LE SÉNÉGAL
peur qu fait le service de Dakar à Saint-Louis,
capifale de notre:colonie du Sénégal et résidence
du gouverneur, nous sépare de nos amis d'un jour,
qui s'en vont, avec insouciance, braver les fatigues “ef les dangers d'un climat meurtrier.
Depuis que nous aviong passé le tropique, la ner
“étant toùjours calme, n us laissions les fenêtres
de nos Cabines ouvertes pendant la nuit. Cette fois elles avaient été fermées Par ordre du commandant qui craignait uñè {ornade (c'est ainsi que l'on appelle un orage qui éclate subitement, avec . une violence extrême: il èst assez fréquent dans . ces parages, Surtout en cette Saison). La chaleur était d'autant plus étouffante que, le navire étant
à l'ancre, aucun souffle d'air ne se faisait sentir. . dé passai la plus grande partie de la nuit sur le Pont; mais la {ornade ne vint pàs. De temps à au- - tre, l'horizon S'illuminait sous 14 lueur éblouis:
Sante des éclairs ; la côte NOUS apparaissait comme
“en plein jour, puis tout retombait dans l'obscurité.
Au point du jour je prends terre à Dakar ; quelques gouttes de pluie viennent « faichir l'at- Mmosphre, et la température est ‘peu près supportable. C'est la première fois que je foule un sof tropical: aussi tout est nouveau pour moi. :
Dakar se compose dé-plusieurs villages nègres, d'une caserne de Spahis, d'une gendàrmerie, d’un éouvent de sœurs de charité avec une petite église, etde quelques maisons eu ropéennes, la plupart destinées au Commerceïde détail, épiceries, débits de vins, liqueurs et tabac, cafés-restaurants, etc. le lout jeté un peu au hasard sur le versant légère-
ment incliné du promontoire-qui forme le Cap Ma-
nuel. On Marche sur l@sable fin des dunes; il n'y ; & pas trace de routes entretenues. C’est au Moyen
de petits sentiers que l'on circule entre les cases n
Er ‘des nègres, Chaque habitation est enclose d'une 5 Mt haute palissadect SG Conipose de ciny à si huttes Di. couvertes en chaume êt construites en bfmbou. ‘ Elles sont ordinajrement de forme circulairé çt n
on n’y pénètre que.par une porte basse; il n'y a -
pas de fenêtres. Quelques nattes à l'intérieur, un de |
æ "coffre ‘en bois grossierement taillé‘ voilà tout l'a- | l' 4 ” meublement, Cependant, j'ai, aperçu quelquétois : . dans des cases un peù mieux construites ‘y petit sn
lit en fer, Dauis l'intérieur de l'enclos, une Où déux- ee
fée chèvres noires, cinq'ou six poules maigres ebrent lo péle=méle avec les enfants qui se -roulent sur le” * A . ; sable, Quelquesarbres croissent'au hasard diuis ui , sp coin de la cour, et abfitent parfois un bout de jar- . ï
* din mal entretenu. Sur de grandes places irrésu- . ss
liëres et poudreuses sont disséminés d'énormes bao- le
+ babs: sous leur ombrage, des hommès demi nus. n ". -.Couthés dans le sable, sommeillent ow discutent FL
enTiant. Tous me demandent un son : c'est leur ve
bonjour. En général le monde masculin passe sa
vie à ne rien faire : ce sont les femmes que l'on voit 1e
toujours travailler, porter les fardeaux, l'eau, pel
etc... Cependant j'ai vu dans une case une filature = de voton touté primitive et une forge indigene ee en semblable à celles décrites par Livingstone et 6b: servées par lui dans l'intéricur de l'Afrique. : LAN Malgré l'heure matinale, une grande animation 5 : règne parmi toute cette population noire. Les: né- ; À .
SUD *: is "me le Cap M il= dunes; il n'y ‘est au -moyen ntre les cases enclose d'une 4 à sik huttes s et bfmbou.
circulairé çt asse; il n'y à intérieur, -un Oilà tout l'a- T quelquefois :
aiteg “pi petit
* une Où déux aigres etrént roulent sur lé” ° asard dans un
| bout de jar-
laces irréguénormes baoès demi nus. ou discutent u; c'est leur ulih passe s que l'on voit leaux, l'eau, e une filature ee indigenc ? eu stone et Übfrique.
de ahimation oire. Les né-
grosses Vont qux puits, Lois situés sur le‘bbrd de l7 mer, 6t en. reviennent, portant sur leur tête. dl'énoïmes.calebasses pleines d'eau. Quelques-unes sont vêtues d’une cheiise”d'indienne dé couleur -. voyante et Ont Ja tête entourée d'un mouchoir de
soie veste, jaune ou rouge ;
ii, DAKAR
aux bras et dinairement les plus jeunes,
”pées danis une pièce d'étofte à ramages: beaucoup}
- onf le torse entièrenient nu et ne portent pour.
tout vêtement qu'un morceau: d'étoffe roulé autour *° les reins et retombañt en forme de pagne. Mais {outcs paraissent bien faites, et ‘il n'ést pas rare :#en/ trouver de jolies. Leur chevelure, est très ” Soïgnée el'roulée en unœinfinilé de cordelettes. ‘ Cette - mode, qui existe: aussi en Abyssinie, est /W'an effet réellement gracicux: En général, leurs
vétements sont très ropres , ainsi que leur corps,
et elles sont bien mieux États-Unis. À part quelques femmes riches; or- #neilleusement empaÿ uetées dans plusieurs pièces d'étoffes multicolores, "régarde avec curiosité, Vous sourit et vous iiNer-
‘ pelle par ces mots — < Camarade » — « MOSSIÉ ».
un sou » — < deux sous »,
Tout en cheminant au hasard, je me trouvai .
le FF C
sur une grande place.irrépulière, où se tent marché fort primitivement installé sur le-Sable, à
+ l'abri de gigantesques baobabs. Le prix es denrées uvais pied de ‘sélade
est relativemênt élevé; un ma
d] CES
mille fois répétés : « Dis-donc » 4 <"« donne-moi
U ce sont les élégantes. ‘ Elles ont des colliers d'or au cou et des bracelets . ‘aux jambes. La plupart;et, ce sont or.
sont simplement dra-
tout ce monde noir vous:
que leurs cousines des...
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186 AUTOUR DE L'AMÉRIQUE DU SUD | vaut deux ou trois sous, un œuf, deux sous, un maigre canard, trois francs. Les‘boucheries, abritées sous de pauvres échoppes en bambou, ont un “aspect absolument repoussant. | Je quittaibien vite ce lieu peu attrayant pour . me diriger du côté du jardin botanique, nouvel-
“d'un petit vallon qui aboutit à la plage. Ce jardin -__. est bien entretenu, et fort curieux pour un nou- Yeau débarqué dans la*zone tropicale. Ce qui me
. frappe tout d'abord, ce sont de magnifiques flan-
écarlates; puis des cocotiers chargés de: fruits, - des papayèrs, des palmiers d'espèces variées, un baobab dont l'énorme tronc, semblable à un gigantesque pain de sucre, x été creusé à sa base, en forme de“ hutte : plusieurs personnes peuvent tenir à l'aise dans cette singulière excavation. : Plus loin ce vont des bosquets de bambous, des 0 agaves, des yuccas en fleur, et toute une faune | tropicale qui m'est inconnue. Au point culminant s'élève un kiosque avec vue sur la mer. D'insup-
“ . : jaune s’enfuient çà e érabes terrestres, de couleur violette.
Près du jardin botanique se trouve l'église ca-
tholique, petite, mais suffisante pour le nombre
‘* des fidèles ; car, à peu d'exceptions près, toute Ja
+" population noire de. Dakar est musulmane. Dans
‘ - une des sallés de la gendarmerie on a installé un
les fleurs à notre our De gros lézards à tête \
- .. lement créé par l'administration coloniale -au fond
« boyants; sorte d’acacias, alors couverts de fleurs .
* portables négrillons nous accompagnent partout, : et, malgré notre défense, se plaisent à fourrager .
{ là, ainsi que d'énormes