GREC
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Paidos
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\ cathons toute insignes nnaire, ait lorssous ce a bour-
ac et le Acadian
qui a été
gade entière se transportait alors sur la grève. Les chefs ct les anciens se préparaient à recevoir leur père; puis dès que le canot de Diou était en vue, on tirait quelques vieilles pièces—trophées des guerres de jadis, —ct les salves de mousqueterie se succèdaient jusqu’au moment où le prêtre avait mis pied à terre.
Alors le grand chef s'avançt en disant :
—Patliache, on t'attendait, car nos ânes ont grand besoin de secours.
Puis le Shaguemau (*) conduisait le missionnaire à
Ja chapelle, Où chantait un cintique d'allégresse, et
dès que le prêtre avait terminé son action de grâce
chacun s’empressait, à sa sortie, et Jai faisait des offres
de service, Celui-ci envoyait à la cabine du chef de
la prière une truite monstrueuse, eclui-à voulait faire
es accepter au prêtre tin saumon encore tout frétillant,
Ainsi :
Micyac. FRANGAIs. LATIN.
Agwith dans l'eni A un Astow cuso e:llé Æ tivus Jun enfauat Juveais Queetum je d'munde Quæro Cub:lakum un berceuu Cubile Ait il di: Ait M-digin le pouce disitus Kowkus trenbiemont de terre Quatio
” (9) Mot miomac qui veat dire Soigieur; où en a fait le terme a jamos,
d'autres entassaient à sa purte des pyramides de canards, d’outardes, de huards, de perdrix, de lièvres, et les sauvagesses qui tenaient, elies aussi, à prendre part à l'hospitalité de la tribu, apportaient les fruits de la saison. (Ceci durait le temps de la mission, et tout en remplissant ses devoirs religieux et en mettant sa conscience en ordre, chieun s’effrçait de rentre au missionnaire la vie aussi douce que possible. Enfin l’heure du départ arrivait: il fallait se quitter. Tous les canots faisaient la conduite à celui du Putliache ; ou lui disait adieu en tirant de nouvelles salves de mousqueterie, et le soir, dans la bourgade, on entendait les Micmacs se dire tout bas, en tisonnant leur feu d’un air dolent:
=L'ami du Saint-Esprit est parti.
Ces fêtes de mission étaient les beaux jours de la vie de ceux qui se destinaient à l'apostolat des indiens. L'automne arrivé, il fallait suivre les pêcheurs, s'aventurer souvent seul en canot d’écorce et coucher à ‘* lhôtellerie de la Lune et de ia Bzlle-Etoile,”” suivant l’expression du P. LeCicreq, pendant que l'hiver venu on chaussait les raquettes pour courir les bois, y baptiser les enfants, conserver la foi aux vivants, administrer les sacrements aux mourants, Ces épreuves et ces dungers étaient la part d’héritage du prêtre, Heureux encore lorsqu'il ne rencontrait pas en chemin de ces moments, où ‘ il faut prendre sa vie et tout ce qu'on a, et le jeter à l'abandon pour ainsi dire, se contentant d’une
anards, , et les part à a ]a saitout en sa CODnissioneure du y canots Li disait rie, et le se dire
le la vie indiens.
, S'avenà ‘‘l’h5nt l’exvenu on baptiser ninistrer ces dun- Heureux > CES MO- ’on a, et nt d’une
croix bien grosse et bien pesante pour toute richesse, Il est bien vrai que Dieu ne se laisse point vaincre et que plus on quitte, plus on trouve, plus on perd, plus on
gagne; mais Dieu se cache parfois et alors le calice est bien amer.” (*)
Or,u: ur, la mission était terminée, Le prêtre se disposaii 4 retourner à Carleton, lorsque son esprit observateur remarqua parmi la tribu un air de mystère qui ne présageait rien de bon, Depuis plusieurs années les Miemacs avaient formuié des plaintes au gouvernement, accusant les hourgenis anglais da Ristisouche d’empiéter sur les droits et les réserves des sauvages, Tous les ans les bourgeois barraient la rivière—-large ici d’un mille— et au moyen de filets, ils accaparaient le hareng et le saumon qui remontaient ie fleuve, enle. vant ainsi aux [ndiens des milliers de quarts de poisson, et ne leur faissant que les éventualités de la chasse pour éviter la famine. Ces griefs avaient été transmis à qui de droit, maïs restaient encore sans réponse. L’irrita. tion était à son comble, lorsqu'une dernière vexation vint faire déborder la mesure, Le bruit se repandit que les Anglais s'emparaient des prairies naturelles qui bordent la Rivière-du-Loup, dans le canton de Mann,
(#) Relation de ce qui s’est passé en la Nouvelle-Francé en annéo 1633. pirle P. Paul le Jeune S. J. supérieur de la ré:idence de Kébec,
et qu’en ce moment ils couprient les foins de cette réserve sans se préoccuper des droits des Miemacs,
Le temps Ctait mal choisi pour faire cireuler pareille F rumeur, Les bourgades sauvages vonaiont de s'assem,, bler à la mission de Sainte-Anne du Ri-tigouche : tons les gucriiers de la tribu étaient présents, Une ; réunion secrète du Grand-Conseil se tint pendant la nuit+ Il fat résolu à l'unanimité d'en finir de suite avec l’Anglais, et do massacrer d’un seul coup tous ceux qui se trouvaient dans la Baie des Chaleurs, Aussitôt ectte conclusion terrible prise, l’ordre est donné de courir aux armes et de préparer les canots ; eur, pour frapper sûrement il nc faut pas perdre de temps. Soudain la sentinelle qui veille à la porte du conseil est renversée par un bras vigoureux, et la taille gigantesque du prtliache se dresse en face des chefs. Son resard fait le tonr de l'assemblée, Pas un muscle n’a bronché sur là figure des Micmaes. Chacun reste immobile ct silencieux.
—Chefs et guerriers, leur dit le prêtre en s'avangant au milicu du ccrele, il doit se passer ii quelque chose d’étrange ct de mauvais, puisque vous vous crchez de celui que vous avez toujours traité comme votre père, Mais l'ami du Saint-Esprit ne pent être trompé par ceux que le Créateur suprême à confiés à sa garde, Je , iu viens vous prier de me remettre vos peines, pour qu’il me 1 soit permis de pleurer avec mes enfants, ct de les aider si à supporter leur douleur, comme œ'a convient à ceux .
cette ré-
pareille s'Assem, zouche :
E Une la nuitee l’Anx qui se ôt cette 1rir AUX er sûrela senti- ‘sée par ritliache tonr de la figure IeUX,
avançant
ue chose ichez de tre père, inpé par
irde, Je ,
qu’il me les aider
at à ceux
qui sont les guerriers d’une grande tribu et les enfants du vrai Dieu.
Un sourd frémissement court dans l'assemblée, mais personne ne répond :
—ÂAllons,grand chef! reprend le missionnaire en traversant le cerele des sagamos et en se plaçant en face du plus respecté et du plus ancien dela triba, tu ne réponds
plus à ton père. Est-ce que ta langue est liée par le
démon de l’obstination, ou chose plus triste encore, celui de la vengeance est-il entré dans ton cœur ? F1 y a du sang dans l’air, ici. Ton œil si doux, si grave d'habitude, lance aujourd'hui des éclairs de haine, N'oublie pas chef, que Dieu ne donne à l'homme la vieillesse que pour se recueillir ct songer à la tombe, Avant de S'y coucher, le vieillard doit enseigner aux autres l'expérience des choses, la voic de la sagesse, au lieu de les exciter à la colère ct de leur montrer le sentier de l'enfar, Parle, chef, il en est encore temps | Au nom du Dicu vivant je t'adjure de me dire ce qu’il se passe ici,
Alors le grand chef se levant gravement, répliqua d’une voix ferme au missionnaire :
—Notre patience est À bout et le conseil a décidé: nous allons en finir avec l'Anglais, Aujourd’hui ta
place n’est plus avec nous, patliache: reste ici, et quant aux autres, en route | J'ai dir,
Chacun alors se précipitant vers les canots, pousse
: « St mentor Lo os co Fi
au large et disparaît après avoir lancé son cri de guerre.
Le missionnaire reste seul, mais il ne se décourage pas. Une sauvagesse sait où les conspirateurs se sont donné rendez-vous. Elle vient prévenir le patliache que c'est à la Pointe-à-la-Batterie où doit se prélever le premier impôt du sang. Il n’y a plus à hésiter, et se précipitant dans un vieux canot qu’on n’a pas jugé bon pour l’expédition, le prêtre se met À pagayer vigoureusement dans la direction prise par les sauvages, La crainte d’êcre en retard décuple la force de ce colossse qui avait déjà les muscles de quatre hommes, L'idée de sauver ses semblables le fait voler sur les eaux. Bientôt i tombe au milieu des Micmacs étonnés, et les larmes aux yeux, il les conjure de revenir sur leur décision, promettant au nom de Dieu et du Roy d'Angleterre que justice serait faite aux opnprimés,
Ii y avait un tel accent de supplication et de vérité dans les paroles du prêtre, que les chefs se sentirent émus.
—Nous promets-tu formellement, dit l’un d'eux, en s'adressant au patliache, aue d’iei à un an nos droits seront reconnus, et qu’on les respectera dorénavant.
—Je vous le promets, mes enfants, répondit le missionnaire,
—Ebh bien! si tu ne dis pas vrai, mon père, les An-
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glais du Ristigouche n'auront vécu qu’un an de plus, répondit d’un ton farouche le grand chef, en donnant l'ordre de retourner à la Mission,
Le prêtre catholique tint la promesse faite aux Micmacs. Quelque temps après, le parlement du Bas-Canada passait une loi protégeant les droits indiens, Cette loi est là quatrième George IV, chaptre I. Elle fut sanctionnée le SG mars 1824; et la bonne nouvelle fut confirmée par le gouverneur le comte Gorges de Dalhousie, qui vint faire une visite aux Micmacs sur le Ristigouche, Quant au pieux missionnaire dont la patience et l’énergie sauvèrent ainsi la vie de MM, Mann, Ferguson, Crawford, et de bien d’autres colons de la Baie-des-Chaleurs, il continur à évangéliser les sauvages pendant quatre ans, puis il fut transféré aux Trois-Pistoles, et de là à la cure de Lotbinière, qu'il desservit pendant trente-troïs ans, Chargé d'années et de bonnes œuvres, ce saint prêtre est venu mourir le 11 Août 1865 à l’Archevêché de Québec, après avoir dit un dernier adieu à ses Micmaes, et avoir été visiter les lieux, où sa jeunesse s'était passée à prêcher l’évangile.
Ce missionnaire était mon oncle, le vénérable archiprêtre Edouard Faucher de Saint-Maurice, Souvent, mon père qui l’accompagna dans ses missions, prenait plaisir à nous raconter, entre autres épisodes, la scène terrible du sursis accordé aux Anglais du Ristigouche, au
moyen d'une promesse faite peut-être un peu à la légère, mais qui fut loyalement ratifiée par le conte de Dal housie,
L'heure de quitter la ville qui porte le nom de ce gouverneur était arrivée, Nous allions laisser le Nouveau Brunswick pour entrer dans la province de Québec ; le Ristigouch2 servant de frontière aux deux gouvernements, Lo Napoléon 111 venait de partir pour ravitailler le phire de la pointe de Carleton, et nous devions le rejoindre à ce dernier endroit, vers le matin. Une chaloupe fut mise À notre disposition, Au moment où nous poussions au large, la lune descendait sous l'horizon, tandis que radieuse et brillante apparuissait l’étoile du matin. c ciel était clair. La brise tou jours fraîche faisait moutonner autour d2 nous la crête des lames; et pendant que d1 vent plein la voile, notre baleinière cinglait vers Carleton, il me faisait peine de laisser emporter toutes ces belles choses par la nuit. Que w’aurait pas donné un peintre pour retenir au bout de £vu pinceau, un pâe reflit de ec: chef-d'œivre du Créateur ? Nous voyons en silence; car nous sentions qu'autour de nous courait la sensation ia1difi rissable de de l'infini, Au-dessus de nuis, les étoiles nous regardaient passer. Sous nos pieds sourdissaient les graves et mystérieuses rumeurs de l'abîne. Nous entendions de partout le ciel, la mer, la terre chanter le sursum corda ; et pendant que tout priait ainsi dans la nature, écrasés
vère, par notre petitesse, nous nous sentions emportés par cet Dal esprit des eaux dont parle la Genèse, et nous nous laissions aller dans la main de Dieu,
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tir = 1, et La Gaspésie rs le
Au du Assis au pied de la chaîne des monts Tracadigètche vais qui court en arrière, à une distance variant depuis un tou mille et demi jusqu’à trois quarts de mille, Carleton ête | occupe une des plus jolies situations de la Baie-desdite Chaleurs. Ce village fut fondé par des Acadiens. Ils e de vinrent se réfugier ici lors de l’année du grand dérannuit. | gement,—c'est ainsi qu’ils désignent entre eux l’époque bout de la dispersion de leur race.(*) A force d'industrie et » di de persévérance, ces braves gens finirent par reconquérir > du P S P 4 tions à Carleton la paix et le bien être qu'on leur avait enlele de ( Sat- C*) Notre histoire ne peut oublier cette abomination. es et Les deux documents suivants donne une idée des souffrances s de endurées par le peuple Acadien et du courage qu’il a dû déployer. Fe La lettre des habitants du Port Royal est extraite des notes de M. da ; ; Rameau, qui s’est fait l’historien franc et consciencieux de cette sade époque malheureuse. La plainte des Acadiens à M. de Vaudreuil "asé
est tirée des Mémoires eur le Canada depuis 1749 jusqu'à 1760, {| | |