CHICAGO
FT ER De vec la grandiose et sauvage horreur du premier lan. Un autre pont suspendu, situé à deux milles Wu-dessous de celui dont je viens de parler et de
ommunication ‘directe le réseau dés chemins de er canadiens avec celui des États-Unis. ‘ .
. Deux* routes s’offraient à moi pour gagner Chia80. L'une traversant le‘Canada occidental, passe par Paris et Londres, deux bourgades au nom
États-Unis. Je me décidai pour l’autre route qui, Sans quitter le sol américain, suit la côte sud du lac Erié dans toute sa longueur. La campagne est charmante, couverte d'arbres chargés" de fruits, la terre, noire et grasse, sans, pierres, .paraît facile à reîuer.:Les champs de maïs alternent avec les prairies; partout des clôtures de bois soigneusement entretenues, et toujours en ligne droite. : « : Souvent au milieu des champs cultivés, ‘apparaissent les troncs noïrcis de l'antienne forêt qui recouvrait tout le pays. Le défri hement fait chaque année de nouveatix progrès ; le bois abattu est. brûlé sur place; les broussailles qui. le remplacent incendiées de nouveau et, trois ou quätré'ans après, le cultivateur commence à récolter. Mais-bign des années s’écouléront encore aÿant. que-les énormes souches, minées parle feu et la pourriture, aient achevé de disparaître. De toutes parts Ja forêt est étreinte par la civilisatin ; mais qu'elle e$ belle encore ävec ses arbres gfantesques.au tronc lisse, aux rameaux touffus, SoÏ.dôme de verdure éter-
pas de village nt le rheilleur, établissement,
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des rapides, e, le terrain rrompue par t les eaux du en harmonie
proportions encore plus considérables, met en
Mmbitieux, et rejoint à Détroit le territoire des :
rhvlle, ses fouillis inextricablés de liangs et de
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, plantes grimpañtes, et combien elle ressemble peu € à nos forêts européennes aménagées en coupes. réglées! cs La voie reste à quelque distance du lac Erié que l'on aperçoit souvent, entre deux échappées de a” semblable”à là mer sans bornes. On passe à Buffalo, ville prospère de 120,000 habitants, puis à Dunkerque, ‘d’où un embranchement conduit à Où-City. On s ‘aperçoit de la proximité de la région dé l'huile, aux nombreux trains chargés de tonnes de pétrole et de Wagons-citernes où l'huile amenée par des tuyaux s ‘emmagasine. directement. La nuit. nous prend à Cleveland, jolie ville de l'État d'Ohio, peuplée de 100, LOU habitants avec un beau port sur le lac. ‘;: , ‘. % Au matin, le convoi Caterse à toute vitesse, de grasses prairies baignées par le lac Michigan, Nous sommes dans l'Indiana. Le pays est parfaitement plat, la forèt a disparu; pas un seul arbre PE l'horizon. Bientôt apparaissent quelques villas ; | de gigantesques ‘affièhes' se déroulent de chaqué côté de la voie. D’autres indices annoncent les approches d’ yne grande ville. Nous franchissons de larges avenues désertes; puis les maisons se res- ‘__. serrent, les rues se peuplent, le train, ralentit sa Marche, tandis que la cloche de la machine sonne à toute volée pour avertir les passants. Les gamins de là ville courent après les portières, grim- . pent sur les plates-formes et viennent crier leurs . journaux jusque dans l'intérieur des wagons, Les Nous sommes arrivés à Chicago. Notre train s’ar/ | r'ête au cœur de la ville et au centre du quartier
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GHICAGO * À , 83 complétement détruit ‘par le terrible incendie de 1871. Aujourd’hui, 1a plupart des maisons sont reconstruites, mais il y'a “encore çà et là de :
grandes places vides et noires. | tone
= Dans le quartier dés affaires, lés maisons sont
‘ hautes de cinq: étages et richeent décorées dè
sculptures ; quelques-unes sont .de véritables pa-
“lais de fer et de granit. es magasins. sont vastes, |” élevéget: profonds. Dans les rues principales, un premier trottoir en fer et verre Jaisse pénétrer la lumière dans les sous-sols. Le deuxième trottoir, large de dix pieds, est formé de dalles de six pieds: de long. Dans les quartiers’ moins fréquentés, le. trottoir est en bois; j dessus du sol; la plupart épaisse de boue nojre et AumMte Mterdit l'accès de la rue aux piétons. D'éforme poteaux télégraphiques courent de chaque côté des trottoirs ; leurs
* «filsinnom rables, s'élançant dans.toutes les direc-
” tions, s'entre-crojsent dans les airs’ comme de gigantesques toiles d'araignée. Partout circulent, sur des tramways, des cars (1) multicolores-de tou-
‘ tes formes et de toutes dimensions. AS)
Une des curiosités de Chidago est l'énorme machine qui va chercher fort lot , au fond du Michi- : : &an, les eaux pures du lac pour les distribuer dans la ville. On peut la visiter à. toute heure et ‘sans qu’il soit nécessaire de-démander aucune permis-
‘Sion. De là} une jolie promenade’ éonduit au parc
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Lincoln, Les vagues du Michigan, semblables à celles de la mer, déferlent avec fracas sur le sable fin du rivage.
La ville est traversée par une riviëre : aux. eaux " salés et jaunâtres dont les bords offrent une suc-
* cession continue de chantiers, d’ entrepôts de mar-
chandises et de grands élévateurs. Des ponts tour-
«. nants auraientgêné la circulation des innombrables
navires qui la parcourent incessamment. On les a remplacés par des tunnels creusés sous le lit de la riviére. . ' —
Au moment de mon passage on venait d’inaugurer à Chicago une exposition agricole et industrielle dont les vastes bâtiments occupaient une. surface considérable le long du lac. C’est près de là que j’ai vu déplacer, à l'aide de crics et de rouleaux mobiles, une maison de bois touté meublée . et habitée. On sait que, par un procédé analogue, des quartiers entiers de Chicago -ont été exhaus- , Sés de plusieurs mètres. C'est ainsi que la ville à ‘été assainie et qu'a disparu l’ancien fnârais sur lequel reposait la cité primitive,
Chicago est célèbre par son rapide accroisse= ee Ses. premières cabanes de bois s'élevèrent* en 1830; vingt ans après elle comptait déjà 60,0 0 habitants. Aujourd'hui elle en à 500,000, et : dispute à Saint-Louis ke troisième rang parmi les villes de l'Union. \
Le samedi 16 septembre, à dix heures du matin, je quittais Chicago pour entreprendre d'une seule traite un trajet de 3,880 kilomètres. Grâce à l'ad-
mirable installation des chemins de fer américains
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