LES MILLE ILES
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pagne que -nous traversons paraît fertile, et se divise uniformément'en champs de forme rectangulaire, séparés à ‘intervalles égaux par des clo-: , tures parfaitement droites. ;
Dans la;nfft, nous avons fait peu de chemin; on à dépassé, toujours avec l' 1e d’un canal, les
[ontréal de pour aller a Chine, le 'oronto. Le 10 piastres
rapides du Long-Sault. Lorsque je descends sur le pont, les rayons du soleil levant se mirent dans les eaux limpides èt transparent s du noble fleuve: cependant le fond de l'air est glacial. La rive nord est toujours canadienne ; mais la rive sud appartient à la grande république et fait partie de l'état de New-York. |
A huit heures, on atteint les rapides de la Platte, que le bateau remonte péniblement au milieu de tourbillons et de remous terribles. A: un certain moment, malgré tous les efforts de la vapeur, le
stéamer paraît immobile, tant est violente la lutte
qu'il soutient contre le courant. Mais grâce à sa persévérance, il sort victorieux de ce nouveau combat; ce que, d'abord, je ne croyais pas réellement possible. res ARR :
Le paysage est grandiose: nous longeons des iles rongées par.le coûrant et couvertes de forêts
vierges. Vers midi, on atteint Prescott (Canada),
en face Ogdensbourg (États-Unis), puis Blockville (Canada) et Clayton (États-Unis), où nous prenons quelques passagers. Les montagnes ont: disparu+ nous n'avons devant nous que le ciel et l'eau, à droite et à gauche, une côte basse et ver-
doyante qui se perd dans la brume.
Dans la soirée, nous passons au travers des Mille |
Iles. Le paysage offre une certaine analogie avec celui du lac Mœlar, en Suède. Mais ici c’est un
fleuve au cqurant rapide, qu lieu d’un lac paisible: rbeilles d'une puissante et inextri-
ce sont des Cable végétation, au lieu de rochers dénudés où languissent quelques sapins rabougris. La tra-
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-LE LAC ONTARID
versée des Mille Iles (dont le nonbre-réel, ‘dépasse 4,800) offre pendant deux heures une succession de charmants points de vue. és Au sortir de ce merveilleux el l'horizon :
s'élargit, la côte sud disparait ; nous-entrons dans l'Ontario et bientôt après. nous nous arrêtons devant Kingston, jolie ville de 20,000 habitants, agréablement située sur les bords du lac. Nous y perdons beaucoup de temps à charger le bois nécessaire à la machine; cein ‘est que fort.avant dans la soirée que nous reprenons notre route, guidés. parles feux des phares de la côte. ‘ Le lac Ontario est le plus petit cinq A lacs de l'Amérique du Nord. Il n# pourtant pas moins de 320 kilomètres de long sur 4110 de large, avec une profondeur moyenne de 200 brasses, La . rive nord appabtient au Canada, celle du sud aux États-Unis Ses côtes peu élevées sont couvertes de - belles forêts, alternant avec‘ de riches campagnes biencultivées. Le #4 La ville de Toronto, où nous arrivons à dix ho res du matin, est la capitale du Haut Canada. Déjà. peuplée de 90,000 habitants, elle s’accroit rapidement et prétend lutter avec Montréal, sa rivale du Bas-Canada, qu'elle espère rejoindre et dépasser. - Au centre d'un district riche et pôpuleux, avan- . tageusement située sur un bras de l'Ontario, qui y forme un port excellent, elle voit son commerce ‘ augmenter de jour en.jour. Elle est fière de ses … rues larges et régulières bordées de belles constructions : ; elle; montre avec orgueil aux/étrangers ses monumeits publics, sa “cminédrale et son uni-
RSS
| versité, la plus renommée du Canada, située à un. mille de la ville, au milieu d’un beau parc dans le |
que genre anglais. | C La poste aux lettres est üne fort belle construc- Ont; ‘ Mon, et son aménagement intérieur parfaitement pou ‘adapté à sa destination. A ce propos, je ne puis Tor passer sous silence une particularité commune mid aux bureaux de poste des Etats-Unis et du Canada, nais et que j'avais déjà été à même d'observer à Qué- cha bec. L | voy:
Les parois extérieures des galeries sont tapis- vaie sées d’une infinité de plaques de cuivre, chacune rea ayant sa serrure et. son numéro d'ordre. Ce sont Sym autant de boîtes où les employés classent les cor- Uni respondances à mesure qu’elles arrivent. Chaque A particuliér qui en fait la demande: reçoit, avec un: ‘chit numéro d'ordre, une clef correspondante à l’une sur de ces plaques, et devient, par le fait, propriétaire : mêr d'une boîte qu'il vient visiter à sa volonté. Grâce cert à ce système et sans avoir recours à aucun em- hon ployé, il peut retirer sa correspondance immédia- : l'Oc temênt après l’arrivée du courrier. On me dit que À la poste reste ouverte jour et nüit ; mais je n'ai pu dés vérifier.ce fait. , ne Sur le marché de Toronto, j'ai vu, pour la pre- qui, mière fois, des fruits, des tropiques. Les bananes qua de la Nouvelle-Orléans, les ananas de Cuba y arri- deu vent en cinq ou six. jours. J’ai remarqué, au mi- A lieu des nombreuses et appétissantes espèces sde fois Pommes du pays, certaines variétés inconnues en Lev Europe ; les unes sont oblongues, d'autres parfai- tea
tement rondes, pelites, à la peau rouge et luisante
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2 na. TORONTO | Da 45 et suspendues comme de grosses cerises à une J queue longue ét flexible. sf
Chaque .jour, deux vapeurs, ireradnl le lac Ontario dans toute sa largeur, partent de Toronto
pour le Niagara. Parmi les passagers du City of |
| ie sur lequel je m'embarquai dans l’après-
midi, fes Américains, assez nombreux, se reconnaissaient à la coupe de leur! barbe, à leur large chapeau mou et aussi à leur long pardessus de voyage en toile grise. Quelques ladies même n'avaient pas craint de revêtir ce disgracieux fourreau. Il y avait aussi plusieurs nègres à bord, symptôme évident de la proximité des États-
Unis. re ‘ À : A peine étions-nous au ee que le vent fraf-
‘chit et que notre bateau /se mit à danser comme sur la mer. Les mêmes causes produisirent les mèmes effets sur les estomacs impressionnables de certains passagers, et le lac Ontario reçut des hommages ordinairemént réservés aux flots de l'Océan. Î |
Avant la nuit, nous/étions de nouveau en vue
dés côtes. Nous passonMevant le fort Niagara, sur la riveaméricaine ; puis nous remontons la rivière qui, à son embouchure dans le lac, n'a guère que quatre à cinq cents mètres de largeur. Sa profondeurest, dit-on, considérable.
A six heures, je mets le pied, pour la première fois, sur le sol des États-Unis. Nous sommes à Lewiston; la violence du courant empèche les bateaux à vapeur de remonter plus haut, Un omni-
it luisante
bus nous conduit à la station. Une demi-heure
Fe
461 six MILLE LIEUES EN SOIXANTE JOURS
après on arrive au village des Chutes du Niagara (Niagara falls)| A la station sont rangés en bataille : Unéquinzaine d'omnibus d'hôtel, avec indication des prix de la rhaison. Une légion de nègres, de domestiques de place, de Cochers, de majordomes au teint plus js moins foncé se démènent. comrhe des enragés, et cherchent avec force Vociférations à vous attirer chez leur patron respectif; ils emplissent vos rar de cartes et proSpectus. Là, comme partout MA en, Amérique, le voyageur à la recherc que l'embarras “du choix. Fi e
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à LEgracara — CHICAGO. ‘— LES CHEMINS à DE FER EN AMÉRIQUE
Levillage de Niagara Falls doitsonexistence aux . touristes qui, chaque année plus nombreux, viennent de tous les points du globe visiter cette merveille de la nature. Il n’est guère composé que de boutiques et d'hôtels dont quelques-uns se font ‘remarquer par leurs dimensions colossales. C’est là que je vis pour la première fois ces de caravansérails particuliers à l'Amérique du Nord munis d'ascenseurs, de bureaux télégraphiquis, desalons, cabinets de lecture, etc., et où mille PET sonnes trouvent Sn à se loger.
Le voyageur novice fraîchement débarqué fera bien de refuser la voiture, fort chère d’ailleurs, ‘qu'on ne manquera pas de lui offrir. Les distances ne sont pas longues et une promenade à pied lui permettra de voir bien des choses qui lui auraient
‘én voiture.
lac Erié et sè jette dans l'Ontario après un -parçours
‘« rétrécit prog ressivement deplus de moitié: en même
-biagtôt'un plan incliné de vingt mètres sur quatre kilomètres de distance. Dans sa course effrénée, il
, . en deux bras dont le plus petit, large de pieds, forme Ja cliute américaine, en se précipi-
quatte pieds. Le bras le plus considérable, larg de 1900 pieds, donne naissance à la chute cänd: dienne appelée lé Fer-à-cheval, eù raison de ; forme” semi-Circulaire. La masse d’eau, ed PA ; elrcet endroit de vingt mètres, se précip de dans: : le vide d’un $ul bond ét d’une hauteur de 458 pieds,‘ à peu prés égale à celle ‘de la chute américaine. Au fond de l’abîme les eaux se réunissent de nou veau, et la rivière, profondément ( encaissée dans‘ un lit de quatre à cinq cents mêtres de Hrge, s'écoule, tumultueuse, dans la direction du’ lac Ontario. Grâcé aux chiffres, j'ai pu décrire l'aspect
chutes; mais je me déclare tout à fait impuissant monde et qu'il faut avoir vu pour en comprendre :
| Pa la merveilléuse grandeur. Je me contenterai de: ; retracer en peu de mots LEP de la journée
ar certainement échappé dans une rapide exeursion
La rivière Ni jagara est’ le dévetsoir naturel du
‘de soixante kilomètres. À peu près vers’ ‘le milieu, * * de son cours, le fleuve, hrge de dix. kilomètres, sc.
temps le courant ‘devient plus rapide et attdint rencontre une Île boisée qui: le force à se séparer | uf cents :
tant d'un seul jet d’une hauteur de vent soixantez :
physiqée - et pour ainsi dire mathématique des
à dépeindre la sublimité de ce spectacle unique au
trop PL" aux Spéc ” sante rêt, . farot jours en fà magr les r plusi as u en . Sœur reliés form . rapid!
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étroit
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DURS
Ce exeursion
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le. et attéint :
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effrénée, il
se /séparer neuf cents :
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able, larg iute Cäna :
u, épâisse Le dans:
8 pieds, ce it de nouée dans un », S'écoule, atario.
! l'aspect tique des mpuissant unique au.
mprendre nterai de:
farouches et de charmants petits écureuik gris tou-.
rapides, ‘et permettent, de les. contemplez dans *..-
® condüit simmédiatémenit au-dessus ‘du Fer-à-
faite àla Cave des Vents, sous la chute a d Après’ avoir revêtu un costume complet de caout- :