‹ Promenades dans le golfe Saint-Laurent [microforme] (volume 2)Chapitre 20 sur 23 · DANS L · texte numérisé non relu

DANS L

M. Collas—s'élevaient à larze, le Plateau, petite Île trait au voyigeur ses gro travaillés par le ft, Muis 0e piysare ne permit œnè peine entrevu, il se perdait les premières lueurs de l’aul ce.ui de la Cunatlienne, ct | course dans l'intérieur des t bassin de Gispé.

La nature s’est chirœée Q Saint-Laurent, et elle s'est mc qui est appelé à jouir plus t:

maritime, Le Bassin n'est prolongement d'une baie q plus de seize milles, et qui Picrre pour ne se terminer Hallinand ct le bane de Sa rétiéeit ct forme alors le h:

commode, qui se sub livise :

lui du nord ouest et celui de Gaspé est formé par le bra:

n'a gère plus de 1,030 p fond de six à neuf brasses, ( un navire se trouve être a dans le imeilleur des do:k:, :

la tempête, le Napoléon ILL à Gaspé? Au large, la houl

Collas—s'élovaient à l'arrière-plan, tandis qu’au , le Plateau, potite Île Fantastique et sauvaze, mon. au voyigeur 803 grott's, ses archos, ses piliers ullés par le flot, Mais le rayon de soleil qui révéla \ysare ne permit guère d'en jouir longtemps, A | > entrevu, il se perdait dans notre sillage: car, dès remicres lueirs de l’aub}, notre paviilon avait salué de la Cuna tienne, et le Mipoléon LIT prenant sa se dans l'intérieur des terres nous cutraîauit vors le n de Gispé, | L nature s'est chirgée d'embiilir ce point du if | Laurent, et elle s'est montrée pro line envers G spé st appelé à jouir plus tard d'usie gran l: LHP9!tauce time, Le Bussin n'est, à proprement parler, que le ngement d'une baie qui a une lonviear d'un EL de seize milles, et qui co nmencs à li pointe Saint- ‘© pour ne se terminer qu'an Fori lon, Ijatre le e 1p Hnand ct le bane de Sandy Boach, extte barre se cit ct forme alors le hâvre de Gispi, port sûr ct 1ode, qui se sub livise à son tour ca d'ux bras, cau nord ouest et celui du sud-ouest, fo bassin do & est formé par le bras du sudousst, Son entréo sière plus de 1,030 pieds, Où y mouille par un de six à neuf brasses, et Bayli:ll resonauit auw’ici, avire se trouve être aussi en sûreté que s'il était le imeilleur des do:k:, Que de fois, jourchaissé par npête, le Napoléon III, n'est il pas venu se réfugier spé ? Au large, la houle l'avait rudement secoué ;

b LC d

Centime

Inches

ter

Association for Information and image Management

D 0 0 6 10 16 19 mm

2 3 4 5 | LO “hs IR — : À 2 ] HE EL” l= — ILE 125 JL£ 1ULS AN .* ZN NN À A TN AA 7 st MEMED ie De "ee fi

O 7. & R A Ph “us NS SN > £ DZ K PART

l'équipage était sur les dents; le tillac ruisselait encore des pièces de mer qu’il avait embarquées: mais dès que l'ancre du steamer glissait dans les eaux tranquilles du bassin, le calme se faisait autour de nous, Rien alors n'aurait pu rappeler nos luttes avec mer ; si nos oreilles n’eussent entendu le vent passer en hurlant sur la crète des mornes qui nous entouraient.

. d = Dec pme Gear eu CID NS GRR TT ° mer REA

Le 4

Du temps des Français, Gaspé portait le nom de Baie du Penouil, vicux mot basque qui signifie péninsule. En 1534, Jacques-Cartier fuyant “les mauvais temps, l1 tempête ct l'obscurité,” vint passer qu'lqnes jours au Bassin. L'aspect tranquille et enchanteur de ces lieux franpa le cœur du m win, et fit vibrer en lui : toutes les fibres de la poésie bretonne, Piaci en face de ce merveilleux paysage le ea itaine Malouin se prit à gongor à Dicu, à la France, ct prenant possession de ces terres au nom de son Roy, le soir, il consignait dans son

‘ routier ” le récit de ect acte solennel.

4 Le vingt-quatrième jour de juillet, écrivait-il, nous fines faire une croix haute de trente piels, et fut faite en présence de plusieurs sauvages, sur la pointe de l'entrée de ce port, au milieu de laquelle nous mines un écusson relevé avec Trois Fleurs-de-lys, et lessus était écrit en grosses lettres entaiilées dans du bois :

“. jh Fr fl | Viva LE Roy DE FuaxcE!

| il LA En après, la plantâmes en leur présence sur la dite pointe,

et la regardaient fort, tant lorsqu'on la faisait que quand on il la plantait. Et l'ayant levée en haut nous nous agenouil

lait ens: mais >s eaux de nous, mer ; si hurlant

nom de

péniu- MAUVAIS ju ques itvur de r en lui en farce se prit à n de ces dans son

-il, nous t faite en entrée de écusson écrit en

te pointe, quand on agenouil:

ions tons ayans les mains jointes, l’adorans à leur vûe, et leur faisions signe regardans et montrans le Ciel, que d’icelle dépendait notre Rédemption.”?

44 Cartier, disait l’abbé Ferland en rappelant ce sou. venir historique, avait choisi nn site adinirable pour y arborer l’étendard sacré du chrétien. Erizxéce pour la première fois dans la Nouvelle-France, la croix dominait d’un côté sur la magnifique baie de Gaspé et de l’autre sur ce beau port, «ù souvent depuis les Lâtiments français et anglais sont venus s’abriter.”?

Gaspé ne devait pas avoir le seal privi ze d'être la première terre eanadienne sanstifiée par le signe du salut. Cette bonne nouvelle allait être encore portée en France par ses enfants, Deux des fils du chef s'embarquèrent avec les Français, dès qu’ils furent en état de reprendre la mer.

Quel est celui qui peut oublier la patrie

“ Lorsque l’année suivante, le navire de Cartier débouquait du canal qui cou entre l'île d’Anticosti et la côte nord pour entrer uins le grand fleuve, les d'ux jeunes gaspésiens, se balaçant dans les haubans, sa, luaient la chaîne bleuâtre des montagnes du sud, aux cris joyeux de Honguedo! Honguedol Malgré Îles splendeurs qu’ils avaient entrevues dans les villes euronéennes, ils portaient leurs regards avec bonheur vers la terre de leurs ancêtres, Et ils avaient le droit de la contempler avec un juste orgueil, car la France ne leur avait rien offert de plus majestueux que les monts Notre.

ont D DRE RD SPRL

RONA PELLETIER RTE T

Dame, de plus noble que la Baie de Gaspé, de plus beau que le Bassin, sur les exux duquel ils avaient souvent dans leur enfance, poussé le léger canot de leur père, lo

vicux chef do Honguedo.”(*)

Depais sa découverte, la bassin de Gaspé n’a cessé d'être fréquenté, Champlain, de Caëa, de la Ralde, la plupait des expitaines de navires français, ainsi que bon nombre de coatrebandiers basques venaient s'y reposer, fairele dégrat de li morue, traiter avec les sauvages, Ou chercher un refage contre Île nAuvais ps Ce fut sur les bords du l'oud de Penouil ($) que de Pontgravé malade et perelus par la goutte se ft mettre dans sa double chalonpe montée pur sept matelots, et qu'il parti courageusemont pour Q tbe, au grand étonnement de la Ralde qui disait à Champlain :

Je n'aurais jamais ru que le Pont cût voulu 9

mettre en un tel risque avec l'incommodité qu'il a.

Da basin do Gauspé l'amiral Claud: de Rojue mont détacha uno de ses barques pour annoncer à

(*) Forland. Les côtes de la Gaspésie.

($) Le baista do Œnsé, do tout tems, À dû être un lieu de refuzo et do ropoi P.us d'u foi, lors do mes eveursio is sur les côies du Golie Suint-lhanron, jai entendu les; écavurs canad.ens ge dire on!ro eux, Où 8) C0 fivit un contre-ionps à

Laisse fuiro, mon vioux: avec un Peu de courage tu finiras comue los autres, par arriver un jour duus Le Fond de Penvuil."”

lus beau souvent : père, lo

n’a cessé Xalde, la que bon reposer, vases, ou Ce fut ’onturavé dans sa qu'il parti nent de la

; voulu $9 il a,

le Roue nnoncer à

un licu de sois sur les rs Canad.ens

so tu finirag e Penouil."

Champlain, que le roi venait de donner au fondateur de Québec le gouvernement de la Nouvelle-France ainsi que le titre de licutenant-général, Peu de jours après le départ de cette estafette, l'amiral apprenait l’approche de Kerthqui, avait jugé prudent de ne pas attaqrier Québec, bien que cette ville “ fût réduite à sept onces de pain | par tête pour chaque jour, et qu'il n'y eût que cinq livres de poudre dans le magasin.” (*) N'écoutant que son ardeur militaire, de Roquemont donne l’ordre de lever les ancres, Le 8 juillet 1628 sa flottille vient se heurter contre l’escadre du rénégat dieppois. Les navires françris sont lourlement chargés : ils portent tous les vivres destinés à la colonie, La pesanteur de la cargaison gêne la manœuvre: d’ailleurs l'ennemi a a supériorité du nombre et des bouches à feu. Il est trop tard pour avouer une imprudence,

Pendant quinze heures, de Roquemont lutta corps à corpsavec l’escadre anglaise, La résistance fut désespérée Quand il n’y eut plus de boulets, les Français chargèrent leurs pièces avec les plombs de leurs lignes ; et Sagard rapporte que ce jour-là, ‘il füt tiré plus de douze cents volées de canon.” Le moment vint, hélas! où la poudre n’eut plus à parler. Frappé dans ses œuvres vives par deux bordécs sucesssives, sa mâture hachée, ses voiles en lambeaux, l'amiral français fut forcé de parle-

parement BA

(*) Vide Histoire de la Nouvelle France, p. 166,

menter, (f) Au soir, l'amiral K:rth entouré de ses prises, fier d’avoir défait des compatriotes, remontait lentement vers le bassin de Gaspé, où il devait passer dix jours. Lo vainqueur les employa à brûler uue ciche de bled appartenant aux Jésuites, et retenant auprès de lui les officiers français, il catassa le reste de ses prisonniers sur un de ses vaisseaux et leur permit d'aller dire en France, que sous tons les cieux et par tous les temps, il s2 pouvait trouver des hommes, dont la mission consistait à trahir et à humilier la patrie.

Quatre-vinst-trois ans après le combat de K:rth et de Roquemont, Pamiral Waiker fayant devant un gros temps venait passer au Bassin, les quelques jours qui précidèrent son naufrage, TT incendiait iei un navire basque qui pêchait dans Îr baie, Pus tard, en 1759, quelques vaissouux de la flbtie de Woifs se détachèrent du gros de l'eseadre anglaise pour se ravitailler à Crispé ; et c’est ainsi qu'à tour de rôle, amis comme ennemis sont venus jeter leurs ancres dans les caux noires et discrètes du bassin,

Le jour de notre arrivée nous tronvâmes la Gispésio en liesse, es jolis villazes se pavoisaient de baude-

rene menant

(}) D'après Sagard les conditions do cotte capitulation étaiont:

Qu'il ne serait fait aucur désinisir aux religieux; que l’honnour des fommss: et des filivs serait conservé, où que l’on donnoruit passage à tous ooux qui devraient retourner on Franco.”

snnsntenmnnteeennnnente ue da A à

ré de sc8 , remonù il denploya à suites, et cutassx le ix et leur les cieux hommes, unilier la

rth ct de un gros jours qui un navire tard, en ù se détaravitailier lis Cotntne

les eaux

, G spésie de baude-

ion étaiont:

; que l’honnn donnoruit e LE]

roles et de drapeaux; chaque chose prenait un air de fête, et À voir les physionomies joyeuses qui nous entouraient, on devinait sans peine qu'il allait se passer quelque évènement iinportant, Près de nous, le vapeur fédéral le Druid venait de stopner: le gouverneur général du Canada, le comte de Dufforin, était à son bord.

Qui de nous n’a pis vu cette physionomie douce, intelligente, que la gravure et la photographie ont rendue familière, depuis les falaises du cap Breton jusque dans les forêts de la Colombie britannique ? Causeur brillant et plein d'h imour, poîte à ses heures, doux, humble do cœur, d'un abord facile, dès son arrivée au pays lord Dufferin s’est emparé des sympathies canadiennes franquises, en faisait fi de cette morue, crmmunce aux grands fonctionnaires anzlais, Dans les fanboures de Québe: on connait encore le comte sous le nom d: M. Dufresne, et cette manière de rester populaire en vaut bien une autre,

Grand par la naiszinee, le comte de Daffarin a voulu se faire plus granl. Il a tenu que son blason s'appuya sur les scicnces, sur les lettres, Membre de la chambre des Lord, il à cru que cct horizon de perruques blanches pouvait s'élargir. Pendant que ses collèrucs péroraient, il rêvait à Sir John Franklin et au pôlo Nord. Entre Saint-Jean de Mayen et le Spitzberg, il s'est rappelé qu’il était le petit-fils de Sheridan, etit a

écrit avec cet esprit irlandais—frère de l'esprit gaulois —un livre quirestera: Letters from High Latitudes. T1 conduit sa plume comme il gouvernait jadis son yacht le Foam, comme il a gouverné depuis le Canada, Sa mémoire est un des secrets de sa 'opularité, (C’est lui qui, entrant un jour dans la chaumière d’an pay:an canadien-français, s'amusa à jouer pendant quelques minutes avec l'enfant de son hôtesse. Deux ans après, repassant par là, et reconnaissant la paysanne, il l’arrêta pour lui demander des nouvelles de la petite Josephte, Quand on sait s'ouvrir ainsi le chemin du cœur des mères, on peut sûrement compter sur le dévouement des hommes,

Brun, expression fine, profil numismatique, tête un peu penchée vers le cœur, le comte de D:fforin a une nature chaude, ardente, Contraste étrange ! Cet homme qui, pour ceux qui le voient de prime-1bord, ne doit être à l'aise que dans le midi, se sent invinciblement en. traîné vers le Nord, [l aie la neige, les sapins ployant sous le uîvre, les fl'uves, les lacs glacés, les prairies blanches, sans fin, les courses en traîncaux, les patins, jes raquettes, Toit le monle en convient, excepté ce tempérament florentin —lord D ffsria est né à Florence —et il sonze peut-être au Liban et à la Syrie, au moment où dans une des rues de Q1 bec ou sur la perspective de New-ki, on le voit passer, emanitouflé dans ses fourrures, et entraîné au son joyeux du tintinnabulum de son sleigh. Le vent de bise est son ami, comme le

prit gaulois Latitudes, is son yacht nada, Sa

C'est lui ’un pay:an 1elques mians après, , il l’arrêta Josephte, cœur des évouement

e, tête un ferin a une Jet homme d,ne doit lement enins ployant es prairies les patins, excepté ce à Florence rie, AU MOla perspec- $ dans ses

innabulum , Come le

goleil l’a été de Josué, et cela était si bien connu, que lorsque le cumte de Dufferin cessa d'être gouverneur du Canada au mois de novembre, d'Israëli, en février l’a nommé ambassadeur en Russie,

Politique profond sans avoir les mosquines roueries de la politique, âmn? généreuse, inte lect sûr, caractère énergique, esprit délicat, le comte de Daffsrin n'a laissé que des regrets, que de ladmiration partoit où il a passé. Parlez de lui à l'Æsquimau, à l’'Eslandais, au Druse, au Maronite, au Yank:e, au Canadien, surtoub au Canadien Françiis: tous vous feront l'éloge du noble lord.

Vêtu simplement, la tête inclinée sur l’cpule, le comte de Daffirin se pro nenuit seul, ce soir [À, à l'arrière du Druid. À voir cet homme parcourir ainsi la dunette d’un air mélancolique, on n'aurait suère reconnu l'auteur de ce speech abracadabrant, où un pair d'Irlande obligé de remercier les notabilités islandaises de leur réception hospitalière, exprimait sa gratitude dans un latin qui, certes, aurait arraché cette approbation à Molière :

Diqnus est intrare in nostro doclo corpore,

Le souvenir du combat bachique livré aux terribles hôtes du comte Trampe, le joyeux reel écossais dansé à “ vingt-deux heures du matin ” chez la femms de l’apothicaire de Reykjavik, les près lointains du Snoëfall, la découverte de ces lapins ailés au nez rouge qui, une fois les vapeurs du XGrès disparues, n'étaient plus que de

modeste macareux du nord, toutes cos joycuscté de jeunesse semblaient être loin maintenant du souvenir de lord Dufferin, Les mains derrière le dos, il arpentait lentement le pont ; et pour dire le mot, notre gouverneurgénéral paraissait ennuyé de la vic officielle, de ses exigences tyranniques. En ce moment, l'houme de lettres semblait prendre le dessus sur l’homme d'état; et peut-être s’amusuit-il à couparer les responsubilités de sa position à la vie douce et obscure que menaient jadis les licutenants-go..verncurs de Gaspé. Véritables rois d'Yvetôt, ces derniers étaient de petits favoris qu'on voulait récompenser, et que le gouvernement de Londres envoyait vivre à Carleton ou à Percé, avec de jolis appointements et un titre sonore.(*)

Voici ce qui arriva à Pun de ces potentats en bonnet de coton. Il y avait dans la prison un sondamné à mort : il allait être exécuté, lorsque tout-à-coup le courrier arriva, apportant un sursis, Cette bonne nouvelle enchanta et désola tout à 11 fois le licutenant-gouverneur,

: Novembre finissait, et comme il ne fallait pas s'attendre

(*) Le capitaine Nico'as Cox ‘ût, parait-il, le premier lieutepant-couverueur de Gisié. Il avait £1000 de salaire ‘et d'autres choses encore ” dit le Dr Dionne, dius -es ce tricuses études historijues. Ce go iveraeur, hibitait alternativement New-Carlisle et Percé. Il portait aussi le titre de ‘ surin eudant des pé. cheries di Labrador.” Ses siccesseurs fûürent F'ancis LeMaistre, puis À exaadre Forbes. Ce dernier ne prit pas même la peine de résider dans son gouvernement. Il est vrai que son traitement n’était plus que de trois cents louis. Îl en ‘ut le dernier titulaire (1833),

cté de jeu-

souvenir l'arpentait ouverneurle, de ses ionme de d'état; et bilités de aient jadis tables rois oris qu'on le Londres e de jolis

en bonnet né à mort :

le courrier ouvelle enouverneur, ; s'attendre

mier lieutere ‘et d'aucouses études nt New-Cardant des pé.

s LeMaustre, e la peine de n traitement lernier titu-

à voir la sentence confirmée pendant ia mauvaise saison, Son Excellence se posa cette question :

—Comment nourrir et chauffer six mois d'hiver durant, un homme qui, en attendant la juste punition de ses forfaits, vit en paix, sinon avee sa conscience du moins avec son estomac, et chez qui, tout-à-coup s’est développé la passion du coin du feu ?

L'histoire ne dit pas comment le licutenant-gouverneur sortit de ce dilemne, D'ailleurs, je n'aurais eu guère le temps de faire des recherches à ce sujet, Agénor Gravel venait de faire son apparition à bord, tenant sous son bras une bouteille soisneusement cachetée,

—Diantre ! voici 4: nouveau, lui criai-je. Aurais.

tu fait une descente dans les caves de la maison Le Bouthillier ?

—Non, mou ami; et surtout ne touche à ceci qu'avec gtands soins. Cette amphre renferme du pétrole,

Gravel confir alors son dépôt au maître d’hôtel, et Jui fit mille recommandations, Puis il plongea la main dans unc de ses poches, et en retira un petit bloc carré que je reconnus pour être de la œalène,

—dJe craisnais fort de prendre maître Nicolas Denys en défaut, me dit-il, en me tenlant ect échantillon.

—Comment cela ? repris-je en l’examinant,

—ÆEh! bien, tu sais ce que nous lisisns ensemble hier soir, dans ce vieux bouquin ‘jui contient la descrip-

tion des côtes de l'Amérique septentrionale? L'ancien gouverneur français de ces parages ne disait-il pas, dans son livre, qu’une certaine compagnie d'exjloitation avait tort de faire à Gaspé tant de dépenses ‘sur ce que des personnes lui avait apporté quelques morceaux de plomb”? & Depuis vingt ans, ajoutait-il, je connais cette mine: elle n’est autre chose qu'urtimoine et ne se compose que de quelques petites veines qui courent sur la roche, et que la force du soleil finit par purifier, ’(f) Te rappelles tu de ce passage ?

Je m'en sonviens, ct après ?

—Tu sais de plus, que du temps du P, Chrestien Le- Clerca, la mine de plomb de Gaspé était exploitée de- ; P P P uis anelaues années, mais que la manière de procéder P q21q ? ]

(%) Ti est curieux de rapprocher ici les opinions de Denys et du P, Chresien Le Clere sur la mine de plomb de Gaspé,

—J'ai trouvé as-ez de personnes, écrivait Denvs en 1675, qui ont voulu entreprend-e sur les échantillons que j'ai fait voir; je n'ai jamais voulu, sachuit beique je les aurais trompées: cest ce que je ne sus poiut capable de faire, à moins que je ne fusse moi-méêéue trompé sans le connaître. é

De son côté, le P. Chrestien Le Clercq disait en 1691:

— On a découvert à Ga:pé une mine de plomb depuis quelques années, laquel.e toutefois vnaété forcé d'aba donner, après y avoir fait une crès gra ide déense; cette mine n’ayant pas été jugée assez ab ndante pour en retirer le profit et lesavant:iges qu’on en espéra t ; peut-ê.re, à ce que j'en ai pu juger lorsque j'étais sur les lieux, parce que les mi eu sque l'on y avait envoyés de France on voulu trouver sur le haut, le filon qu’ils eûssent pu trouver beaucoup plus facilement au bas du rocher qui cache ce métal, dont l'espèce approche davantage, ou pour le moins autant, de l'étain que du plomb.”

L'ancien pas, dans tion avait e que des e plomb”?

te mine:

1pose que roche, et

Te rap-

stien Leoitée deprocéder

le Denys et spé

11675, qui uit voir; je apées: cest je ne fusse À

is quelques près y avoir s été jugée es qu’on en j'étais sur és de France pu trouver 1e ce métal, y autant, de

à l'extrait du minerai devint tellement dispendicuse qu’on fut forcé de tout abandonner,

. —Je me rappelle aussi cela, mais où veux-tu en venir avec cette érudition ?

—Où je veux en venir? à te prouver que le vicux Denys avait raison lorsqu'il disait de ectte mine: ‘Si elle eût été bonne, je ne l'aurais pas laissée inutile,’ Quel dommage qu'un esprit aussi pratique n'ait pas connu le pétrole! Avce quelle joie, est homme d'affaire n'eut-il pas tué la lampe à bec de fer et à môêche fu. mouse qui éclairait les travaux de ses interminables nuits d'hiver |

— Mais alors cette bouteille que tu viens de confier au maître d'hôtel contient du pétrole de Gaspé? Il y a donc ici des puits d'huile ?

— De l'huile, ici ? mais nous scmmes devaut une région oléaginouse des plus riches. Sur une étendue de quarante milles et sur une largeur de quinze, on a déjà découvert du pitrole en plus de quatre-vingts endroits, Depuis 'ongtemps déjà on s’aperecvait, du côté d: Douglasstown, que l'huile sortait à petits bouillons de la vase durivage, et qu'à marée haute elle couvrait un: ecrtiine étendue de la baie, On constata aussi qu’à un demimille de là, au sud de la rivière Saint Jean, une matière grasse suintait parmi les cailloux de la grève, Dès lors, les recherches commencèrent : et Îcs anciens se rappclèrent qu’autrefois les Indiens avaient recucilli de cette huile, et en avaient fait cadeau à quelques colons qui

Page 1