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de mener une partie de mon hôpital faire visite À mon confrère de l'Ile-aux-Œufs. C’est cette île qu'il y a là. bas, à dix lieues sous le vent; le golfe était pris en vive ælace, et de ma vie je n'ai fait plus belle course en traîneau, Vous voyez, messieurs, que le bon Dieu nous aime encore, et qu'il ne nous abandonne jas tout à fait, ajouta-t-il sous forme de péroraison, en versant un verre de champagne à maître Agénor, et en lui disant :
— Goûtez ferme, M. Gravel, c'est du meilleur, Je lai acheté il y a quinze jours d’un de nos pêcheurs de la Trinité, qui en a sauvé bien d’autres du malheureux naufrage du navire marseillais du capitaine Figucron, venu à la côte en septembre passé.
Puis, comme nous faisions mine de nous retirer :
— Allons, messieurs, une nouvelle tournée à votre prompt retour et à votre bonheur. Quant à vous autres, mes gars, mettez le petit canot à la mer, et faites un brin de conduite à la chaloupe de ces messieurs. Peut-être,
, avant que l’ancre du Napoléon ne soit levé, auront-ils
| journaux de par chez nous.
le temps de trouver dans leurs cabines quelques vieux Ici, les morceaux en sont bons à lire.
Et ce fut ainsi que par un beau clair de lune, sur une mer splendide, nous quittâmes Ferdinand Fafard de la Pointe de Mons, enchanté de notre nouvelle connaissance, et joyeux d’avoir causé avec lui et de lui avoir donné une bonne minute de distraction. Nos
rameurs glissaient gaiement sur le flot, qui s’ouvrait pour nous laisser passer, Au loin, on entendait les ronflemente
DR. D ne
d'une baleine qui venait respirer à la surface: sur nos ‘ têtes une aurore boréale s’amusait à couler des tuyaux d'orgue pour les refondre ensuite, et de la terre le grand à cyclope de pierre nous regardait aller et disparaître. Agénor en ce moment eut une inspiration. Sa mé- | moire était implacable, et il se mit à déclamer aux ; matelots ébahis le commencement du beau travail de Paul Parfait sur le phare. | —"‘A l'heure où le soir tombe, invariablement il À . s'allume ; peu à peu l'ombre enveloppe sa tour blanche M : et l’on ne voit plus surgir au loin qu’un point brillant, \ , étoile factice posée par la main de l’homme au bord des , flots. Que la nuit soit claire ou sombre, calme ou tumultueuse, l'étoile luit toujours de son éclat doux, paisible, 4 à | immuable, pour ne s’éteindre qu'avec le retour de l’aube, É : Qui pourrait considérer sans émotion cette lueur perdue b | dans l’espace, en songeant que c’est elle qui, à travers | les brumes, sous la pluie qui fouette et le vent qui fait :
rage, trace au navigateur sa route, lui marque les écueils 6
à éviter ou la passe à gagner.
‘# Par les nuits étoilées, le phare trace sur la mer un sillon lumineux, et par les nuits noires il montre encore à travers l’ombre son grand œil vigilant. Qui ne croirait alors volontiers que le phare est vivant ? Qui ne s’adresserait à lui comme à un être capable de comprendre ? ”
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