LAMARTINE
Puis le 9 novembre suivant il écrit :
Mille remerciements, Monsieur, j'ai reçu votre second volume et je le lis avec délice dans les courts instants que me laissent les débats de la Chambre et d'ennuyeuses affaires dont je suis journellement accablé. Je n'ai pas besoin de vous dire combien je sympathise d'idées avec vous. Nous pensons de même sur presque tous les points et je m'en réjouis fort ; plus je vous lis et plus je m'aperçois de cette cojformite de vues qui me charme et m'affermirait encore s'il était possible dans ma manière d'envisager la question d'Orient.
Les débats de la Chambre ne prouvent que trop dans quelle ignorance des hommes et des choses était le dernier ministère. La lumière ne jaillira-t-elli donc jamais aux yeux de tous? Les Anglais, après avoir soigneusement étudié l'Orient et la Syrie, ont
fait ce que nous proposions à la France de faire. Cette cruelle expérience ne nous profitera-t-elle pas pour l'avenir ?...
Je ne sais mais il me semhle que la vérité commence à se faire jour. Les partisans du Pacha deviennent de plus en plus rares. Il y y a réaction, c'est bon signe.
Je serai trop heureux, Monsieur, de contribuer à vous être utile pour ne pas saisir l'occasion avec empressement. Vous pouvez formuler votre demande et la faire appuyer par les personnes que vous me citez, je me joindrai à elles avec le plus grand plaisir et je croirai avoir rendu un véritable service au pays si je puis contribuer à vous faire employer selon vos désirs.
En attendant, veuillez agréer, Monsieur, avec mes remerciements, l'expression de ma considération distinguée.