‹ Promenades au Musée de Saint-GermainChapitre 8 sur 8 · MO · texte numérisé non relu

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grattoirs, sont bien spéciales à l'époque néolithique on de la pierre polie. Elles peuvent même servir à la caractériser. Ce sont de grands éclats de silex lisses d'un côté et finement retaillés de l'autre, travail de retaille qui souvent est complété et terminé par un commencement de polissage.

Fig. 36.

Pointe de lance en silex, 1/3 grandeur, dragage de la Seine.

Les deux bords d'habitude décrivent une courbe régulière; pourtant parfois, comme dans la pièce figurée (fig. 36), ils se rendent ou bien se resserrent, et semblent former une poignée.

Ces pointes de lance, grandes et belles pièces, exigeaient un silex spécial, ayant de fortes dimensions et se taillant bien, aussi

!a plupart sont en silex du Grand-Pressigny. Le Musée en possède de ce silex trouvé à Pontlevoy (Loir-et-Cher), à Thury (Oise), aux Hauduïts et au port de Grigny (Seine -et- Oise). Ce qui montre qu'à l'époqne néolitique il se faisait déjà un grand commerce du Sud au Nord.

Ces pointes affectent aussi la forme de trait de javelots ou de bouts de flèche. C'est un intermédiaire entre la lance et la flèche.

Pointes de flèehe. — Les pointes de flèche en silex sont nombreuses et fort variées. Quelques-unes affectent la forme de feuilles de saule ou de laurier et se rapprochent des pointes caractéristiques de la seconde" époque des cavernes ou époque de Solutré.Mais le plus grand nombre, la presque totalité, en diffère complètement et peut servir aussi à distinguer l'époque néolithique. Ce sont des triangles plus ou moins élevés, plus ou moins raccourcis, à base arquée, droite ou concave. Ce sont surtout des pointes avec un pédoncule pour fixer la baguette ou hampe, accompagné à droite et à gauche de deux barbelures plus ou moins prononcées (Gg. 37.)

Fig. 37.

Pointe de flèche eu silex, an 2/3.

Instruments en os. — La série des instruments en os est plus-pauvre que celle des instruments en silex. Cependant, grâce aux tourbières de la Somme, dont les produits ont été recueillis avec soin par Boucher de Perthes, le Musée de Saint-

Germain possède de beaux poinçons en os longs de mammifères refendus (Dg. 38); deux os également refendus, taillés a l'extrémité en tranchant horizontal ou ciseau ; deux moitiés d'os au bout lisse et poli ayant pu servir de lissoirs pour abattre les coutures; enfin une très-belle pointe de lance ou lame de poignard. Ces instruments dans un bel état de conservation rappellent tout à fait ceux trouvés dans les stations lacustres da l'époque de la pierre,

Fig. 38.

Poinçon en os refendu, au 1/9, tourbières de la Somma.

Fhptm — Ledernier compartimenlhorizontal de la grande vitrine, n° 42, est occupé par divers objets de distinction ou d'or-

nemeut. Il y a d'abord une parure entière en défenses de sanglier, composée de 19 pièces trouées aux deux extrémités. Elle a été extraite de la tourbière de Crouy, près Picquigny, Somme.

Viennent ensuite plusieurs de ces larges anneaux plais en pierre, rencontrés en divers endroits et dont on ne connaît pas bien l'usage. Le plus grand et le plus large de bords — diamètre total 145 millimètres, largeur du bord 42 — est en serpentine terne et provient de Corent, Puy-de-Dôme. Le plus beau (tig.39) est en jadéite. Il a été trouvé à Volnay, Côte-d'Or.

Anneau plat en jadcïle, an 1/4, da Voinay, Côte-d'Or.

Au milieu des anneaux on a placé le moulage de celui qui a été trouvé dans le dolmen du Mané-er-Hoeck (Musée de Vannes). Une magnifique hache en jadétde (moulage) repose sur son bord. C'est ainsi que ces deux pièces gisaient dans le dolmen. On a d'autres exemples de belles haches passées dans des anneaux plats.

La série se termine par diverses pendeloques, parmi lesquelles on en remarque en callals,

On remarque aussi le moulage d'un croissant péniblement percé d'un trou irrégulier pour la suspension (Collection du comte de Galbert). Il a été recueilli dans les grottes de la Buisse, Isère.

Hache» polies. — Les haches polies sont placées dans les parties verticales de la vitrine. 11 y en a une belle série. On voit d'abord en haut une ligne de 7H haches en silex occupant toute la longueur de la vitrine : ébauches, haches préparées pour le polissage, haches commencées à Être polies, polissage laissant encore apercevoir la taille, haches à bords coupés droits, à bords arrondis, haches plates, haches globuleuses, grandes haches — la plus

grande atteint 32 centimètres, — bâches pour gaine d'emmanchures, haches fort diminuées par des aiguisages successifs, — ce qui montre que c'était bien des instruments d'un emploi usuel, — haches à tranchant oblique par suite d'ébréchure latérale qu'il a fallu faire disparaître, haches à trancliunl cassé et retaillé, haches retaillées par suite de brisures, utilisation de débris de haches. Dans cette longue série une pièce est surtout fort intéressante ; elle provient de la Seine et montre encore les tracts de l'emmanchure. On voit que les grandes haches avaient l'extrémité supérieure entourée par le manche, qui laissait dépasser le bout de l'instrument; emmanchure analogue à celle des haches d'Australie qui sont placées en face, dans la vitrine n u 30.

Au-dessous de cette ligne de haches en silex, sur des plans inclinés se voient :

D'abord, une série de haches globuleuses en roches diverses composée de 94 pièces, allant des plus grandes et plus grosses aux plus petites. Comme matière, les diorites et a phanites dominent.

Puis vient une seconde série de 64 haches plus variée que la première quoique moins nombreuse. Ce sont : quelques échantillons diversement altérés par le temps et les actions extérieures; deux pièces qui montrent qu'on utilisait les moindres débris de roche quand elle était de bonne qualité, comme la jadéite par exemple ; des haches qui ont été repiquées après avoir été polies pour qu'elles puissent se fixer plus solidement au manche; fragment du tranchant d'une hache qu'on a aiguisé de côté pour l'utiliser; haches à tranchant oblique par suite d'ébréchures latérales ; haches considérablement réduites par l'effet" d'aiguisages successifs, ayant beaucoup servi ; hache à sommet arrondi et même renflé, type particulier qui paraîtse rattacher à la Bretagne; haches arrondies parmi lesquelles plusieurs en. jadéite, une en porphyre noir de Sarzeau, Morbihan, est fort belle (fig. 40); haches plus ou moins aplaties, à bords arrondis, parmi lesquelles il y en a des dimensions les plus diverses — longueurs 334 et 31 millimètres, toutes les deux de Bretagne; — haches trouées au

sommet; haches à bords coupés droits; haches carénées sur les faces larges, haches avec des sillons.

Fig. 40. Fig. M.

Hacha en porphyre noir, Sanena, Hache en jadéitu, forêt de Sénard, Morbihan, au i/i. Seine-el-Oise, an

Reste encore pour compléter ce qui concerne les haches, 17 échantillons sur le troisième panneau incliné <ie la partie verticale de la vitrine. Reproduction en plâtre des énormes haches en schiste dos dolmens de Tumiac et du Mané-er-Hoeck; haches diverses en fibrolilhe et comme bouquet trois magniliques haches très-plaies, triangulaires, en jiiuiiite plus ou moins verdâtre. La plus grande et la plus belle, provenant de la forêt de Sénard, près de Paris (fig. 41), a le (aillant fort obtus quoique parfaitement polie. Elle u'a certainement jamais servi, et n'était même pas destinée à servir. C'était simplement un objet de luxe ou un insigne de commandement. ■ .

Ciseaux. — Les ciseaux qui ne sont, à proprement parler, que de petites haches, longues et à tranchant étroit, suivent les véritables haches. Deux de ces ciseaux sont à double tranchant, un à chaque extrémité. Les ciseaux sont en silex, fibrolithe, jadéite et autres roches.

Marteani à douille. — Les marteaux terminent la vitrine. Ce sont des instruments, munis d'un large trou pour fixer un manche. Le premier, le plus primitif, est un silex taillé, à deux puiutes, avec la douille ou trou d'emmanchure percé naturellement. Avec le percuteur-anneau (page 137) il sert de transition entre les simples percuteurs et les vrais marteaux. Diverses pièces montrent le trou en voie de percement. Ce trou achevé est on parfaitement cylindrique à l'intérieur ou formé de deux portions de cônes juxtaposés par le côté le plus étroit. Il est de ces marteaux qui sont terminés à un bout par une surface plane ou arrondie et à l'autre par un tranchant; d'autres ont de chaque côté un tranchant (ûg. 42); enfin il en est une variété assez sio-

Manean à deux tranchants, an 1/4, part de tirigny, Seine-et-(Jiso.

gulière, affectant presque la forme d'une nacelle, avec deux tranchants émoussés et retroussés : on ne comprend pas bien à quoi ils pouvaient servir.

Marteaux, Ruines de hache et emmanchure!

en boli de cerf. — La vitrine droite qui complète, auprès île la fenêtre, le grand meuble du fond, renferme divers instruments en bois de cerf. On y a déposé :

Un marteau ou casse-tête formé d'une base de bois de cerf avec deux andouillers. Le tout est coupé court et ia partie occupée par

Fig. a.

le tissu celluleux est remplie par des bouts d'andouillers rentrant les uns dans les autres. Il existe au milieu de la pièce un large trou d'emmanchure.

Deux bases de bois de cerf avec le premier an douille rentier. Ce sont peut-être ici de simples rejets de fabrication, mais parfois ces pièces ont servi de marteaux.

De nombreuses gaines pour recevoir les haches en pierre ; dans le genre de celle figurée page 128, mais un peu plus grandes. Elles sont percées, vers ie milieu, d'un large trou, généralement ovale, pour passer le manche. Les haches qui se voient dans deux d'entre elles ont été mises par Boucher de Perlhes lui-même, pour montrer le modo d'emploi, mais n'ont pas été trouvées ainsi associées.

Il y a aussi des gaines faites pour entrer dans le manche, analogues à celles des habitations lacustres. Elles sont beaucoup plus rares que les autres dans les tourbières de la Somme.

Une pièce en bois de cerf poli a le trou d'emmanchure quadrangulaire. Une seconde pièce, provenant d'un dolmen entre MézièreB et Mantes, Seine-et-Oise (don de M. Jacques Brout), a également le trou quadrangulaire.

Un morceau de bois des tourbières de la Somme, malheureusement fort détérioré par la dessiccation, montre quelle était la longueur du manche des haches avec gaines en bois de cerf.

Enfin la vitrine contient encore des emmanchures d'outils divers faites d'andouillers ou de rondelles de bois de cerf.

Gravure» de huche* emmanchée*. — Pour compléter les renseignements quiconcernent les hanhes polies, on a placé sur la grande vitrine le moulage de deux pierres sur lesquelles sont représentées, gravées en creux, des haches emmanchées. La première, du côté de la cour, provient du dolmen deGavr'inis. La seconde, du côté des fossés du dolmen de la Pierre aux Marchands. On voit que les grandes haches étaient entourées par le manche vers leur sommet, ce que nous a montré aussi une des haches en silex pëchée dans la Seine, page 144.

En fouillant le dolmen du Mané-er-Hoeck on a aussi trouvé vers l'entrée de la chambre une pierre sur laquelle sont gravées en

creux plusieurs haches emmanchées. Le moulage de cette pierre est |j[acé tout près de la représentation du do Im en, au-dessus delà vitrine 31 , du côté des fusses.

PolUsoIr* et Meule». — La vitrine latérale du pilier n° 32, du cote de la fenêtre du milieu, est occupée par les polissoirs et les meules.

Le Musée est très-pauvre en polissoirs. Il y en a deux au Danemark (page 123), trois ou quatre aux habitations lacustres (page 1 73), et un seul provenant îles environs d'Abbevïlle, Somme (don de Boucher de Perlhes), dans la vitrine qui nous occupe.

Tout à coté est une large meule dormante, plate, en granité, et une meule à main qui complète la première. On écrasait le grain en promenant la meule à main sur la meule dormante. Elles sont toutes les deux en granité du Morvan et proviennent de Vic-de- Chassenay, Côle-d'Or (don de H. H. Marlot).

Une autre meule dormante, sur laquelle on promenait une espèce de rouleau, toujours dans le même sens, est légèrement arquée, Abbeville (don de Boucher de Perthes).

Aux meules sont jointes des molettes, ou noyaux de grès plus ou moins globuleux, usés au pourtour en forme de facettes. Ces molettes servaient de broyeurs : Saiut-Pierre-en-Cliâslre, Ois? (don de IT.mpereur).

Enfin, il y a des rondelles en pierre, recueillies dans de l'Ile des Tisserands, Morbihan, qui paraissent avoir servi à cuire le pain. On les rougissail au feu, puis on pljçait entre elles des galettes de pale qui se cuisaient ainsi. Dans certains pays, les bergers emploient encore re procédé, surlout pour cuire les galettes de farine de chàiaigne. Je l'ai vu employé eu Toscane.

Moulin des Peaux-ronge*. — Dans un meuble spécial au milieu de la fenêtre se voit un moulin complet trouvé dans un tumulus du Grand- Lac- Salé, territoire d'Ulah, États-Unis de l'Amérique du Nord (rapporté par M. Simonin, don du Ministre de l'Instruction publique). C'est une pierre eu grès quarlzeux rougeàtre qui sert de meule dormante et uu rouleau en granité qu'on promène sur celte pierre avec un mouvement de va-et-vient.

ce qui fait que la meule dormante, comme celle d'Abbe ville, offre une surface usée lrâ'.'rciiH"!' arquée.

Ohjcls en pierre de l'Amériqnc du Xord. — La vitrine contre la paroi latérale du pilier n° 31, en face du moulin indien, est consacrée aux objets de l'Amériqnedu Nord. La série In plus grande et la plus complète provient du voyage de M. Simonin (don du Minisire de l'Instruction publique). Elle se compose :

1° Des objeLs découverts, avec le moulin, dans le tumnlus du Grand-Lac -Salé. Ce sont des débris d'os brûlés et des fragments de poterie assez fine, assez bien faite et passablement cuite. En fait d'ornementation on remarque un paslillage assez original. Il y a quelques grains de collier, principalement en coquilles d'unio on muleltes d'ean douce percées. Mais ce qui est surtout remarquable c'est une nombreuse série ik tmiies piHi tes pointes de lUV.be en silex et en obsidienne, parmi lesquelles il en existe de charmantes, on ne peut plus fines et déliées.

2° Trois très-belles pointes de lance en quarUite des alluvior.s de Washington.

3° Pointes de flèche et de lance en obsidienne, et une en silex, trouvées au fond du lac de Borax de la Californie.

Pointes de lanceen silex de Saint-Louis, Missouri ; martertuhache indien avec une cannelure pour fixer le manche; pointes de flèches actuelles des Indiens de la Californie, elles sont en obsidienne desenvirons du lac de Borax. Une de ces pointes, grande, line, déliée, est en verre de bouteille, les Indiens trouvant beaucoup plus simple et plus commode d'utiliser lesculs de bouteille, qu'ils rencontrent maintenant partout, que d'aller chercher au loin l'obsidienne.

Une autre série a été envoyée par M. Bart. Gastaldi.'elle se compose de plusieurs pointes de flèche en roches siliceuses et de deux tomahawk ou casse-tête en grès, provenant de Monroë, Pensylvanie, États-Unis.

Fragments de poterie, plusieurs avec des débris de coquille dans la pâte, des Natchez et autres peuplades indiennes (don de M. Biocreux).

— ISO —

Les pointes de flèches américaines sont assez bien caractérisées par de petites encoches latérales à la base servant à maintenir la ligature qui fixe la pointe au bois ou hampe.

Russie. — Le meuble le plus spécialement destiné aux objets étrangers est celui qui est placé entre la cheminée et le côté des fossés, n» 30. Le compartiment droit le plus pris de la fenêtre est entièrement consacré à la Russie. 11 ne renferme que des moulages partie envoyés par M™ la générale Raievsky, partie exécutés à l'Exposition universelle de 1867. Ce sont des haches, des gouges, d'assez nombreux marteaux à grand trou d'emmanchure, le tout généralement en roches noirâtres ; des nucléus, pointes de lance et de flèche en silex. Trois ou quatre pièces, trouées comme des marteaux, ont des formes insolites. Deux entre autres portent, à une de leurs extrémités, des têtes d'animaux sculptées. Ces pièces ne sonnettes pas fausses î

La Sibérie est représentée par une hache plate en jade, et un inarteauàvec trou d'emmanchure.

Le Caucase par un marteau à trou d'emmanchure d'une forme toute particulière, et un énorme pic avec large sillon au sommet.

Poterlë» de» dolmens de la Germanie. — • La

partie Verticale de la vitrine centrale est occupée par la poterie des dolmens de l'Allemagne du Nord. Il y a !à des vases fort intéressants (moulages envoyés par M. le D' Lindenschmit, Musées de Hanovre, de Munster et.d'Hildesheim). Ils sont presque tous fort ornés à l'extérieur au moyen de traits profondément gravés à la pointe. Les fonds sont généralement plats.

Instruments en pierre de Java. — Le premier compartiment de la parlie horizontale contient une fort belle collection d'insLruinents en pierre polie découverts à Java. Elle a été envoyée par M. Van-ùe-Poel (don du Ministre de l'Instruction publique).EUeestsurtoui remarquable par la variété et la beauté (les matières employées. Ce sont le pétro-silex, le silex, la calcédoine, )ë jaspe rouge et même le bois SiliciDt La série des plus grands outils affecte des formes toutes particulières. Ce sont des espèces

de gouges à tranchant peu développé et triangulaire. Ces outils ont dû servir à creuser les pirogues. Certaines huches plates sont en calcédoine transparente. Il y a aussi de fort beaux bracelets ou anneaux eu calcédoine qui se rapprochent de l'onyx. Ces divers instruments et objets en pierre doivent remonter à une assez haute antiquité relative, puisque les documents historiques nous apprennent que les Indiens ont introduit l'usage des mêlais d;sns 111e au moins depuis 800 ans.

Algérie, Slnal, Itliodea, Grèce- — Le second compartiment horizontal renferme des objets de pays fort divers.

Il y a une pointe de silex taillée, des Cholts, province d'Oran (don de M. G. de Mortillet). .

Des couteaux ou lames de silex du Mout-Sinaï (don de M. Verchère de Reffye).

Une charmante petite hache polie, d'une roche toute particulière composée de distbène et de staurotide, recueillie à Rhodes (don de M. de Saulcy).

Trois échantillons trouvés sur différents points de la Grèce (don de M. François Lenormanl) et une fort jolie hache en pierre noire provenant de l'Acropole d'Athènes (don de ïl. Albert Dumont).

Hongrie. — M. Florian Romer a donné cinq petites haches polies, en pierre généralement brune, et une gouge, peu creusée, de Hongrie.

Italie. — L'âge de la pierre polie italien est représenté par un fort élégant marteau, percé pour l'emmanchure, en serpentine.

Trois pointes de flèche en silex, dont deux à pédoncule et ailerons, venant de Solférino (don de l'Empereur) .

Une série d'échantillons provenant de l'ile d'Elbe, (don de M. Raphaël Foresi). Ils sont divisés en deux groupes. Le premier contient des lames, couteaux, pointes de flèche en diaspre, roche brune ou rougeàtre abondante dans l'Ile. Le second groupe est formé de nucléus, couteaux, perçoirs, etc., eu silex, matière étrangère à l'ile, par conséquent produit d'importation.

Pièces provenant des slations lacustres du lacdeVarése, Lombardie (don de M. G. de Mortîllet). On voit, rangées sur trois lignes, d'abord des ébauches amygdaloïdes de peintes de flèche en silex (fig. 43) ; ensuite la transformation de ces Ébauches en poinies do flèche (fig. 41 et 4j)\ enfin des pointes terminées, d'une forme élégante, à pédoncule, avec, de fortes barbelures (fie;. 46).

Fig. M, Fig. 48.

ébauche de poiruo do llr-ho mi si'!r>i. — 4'i oi 'i-'i, inillo i n r-'rint : diair*- .

45, pohito finie, lac de Varose, prandour naturelle.

A la suite des Ilècbes sont deux scies en silex, qui proviennent des mêmes stations lacustres.

Ethnographie. — La partie droite du meuble du côté de la cheminée renferme des produits ethnographiques divers, comme termes de comparaison.

Haches en pierre forl grossières, mal taillées, le tranchant seul poli, de l'Australie (don de M. Montefiore). Ces haches sont emmanchées. Les manches sont tout simplement for mes d'un bois refendu, qui, dans son milieu, enveloppe la hache, et dont les deux bouts viennent s'appliquer l'un contre l'autre au-dessous de l'instrument; Ces deux bouts sont maintenus en contact et serrés au moyen de liens végétaux qui les entourent. La hache est soudée au manche avec du bitume.

Haches bien plus régulières, bien mieux polies, forme ovale, très-aplatie, en jade néphrite, de la Nouvelle-Calédonie (don de Boucher de Perlhes et de M. llarbé-Guillard).

Fronde en ficelle, ceinture en filet pour loger des balles, et saccarlouchère pour les mettre au moment de l'action, balles ovoïdes en stéachiste, aussi de ia Nouvelle-Calédonie (don de M. Abel Maître).

Deux grandes haches avec figures humaines très grossièrement sculptées sur une face (don du président Cahier, moulages). Au Musée de Douai, où sont les originaux, on les donne comme trouvées dans des tourbières des environs, mais ces haches sont évidemment américaines , de la Guyane , des Antilles , ou du Mexique.

Crosse en pierre (moulage ; Musée de Varny) et hache à trois tranchants (dou Boucher de Pei thes), pièces qui sont aussi américaines.

Orattoir on silex du Groenland et grattoir en obsidienne du Mexique (don de M. Edouard Lartet).

Nucléus et trois beaux couteaux en obsidienne : un noir, un vert et un blanc, Mexique (don de M. Riocreux).

Ciseau et deux haches de la Guyane française (don de M. de Saulcy). Enfin une hache en diorite du Brésil (don deU.E. Caillette d'Hervilliefs).

Carte de I» Ganle an tempu de Ccuar. — Le fond de la salle en face de la cheminée doit contenir une grande carte des Gaules avec l'indication do tous les monuments mégalithiques, dolmens, menhirs, cromlechs. Comme cette carte n'est pas en-

core prête, on a mis à sa place, provisoirement, la carte des Gaules au temps de César, qui doit figurer dans la salle de la Conquête. C'est la reproduction en grand de la carte des Gaules donnée par l'Empereur dans sa Vie de César, carte bien supérieure à toutes celles publiées jusqu'à présent. Les couleurs, très-voyantes et on peu disparates qui marquent les limites des diverses populations, ne sont pas tres-harraonieuses, mais elles ont l'immense mérite de bien dessiner et de bien trancher les divers territoires ; c'est l'effet qu'on a cherché, et qui a été parfaitement obtenu.

3° Salle.

Gatir'Inu,

Les dolmens et la pierre polie continuent dans la troisième salle. C'est là aussi où se trouve la transition entre la pierre et le bronze.

Dolmen de Gavr'Iuls. — Ce qui attire immédiatement l'attention, en entrant dans la salle, c'est une grande vitrine centrale, qui contient un énorme tumulus, à l'échelle commune de 5 centimètres par mètre, autrement dit un vingtième. Ce tumulus, situé sur une petite ile nommée Gavr'inis, ou ile des Chèvres, Morbihan, renferme dans son sein un dolmen fort curieux, composé d'un long couloir terminé par une chambre. Une tranche du plan en relief qui peut à volonté s'élever ou s'abaisser au moyen de cordons et de poulies, permet devoir l'intérieur du dolmen. Ce dolmen offre cela de particulier que presque toutes les grandes pierres servant de support sont couvertes d'ornements gravés en creux. Le sol est dallé, ei parmi les dalles quelques-unes sont aussi ornementées. Toutes les pierres gravées ont été moulées et se voient au pourtour de la salle, plaquées à une certaine hauteur contre les murs. Quatre sont placées de plain-pied dans des encoignures (n° 46) pour pouvoir être étudiées de plus près. Les or-

nements gravés sur ces pierres sont généralement des courhes concentriques groupées de la manière la plus variée. Sur la pierre près do la fenêtre, on voit deux longues lignes de chevrons superposés; celle aurdessus de la porte qui communique avec la dernière salle, porte en bas deux lignes ondulées, qui ont été prises à tort pour des serpents, et sur lesquels on s'est appuyé pouradmetlre i'ophîolatrie ou culle du ssrpent. Le seul objet qui paraisse avoir été réellement représenté est la hache polie. On la reconnaît sur plusieurs pierres.

On se demande tout naturellement si ces dessins n'ont pas un sens ; s'ils ne représentent pas une espèce d'écriture hiéroglyphique . Ce n'est pas probable. En effet, pour peu qu'on examine les pierres on voit que les dessins se modifient, non pas d'après la volontéabsolue de l'artiste, mais bien d'après la nature de la roche. Les piliers sculptés de Gaw'inis sont en granits souvent très? riche en quartz. Eh bien ! sur tous les points où le quartz abonde, la roche, devenant plus dure à entamer, les gravures cessent, ou se contournent et se modifient. Ce sont donc de simples on* mentations, dans lesquelles on pourrait tout au plus voir quelque chose d'analogue au tatouage dont les sauvages se couvrent le corps et la figure.

Buuelicr» australien*. — Au-dessous des pierres de Gavr'inis on a placé quelques boucliers australiens (don de M. Montefiore), ornés de dessina en creux qui ont beaucoup d'analogie avec ceux des pierres. Évidemment c'est un même ordre d'idée, une même inspiration qui a fait produire les deux orner mentations.

iTlmié-ïnid et Pierres-Plate*. — Contre le pilier no 47, derrière Gavr'inis, se voit la reproduction du dolmen du Hané> Lud, de Locmariaker. Ce dolmen contient une pierrre gravée sur laquelle on croit reconnaître quelques haches emmanchées. Elle se trouve au-dessus, contre le mur, reproduite de grandeur naturelle, ainsi que la pierre gravée du Mané-er-Hoeck (p. 147) et deux pierres du dolmen des Pierres-Plates (p. 127), Sur ces dernières sont représentés des espèces de cartouches ou de boucliers

portant l'un des ronds concentriques, l'autre des ronds avec un point médian, figures qui deviendront plus tard très- fréquentes.

Gravure du granité. — Quelques personnes ont prétendu que le granité deGav i-'inis, du Mané-Lud et des Pierres-Plates n'avait pas pu être ornementé ainsi avec la pierre seule, et que ces monuments devaient Être au moins contemporains du bronze. M. Alexandre Bertrand a fait à cette objection une réponse pé~ remptoire et sans réplique. Elle se trouve dans la partie horizontale de la vitrine, entre la cheminée et la fenêtre, n° 45. Une plaque du granité le plus dur a été attaquée par le silex et le bronze antique. Le bronze antique s'écrasait, s'aplatissait sans entamer la roche, au contraire le silex mordait très-bien sur elle. Avec des haches anciennes en silex, par conséquent déjà un peu altérées, M. Abel Maître est parvenu a graver en creux une hache sans manche et une hache emmanchée. La question est donc résolue.

Atelier du Grand- Press Igmj. — La vitrine 45 contient aussi le produit de divers ateliers de l'époque de la pierre polie : Grand- Pressigny, Spiennes, les Mareltes, Chassey.

Le Grand-Pressigny occupe tout le milieu de la partie verticale. On voit là un grand nombre de ces énormes nucléus, désignés sous le nom de livre de beurre, qui ont donné iieu dans le temps à une si vive controverse. Parfois ces nucléus sont fort épais, ayant été rejetés bien avant d'avoir été épuisés, parfois au contraire ils sont très-minces ayant été utilisés jusqu'au bout. On en voit qui sont encore taillés en dos d'âne, la lame préparée n'ayant pas été détachée. Quelques-uns ont fourni des éclats des deux côtés, mais c'est l'exception. Aux nucléus sont jointes diverses lames, dont quelques-unes sont taillées en pointe de lance ou en scies à encoches, instruments que le commerce transportait sur tous les points de la France. Il y a aussi des ébauches de haches polies, qui, avec les pointes de lance, datent très-exactement l'atelier (récolte de M. Rossignol, dons de MM. le D r [.éveillé et le marquis de Vihraye).

Mplenncit et Les IdnrcttVK. — Dans le coin, contre la

fenêtre, se trouve un cerLain nombre d'échantillons provenant de Spiennes, près Mons, Belgique, atelier qui a eu un assez grand retentissement (don desirJuhn Evans, liart.)

Au-dessous il y a quelques pièces de l'atelier des Marettes, commune de Treau ville, Seine- Inférieure [don de Mlle C. M. Cahingt.)

Il y a aussi quelques échantillons de deux ateliers peu éloignés de Saint- Germain, celui de la plaine d'Épône et celui du plateau des Mauduits et de Plague, Seine-et-Oise(don de MM. Bonneau, Harel et Ph. Beaune.)

Camp de Clmucy. —"Tous les ateliers qui précèdent sont placés dans des régions riches en silex, par suite les débris sont très-abondants et d'assez fort volume. Mais la partie horizontale de la vitrine contient des échantillons d'un atelier tout différent. Cet atelier situé à Chassey, Saône- et- Loire, vers les confins de la Côte-d'Or, dans une région où le silex manque, ne contient que de petits débris. Comme il fallait aller chercher la matière première au loin on l'économisait aillant que possible. La situation de Chassey a éLé choisie de tout temps comme refuge, étant trèsforte et très-facile à défendre par elle-même. Elle a de plus à diverses époques été fortifiée encore de main d'homme par l'adjonction de certains travaux de défense. Oppidum des anciens temps, Chassey est devenu un camp romain. C'est là où l'on trouve parfois de fort jolies pièces en silex, au milieu de trèsabondants rejets [don de MM. le colonel Coynard et de Longvy). M. le D' Loydreau a envoyé aussi une fort belle série de moulages de pointes de flèches de sa collection, malheureusement elles sont trop souvent restaurées et complétées.

Sépultures île l'Aveyrou. — La partie horizontale de la vitrine, n° 45, contient enfin divers petits objets des sépultures de l'époque de transition entre la pierre et le bronze. Époque représentée surtout par une fort belle série recueillie dans des sépultures sous dolmeus ou dans des grottes, de l'Aveyron (don de M. l'abbé Gères). Les pointes do flèches en silex sont très-variées, Il en est qui sont toutes crénelées en dents de scie

sur Jas côtés (ûg. 47). Elles proviennent presque toutes du dolmen de Malviez. 11 y a aussi du môme dolmen quelques fragments de

Fig. 47.

Peinte de flèche en siloi, du dolmen de Haine*, hieyioa, gr. nal.

poterie et ua ornement en défense de sanglier perce de deux trous. Ont été trouvées dans d'autres sépultures, une belle pointe de lance affectant la forme des pointes de flèches américaines avec deux encoches à la base ; de nombreuses pendeloques et des grains de collier de matières diverses : schiste noir et vert, calcaire cristallin affectant des formes variées, jayet, fragments et roudélies de coquilles, voir même coquilles simplement percées, tronçons d'os, canines de chien, de renard et d'ours percées à la racine, et môme une perle en bronze.

Dolmens du Tnrn-et- Garonne et de Un alIIac'h. — Les autres pièces de l'époque de transition sont :

Moulage d'une pointe de lance en silex, en forme de lame de poignard ou <ie feuille de laurier (Musée de Montauban)du dolmeu de Fran-du-Brdou, Ta ru -et- Garonne.

Moulage d'une lame de poignard en bronze, courte et mince (Musée de Montaubao), du dolmen de Fran-de-Cazala, également dans le Tarn-et-Garonne.

Admirable pointe de flèche en silex, d'une délicatesse extrême, plus belle peut-être que tout ce qu'a fourni en ce genre le Danemark (don de M, Prosper Mérimée). Elle provient du dolmen de

Gwalilac'h, à Plounévez-Lochrist, Finistère. Elle était accompagnée, dit-on, de sept autres pointes de flèche analogues et d'objets, en bronze.

Poteries d'Espagne. — Du côté de la cheminée, dans un compartiment vertical, on remarque les poteries que M. Louis Lartet a découvertes dans une grotte de la Vieille-Casliile, la Cueva Lobrega (don de M. Louis Lartel). Ces poteries que l'inventeur croit appartenir à l'époque de la pierre polie, et que je pense au moins contemporaines du bronze, sont de toute façon fort intéressantes. Au lieu d'avoir simplement un ou deux bourrelets circulaires pour ornements, ils en présentent un grand nombre qui se coupent en divers sens et forment une espèce de réseau irrégulier.

Poteries de Piémont. —Enfin le dessus de la vitrine est orné de vases fort simples, assez grossiers, découverts dans les tourbières du Piémont mêlé3 à des objets en pierre et des objets en bronze (don de M. B. Gastaldi ; moulages, Musée du Valentino à Turio).

4" Salle.

Saite d'Étude

Bibliothèque, rn- La quatrième salle du premier étage se trouve dans la tour de Charles V. C'est une salle d'étude ouvertes tous les travailleurs du mardi au samedi. Elle contiendra une bibliothèque spéciale qui est à ses débuts. M. Alexandre Bertrand s'occupe fort activement d'en rassembler les éléments et il les augmente constamment par de nombreux dons. Déjà existe un noyau important qui s'accroît tous les jours et en faveur duquel il Tait appel à tous les archéologues. C'est avec une grande reconnaissance qu'où recevra les dons de volumes, de brochures, de dessins et môme de simples noies ou articles de journaux. Toute, spéciale, la bibliothèque du Musée de Saînt-Germain doit être

aussi complète que possible et renfermer non-seulement tous les renseignements utiles à la scieoce, mais enGore les titres de priorité de chaque travailleur. C'est le complément indispensable des collections qui, comme nous l'avons déjà dit, doivent devouir les archives archéologiques de la France.

3= Salit.

Arc de triomphe d'Orange

La cinquième salle (À), grande salle des fêtes, dite aussi salie de Mars, remarquable par ses vastes proportions et sa belle cheminée, sera la dernière restaurée de tout le château, Mais M. Alexandre Bertrand a cru devoir l'ouvrir provisoirement, au moins en partie, pour pouvoir exposer au public les moulages de l'Arc de triomphe d'Orange et des séries gallo-romaines.

Les salles que nous allons visiter, à partir de celle-ci, n'étant pas encore définitivement classées, nous les parcourrons plus rapidement en indiquant sommairement les objets qu'elles contiennes Plus tard je ferai pour elles ce que je viens de faire pour l'époque de la pierre.

Arc d'Orange. — Pour ce qui concerne l'Arc d'Orange, je renvoie à ce que j'en ai dit page 23. Je ferai seulement remarquer que les plaques moulées sont simplement rapprochées, mais non raccordées. Il existe autour de chacune d'elles une marge large de un ou deux doigts pour protéger le moulage. Cette marge ne sera enlevée que lors du montage définitif.

Objets gallo-romains. — Les objets gallo-romains exposés dans cette salle sont, en faisant le tour à partir du côté de la cheminée :

Vitrine entre la porte et la cheminée : Nomhreusa série de bouteilles en terre;— Contre-poids de métier; — Petits vases en terre noire et jaune; — Plats, soucoupes et tasses en terre rouge samlenne.

Autour de la cheminée : sépultures gallo-romaines, caisses en pierres rondes et carrées pour enfermer les «mes cinéraires.

Vitrine à gauche de la cheminée : Petits modèles du temple romain du Vieux- Poitiers, d'un pilotage de Boulogne-sur-Mer et du palais Prétorial de Trêves ; — Nombreuse série de vases fort divers en terre jaune et noire, parmi lesquels il s'en trouve de très -intéressants ; — Larges jattes a bec d'écoulement, espèce de mortiers nommés lèles, avec marques de chaque coté du bec.

Vitrine du fond ; trois casques, cuirasse complète et ceinture en bronze, armures militaires; — Deux casques, une épaulière, trois paires de jambières et diverses lances de gladiateur, le tout en bronze (collection Pourtalcs; don de l'Empereur).

Contre la paroi du mur, entre la vitrine et la fenêtre : trompette romaine.

Vitrine horizon taie contre la première fenêire : série de serrures et de clefs romaines avec quelques autres petits objets.

Vitrine horizontale de la seconde fenêtre : série de fibules (fig. 48) et de boutons.

Fit. M-

Fllrale en bronze jrallo. romaine. Hnims, au 1,1.

Côté de la cour : tuiles romaines à rebords.

En face de la seconde fenêtre : réduction en plâtre du tombeau de Secundiaus, à [gel, près de Trêves.

De chaque côté de la fenêtre et le long du mur : diverses

meules de moulin à bras pour moudre le blé. Un de ces moulins a été remoulé dans l'embrasure de la petite fenêtre et fonctionne très-bien.

Première vitrine verticale après les fenêtres : urnes funéraires et vases divers en terre jaune et noire; — objets en verre;— bulle série de noms et marquas de potiers.

Seconde vitrine touchant a la porte i urnes funéraires, grands récipients et bouteilles en terre jaune et noire: — deux urnes, avec leur couvercle, en plomb; — belle et nombreuse série de ■vases samiens des formes les plus variées.

DEUXIÈME ÉTAGE 1" Salle.

Trésor

En sortant de la salle des Fêles, prenant une petite porte à droite, n s 51, on descend quelques marches, puis on monleu second par un escalier tournant.

Trésor. — La première salle, dite salle du Trésor, ocnp tout le haut de la tour de Charles V. C'est une ravissante pièces la voûte ogivale, à la cheminée très -originale, en forme de hollt, accompagnée de deux fenêtres, espèce de meurtrières. Celle salle doit contenir le médaillier, les pierres gravées et toutles objets en matières précieuses. Des fac-similés seront placésdans lis collections aux lieux et places que devraient occuper ces objets. Pour le moment les objets en or et en argent ne sont malheureusement pas encore abondants, ils sont groupés dans une vitrine isolée en regard de la première fenêtre, n° 9. Ceux qui ont le plus de valeur comme métal sont deux bracelets massifs eu or pur (ûg. 50) du poids à peu près de 1000 franc3. Celui qui est ligure provient de Uesué, Seine -Inférieure (don de l'Empereur). L'autre est de Caudos, Landes (don de M. Emile Péreire). Ce qui est singulier, c'est que ces deux bracelets pèsent, à très-peu près, le

même poids. M. Alex. Bertrand pense que ce snnt des lingots et que c'est sous cette forme qu'on faisait le commerce de l'or. Les

Fig. t,o.

Bracelet on lingot d'or de itesné, Seine -Inférieure, an 1/3.

bijoux commençaut à la pépite brute, simplement percée d'un trou de suspension, le premier de tous les bijoux, vont jusqu'aux objets mérovingiens.

!>if. m.

Vase d'Alise, en argent, fouilles d'Alise-Saiaw-fteuie, Cûte-d'Or, an 1/ï.

La pièce la plus remarquable, sous le rapport arListique, est une ravissante coupe en argent ornée débranches de myrte dont les feuilles et surtout les baies se détachent en relief. Cette coupe, (fig. 51) désignée sous le nom do vase d'Alise a été trouvée dans les fossés de César (don de l'Empereur).

Dans la série des bijoux on a placé une bague en bronze avec large chaton portant gravé en creux un emblème gaulois, espèce de cheval fort mal dessiné (fig. 5?).

Fig. Bî.

Bague gauloise en bronze, grandeur nilntelle.

Cette bague fortcurieuse a été donnée par M. de Saulcy.

Au pourtour de la vitrine des bijoux se trouvent deux rangs de

Fig. B3.

Sanglier en bronze, sommet d'enseigne gantoise, au 1/3.

galeries, occupées par des figurines et statuettes en bronze. Le Musée recherche surtout celles qui ont un caractère gaulois. Ainsi

parmi les animaux on voit de nombreux sangliers. qui étaient un des insignes de nos pères. Un surtout (don de M. le comte de Cossé-Brissac) est fort remarquable. C'était une enseigne (8g, 53). Percé d'un trou sous le ventre, il était porté au sommet d'une hampe.

Parmi les statuettes humaines on est parvenu à réunir une belle série de Dis Pater on Jupiter gaulois, tenant un petit pot ou une bourse a la main. Celui qui est figuré (ug. 54) vient de la collection Opperman.

Fig. s*.

Dis Pater ou Jupiter gaulois, en brome, aux 2/3. Ce Jupiter gaulois est d'autant plus curieux qu'il porte sur ses vêtements plusieurs croix inscrites dans des cercles.

flutulaniaUqnc. — M. Alexandre Bertrand, voulant que la

collection numismatique de Saint-Germain fût un complément de l'idée qui a présidé à l'établissement du Musée, a accepté la système de classification que lui a proposé l'un des membres de la Commission, M. Anatole de Barthélémy. On a donc suivi à Saint- Germain un ordre qui jusqu'ici n'a été adopté dans aucune collection publique ou particulière.

Cet ordre comprend deux subdivisions principales : 1° te classement chronologique des monnaies antiques par peuples et par cités ; 2° les séries dos découvertes faites, de manière à donner une idée exacte dos dépôts numismatiques. Cette innovation est très-importante parce qu'elle permet aux travailleurs d'étudier tous les types qui ont été exhumés ensemble sur tel ou tel point, et de voir la proportion de chacun dans les trouvailles suivant la région où celles-ci ont été faites. La Commission de la topographie des Gaules a complété de son côté cette subdivision eu donoantdaus le Dictionnaire d'Archéologie Celtique des séries de planches consacrées à reproduire les monnaies gauloises par trouvailles.

Il est inutile d'insister sur les ressources immenses que l'historien et l'archéologue peuvent puiser dans la numismatique antique : les monnaies gauloises, par exemple, qui forment une série Lrw-eon^d-uvable, sont lus monuments lus plus nombreux qui donnent des détails certains sur la langue, l'écriture, les armes, les usages et la mythologie de nos ancêtres.

Le meuble qui est au milieu de la salle, n° 8, contient les plus beaux et les plus rares exemplairesde la collection numismatique du Musée. La vitrine est destinée à donner aux visiteurs une idée exacte de l'histoire des monnaies de la Gaule depuis les temps les plus anciens jusqu'il l'avènement des Carolingiens. Cette série est tenue au courant des éludes scientitiques qui chaque jour permettent de modifier des attributions fautives, et d'en proposer de nouvelles. L'ordre suivi est celui des géographes anciens. Le premier compartiment, celui qui est le plus près de la cheminée, contient les monnaies de la Celtique : dans le compartiment du

milieu sont la Belgique et l'Aquilaine, puis la Bretagne insulaire, la Gaule Cisalpine, la Germanie et la Pannonie. — Nous reviendrons plus bas sur le troisième compartiment.

Dans chaque grande division Celtique, Belgique et Aquitaine, les monnaies sont rangées par populations, eu partant de Marseille, et en suivant l'ordre géographique de la carte des Gaules qui est appendue contre le mur de la salle d'étude au premier (n° 50}. On y remarque quelques pièces d'un haut intérêt : d'abord deux stalères portant le nom de Vercingelorix, tous deux donnés parl'Empereur: l'un vient d'Auvergne, l'autre d'Alise; une drachme h peu près unique aux légendes DARIA-DIARILOS probablement Éduenne; un bronze a la légende BVCI OS, également unique, provenant d'Alise; un autre bronze, peut-être de Divitiacus, DIAVCOS, provenant du Beuvray.

Le troisième compartiment renferme les monnaies frappées dans les Gaules depuis la soumission, l'an 50 avant notre ère, et celles qui suivirent la division en provinces et cités sous Auguste. Là on trouve les monnaies des colonies de Lyon, de Nîmes, de Vienne ; puis les pièces émises par les aleliers impériaux de Lyon, Trêves, Arles, Amiens ; ajoutons le numéraire des empereurs qui sous Galliim fondèrent un empire gaulois, Posthume, Tétricos, Victorin, etc., et les monnaies qui, bien que frappées à Rome, se rattachent à l'histoire de la Gaule, comme par exemple celles qui mentionnent les voyages d'Auguste dans cette contrée. A la fin de celle vitrine on a réuni des spécimens de monnaies mérovingiennes d'or et d'argent qui mènent ainsi jusqu'à l'avènement de Pépin, dernière date qui clôt le plan d'études à Saint-Germain.

Fig US. .

Monnaie gauloise, grandeur naturelle.

On remorque dans cetLe vitrine de beaux médaillons d'argent, et des aureus remarqua h les , comraecelui de Constantin, qui rappelle ['Armée des Gaula.

Cette vitrine est appuyée sur des meubles contenant da nombreux tiroirs : c'est là que sont classées les découvertes numismatiques : là on a réuni tout le surplus des monnaies exhumées à Alise et qui n'ont pu trouver place dans la salle provisoire de l'entre-sol (page 41); nous citerons les suites provenant des découvertes d'Auriol, Satnl-Père en Châtres, Murceint, le camp de Chalous, la Souterraine, YiUeneuve-le-Koy, Beauvoisin, etc.

La vitrine n» 8 ne contient pas évidemment toutes les monnaies gauloises et gallo-romaines de la collection : comme nous l'avons dit, on n'a mis là comme échantillons que les plus rares, et celles qui peuvent être les plus utiles à connaître. Dans les tiroirs qui sont sous clef, il y en a un grand nombre qui sont également classées géographïqtiement et chronologiquement; les ateliers gallo-romains de Lyon, Trêves, Arles, Nîmes occupent chacun plusieurs tiroirs. Les cartons parfaitement classés, grâce à l'obligeance et au savoir de M. de Barthélémy, peuvent déjà offrir d'importants éléments de travail à ceux qui font des recherches spéciales.

Séries gatllo.romnlnea. — Outre les bijoux et les monnaies, la salle du trésor contient des objets gallo-romains et mérovingiens qui sont déposés là en attendant qu'on puisse les placer dans Jours salles respectives. Nous allons les passer sommairement en revue, en commençant par les gallo-romains.

Embrasure de la fenêtre, en face de la vitrine n° 9, cadre renfermant des cuirs travaillés provenant de Mayence.

Entre-deux des fenêtres, grand cadre avec nombreux ex-votos en argent, trouvés à Vichy, Allier.

Embrasure de la fenêtre, en face de la vitrine n° 7, cadre avec étoffes romaines recueillies dans la tourbe à Mayence.

Vitrine n° 7. Au milieu, moulages et fac-similés des vases en argent trouvés à Monsheim , dans le Hanovre, et considérés comme le trésor de Varrus. Sur les galeries, série de divinités, jouets

d'enfants et caricatures en terre cuite de diverses parties de la France, surtout de l'Allier.

Vitrine au coin de la salle entre la fenêtre et la cheminée, complément de la série précédente, avec quelques statuettes en poterie étrangères comme terme de comparaison.

Sous la cheminée, n° 6, quelques tombes en pierre et surtout en poterie contenant à l'intérieur l'urne cinéraire. Longue vitrine à cinq compartiments le long du mur en face

des fenêtres. — Compartiments Ô et 4, très-belle série provenant des cimetières gallo-romains de Vaison, Vauciuse, surtout urnes cinéraires en verre, lampes eL miroirs. Collection Blanchon (don de l'Empereur). — Compartiment 3, cimetières d'Orange, Vauciuse, et deux urnes en verre du Lot. — Compartimenta 2 et 1, objets divers, surtout vases en poterie rouge dite samienne; autres poteries très-variées, belle suite de vases en verre. Dans [e bas, objets en métal, parmi lesquels on remarque de grosses masses de fer quadrangulaire (Dg. 56 et 57), parfois à angles abattus, plus ou moins allongées, ce sont des saumons. C'est sous cette forme que se vendait le fer brut après sa réduction.

On voit aussi plusieurs ascias (fig. 58), haches ou herminettes gallo-romaines, dont la figure se retrouve fréquemment sur les pierres sépulcrales.

Séries mérovingienne». — Les trois compartiments de vitrines droites, placées centre le mur en face de la cheminée, renferment quelques objets mérovingiens. L'époque mérovingienne ou franque sera la dernière contenue dans le Musée. A partir de cette époque la nation française est toute constituée; il n'y a plus de recherches à faire sur son origine. Les collections vont donc jusqu'à la fin du vins siècle, jusqu'à Tan 800.

Le haut des compartiments est consacré à la poterie qui a un

Fig. 58.

Ascia en fer, Nontroage pria Paris, an l/î.

cachet tout particulier. Les verres sont rares, les colliers on pato émaillée très- abondants, les objets en métal fort variés. On remarque parmi eus des anneaux de suspension singulièrement ornés (flg. 59 et 60).

Anneau do suspension en bronza, eimeliùre mcroïityii'ii 1t' Lizy,

Flg. 60.

Anneau de suspension en bronze, dn cimetière mérovingien de Lizy, aux 3/ .

Plus ornées mirera sont len l)<m<:!es de ceinturon. Les unes, en fer, sont tout incrustées d'argent ; les autres, en bronze ou métal de cloche, sout garnies de dessins et d'arabesques profondé-

rneat et largement gravés en creux (Qg. 61); parfois même les plaques sont découpées à jour.

Fi 6- 81.

Agrafa de ccinluron en bronio gnivii, elmelidroa mérovingiens du nord-auesl de la Franco, aux S/3.

Parmi les armes en fer placées au bas des compartiments, les deux plus caractéristiques sont ; le scramasaK, grand coutelas pointu, à dos fort épais, par conséquent a lame assez lourde, el la francisque ou hache de guerre (lig. G2).

Fig. Hî.

Francisqua ou hache de guem: on fer. Muletières mérovingiens du nord-ouesl de la France, an 1:2.

** Italie.

Ethnographie.

Lacustre de l'époque de la pierre. — Revenant dans la salle qui communique aveu l'escalier tournant, on aperçoit, vers le milieu, de r jx vitrines plates qui sont consacrées aux habitations lacustres de la Suisse, époque de la pierre polie.

La première, n° 12, contient tout ce qui concerne le travail de la hache, depuis le sciage de la pierre jusqu'à l'emmanchement dans une gaine en bois de cerf. Au centre sont deux restitutions, d'après des pièces originales, de haches emmanchées complètes.

La seconde vitrine, n° 13, renferme les pointes de flèche en pierre et en os, les dents percées, les instruments en os et les pierres pour les aiguiser, les poteries et les fragments de parois d'habitation.

A droite et à gauche de la fenêtre, du côté des fossés, sont un grand polissoir et une grosse meule dormante lacustres.

Ethnographie. — Entre la fenêtre et la cheminée, n° 1 4, une vitrine est consacrée aux objets contemporains ou peu anciens, provenant de divers pays, qui peuvent servir de terme de comparaison et fournir d'utiles indications pour la détermination de l'usage et de l'emploi des objets antiques.

Le mur en face de la cheminée, n° 1 1 , est tapissé d'objets provenant de l'Australie. Au-dessous un très-grand cadre renferme de nombreux échantillons d'étoffes égyptiennes. Quelques-unes sont en laine, pourtant la majorité est en lin. Les plus anciennes doivent remonter à trois ou quatre mille ans avant notre ère. Il sera utile et intéressant de comparer ces étoffes avec les étoffes romaines (page 168) etlesétoffes préhistoriques de l'époque de la pierre polie (page 180).

*<• H nile.

Époque du bronze.

La salle n° III du second étage est entièrement réservée à l'époque du bronze. Comme pour la pierre polie, des vitrines sont consacrées aux trouvailles, d'autres aux séries, d'autres enfin aux objets étrangers.

Trouvaille» de l'époque du bronze. — La vitrine

centrale, do 23, si l'on en excepte le moulage d'un oreiller en pierre en forme de croissant qui la domine, est entièrement occupée par une seule trouvaille, qui a fourni près de mille pièces. C'est une cachette de fondeur, découverte a Larnaud, Jura. Elle ne contient que des pièces qui devaient passer au creuset, mais qui sont d'autant plus précieuses qu'elles offrent une grande variété et se datent les unes les autres.

La vitrine plate, du cùté des fossés, n° 21, renferme une autre trouvaille; seulement, comme c'est le trésor d'un guerrier, elle ne contient que des pièces d'une fort belle conservation. Elle provient de Vaudrevanges, près Sarlouis. Il y a, entre aulres, une fort belle épéc, malheureusement brisée par le coup de pioche qui en a amené la découverte (fig. 63).

La vitrine plate, du côté de la cour, n° 26, est aussi destinée aux

Fig. 64.

Coin en bronze, llachc unie, du Finistère, m ift.

trouvailles. Pour le moment, elle ne contient qu'une récolte faite, dans un gué de la Seine, le pas de Grigny, près Corbeii (Seine-

et-Oise), et le moulage de la trouvaille de Notre- Dame-d'Or, dans la Vienne, dont les originaux sont au Musée de Poitiers.

Enfin les produits de pèches lacustres faites dans les palaflttes du lac du Bourget (Savoie) sont rangés dans les vitrines droites, entre la cheminée et les fossés, n°» 21 et 22.

Série de l'époque du bronze. — Les quatre vitrines plates latérales sont consacrées aux séries.

Dans la première en entrant, n° 24, il y a les détails de l'exploitation du cuivre avec de gros marleaui en pierre, les saumons et

Fig. «S. Fig. 68.

Hache à main étroite, en brome. Hache à tnajn à large tranchant, type assez commun en Auver- en bronze, typo fréquent dam gne, au 1/2. la vallée du Rhône, au Ht.

culots de bronze, et le commencement de la série des haches débutant par les coins tout unis (fig. 84).

Digiiizcd 0/ Coogl :

Puis viennent ce qu'on a appelé les haches à main. Elles ont les bords latéraux irÈi-bas, Lrès-rndimenlaires, et l'on peut facilement saisir à la main le sommet de l'instrument et s'en servir sans le secours d'un manche. Parfois le tranchant est fort étroit (fig. C5); parfois, au contraire, il se développe très- largement en demicercle et en trois quarts de cercle (fig. 66).

La seconde vitrine, n° 25, est entièrement destinée aux haches. Le type à main passe insensiblement à la forme à bords

Fig. 67. Fig. 68.

Hacha en bronza à bords droits el Hache en bronze à ailerons, lyp» talon, typeordinaire de l'ouest te plus répandus, au t/ï. de la France, an 1/3.

droits et à talon médian (fig. 67), qui elle-même, en passant par les formes à bords droits sans talon, aboutit aux haches à ailerons (fig. 68).

La série des haches continue et se termine dans la troisième vitrine plaie, n° 28. On voit là les haches à douille. Ces haches peuvent se diviser eu deux grandes catégories : les haches de service et les haches votives. Les haches de service sont généralement plus fortes que les autres et affectent des formes trèsvariées (fig. 60). Le tranchant est fréquemment affilé au moyen du martelage, et, dans beaucoup d'échantillons, on reconnaît que cet affilage s'est renouvelé plusieurs fois, l'instrument est usé, à bout de service. Les haches votives sont quadrangulaïres, toutes

Fig. 09. Fig. 70. Fig. 71.

Hacha  duuillede service Hatlie à douille votive de Tris - petite hache il de Laruaod, Jura, an Bretagne, eu 1/3. douille votive de' M au- 1/2. re-de-Brelagiie, llle-et

Vilaine, an 1/2.

très analogues de forme, de moindre dimension, et surtout moins fortes, moins épaisses. La douille va presque jusqu'à l'extrémité, de sorte qu'il aurait été difficile d'affiler le tranchant, et de fait

L'-i 3 1 Lv Ci?

ce tranchant est toujours obtus, intact, tel qu'il a dû sortir du moule. Parmi ces haches votives, les unes sont assez grandes (fig. 70). Mais peu à peu, la foi diminuant, les dimensions se sont réduites, et eiles.ont iini par être fort petites (fig. 71). Ces haches votives sont bien plus récentes que les autres. Le bronze de la véritable époque du bronze est un alliage qui ne contient que du cuivre et de L'étaiu. Les haches votives sont en bronze d'une qualité bien, inférieure ; on y retrouve le plomb remplaçant eu partie l'étain.

Le complément de la troisième vitrine et toute la quatrième, W> fo, sont remplis par des objets divers: outils, serpes, rasoirs,

couteaux, bracelets, torques, épingles, boutoDs, ornements et amulettes.

Les séries d'objets en bronze continuent dans une vitrine droite à trois compartiments, en face de la cheminée, n° 17.

Le premier compartiment, à coté de la fenêtre qui donne sur les fossés, contient les lances et talons ou bases de lance.

Le second, les pièces se rapportant au harnachement du cheval, grands disques, et chaîne à pendeloques, espèce de phal ère.

Le troisième, les épées et poignards (fig. 12 à 74), ainsi que les fragments et bouts de fourreau.

A la suite du meuble précédent, à droite et à gauche du grand meuble du tond, n° 1 5, se trouvent deux compartiments pour les poteries de l'époque du bronze .

Dans les embrasures de fenêtres du côté des fossés, de petites vitrines plates contiennent des séries usuelles fort intéressantes, provenant des habitations lacustres.

i" fenêtre : Meule dormante, molettes pour écraser le grain, blé, pain, et diverses sortes d'aliments.

2° fenêtre : Lin teillé, os pointus pour peigner le lin, pesons de fuseau, fil, pelotons de fil, poids de métier à tisser, étoffes.

3 e fenêtre : Broderies et étoffes en écorce, cordes et ficelles, filets, flotteurs, poids de lilels et hameçons en os.

Enfin, contre le mur en face de la cheminée sont les moulages d'un pilât de palafilte et de deux roues en bois.

Objet» étranger». — Les objets étrangers se rapportant à l'époque du bronze sont groupés dans le grand meuble du fond, n° 16, en face la cheminée. Ce meuble se divise en six compartiments : Les trois premiers renferment une très-riche série d'objets hongrois. — Le quatrième, vertical, est consacré au Danemark. — Le cinquième, également vertical, contient la Grèce et l'Italie. — Enfin le sixième, horizontal, présente des objets russes et de la Grande-Bretagne.

*• nulle.

Salle gauloise.

Première époque do fer. — La salle suivante contient la première époque du fer et les séries positivement gauloises, caractérisant les Gaules avant la conquête.

Les objets appartenant à la première époque du fer, ou époque de Hallstatt, sont rangés dans les quatre vitrines plates du côté de la cour, u°> 35 à 38.

Ils proviennent des cimetières des Alpes, Savoie, Isère, Basses- Alpes, Alpes-Mari Urnes; et surtout des tumulus du nord-est de la France. Les produits fournis par chaque tumulus sont isolés et autant que possible complets. Ils sont séparés par des baguettes ou de petits cordons. Bas-Rhiu : forêt de Scbirren ; fouilles de M. de Ring. — Haute-Marne ; Combe-Martin, La Morlot et La Croix- Sain t-Thibaut; fouilles de M. Defay. — Vosges : Sa uv il le et The ysous-Monfort; fouilles de M. de Saulcy. — CôLe-d'Or : Bois-d'lvry; fouilles de MM. de Saulcy et Al. Bertrand; Créancey, Méloisey et Bois de la Pérouse ; fouilles de M. de Saulcy. — Ain : Cormes et Saint- Barn ard ; fouilles ordonnées par l'Empereur.

Dans ces dernières fouilles on a trouvé des vases fort intéressants qui sont placés dans une des vitrines centrales, n D 32.

Cimetière» santals. — Les cimetières gaulois des environs du camp de Châlons, Marne, fouillés par ordre de l'Empereur, ont fourni une ample récolte qui est en partie déposée dans les divers meubles delà salle. Elle n'est point encore classée. El le sera exposée surtout dans les trois grands meubles du centre, n°> 32, 33 et 34. Le premier, n° 32, contient déjà la série des épées en fer avec fourreau du même métal. Les poteries, fort nombreuses et très - variées, sont dans le meuble du milieu, n° 33. Les autres objets, pour le moment, sont disséminés un peu partout.

Les colliers ou torques abondent (Ëg. 75). On sait que ces col-

Les fibules ont en général un cachet particulier, ce qui ne les empêche pourtant pas d'être assez variées. Une fois qu'on les a étudiées on les reconnaît facilement. Parfois elles sont accouplées deux à deux par des chaînettes (tig. 77).

Fie. 77.

Fibules en bronze accoupliifs, des cimeliOres gaulois de la Marne, aui J/3.

Les armes sont toutes en fer, pourtant il en est quelques-unes dont une face du fourreau est en bronze (fig. 78).

Quelques tipées ontétépliées avec leur fourreau pour être insérées dans les tombes.

Objet* gaulai* d'antres provenance». — Le Musée possède aussi des objets gaulois ne provenant pas des cimetières de la Marne. On peut citer entre autres une belle série d'armes, de fibules, d'agrafes de ceinturons, etc., le tout en fer de la station lacustre de la Tène, dans le lac de Neuchâtel, vitrine n° 43, près de la cheminée. Grâce au dépôt tourbeux, ces objets sont parfai-

Fifr. 78.

Poignard en (ar dans un fonrrean en brome, cimetières gaulois de la Marne, au I/B.

tement conservés, si bien conservés qu'on peut tirer les épées de leur fourreau de fer, et que les lames encore pointues et tranchantes (fig. 79) semblent sortir des mains de l'ouvrier.

Fig. 79.

Ëpée gauloise avec son fourreau, le tont en fer, palnfllle do U Tèna, an 1/6.

Une collection de rouelles gauloises, en argent , bronze et plomb, h l'extrémité de la vitrine centrale, n° 34, montre que ces rouelles étaient des amulettes ou insignes religieux analogues à nos crois ou médailles de piété.

Dans la même vitrine centrale, n° 3S, sont placés une fort belle cuirasse gauloise complète trouvée dans la Saône, à Trévoux, et le moulage de vases étrusques provenant des bords du Rhin.

A l'autre bout de la salle, dans la vitrine plate n° 39, des poteries des Bouches -du -Rhône, Entremont près d'Aix, hauteurs de Corde et Constantine sur l'étang de Berre, présentent le cachet grec.

Objets étrangers. — Comme dans la salle précédente, la grande vitrine du fond, n 0! 30 et 31, est consacrée aux objets étrangers. On y voit surtout des moulages et fac-similés d'objets de Hallstatt, Autriche, localité typique, qui a donné son nom à la première époque du fer. Puis viennent des pièces du Danemark, de l'Allemagne et de l'Italie.

Restitution de cavaliers gaulois et romains. — Pour le moment le Musée finit avec cette salle. En sortant sur l'escalier d'honneur on remarque une petite pierre sépulcrale d'un nommé Maximus, trouvée à Lyon, en 1740. Elle est devant une porte murée qui plus tard donnera accès dans les salles galloromaines.

Eu descendant on rencontre la Loggia, belle terrasse couvert? ou galerie sur laquelle sont placés deux cavaliers de bronze, chef gaulois et cavalier romain, œuvres du sculpteur F. Frémiet. Ces deux statues sont remarquables sous le rapport artistique; smis le rapport archéologique, ce sont des études faites avec soin, mais qui montrent combien il y a encoreà apprendre pour bien connaître le passé, la vie et les habitudes de nos pères.

Avenir du Musée. — Le Musée actuel ne compte encore que quinze salles; il doit en avoir plus de quarante. L'œuvre pourra donc largement se développer. Rez-de-chaussées et entresols seront occupés par les grands monuments et la partie lapidaire. Au premier, trois salles renfermeront tout ce qui se

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rapporte à la conquête des Gaules. Les trois salles au-dessus contiendront les objets gallo-romains : puis suivront les salles mérovingiennes. Les Unir;; placées à tous les ;mgles fourniront pour chaque étage plusieurs élégants cabinets de repos, renfermant, au centre, dans de* meubles à volets, les reproductions d'inscriptions, Apres l'archéologie chronologique viendra l'archénlojie géographique, line série de salles contiendra, classés par provinces et par départements, les types les plus caractéristiques de chaque localité. La grande et belle salle des fêtes deviendra une magnifique, galerie d'ethnographie. La ravissante chapelle sera consacrée à l'oi ^ine du Christianisme en Gaule. Enfin les fossés eux-mêmes renfermeront des monuments primitifs, comme dolmens et menhirs.

Le plan, on lu voit, est des plus complets et des mieux compris. La création du Musée de Saint - Germain est une œuvre vraiment grandiose, destinée à développer largement les études historiques, destinée surtout à les vulgariser. C'est une œuvre qui restera comme une des plus grandes gloires de notre pays el de notre époque, pays et époque qui ont en l'immense mérite de créer la paléontologie de l'histoire !

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