‹ Promenades dans les deux Amérique 1876-1877 [microforme]Chapitre 21 sur 109 · PANIERS · texte numérisé non relu

PANIERS

Lo 78. . SIX MILLE LIEUES EN Save jours

“bres sapins. Je m'installe sur la déFnière plateforme, à l’ arrière du train; là, point d: ‘obstacle qui gêne la vue. Lé ruban sinueux de l'unique voie du chemin‘de fer se déroule ävec une rapidité verti-

f. : gineuse le long d'une étroite corniche taillée dans

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pestre et grandiose.

d'oy en exploitation. ‘De larges clairières, ouvertes

s ‘la forêt, laissent à découvort un sol blandhttre déchiqueté, fouillé, retourné dans tous les sens. Des conduites d' eau, amenées qu lquefois

tout, aux environs, se trouvent d'anciens placers abandonnés, des rigoles desséchées, vestiges des travaux exécutés par les prerniers pionniers, à l'origine de la découverte de l'or dans le pays. Aujourd'hui, l'exploitation individuelle à presqüe disparu; on ne trouve plus, comme autrefois, de pépites à la surface du sol. La pioche du mineur isolé est remplacée par de puissantes machines hydrauliques, qui désagrègent un mètre cube de

. entre les mains de compagnies financières régulièrèment organisées et disposant de capitaux consfdérables./Leur produit, calculé par d’habiles ingénieurs, ne laisse {qu'une faible part à d'imprévu. La din ñe,s s'exerce LT que sur le

le roc et surplombant: n affreux précpice. Eñ une heure, et par des circuits sans nombre, nous descendons de 2,000 pieds à tpyérs u un paysage ee

-On passe devant Dutch Flat et Gold Run, mines

de fort loin, servent au lavage du minérai. Par-

roche en quelques instants. Les mines d’ or sont,

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rèt offre une source de revenus, ou moins pro- / ductive, mais encore plus certaine; de nombreuses scicries convertissent en pote es ‘géants de la montagne. 1 .

Nous traversons de profonde vallées sur dés ponts chevalets dont l'aspect d'est guère rassurant. Il est vrai que chaque fhis que nous nous engageons Sur un dé’ces viglucs tremblants, le traineralentit sa marche. L'An dé ces ponts est

‘ réellement effrayant: au moment de notre passage, ;

toyte une armée d'ouvrierÿ chinois était occupée

à le consolider, et, de la plate-forme du wagon,

par les intervalles ménäg£s entre chaque traverse, -

je voyais, sous nos.pieds fane fourmilière ua s'agiter à une profondeñr énorme. |}

Bientôt la descente/se ralentit; nous ‘passons devant plusieurs camyfs chinois. John (c’est le nom fanilier qu'on donnç à l'homme de race jaune-en Californie) n’est pas Éxigeant. Afin d'éviter la dépense, ilse construjf, dans une elairière, près dun ruisseau, ,une hwtte de branchages ; pour toute nourriture, il se contente d’une poignée de riz et d'une tasse de thé sans swere : de la sôrte, il n’a’ ni loyer, ni restaurateur à payer. et peut économiser la presque totalité de son salaire. \

Au sortir de la forêt, la nature change d’ aspect, le pays est ‘tres peuplé, bien cultivé et orné de

jolies habitations. On traverse une pl: ne itimense

parsemée de gros cliênes. Toute la contrée n'est qu'un vaste champ de blé. Un interminable pont Sur pilotis franchitles marécages voisins de l'American River, puis la rivière elle-même. Quel-

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aour: élever l'eau nécessaire à l'

ques minutes après, le train s'arrête sous la gare monumentale de Sacramento. :

Une foule de marchands viennent nous offrir à bas prix les admirables fruits du,pays, raisins, péches et poires d'excellente qualité: La ville, peuplée d'environ 40,000 habitants, est la capitale de l'État de Californie ; elle paraît Had hôte: Ses rues, larges et régulières, sont tou és ornées de

plantations d'arbres. Chaque maison a son jardin. ; Le monument Je plus remarquable est le palais du

Sénat, construit sur le. modèle du Capitole de Washington. Sa coupole de fer peinte en blanc et soutenue par vingt-quatre colonnes d'ordre corin-

thien, se détache au-dessus de la verdure et s'a-°. 4

perçoit de fort loin. Poe - À Nous ne sommes, plus qu’à 225 kilomètres de San-Francisco. La plaine se continue au-delà de

Sacramento ; ce sont d’abord de grasses prairies, puis une campagne semblable à la Beauce après la

moisson, mais ombragée ç& et là par de beaux arbres. Tout ce pays est brûlé par le soleil ; pendant l'été, le ciel est toujours sans nuages, et pas une goutte d’eau ne vient rafraïchir l'ätmo phère.

A Stockton, petite ville de 12,000. âme je re- -

marque, pour‘ la première: fois, une y gétation. franchement méridionale. L'oranger, lé laurier, le existe, en cet & droit, une nappe. d’eau soutprraine, à quatre mètres’ de la surface du sol. Chaque:

figuier, l’agave créent autour des maisons. IF..!

vant petit moulin à vent, toujours en ‘mouvement, rrosage de son

propriétaire possède un puits surmonté d'un, élé-

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tude de petits moulins offre un aspect singulier ; c'est l'un des traits: Este du paysage californien. :

‘Un triste ‘spectacle nous attendait, non loin de là, sur les rives du San-J oaquin. Le pont du chemin de fer s'était effrondré là veille . ones d'un train-de marchandises. On l'avait réparé à la

. hâte, ‘et nous pûmes passer tant bien. que mal; mais les débris des wagons gisaient encore pêlemêle au fond du lit à moitié desséché de la rivière.

Cet accident avait coûté la vie à deux. personnes:

C'était la troisième fois que, dépuis mon départ de .

Chicago, Jgr rencontrais sur ma route ces: tristes

épaves L. .

Je croÿais en avoir fini “avee les Dune mais j'avais compté sans le Mont-du-Diable, l’un des contreforts de la’ chaînes idaire qui s'étend

“à peu de distance de. la côte. Ans àvoir traversé: "et contourné,. au moyeñ de courbes impossibles, d'étroites vallées ‘bien cultivées, nous franchissons

un dernier col élevé de 140 pieds. Une descente rapide; à travers un pittoresque défilé, dän$ le fond duquel un petit cours d'eau entretient une

végétation luxuriante, nous amène dans une vaste ‘

plaine sur lés bords de la baie de San-Francisco. Le brouillard nous dérobe la vue:ge la côte opposée,

Ce rivage est très peuplé ;-les Htaisons succèdent . aux maisons: partout de florissants vergers, de: ‘belles plantations d'arbres, parmi lesquels je re- : marque l'Eucalyptus d'Australie; qui, sous le ciel Li d'années, - un

de. la. Californie, acq

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dévéloppemeñt. ‘ph igieux.. Nous trayersons de.

Mais bientôt après nous glissons au milieu de nombreux navires, de toutes formes et:de toutes…. dimensions, et'j'entrevois, à travers leurs mâts, une longue suite de quais dominés: pr dés col | lines roussâtres que surmontent de häutes maisons: "+

. Notre immense ferry continue sa marche: le pont : du rez-de-chaussée vient s'adapter e actement à la jeiée du débarcadère, avec laquelle\il ‘semble. faire Torps. Cette manœuvre‘difficile s’ père avec une précision mathématique et en moins de temps

‘que je ne mets à le dire; la foule des. passagers: “ franchit sans s’en apercevoir le pont qui relie le bateau à la terré ferme ‘et s'écoule, en quelques instants, dans toutes les directions. Je me trouve sur une place assez mal paVée;-à la naissance de Market street, principale artère de San-Francisco: Il'est 5 heures 30 mes: c'est l'heure rêglemen-

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Ft 448 DE+ CHICAGO A SAN-Kÿ CIS . 83

ë taire indiqué par ‘le aMon voyäge ersons de. de Chicago ici æ duré heures, ou, rais, puis, mieux cent trente et "ac utant les 1e et nous trois heures provenant} b des lonconstruite gitudes.. SM mètres. A. Dix minutes après, j'éa $ l er la me édifiée vilte, à l'hôtel Gailhard, la mer Pure haison fran- Le à trois çaise de San-Francisco s | nd; deux : ire francisco.

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