoma, Curtis du Kansas, le député Carter ne renient pas leur sang indien. Finies les courses dans la savane, les cérémonies du scalp, les guerres au tomahawk. Dernièrement on décida d'offrir un bifteck de bison au président Taft pour fêter son passage dans les plaines de Buffalo. Il fallut pousser un bœuf — bien peu sauvage ! — hors du jardin zoologique et après l'avoir criblé de flèches dans un simulacre de chasse, on abattit l'animal comme le plus domestique des ruminants. C'est vous dire combien nous sommes loin des randonnées de l'âge précédent.

D'aucuns s'imaginent aussi que parce que la vie des Indiens devient de plus en plus monotone, la plupart des tribus sont en voie de disparition. Cette opinion communément répandue est fausse. Si plusieurs familles sont presque épuisées, l'ensemble de la population au teint

cuivré a au contraire sensiblement augmenté durant ces dernières années. En 1890 elle comprenait 258 253 individus et en 1910, 265 683, soit M 430 de plus en l'espace de vingt ans. 11 convient d'ajouter à ces chiffres un certain nombre de tribus qui échappent aux investigations des démographes officiels. Le bureau des affaires indiennes estime à 300000 en chiffres ronds la totalité des Peaux-Rouges à l'heure actuelle.

Or, dans trois seulement des circonscriptions administratives fixées par le bureau du recensement on constate une décroissance de l'élément indigène depuis 1890. Dans les Etats situés au nord-ouest du groupe central, les statistiques sont tombées de 46 822 à 41406 Indiens. Le Nébraska et le Minnesota ont également subi une baisse appréciable. Dans le sud-est, le long du Mississipi, il ne reste que 2 612 Peaux- Rouges, alors que naguère on en avait enregistré 3 396. Enfin, les provinces du Pacifique en ont perdu quelques centaines. Elles abritent encore 32 458 individus, le chiffre correspondant voici douze ans s'élevant à 32 776. Les six

autres groupes sont en progrès : la New England Division renferme 2 076 Indiens au lieu de 1446; la Middle Atlantic Division, 7 717 au lieu de 7 201) ; les États du North East Central, 18 255 au lieu de 16202; la South Atlantic Division, 9054 au lieu de 2 359; la région du South West Central, 70 707 au lieu de 66042; la Mountain Division, 75 338 au lieu de 72002. Ce qui porte à croire que les races indiennes aux Etats-Unis meurent d'une mort lente, c'est que dans ces dernières années elles n'ont augmenté qu'à raison de 7 pour 100, alors que les noirs se multipliaient dans la proportion de 113 pour 100 et les blancs de 15 pour 100. Les rouges sont donc débordés. Et puis, ils se dispersent, s'amalgament aux autres couleurs, perdent fatalement leurs traits originels, car quatre Etats seulement interdisent leur agrégation avec les familles pâles : l'Orégon, F Arizona les deux Carolines. La loi de Dawes datant de 1857 permettait à chaque Indien de devenir citoyen américain s'il vivait hors de la tribu dont il était issu et cultivait un lot de terrain. Depuis 1906, un amendement a imposé une

épreuve de vingt-cinq années à cette catégorie de futurs votants. Les autorités peuvent néanmoins accorder sans retard le droit de cité à ceux qui en sont jugés dignes. Grâce à ce système les 60407 Indiens « civilisés ■>•> de 1880 ont fait place aux 193 811 Indiens « taxés » de 1910, payant régulièrement l'impôt et profitant des attributs légaux qui en dérivent.

Les Etats dans lesquels on rencontre le plus de réfrac taires sont le Montana, le Wyoming, l' Arizona. Par contraste, l'Oklahoma qui a englobé l'ancien Indian Territory renferme le plus grand nombre d' « adaptés » et d' « assimilés » . Les cinq tribus civilisées ont été les premières à donner l'exemple du ralliement à la culture moderne. Grâce à l'alpliabet Cherokee inventé en 1821 par Sequoyah, l'éducation des tribus a été poursuivie avec assez de succès et leur fusion s'est opérée plus rapidement que partout ailleurs . Des représentants de toutes les familles se sont concentrés dans l'Oklahoma : Apaches, Arapaho, Caddo, Cherokee, Cheyenne, Chickasaw, Choctaws, Comanches, Creek, Iowa, Kansa, Miami, Missouri, Modoc, Osage, Oto, Ottawa, Pawnee,

Peoria, Seminole, Quapaw, etc. Pour la propagande religieuse les missionnaires ont dû traduire la Bible en trente-deux dialectes indigènes. Encore sont-ils loin du compte. Les langages indiens se ramifient en plus de cinq mille dialectes.

Le gouvernement américain essaye depuis quelque temps de répandre le goût de l'agriculture parmi les Peaux-Rouges. Il a obtenu des résultats très inégaux suivant les localités et les tempéraments. Seuls, je crois, les Choctaws montrent de remarquables aptitudes. M. V. Locke, leur gouverneur, me déclarait à l'automne dernier : « Nous avons 23000 Choctaws dans l'Oklahoma dont 1)000 sont encore indemnes de toute alliance étrangère. On peut estimer qu'ils possèdent 25000 francs par tête. C'est la plus riche des tribus indiennes. Cette somme représente soit l'argent en espèces dont les Choctaws disposent, soit la valeur des terres qu'ils possèdent en commun. En dehors des lots qui leur ont été attribués individuellement ils conservent en tant que « nation » la propriété d'un million d'acres de terres. L'Etat, il est vrai, a le droit de

les vendre, mais l'argent ainsi recueilli fait retour aux Indiens .

« Extrêmement intelligents, les Choctaws administrent fort bien leurs affaires et réussissent clans tout ce qu'ils entreprennent. Il est douteux qu'ils défendent longtemps encore leur intégrité familiale. Dans une trentaine d'années on ne rencontrera plus un seul Clioctaw au sang libre de tout mélange. Les 9 000 purs Indiens de cette tribu dont je vous parlais à l'instant seront entraînés comme les autres par le courant de la vie intense. Ils se marieront avec les femmes des races étrangères. Les enfants qui naissent de ces ménages ont d'ailleurs un type remarquable. Il est curieux de suivre révolution des Choctaws. Non seulement ils s'intéressent aux occupations rurales mais la chose publique les attire de plus en plus. ■>■>

En Oklahoma, dans le Kay County, a été instituée afin de hâter le progrès américain la Chilocco Indian Industrial School. Cet établissement qui fut ouvert dès 1884 comprend de nombreuses sections répondant aux nécessités de l'existence qui est imposée aux Indiens. C'est à

la fois une école primaire supérieure, une école d'agriculture, une école pratique de commerce et d'industrie, une école élémentaire d'art. Deux cents élèves environ la fréquentent et l'on tâche de leur inculquer la notion de leurs devoirs civiques en même temps qu'on leur apprend un métier utile. La vérité nous oblige à dire que la majorité de cette jeunesse, non pas dorée mais cuivrée, préfère le football à tous les exercices manuels ou intellectuels qui forment le programme de l'école.

Dans l'Est, la Carlisle Indian School est une réplique de la Chilocco Shool. Elle est dirigée selon les mêmes principes et met à la disposition de ses pensionnaires un outillage magnifique. Il y en a qui se débrouillent fort honorablement après avoir passé leurs examens et qui deviennent d'excellents sujets américains. Jusqu'ici ils ne constituent encore qu'une minorité.

Les Indiens que j'ai personnellement observés dans l' Arizona, le Nouveau-Mexique, la Californie m'ont paru infiniment moins heureux de leur sort que cette élite ou que les privilégiés Choctaws. Jules Huret a très bien noté la chose :

te Ils ont l'air de gémir intérieurement sur des malheurs profonds et irrémédiables. » Leur regard triste et dur, leur attitude compassée, leurs gestes embarrassés en la présence des blancs semblent indiquer qu'ils ont conscience de leur esclavage. Ils tressent avec mélancolie des paniers et des corbeilles, ils brodent des étoffes grossières et des tapis, ou bien ils dessinent sur le cuir de naïves images. Quand les trains passent près de leur camp on les voit arriver à la gare prochaine pour vendre leur pacotille aux voyageurs désireux de rapporter chez eux un souvenir. Leurs habitations sont mornes, sans animation, sans poésie. Elles ressemblent à celles que l'on importe dans toutes les expositions internationales. Les Indiens qui prétendent rester de vrais Indiens finissent par être absolument dépaysés dans ce pays qu'ils habitent depuis des siècles.

Quelques coutumes curieuses se transmettent pourtant intactes parmi eux. M. Edward-S. Curtis, l'homme le mieux renseigné peut-être sur leurs mœurs, a découvert qu'il y avait depuis un temps immémorable des suffragettes à peau rouge

dont les traditions se sont perpétuées jusqu'à nos jours : ce sont les femmes Hopi de l' Arizona. Elles tiennent des délibérations pour l'administration du village et leur volonté prend force de loi auprès des hommes. Des sociétés secrètes les réunissent aussi, sorte de franc-maçonnerie dans laquelle ne sont admises que les personnes ayant des titres héréditaires. Les compagnes des Hopi sont aussi les propriétaires absolues de la maison et régnent sans conteste sur le foyer. Quand elles meurent, leur fille et non pas leur mari hérite de leurs biens. De même les relations de clan à clan sont réglées par le sexe faible. Les matrones autorisent le mariage des enfants tandis que les chefs ne jouissent que d'un pouvoir consultatif. Elites portent la race, donc elles s'octroient le pouvoir de guider ses destinées. Bien mieux, le mari n'a pas la permission de vendre la récolte sans l'avis de son épouse. En cas de divorce, c'est l'assemblée des femmes qui statue sur la procédure à suivre. Et les enfants sont toujours confiés à la mère quelle que soit la cause du conflit.

Vous devinez les arguments que tirèrent les

suffragettes yankees des trouvailles de M. Edward- S. Curtis. Eh quoi! s'écrièrent-elles, resteroosnous dans une condition inférieure à celle des femmes Hopi? N'est-ce pas une honte de penser que sur le sol américain nous sommes ainsi devancées par des Peaux-Rouges?

Il n'y a qu'au Canada où j'ai vraiment eu l'illusion de revivre un instant la belle époque indienne. A une vingtaine de kilomètres de Caîgary on peut suivre à distance respectueuse les sachems Sercees. Ceux-ci, quand ils sentent leur fin approcher, convoquent solennellement la tribu pour raconter en public les aventures historiques dont ils furent les héros. On s'assied en cercle autour d'eux et leurs récits vifs, imaginés, accompagnés d'expressives mimiques soulèvent l'admiration des jeunes gens. Ces leçons durent parfois deux ou trois jours avec le même cérémonial respectueux à l'égard du conférencier. Un artiste de la tribu qui exerce en quelque sorte les fonctions d'archiviste trace tandis que parle le vieux chef les principaux épisodes de son existence sur du cuir très lisse. Il se sert d'une encre composée d'extraits d'herbes colorées.

Ces naïfs dessins qui semblent exécutés par une main enfantine disent les prodigieux faits d'armes de la Tête-de-Taureau ou de tel autre guerrier qui s'illustra dans les batailles contre les Crées. Ils rappellent les fêtes qui enivrèrent d'orgueil toute la nation, et la capture des adversaires fameux et les danses publiques et les supplices infligés aux prisonniers.

Les documents de ce genre sont précieusement conservés pour servir à l'éducation des enfants. Et dans cette tribu se maintient ainsi pieusement la mémoire des grands événements. Mais là se borne son humeur belliqueuse. Aucun soulèvement n'est plus à craindre parmi les Indiens du Canada ou des Etats-Unis.

Le gouvernement américain retient néanmoins 207 prisonniers de guerre à Fort Sill dans l'Oklahoma. Après les engagements de 1885 et 1886. auxquels prirent part les terribles chefs Apaches qui avaient nom Geronimo, Naiche, Chihuahua, 407 Indiens furent emmenés en captivité dans la Floride. En 1894 on transporta ceux qui survivaient à Fort Sill, avec leurs femmes et leurs enfants. On leur réserva des

terrains spéciaux sur lesquels ils traînèrent leur triste sort. Aujourd'hui il ne reste plus que 17 des combattants de 1885 et 1886 qui jetèrent la terreur dans l' Arizona et le Nouveau- Mexique. Les autres sont tous les fils irresponsables des révoltes d'hier dont on redoute l'atavisme... Que peut cette poignée de malheureux déracinés contre les Etats-Unis? Absolument rien. Aussi est-il question — et il n'est que temps ! — de leur attribuer des lots de terrain dans le Nouveau-Mexique ou aux environs de Fort Sill. Us attendent la décision qui réglera leur destinée !

Plusieurs ligues se sont fondées pour défendre la cause des Indiens, notamment YIndian Rights Association qui, le 15 février 1912, publia une circulaire détaillée pour dénoncer les intrigues qui empêchent les Peaux-Rouges de bénéficier des avantages qu'on est officiellement censé leur concéder. Voici le passage essentiel de cet instructif document :

« Divers personnages commercialement intéressés à la chose — notamment ceux qui exploitent les industries du bois, qui se livrent à l'éle-

vage des moutons ou du gros bétail — ne négligent pas de saisir la moindre opportunité qui leur est offerte quand il s'agit de s'approprier les terres ou les autres biens destinés aux Indiens. Aucune considération des droits indigènes, de justice, de simple honnêteté ne les retient. Ils arrivent à leur but soit par spoliation directe, soit par les moyens détournés que met à leur disposition le parti au pouvoir. Comme la fonction du surintendant indien fait partie du butin de la politique triomphante, rien n'a été plus facile aux spéculateurs et à tous les groupes intéressés de devenir les maîtres des « réservations » en détournant les lois à leur profit. Au lieu de les appliquer pour la protection et la civilisation des Indiens, ils en ont fait un instrument de corruption et d'accaparement.

« Le département de l'intérieur et le bureau indien — bien qu'ayant à leur tête des hommes honnêtes et pleins de louables intentions — n'ont pas été en mesure de résister à ces néfastes influences. Si l'on examine impartialement la situation, on constate que les résultats des travaux bureaucratiques de Washington n'ont servi

— peut-être sans que les fonctionnaires s'en rendent compte — qu'à couvrir les actes des pillards des propriétés indiennes. A ceux qui ont ainsi violé la loi on a fourni des excuses. D'autre part on a découragé les hommes qui soit au service de l'Etat, soit au dehors, s'efforçaient de jeter la lumière sur ces somhres scandales au lieu de traduire les coupables devant les tribunaux. »

Pour si sévèrement que soient formulées ces critiques, elles gardent un accent de vérité que justifie par trop la réalité. Les Peaux-Rouges souffrent depuis de longues années des manœuvres des spéculateurs sans scrupules qui avec d'officieuses complicités les chassent des terres d'avenir. A leur endroit, le régime du « graft » s'exerce impunément car — sauf quelques ligues philanthropiques dont la sentimentalité n'émeut guère l'opinion — personne ne proteste. Qu'importent aux politiciens rapaces les infortunes des Peaux-Rouges !

Cependant voilà que se dessine un mouvement très curieux et qui leur réservera peut-être des surprises. Pour répondre aux menaces dont

ils se sentent l'objet les Indiens cherchent à se syndiquer. N'est-ce pas en vérité très modemstyle? Depuis le mois de décembre 1911 ils ont fondé une Fraternelle des Indiens de l'Amérique du nord (The Brotherhood of North American Indians). Au cours d'une assemblée d'aspect unique dans laquelle voisinaient les hommes les plus modernes de la race, frais émoulus des universités, et de vieux guerriers comme le Taureau-Jaune, chef des Nez-Percés, on jeta les fondements de la société dont le manifeste débutait ainsi : « Nous, habitants d'origine de l'Amérique du Nord, afin d'obtenir et de maintenir pour nous-mêmes comme pour notre postérité la justice, la liberté, l'intégrité de nos droits, afin de préserver nos anciennes coutumes, nos arts, nos traditions; afin de propager la véritable fraternité, le patriotisme, l'amour de leur pays parmi les Indiens, afin de bénéficier de l'aide, de l'assistance, des conseils de nos véritables amis et afin d'encourager l'unité d'une action commune, décrétons cette constitution... » Suivaient les statuts.

Déjà, au mois d'octobre s'était réunie à

Columbus avec un réel succès la Société des Indiens d'Amérique. Elle avait esquissé ces tendances vers une sorte de fédération morale. Sous l'impulsion de Richard-C. Adams, un Delaware élu grand sachem du nouvel ordre, ce fut bientôt chose faite.

Sans doute, la Fraternelle des Indiens de l'Amérique du Nord devra énormément travailler pour en imposer aux pouvoirs publics. Elle se bornera d'abord à jouer un rôle tout sentimental, mais n'oublions pas que le vote des Peaux- Rouges peut dans dix-sept Etats changer le rôSe des partis. Le bulletin de vote deviendra-t-il un instrument de guerre plus redoutable que la flèche entre les mains des Peaux-Rouges?

Dans l'Arizona où la majorité républicaine est de 708 voix, 8 000 Indiens ont droit de suffrage. Même situation dans l'Idaho où il y a 3 860 électeurs indiens. Dans le Minnesota on en compte 9 165, dans le Montana 6000, dans le Nouveau- Mexique 7 000, en Californie 3 500, dans le Nevada 2000, dans l'Oklahoma 32000, etc..

Partout où démocrates et républicains se tiennent à quelques centaines de voix, les Peaux-

Rouges décident de la victoire. S'ils se disciplinaient ils deviendraient les véritables maîtres de l'Ouest. Ce sont eux qui décideraient du choix du président de la république. Et n'admirez-vous pas ce retour paradoxal de la destinée qui permettra quelque jour peut-être aux tribus indigènes de reprendre l'avantage dans ce pays dont on les dépouilla et d'imposer à Washington le Grand Sachem à face pâle de leur choix?

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