‹ Promenades dans les deux Amérique 1876-1877 [microforme]Chapitre 6 sur 109 · RE EE · texte numérisé non relu

RE EE

OURS LIVERPOO!, . 13:

Ilan pour y remplir les dernières formalités

Manchester 4

- séduisant, "Melatives à mon passage, | illards et de 2% Nous sommes au.äl août; c'est à quatre heures

ue .d'innom- 1 u soir que doit avoir lieu le départ du Sardiion; la journée s'annoncé sous de mauvais aus-

vitesse d'au Bices. Pendant toute Ja nuit le vent et la pluie ont , Avec cinq 4 it rage; au jour la tempête redouble de violence; , Sur tout le 4 ne pluie glaciale et torrentielle me retient à mètres. hôtel. Sous l'influence de. cette inaction forcée, verdoyante ‘hervé par l’ouragañ qui sévit 4u dehors, et au rasses prai- Moment de franchir pour la premiére fois l'Atlan- ‘Une heure que, je commence à me laisser after à. des ‘résage change A >xions mélancoliques. Mais les pluslengues heures à droite; le À tune fin. Vers trois heures, sac au dos, je me hahauts four- Ærde dans la rue, et luttant contre un vent violent in que la vue D” Qui me cingle au visagé une pluie fine et serrée, ster, distant ® me dirige vers l'embarcadère.

| | L'immense quai flottant, dont j'avais admiré les rges proportions en 1869, a brüléil y a quelques hnées et a été reconstruit plus vaste encore. La violence du vent est telle que j’ai peine à me aintenir en équilibre sur cette surface librement alayée par la tempête. Enfin, je parviens à gaer l'endroit où est amarré le petit vapeur qui bit me transporter au Sardinian, que sa graneur retient loin du rivage. Les flots jaunâtres de la ersey balancent terriblement notre frêle ba eau combré de bagages et de passagers. Chassé ‘par pluie, je descends au Salon, où je constate que mal de mer a déjà fait de nombreuses victimes. ers quatre heures, nous quittons le pier, et àq minutes après, nous accostons le Sardinian,

1 incessamju, en quelcette colosqui s'appelle mille êtres une atmos-

du haut du n° part, j'ai.

tes et noires as de fabri- ## cessamment -# ss, j'arrivais ju de la ligne

PARMI EUe ps meet.

æ 14 k SIX MILLE LIEUES EN SOIXANTE JOURS

dont les flots agitès sont impuissants à soulever 4 l'énorme masse, tandis que notre petit vapeur. A semblable à la niouche du cothe, s'agité fellement L le long de ses. vastes flinès. ‘Les dé ies.ad abrégé par la pluie quine cf ele: lorrent&s'échangent: entre 464 FORT

familles et leurs amig: M gagnônt le vivire Pendant quelques minu SC ore 6n voit les mot 4

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choirs s'agiter de part «et d'autre“ ‘#uis notre cer losse se met lentement en routé, et le dernie À lien qui nous rattachait à Ta terre est rompt Bientôt après la cloche du dîner nou appelle à |: salle à manger ; heureuse diversion qui vient, ot per court à l'émotion du départ et des adieux. , Nous sommes au gyand complet ; gt, par suit malgré les vastes proportions du:saloh, très gêne à table. Quand je remonte sur le pont, Liverp a depuis longtemps disparu : nous sommes toujou -dans la Mersey, dont les eaux sales et bourbeus: sont fort agitées, et nous ne tardons pas à mettr en panne pour attendre la marée qui perme tra de franchir les dernières passes conduisant à. e. 11 fait nuit et la pluie ne cesse p® dans le salon des’ fumeurs « smokil is sur le pont. Vergineuf heures, 4 M nn ct enfiilrche, et peu de ten :

après C nence à danser sérieusement; Ce m'indique clairement que nous en avons fini aï . la Mersey et que nous avons atteint la pleine mé Quelques passagers tiennent bon;. je suis 4 nombre; mais tout à coup, une vague énorme là layant le pont et, pénétrant pâr la porte ouves

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, retraite générale. Je me réfugié dans la cabine e je partage, moi troisième, avec deux Anglais.

notre chambre, nous inonde complétement; de :

ÆLes oscillations invraisemblables, le craquement

Ontinu des ais du navire, le fracas des vagues qui brisent sur ses flancs me tiennent quelque ps éveillé, Mais ce concert n'était pas nouveau jo) r moi; je finis as ‘me semblait que entissaitset que le aiblissant, * CE e ne me trompäis pas; le lendemain, en’monsur le pont, je vis avec flaisir que l4 mer Wait relativement tranquille. Le temps était doux le soleil levant promettait une belle journée.

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h; maintenant nous naviguons par le travers 2 North-Channel qui sépare l'Écosse de l'Ir-

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ae; au loin’à droite on. aperçoit les -hâutes es de la presqu'île de Cantire, tandis que mous eons à gauche, à quelques millés au larges les

E S dix heures, nous passons tout près de terre,” Bant au nord la petite île de Ruthlin. C'està s'étend, le long dela côte irlandaise, sur {me e de plusieurs kilomètres, la fameuse Chausdes Géants. Cette curiosité naturelle consiste

n promontoire formé par d'innombrables cô= es polygonales de basalte, exactement adap= les unes aux autres, et dont l'assemblage Ésente de loin tantôt une vaste fortific

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Ss irlandaises, au nord du. golfe de Belfast: ,

par M'endormir et même par.

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. Vers midi, où pénétrons dans le fiord de Lon-

donderry. Onss’arrète à cinq cents mètres du ri- | vage, en face du petit bourg de Moville, que domine uñ #ieux château ruiné, indiqué sur la carte

sous le nom de Greencastle. La campagne est boisée et paraît fort jolie, parsemée de nombreuses,

maisons de paysans et divisée en champs bordés

de haies vives, comme en Bretagne; cà.et là surle rivage d’élégantes” villas à moitié cachées sous: les grands arbres. DC

C'estici que nous devons prendre lés dernières dépêches pour l'Amérique. Nous attendons la

“malle de Londres, en retard à cause de la tem-

pète d'hier, et qui n’arrivera que fort avant dans la soirée. Profitons de ’cette- circonstance pour faïre connaissante avec notre navire et aussi.aŸ6c

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ses habitants."

Le Sardinian, capitaine Dutton, est leplus grañd navire-de la ligne Allan; c’est aussi l’un des meilleurs marcheurs; il jauge 4,316 tonneaux. Sa longueur est de 450 pieds, sa largeur de 45 seulement. Son excessive longueur le rend susceptible d'une grande vitesse, mais au détriment de la stabilité. Le pont est entièrement de plain pied; grand avañtage pour les amateurs de promenade” qui peuvent faire presque deux cents pas de l’arrière à l'avant. La machine, dont je n'ai pu savoir exactement la force réelle, ést construite d’après un nouveau système, qui permet d'utiliser la totalité du calorique produit, tout: en économisant notablement le combustible. Lorsque le vent est favo-

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jusqu'à 13 nœuds 1/2 à l'heure (28 kilomètres 70) mètres). Notre vitesse moyenne a été de 14 nœuds 1/2, soit 27 kilomètres. Le nœud égale le mille marin qui est de 1, 851 mètres 8.

Un large escalier conduit au salon qui sert aussi . de salle à manger et occupe tout l'arrière du bâtiment. gu dessous se trouvent une vingtaine de cabines de première classe, A la suite du salon, . deux longs couloirs donnent accès aux autres cabines, divisées en trois catégories selon leur posiion, mais donnant aux passagers un droit égal à là table et au salon. Puis viénnent les cabines de classe intermédiaire ou deuxième classe, les chambres des officiers, des mécaniciens, de l'employé des poftes, etc., etc. À l'avant sont les dortoirs

des pasSagers de pont (séeerage), les cadres des 3

chauffeurs et des imatelots, Les passagers de cabine sont au nombre de cent

. trente-quatre, y compris une douzaine d'enfants.

Deux Autrichiens, un Allemand, un Américain et moi représentons l'élément étranger. Tous nos autres compagnons de. foyage sont Anglais ou Canadiens. La plupart de ces derniers parlent français. Du reste le français est la langue maternelle des Canadiens originaires de Montréäl, de Québec et du bas Saint-Laurent. Ceux du Haut-Canada et de la région des lacs ne parlent guère que l’anglais. Mais tous, Canadiens français et Canadiens anglais, m'ont témoigné la plus grande bienveillance etse sontempressés de me donner tous les renseignements que je leur demandais sur le pays it in. ‘

us filons

La malle de Londres n’est arrivée qu’à onze heu-

res dusoir ; on a chargé à bord du Sardinian une

inquantaine de gros sacs de dépêches, et nous avons été enfin libres de partir.

Je transcris ici quelques notes prises au jour le jour pendant ma traversée de l’Atlantique : Samedi, 2 septembre. — Nous avons roulé toute la nuit et nous roulons encore d’une façon remarquable. Cependant le soleil brille, le: temps est beau ; mais la mer’est toujours très foftlf et je ne puis écrire que difficilement. Rienÿéa vie de-

puis ce matin; quelques grands oiseaux"suivent .

notre sillage, Dans la soirée, le tangage cesse ; le roulis seul se maintient. — Belle nuit éclairée par la pleine lune: uen

Dimanche, 3 septembre. — Le temps, qui était

assez beau ce matin, devient fort mauvais dans l'après-midi. Le service religieux a été célébré au

salon ; c’est le capitaine qui a fait la lecture de la :

Bible. Le soir, à huit heures, il y a eu encore office

“avec cantiques ; jusqu’à dix heures, malgré le roulis, le piano a accompagné les chants sacrés. Avant | de regagner ma C bine, je suis allé faire un tour | sur le pont. Nous marchons toute voilure dé-| ployée, ce qui fait très bon effet au clair de la

‘ June. De plus, nous devons faire ainsi beaucoup de chemin. |

Lundi, 1 seplembre. — Je ne me trompais pas : ‘ voici le point affiché à midi au salon. — Latitude 56° 46’, longitude 34° 46’. Nombre de milles parcourus depuis la veille, 350. Total depuis Mo-

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faisant. Ma montre que j'ai laissée à l'heure de,

Londres marque deux heures ; à bord, il n’est que midi. Nos journées sont donc en réalité de vingtquatre heurés et demie. Au retour, elles ne seront

. plus que de vingt-trois heures et demie: Il en ré- sulte ceci: qu’à vitesse égale, on parcourt, par

jour, un plus grand nombre de milles dans le pre mier cas que dans le second.

Nous nous sommes élevés au nord de plus de do,

Si nous avions toujours suivi le 54° parallèle qui

est celui du nord de l'Irlande, nous äurions, en réalité, tracé une ligne courbe ; le plus court chemin est celui qui passe par le grand cercle, et c'est pour le rejoindre que nous avons fait route au nord. :

Ce matin, nous'avons franchi la ligne idéale qui sépare l'Atlantique en deux parties égales de la côte d'Irlande au üétroit de Belle-Ile. C'est le point le plus resserré de cette mer ent - Europe et l'Amérique ; la distance entre les deux côtes opposées n'est, à eue latitude, que de 3,600 kilomètres.

Mardi, 5 septeh bre. — Au froid piquant d'hier a succédé uné température plus douce. Cependant nous sommes par le travers du détroit de Davis, et à cent lieles seulement du cap Farewell, pointe sud du Groënland. Leroulis est moins violent. Aussi voyons-nous de nouveaux visages faire leur apparition à la salle à manger.

Je n'ai ne rien dits des repas que borde bien :

l'Atlantique, la table joue un rôle âséo important. À huit heures et demié, déjeuner ; à deux heures, lunch ; à six heures, diner ; à dix heures, thé. La cuisine, en général, est peu variée, les volailles sèches et dures, la pâtisserie lourde. Lorsque le temps est beau et que le personnel des passagers est à peu près complet, le service est mal fait, “Obtenir du païn est toujours-chose difficile. Cependant les garçons, rangés en ordre de bataille, obéissent militairement au son d’un timbre parti du buffet élevé ou trône le stewart ; chaque plat est apporté, découvert, et enlevé simultanément par une douzaine de bras. Mais le service n’ef Wa pas mieux pour cela, surtout. lorsque; comme moi, le patient n’a pour se faire entendre qu’un vocabulaire restreint de mauvais anglais. ne Toutefois, je remarque que le garçon préposé à mon service et qui ne savait pas un mot dé français au début du voyage, fait journellement de no- ‘ tables progrès dans la pratique de cette langue. Aurait-il, par hasard, mis la main sur un manuel | anglo-français oublié par moi, un soir, sur la*teble du salon, et que je n'ai jamais pu retrouver? Les passagers de Sul classe sont peu nombreux. Parmi eux se trouvent un Belge et deux Francs-Comtois, qui s'expatrient. sans trôp savoir pourquoi, et n’ont, sur l'Amérique en général et le Canada en particulier, que des notions fort confuses, Un jeune Parisien, ouvrier mécanicien, retourne au Canada, qu'il a quitté l’année dernière, après un séjour de trois années. Ce jeune

tains : Je:

passa son p nada, à Sa Phili revie Pour

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jene gner ‘afficl à di de IL:

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homme, qui me paraît bien connaître le pays, me —

URS , important. ‘dépeint sous d'assez tristes, couleurs le rôle de.cerr heures, tains de nos compatriotes à l'étranger. + s, thé. La : Je me promène souvent avec un brave Danois, s volailles passager de seconde classe, et qui entreprend, pour Lorsque le son plaisir, le tour RS 1 visiiera le Ca- * passagers D nada, l'Exposition de. Phila elphie, S embarquera mal .fait. 4 À San-Francisco pour le Japon, ira en Chine, aux ile. Cepen- Philippines,- aux Moluques, traversera l'Inde et # ille, obéis- reviendra chez lui par Suez et Constantinople. | parti Ju Pour ce grand tour, huit mois et dix mille francs Le’ plat est « lui sufkront ; comme moi, il voyage sans bagages ; ment par jene lui cache pas le désir que j'aurais de l'accomet va pas gner..— Notre capitaine est tres pieux Àl a fait ne moi, le ‘afficher au salon que, chaque soir, de huït heures n vocabu- à dix heures, il y aurait, dans sa cabine, lecture ” de la Bible et conférence religieuse. Je ny suis préposé à | aventuré aujourd'hui ; on m'a donné une Bible et dé fran chaque assistant a lu son verset à la ronde; puis nt de no- on a discute et commenté le sens réel et myste langue. | tique de chaque verset, Un des assistants a prèché n manuel et la séance s’est terminée par des cantiques. We ur lat ; Mercredi, 6 septembre. — Ce matin, temps rover ? splendide. C’est la plus belle journée depuis le ts peu nom- commencement-du voyage. Personne n'est plus + et deüx malade et le temps se passe fort gaiement. On-joue Ôp savoir beaucoup sur le pontau sAufflé board et au quoïié. énéral et \ Lepremier de ces jeux est assez intéressant ; il ions fort \\ consiste à pousser, à l’aide de longs manches, des canicien, disques de bois dans ‘certains carrés numérotés anée der tracés à la craie: Chaque joueur a deux palets à Ce jeune lancer; ‘toute l'adresse du jeu consiste à se bien

placer et à déloger les disques de l’advérsaire.

Pays, me

Le quoil est plus simple: il s'agit d'enfiler dans ;

un petit bâton placé verticalement des rondelles

:. de cordes lancées à la main. De fort graves personnages et de jeunes miss se livrent avec entrain à ces distractions, tandis que les ladies, tout enveloppées de fourrures et à demi couchées dans de : larges fauteuils à bascule, viennent, pour la pre-:

: mière fois, respirer sur Îe pont J'air vivifiant de l'Océan. |

Dans la smoking ro00m on organise une loterie

sur le nombre de milles qui sera affiché au salon. Chaque billet coûte un Schelling, mais doit être remis aux enchères par son propriétaire qui verse à la caisse commune la moitié du prix de vente. C'est ainsi que le numéro gagnant se trouve mis ,. en possession d’une poule de huit à dix livres sterling. De là, au repas ‘du soir, une large distribution de champagne aux frais de‘celui que la.for- . Tuné a favorisé.

L'événement de la journée à été le: passage, à

peu de distance, d'un grand steamer de la ligne Dominion, se rendant de Québec à Glascow. Sauf deux voiliers aperçus le premier jour, c’est le | Premier navire que nous rencontrons sur notre . route et ce sera probablement le seul; car la voie: du nord est peu fréquentée. Toutes les autres * lignes de steamers ont leur itinéraire fixé au sud des bancs de Terre-Neuve. |

Sous l'influence du beau temps, on devient plus

Communicatif. Je m'aperçois que la plupart de mes compagnons de voyage parlent français ; j’en

profite pour faire de nouvelles Connaissances et.

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de no rées est tr apert excel] lards paras£ * Le seme gentl norm glais.

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