ARS
D: tie six MILLE Ligues’ EN SOIXANTE. JOURS
ductions de da Chine, -les cour ges de Californie aux raciné do nénuiphars, les Bananos des iles Sandwich aux raisiis de Sac ramonto, E nodre le mareband a la spécialité de la fabrication dos chiques de bétel, ot sc‘livre sous les Yeux du publié à li
manipulation éoinpliquée des divers ingrédients -
qui entrent dans sa composition," -
Los rues prince ipales du quartier chinois sontreliées entre elles par de longues rueltes, sombres, étroites et malpropres, Là vit, entassée dans d'obscurs réduits, toute une population de: femmes et de jeunes filles yeuduss par léur jar Que à des Ai ulateurs qui'les exploitent. D
: I y a plusieurs pagodes à Srui-Franeisco. Celle
que je visitai était mesquinement installée dans
de sombres pièces situées au fond d'une impasse et
d'un accès assez diflicile. bes bâtonnets odorants
bruülent devant des idoles grotesques. Partout un elinquant à bon marché, des ornements, des ban- deroles en papier doré et découpé. Les murs Sont ecuverts de caractères chinois qui probitblement retracent de Et L'inscription Suivante en anglais : Beicare of pivk-pot els (défiez= vous des pick-pockets) complète le: dabléau:
Dans la cour ert de véstibule à la’ pagode, on à installé, sous un dais de papier doré, de bizarres. portraits ‘enluminés, roulant des yeux furibonds. Une foule peu respecteüse échange des
lazzis avec les bôhzes qui célèbrent les Térémo-
nies - du culte avec force génuflexions el chânts nasil]ar s. On apporte, sur un plateau, de petites
soucoupes pisines d6 riz, des gâiçaux ot Los frian- -
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SAN=FRANCISCO
dises. Ce sout les offrandes destinées à Bouddha. Après chaque prière le prêtre mol,le fou à un petit*tas de papiers de diverses couleurs et trinsporte lo même plateau devant c ‘haquo idolc, T oute, une,cohue de femmes et d'enfants rient'aux éelats. et babiflent aux alentours. Plusieurs. fois le poli-
\ cer anéfitain est Lobligé d' intervenir" pour rétu= Vlir l'ordre. Lx tenue des quolquès étrangers qui, comme moi, sont venus en © urieux pour voir € ette cérémonie, est certainement pas décente quo’ “. céllg de la foule chinoise, et pourtant la musique cliarivaresque qui accompagne fes litanig® des pee porte peu à Ja dévotion :
+ IL y a deux théâtres chinois à” San-Francisco.
ES une représ sentatjon dans chacun d'eux:
Le spectacle commence à trois hôures de l'après-,
midi et ne se termina guèro avant déux Hetrres du matin. Le rez-de-chaussée est -vccupé exclusives . ment par les hommes ; les aléries supérieures sont plus Lun r'ése rvées aukidames ; cependant "les hommes peuvent aussi y prendre placé” Mais “jämais on ne verra un Chinois adresser en ‘publie la parole à une femme, ni nrème la regarder. . La sctne est semblable à celle de nos théâtres, à cette différénce près que les musiciens en occu- - pent le fond et qu'il n’y a pas dedécotrs. Uné écriteéau. accroché en haut d'un bâton indique le lieu‘ où se passe l'action. va Av
Eye Si le chant des acteurs est d'une note dé- . AN l'accompagne a quel- -”
wespérante, la musique « qu que chose d’infernal etdo, trien ne peut dofner une idée. A y a surdout un joueur de cymbales qui
se démène furieusement, pendant que le gong résonne à outrance et'que des castagnéttes enragées
font entendre un cliquetis indescriptible. Au mi- .
lieu de cette cacophonie étrange ‘et burlesque,
mon oreille ne peut saisir aucune mesure, rien qui ressemble à un accord musical tel que nous. le | comprenons.
H est yrai que sur la scène se déroule un drame
terrible ? adultère, empoisonnemént, assassinat,
combat entre deux frères, femmes échevelées exécutant des cabrioles invraisemblables, rien n'y manque. Le jeu des acteurs, dans les situations les plus dramatiques ést d’un grotesque irioui et rappelle les scènes peintes sur les paravents. Les rôles de femmes sont toujours remplis par des hommes dont le principal talent est d’imiter l’accent nasillard et prétentieux des femmes, et surtout la démarche embarrassée particulière aux grandes dames chinoises dont les pieds sont mu-
tilés dès leur enfance. Le public masculin semble
s'intéresser vivement aux diverses péripéties de la pièce. Quant aux dames chinoises, mes voisines, elles ne cessent de changer de place, de .croquer des sucreries, de babiller entre elles et de fumer des cigarettes, tout en mettant leurs pièds sur le dossier des banquettes. Elles sont en général jeunes et quelques-unes jolies. Elles se ressemblent toutes plugrou moins; elles ont cela de commun
avec les hommes. Rien n’est plus difficile que de
reconnaître un Chinois a au milieu d’autres Chinois, comme aussi de lui assigner à peu près son âge
Dnnes me ee et n à *
réel. Deux ou trois dames portent leur enfant.
JOURS
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tible. Au mi- ,
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de ,croquer et de fumer pieds sur le général jeuressemblent de commun
fficile que de
tres Chinois, près son âge
leur enfant ,
SÂN-FRANCISCO + 9 accroché au u dos, vont et viennent : sans plus s'in-
quiétér de leur fardeau, lequel pendant ce temps
se cramponne de da façon la plus comique du
monde, et concèn te tous ses efforts POUE se main-
tenir en équilibre,
Le costume des Chinoises est peu gracieux; une large blouse de $oie noire dissimule leurs formes et cache complétement la taille. En rex ‘anche, elles prennent le plus grand soin de Jeur ‘chevelure, invariablement du plus beau @: Elles savent enduire leurs cheveux: de gomme, ‘les ramener derrière la.tête et les disposer ensuité sur les côtés “en édifices-compliqués, entremêlés de longues aiguilles et de fleurs artificielles.
C’est surtout la nuit que le quartier Chinois est intéressant à visiter. Les rues sont pleines d'animation jusqu'à une heure fort avancée. De joyeux groupes stationnent devant les restaurants illuminés par des transparents de couleur et des lanternes en papier huilé. 5
‘On m'avait parlé à l'hôtel d’un Chinois qui avait
‘habité la France.Je me mis en rapport avec lui et
‘ pendant deux jours je le gardai comme guide et
interprète. Pin-Kuong, quoique âgé’ seulement de 26 ans, avait déjà beaucoup couru le monde. Natif de Cañton, il avait été ramené ea France par un
Capitaine de la marine marchande qui l’avait pris
en affection. Il avait séjourné deux ans à Saint-
Malo, puis quatre ans à Saigon comme int2rprète
officiel : de retour dans son pays natal, il s’y était
marié et était venu se fixer avec sa femme à San-
Francisco. I1 y remplissait alors les fonctions À Q
d’interprète à raison de cent cinquante dollars par :
mois, outre les petits profits. Pin-Kuong parlait
très bien l'anglais, mais encofe mieux le français-
qu'il articulait sans le moindre accent, et comme s’il eût été Français de naissance. Grâce à lui, j'ai pu voir bien*fles choses qui m'auraient
échappé; j'ai pu surtout étudier le caractère
chinois et obtenir l'explication de bien des faits dont jusqu'alors je.ne me rendais pas un compte exact. C’est ainsi que, de jour et de nuit, nous avons visité lés maisons de jeu, les bouges, infects où l’on fume l'opium, les magasins les plus renommés, les boutiques de marchands de bric-àbrac, les bureaux du journal chinois, les ateliers .où l'on confectionne les cigares, les restaurants à la mode, les pagodes, les théâtres, etc. J'ai même voulu déjeùner au restaurant chinois, et je me suis appliqué à me servir des bâtonnets qui remplacent nos couverts de table. Je ne décrirai pas
ce repas. À partle canard fumé du fleuve Bleu, et.
le riz cuit à l’eau, tout le reste était exécrable. Les viandes servies en petits morceaux dans des soucoupes, nageaient dans une graisse écœurante; le poisson était assaisonné avec dé l'huile de ricin, les confitures et les pâtisseries exhalaient une vague odeur de pommade rance. Pour toute boisson pendant le repas on sert dans des tasses mi- croscopiquesle sam-chou brûlant, sorte d’eau-devie de riz très faible, et à la fin-une tasse de thé sans sucre:
Pin-Kuong fit honneur à ce festin et mangea pour nous IEULE En partant, il enfouit dans ses
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vastes poches tout ce qui restait de pâtisserie, Sa femme et son gros marmot qu'il me présenta furent ravis de cette aubäine inattendue. Malgré ses appointements élevés, mon Chinois n'était guère mieux logé que la plupart de:ses compatriotes. Il occupait au fond d'un couloir obscur une petite chambre sans air où il faisait tout son ménage y compris la Cuisine. Bien. plus, il avait établi au-dessus du lit conjugal une soupente qu'il sous-louait à la nuit à deux de ses compatriotes. Toute son ambition consistait à mettre de côté un grand nombre de dollars ; après quoi il retournera vivre dans son cher pays natal. AE 4
Cüiff- house est la promenade favorite des habitants de San-Francisco. Un matin je partis de bonne heure par le car de Lone Mountain ; là, je vi-
Sitai le cimetière principal d’où l'on jouit d'une vue
magnifique sur la Porte-d'Or et la baie le San- Francisco. De larges allées matadamisées, de beaux massifs de fleurs et d’arbustes vigoureux ornent la cité des morts. Les cimetières en Amériquen'’ont
‘ rien de l’aspect froid et lugubre de ceux de notre
pays. Un bâtiment spécial reçoit en dépôt les-corps des Chinois morts en Californie, jusqu'au moment où un navire pourra les rendre à leur patrie. Les Chinois, si indifférents pourtant en matière religieuse, ne consentent jamais à s’expatrier que si une clause formelle assure à leur dépouille mortelle le retour à la terre natale. A |
Au sud. du cimetière se trouve le champ de Courses et le nouveau parc de-la Porte-d'Or, conquis sur le sable à force d'irrigations et d’argent.