‹ Promenades dans les deux Amérique 1876-1877 [microforme]Chapitre 53 sur 109 · TRAVERSÉE DE RETOUR · texte numérisé non relu

TRAVERSÉE DE RETOUR

aucune autre ville d'Amérique.

La voie ferrée, placée à la hauteur du premier.

ses 165 .taines de ses rues et que je n'ai rencontrés dans

étage, est soutenue par de minces colonnes de fer ;

tantôt elle occupe la partie centrale de la rue,

ex

“tantôt elle se développe au-dessus des trottoirs:

dans ce defnier cas surtout, ce doit être un voi-

. sinage fort désagréable pour les habitants.

-Cinq grands Steamers, appartenant à diverses compagnies, sont partis’ la veille pour l'Europe.

C’est aujourd’hui dimanche : l'Amérique est le seul

vapeur en partance; à quatre heures précises, la.

passerelle est: retirée et nous sortons du dock. L

une violence extrême. : É

- temps est toujours très froid et le vent souffle avec …

Mon voyage est terminé ; en trente-neuf jours, , j'ai traversé deux fois le continent Américain dans

sa plus grande largeur, du détroit de Belle-Isle à

l'Océan Pacifique, et de San-Francisco à New- York. Maintenant, une nouvelle période de calme

“ei de repos va commencer pour moi; délivré des

mille soucis du touriste en voyage, je n'ai plus En c . Pa fx . .

qu'a me laissér conduire par le vaillant navire

auquel je me suis confié.

Les passagers de'premiêre breux à bord: aussi sis arfaitement installé,

seul, dans une confortäplé cabine à quatre lits,

… éclairée par deux hublots. L'Anérique est un beau

et bon bateau de 121 mètres de long sur 43 mètres

50 centimètres dé large; la salle à manger est:

magnifiquement. décorée de grandes glaces, de

classe sont peu nom-

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166 ‘’SsiX MILLE LIEUES EN SOIXANTE sous |

boiseries finement sculptées, de panneaux: et. de colonnes de marbre. Le service de la table ne ‘par laisse rien àdésirer. e bier Notre machine esf de la force de 850 ‘chevaux ; D (en J'hélice fait cinquante-cinq tours à la minute. Un stea ingénieux système . de numérotage enregistre avai : “chaque tour depuis Je commencement du voyage: ‘ Li lorsque la plaque indièatrice marquera le chifire che; de 815,000, nous serons bien près du Hâvre. : des Notre excellent Capitaine, M. Pouzolz, : *CÔmM- jt - hide. à un persopnef de. 169. FRRMIONs *0 nail. chauffeurs et 36 matelots,» ‘| CE offre Deux jours après'notre départ, et bien quenous de.b ayons remonté de plusieurs degrés vers le nord, pren la température, s’est sensiblement radoucie, , Fans: + Navi doute parce-qne nous nav iguons ‘dans les éaux dn guif-streàm. Le 19, noustraver sons le grand banc de Terré-Neuve, reconnaissable à là couleur de- ? l'eau, qui dé bleü foncé devient vert pâle. Nous. passons au milieu- d’une innombrable. quantité de. mouettes ; leurs troupes serrées, bercéés par les vagues, orment comme un nuage ‘blanc : à la surface de 14 mer; à notre approche, elles s'é élévent . en tourbillonnant et ‘décrivent mille ,circonvolu- si , tions futour du navire, Nous avons l'heureuse.* 6 PAU chanté de rencontrer‘le soleil et le beau: temps asson dans ces parages * qu’ uñ épais brogllard recouv re resque toute l'année, et surtout ef cetle s Saison. - Poussés par un vent fivorable, nous av ançol A'apideient pendant les jours suivants: comnê à- ” brise sowfffle- directement sur l’ Ari jre et:que nous | marchonsà toutes voiles, le roulis e onsitlérable. :

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et:que nous .

nsidérable. .

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PR Fe TRAVERSÉE DE RETOUR . * 467 Le.21, nous avons une voile entièrement déchirée par le vent qui a encore fraichi:; cet accident est bien vite réparé. Le 22, par un beau soleil et une température très douce, nous dépassons ‘un des * steamers partis le samedi de New-York” et qui avait un jour entier d'avance sur nous.

Le 23, le vent ‘a tourné et entrave notre mar— che; la pluie tombe par rafales, et il est intpossible” dese tenir sur le pont, sauf à l'extrême arrière où je trouve un abri près de la chambre du gouvernail. De ce-poste d'observation, la mer agitée offre uñ magnifique Spectacle ; par suite du vent debout le tangage est très fort, et vient” pour la première fois se joindre au roulis. L'arrière du + navirese dresse à une hauteur prodigieuse, ‘puis ” gimp brusquement: tantôt je suis au-dessous du niveau dés vagues, tantôt je les doÿnine d'ûng « stande hauteur, et je 1 vois s’avancer à la file “ss unes des autres, couronnées d'écume et sépa-

“ à ar ‘de profondes vallées dont la forme et d'énfflacement varie à, chaque instant, L'écume y chassée par la tempête s'éparpille au-lojn : sous le , Choc de l’hélice les eaux bouillonnañte passent du bleussonibre qu vert cläir lumineux, et se creu= -: sent en sinistres tourbillons. Une pluie epntinuelle “assombrit l'horizon : au-delà de quelques centai- . nes dfiètres, on ne distingue plus rien., : : 2 Deis deséonditions-où elle se fait actuellement, A trâversée de l'Atlantique de N ew-ŸYork du Hävre est toujours, quelle que soit ,la saison, une sé- at rieuse, ntreprise. Une dizaine de compagnies se RTE | x ue <éncurrence active ; fl'en résul ‘que 1Ÿ + : +4 à Ar,

168 six MILLE LIEUES EN soi anre JOURS ‘ +

sécarité est souvent sacrifiée à la rapidité de la maÿche; c’est un steeple-chase, une lutte à qui are |

rivera le premier; il faut marcher quand même, avarcer toujours, même par le mauvais temps.

mème par le brouillard: . de plus, tout le monde | |

suit la même route au risque de terribles collisions, L’Atlantique du nord; de toutes ‘es mers du

globe, est peut-être celle qui offre le plus de dan-

:gers; glaces flottantes, brouillards, courants et vas : l riations subites de l'atmosphère ; et ces dangers

sont encore accrus’ par les causes que je viens de.…

signaler.

Mais “heureusement, le mauvais Lrnbé ne dura . qu’une journée; le vent s ’apaisa pendant }4 nuit, et notre traversée. s'acheva «dans : les meilleures conditions.

: Le mercredi 25 octobre, le maître d'équipage

sigrialait les îles Scilly ou Sorlingues à bâbord.

Uñe heure après, nous passions-devant un groupe de’ rochers et d’ilots, aux pointes aiguës, que Ste monte le phare de l'Evêque. A onze heures, nous laissons sur la gauche le cap Lizard. Toute la jour: née nous longeons à.une assez grande distance la côte de Cornouailles ; les violents courants qui . règnent dans ces parages nous retiennent au large: A la nuit seulement nous entrons dans la rade de Plymouth..On débarque la malle et quelques. passa- , gers Qous achetons des journaux anglais, et nous poursuivons, sans plus tarder, notre route vers le Hâvre; où nous arrivons le lendemain à que “heures et demie, juste à tenps pour prendre l'éëxpress de Paris. La Manche est tranquille comme UR lat,

JOURS ‘ > rapidité de la lutte à qui are :

quand même, au vais temps.

out le monde .

bles collisions, :

Îles mers du e plus ‘de danourants et vas t. ces dangers e je viens de.

emps ne ‘dura ndant là nuit, les meilleures

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