‹ Promenades dans le golfe Saint-Laurent [microforme] (volume 2)Chapitre 15 sur 23 · PLACET DES ACADIENS À M. DA VAUDREUIL · texte numérisé non relu

PLACET DES ACADIENS À M. DA VAUDREUIL

Los habitants de toute l'Acalie représentés par leurs Députés, ont l’honneur de vous exposer et leur triste état et celui où ils 80.6 pré s à tomber, si vous ne leur teidez une main secourable : pour:icz-vous, Moiseisneur, n'être pas atteniri sur leur sort ? épars çue: là, p'rsécu!és par les Anglais, privés de tour nsile, il sembl: que là nature ne les re :arde que comm: | bjec de l1 veng'ance publique Obscrvez, ils vois supplien , que l’urique objet de leur mi-è:e est leir seul attachement pour la France et leur qualité de sujet de ectte couroane, à laquelle lex Anzlais n’ont pu les contraindre de renoncer: élevés par leurs pères duns des sentiments uniformes d’attachement pour leur Roy, dont ils ont en différents te np: éprouvés les bontés, peuvent-ils sans man :uer à leur relizion et à eux-mê nes, adaérer à ce qu'on exige d'eux, Surtout dans un temp: où la Fraice armés prend hautement le parti de les venger. Les hab tants des Mines, ceux de Benubass n, ceux des rivières, sont, où errants dans les bois ou prisonniers chez les Angiais ; il es: rare de trouver aictucllemeit nne fanille ras:emb'ée, et il ne reste à ceux qui le sont que le déiir de se veaser ; ilne désend que d: vous de les mettre le: armes à la main ; mais de grâce, accordez leur des vivres af: que tous uni ensemble, ils puissent se venzer sous les lois d’un Roy, qui leur devie it plus cher par ln protec:ion visible dont il les honore, Leur misère actuclie, ce qu'ils ont fuit par leur refus constant d'obéraux Angiais ne parlent-ils pas en leur faveur? et ne détruisent-ls pas les mauvaises impressions que quelqu'uns se sont efforcés de vous donner contre eux, daus l’affire de Boauséjour ? Observez, Monseigneur, leur perplexité dans ce temps critique ; alternativement intimidés:, et caressés par une armée Anglaise supérieure aux forces françaises, ils n’osaient ni agir ni parler ; d'ailleurs que ne les mettait-on aux prises avec l'ennemi ? ils se

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dien, qui fut aussi orateur et jurisconsulte distingué, M. Vuilières de Saint-Réal, et le Nélaton du Canada, M. le docteur Landry.

Le port de Carleton est sûr. Près de là, ily a un barachois où —au commencement du siècie—on a trouvé des cacklies d’armes et de munitions (#),

Le homard est une des principales ressources de cette côte, Mais comme toutes richesses mises entre les mains d'enfants prodisues, la pêche de ce crustacé est exploitée sans aucune précaution, et le temps est proche où il faudra prendre ici les mesures, dout il a fallu se servir

seraient peut-être, dès ce temps, familiarisés avec la guerre ; les suppliunts se sont retirés à Mirauichi au nombre de 3,500, parce quils pensent que c'est le seul eudroit où les familles peivent plus facilement se rassembler, et où ils vivront avec plus de commodité par rapport à la pêcae ; cest pourquoi ils vous supplient d’y faire euvoyer des vivres; mais comme daus ce temps critique, ils ne semble pas possibie d'envoyer des vivres suffisimmeut pour tant de moude, ils vous prieat de faire donner beiucoup de pois et de ièves, et très peu de farine et viande, parce qu’ils y suppléront par la pêche et .e secours de quelques animaux ; au reste, Monseigneur, les habitauts n’insistent à demeurer à Miramichi, que parce qu'ils prévoient que le transport de tout le monde est presqu'impos-ible pour cette année, et que leir établissement dans cet endroit est favorable à la Colonie du Canada.

C#) L'abbé Ferland décrit ainsi le barachois: ‘ C’est un lac qui se trouve ordinairement à l'entrée des petites rivières, au point où elles se jettent dans ia mer. Les puissantes vagues qui arrivent du large é èven: un banc de sable, à l’emboucaure des rivières ; c’est derrière ce banc que se forme le barachois. Le surplus des eaux de la rivière tombe dans la mer, par un canal étroit, qui se creuse tantôt d’un côté, tantôt d’un autre.” L étymologie de ce mot est faci.e à recracer : une barne à cheotr.

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dans l'étit du Maine, Après : voir po irchassé le homard sans discernement, les habita:t: de 1: Nouvelle.Angleterrg sont obligés aujourd'hui : 4e transporter les femelles et leurs petits dans les localités dépeuplées, et la législature du pays a prom lzué un règlement qui prohibe la pêche de l'avelin du homard, sous peine d'une amende de dix dollars pour chique poisson et la confiscation du bateuu et de se: agrès.” Pendant longtemps, cet excllent crustac! était en si grande abondance dans la Baie-des Chaileurs, qu'on avait pris l’habitaide de n'utiliser que la chair de la queue, et des pinces: le reste étant destiné à faire de l'ensrais. C'eût été perdre son temps que de chercher à tirer parti de la Carapioc En face d’une semblable consommation, il ne faut plus être surpris de la diminution da homard, et de sa petitesse, L'inspecteur des pêcheries de la Nouvelle-RBeoise et du Nouveau-Brunswick, M, Venninz, constate que maintenant ‘il faut cinq livres de ce poisson crû pour faire une livre de viande marinée, soit en moyenne trois homards pour remplir une boîte d’une livre,” ce qui nous mèue à un total frrmidib'e, lorsqu'on suit qu'il s'importe annuelleme it des centaines de milliers d2 cos boîtes. Le créateur de ectte industrie en Arnérique, interpellé sur la grave question de la disparition de ce crustacé, disait:

—J'ai commencé mes opérations il ÿ à quinze ans à l’est de Boston, et j'ai graduellement travaiilé ainsi vers

l’est, laissant derrière moi les localités épuisées, jusqu’à ce que je sois parvenu aux rivages canadiens, où— ajoutait-il—les mêmes résultats se produiront, si l'on n’adopte pas de bonnes mesures de protection,

À cette opinion j’ajouterai celle du professeur Baird, du Smithsonian Institute de Washington, Le 8 jinvier 1874, il écrivait au commissaire des pêcheries canadiennes, M. Whitcher :

— Tous paraissent s'accorder à dire que la diminution du homard à été occasionnée par les opérations de conserve en été. J'apprends qu’à l'heure qu’il est le rendement sur les côtes du Maine est devenn si petit, que depuis plusieurs années les emballeurs sont obligés d'aller dans les provinces canadiennes, et qu'il y a sur nos côtes 47 établissement d'emballage, consommant de trois à cinq tonneaux par jour, pendant la saison qui dure près ou plus de six moi:—ce qui occasionne une destruction annuelle de 30 000 tonneaux de homards. A ce train, les eaux canadiennes seront bientôt dépeuplées comme celles des Etats-Unis, et l’on peut se demander si, en vue de l'importance des intérêts en jeu, il ne serait pas temps de faire une bonne législation pour protéger ce crustacé,”’

Tout en flânant dans le chemin qui traverse Carleton, nous fûmes arrêtés par un vieillard encore vert qui nous souhaita la bienveaue et nous offrit l'hospitalité. C'était M. Meagher, un des anciens de l'endroit, Pen-

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dant que nous nous rendions à son invitation, il ncus

parla d'un journal Où, depuis plus de trente ans, il

annotait les principaux événements de Ja Gaspésie, Légendes, anecdotes,

faits remarquables, accidents, observations météorologiques, récits de chasse et de pêche, Souvenirs de fêtes ct de deuil s'étaient donné rendez. vous dans ces précie » Ct nous ne pouvions que pareille coutume ne ft pas plus à la mode dans nos Campagnes canadiennes, Que d'événements nous paraissent insienifiants quand ils sont vus ainsi au jour le jour, qui deviennent inté. ressants pour ceux qui nout succèdent et qui aiment à étudier les choses du passé, N'est-ce pas au moyen de certains fragments de

mémoires et comme celui que nous

ux Cahiers nous empêcher de regretter

de journaux tenus avions sous les Jeux, que Monteil

pût réussir à mener à bonne fin son admirable histoire

des Français ?

M. Meagher posséde aussi une belle collection de jaspes et d’agathes, mieux connus des am nom de cailloux de Gaspé, qu'on “ jes trouve en abondance en cette région, sur bords de la mer, Il y en à de schiste rouge et de grès, avec d’autres de feldspath rouge, de syénite, de porphyre et de quartz blane, jaunâtre ot verdâtre, Associés avec eux il y en a d’autres d'agathe et de jaspe rouge, jaune et vert, souvent de couleur brillante, qui provien. nent probablement des conglomérats des grès de Gaspé.

ateurs sous le Sir W. Logan remarque les

La pâte de ce conglomérat est communément un sabie rouge souvent pénétré d’un ciment calcaire, Jia couleur principale de ce mélange est un rouge pâle, tandis que les lits des grès associés sont d’an rouge plus foncé, et queiqne fois gris jannâtre, ou bien avec quelques divisions de schiste, Les impressions des plantes dans un lit de schiste rouge sont teintes de couleur verte” Qn fait de fort jolis bijoux avec ces jaspes et ces agathes, Le mont Carleton se dresse à 1830 pieds au dessus du niveau de Ja mer, et de sa cime le touriste a un coup d'œil splendide, T/'ascension de ce pie est facile, Il dresse son front sourciileux non loin du village, et la tentation était vraiment forte pour celui qui sait se passionner pour les grandeurs et les beantés du paysage cinalien, mais, pas plus que le Juiferrant nous avions la pcrmission de nous arrêter, Il fallut se résigner, et reprendre notre course dans la direction de Paspébiac. La distance entre ce dernier point et Carleton est à peu près de quarante miiles, Jin route, nous laissons à bâbord la magnifique baie de Cascapédiae, ia jolie rivière de Bonaventure et le village de New-Carlisle, bâti sur une éminence, d’où, quand il fait beau, l'œil embrasse une partie du ‘* Goïife-des-Chaleurs”? et entrevoit les côtes du Nouveau-Brunswick (*), Ce

(*) Pendant lhiver de 1856 la Baie des-Chaleurs gela entre la Rivière Bonaventure et Bathur:t. Les patineurs, les amateurs de courses en traineaux pûrent s'en donier à cœur jo e sur cette immense plaine de glace, polie comme un miroir.

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bourg fût fondé par les loyalistes Américains, qui vinrent s’y établir sur la demande du gouvernement an: glais, En bor père qui ne sait rien refuser à ses enfants, ce dernier donnait la terre aux noxverux colo is, ct leur fournissait gratuitement les instruments d'agriculture, des semences et les provisions pour un on, £83 000 furent déponsés dans cette entreprise; ct à ce propos, Pat 5 Ferland rapporte dans son voyage sur Jos côtes de la Gaspésie, que le juge Thompson disait un jour À l’évêque de Sylyme :

—Oet argent n’a pu être dépensé que pour creuser des canaux sous terre : sur le sol, on no° voit rien qui

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