‹ Promenades biographiquesChapitre 50 sur 61 · MON TESTAMENT · texte numérisé non relu

MON TESTAMENT

Cinquante mille francs au soldat du Gabon Mes domaines d'Alger aux descendants d'Emile Item cinquante mille à François et Léon Tous ces lots répartis, il me reste cent mille.

La moitié provenait d'une rente sénile Que me fit Mariette avec son Masselon Mais j'adjuge le tout de part ce codicile Au magnifique chef de ma noble maison.

Il m'invitait parfois à sa villa princière A me chauffer l'été de ses pommes de pin Il fournissait la graisse et je payais mon pain.

Notons quinze kilos de ses pommes de terre Dix litres et demi du nectar d'Antipas Remercions du tout et signons Barzabas !

Quelle fut exactement, au début, la cause des pertes

énormes que subit alors Eusèb • de Salle, cela serait assez difficile à préciser et peu intéressant à rechercher.

En 1847, i! s'occupe un peu de politique, écrit un drame en vers « Waren Hasting » pièce anglo-indienne.

Mme de Mirbel, au commencement de l'année, lui écrit fréquemment. Ils durent se rencontrer à Paris au mois de juin.

Le 8 Octobre, lettre de Mme de Mirbel, datée de son château de Lormois :

« Merci, cher comte, de votre bon et affectueux souvenir.

Depuis votre départ, j'ai été eu proie à de pénibles agitations.

Un jugement terrible a brisé la vie morale, la situation de deux hommes avec lesquels nous étions depuis de longues années dans d'affectueuses relations. A ma table, le 12 avril dernier, j'avais à mes côtés MM. de Cubières et Testes. Je ne prétends point argumenter sur l'arrêt, mais j'ai été fort peinée de les voir mettre en accusation et désolée de leur condamnation.

Les revoir après, subir le spectacle du désespoir de leur famille a été pour moi l'occasion de cruelles émotions et je commençais à peine à m'en remettre lorsque la terrible mort de Mme de Praslin est venue me bouleverser de nouveau.

Je devais aller passer à sa terre ce mois d'Octobre et lui écrivais au moment où j'ai appris que la nuit même elle avait été égorgée. Je fus tellement saisie par cette affreuse nouvelle que mon corps se refroidit tout- à -coup, j'étouffai et ne sais ce qui me serait arrivé si ou ne m'eût secourue. Toutes ces horreurs et la vraie douleur que j'ai ressentie me jetèrent dans un état de souffrance qui m'obligea à suspendre mes travaux et. lorsque je les repris, il me fallut travailler les jours durants pour solder l'arriéré.

Votre lettre, cher Monsieur, sent le découragement et vous n'y parlez pas de retour. Qu'est devenue cette énergie de laquelle vous vous vantiez : « Je ne céderai pas pied, disiez-vous, et ma persistance triomphera des obstacles ! »

Je vous remercie de la recette du Kari ; à votre premier séjour nous essayerons ensemble d'en fricotter un.

Je suis au château de Lormois, vrai paradis sur la terre. Nous jouissons d'un admirable temps et vous savez comme la campagne est belle par ces automnes qui diaprent de riches couleurs le paysage, j'avais besoin d'un changement d'air et n'en pouvais trouver un meilleur. Adieu, voilà une longue lettre ; je paye les intérêts. »

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