LE CORCOVADO
prendre nos billets et de monter en wagon. J usqu'à trois heures de l'après-midi nous remontons à pe-
… tite vitesse la large et monotone vallée du Para-
hyba, puis nous laissons à droite la ligne qui réanit Saint-Paul à Rio, et la voie s'engage résoliment dans les montagnes, dont elle atteint pénilement le sommet au moyen ,de quatorze tunnels et de nombreux circuits. La vue que l’on découvre alors sur tout un chaos de montagnes entrecou- ‘pées de profondes vallées et sur les eaux bleues de la baie dans le lointain, est réellement magnifique. Où traverse presque constamment la forêt vierge avec ses arbres gigantesques surchargés de lianes: d'orchidées ct de parasites de toutes sortes. Cà et à quelque clairière est ouverte à travers les bois : les arbres sont abattus, brûlés sur place et remplacés par des plantations de café. C’est là que j'ai vu les esclaves au travail, rangés en longue file et piochant la terre en ordre de bataille sous l'œil dés surveillants. Depuis 1871, les enfants des esclaves: naissent libres, et l'esclavage est aboli en principe. Maisil est maintenu temporairement pour les anciens esclaves. La loi a déterminé seulement le mode suivant lequel ils pourront s'élever graduel-
‘lement à la liberté. À six heures et demie nous
rentrons à Rio par la gare monumentale du chemin de fer de Pedro II. :
La plus intéressante excursion’ que l'on puisse faire aux environs de Rio, est l'ascension du Cor- Covado. Cette montagne, dont le nom signifie /e Bossu, s'élève tout près de la ville, à la hauteur de 695 mètres, et présente au sud et à l’est une masse
: à . Le: :
énorme de granit taillée à pic et absolument inac-
cessible. Le versant nord-ouest est recouvert de la .
plus riche végétation ; c’est de ce côté seulement | que l'ascension est possible. Au sortir de la ville alt
on franchit en quelques minutes une colline escar- vo péeau moyen d’un tramway à plan incliné, dont, Co!
la voiture est hissée par une machine fixe. On ar-" la: rive ainsi au faubourg de Santa-Thérésa, où se” ser
” trouve un second tramway circulant sur les hau- rer ‘teurs-jusqu'’aux environs d’un belaqueducconstruit rie
, en 1140. De là on gagne, en une heure, le réservoir den ee des eaux, par une route excellente, bordée d’un rab | côté par les constructions de l’aqueduc et protégée s'él de l’autre par un parapet qui permet de contem- “ha
pler sans danger les pentes boisées ‘qui descendent bea au fond de la vallée. On a disposé un jardin d’une d'u fraîcheur délicieuse autour du bassin où sont re- rus cueillies les eaux limpides qui jaillissent de la dén montagne. C’est un charmant endroit pour faire rab une courte halte avant d'entreprendre la partie m'a: sérieuse de l’äscensiôn. On quitte ensuite la grande apri route pour prendre un petit chemin ombreux qui U circule constamment sous un -dôme splendide de Cris ; vérdure, et mène par une pente douce, en moins rem: de deux heures, à la station appelée « las Painei- de p: ras ». Pendant cette facile ascension on ne se lasse pépi pas de contempler cette luxuriante végétation qui Pe
se développe ici dans toute sa puissance. La der- fois niére partie de l’ascension offre seule quelques ville. difficultés ; la route a cessé, et il s ’agit de gravir le en fa cône terminal au moyen d’un sentier fort raide, de Ri
aboutissant au out sur des rochers nus et brü-
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de palmiers, et un grand jardin servant à la fois de
: PRAYA-GRANDE CES “207 lés par le soleil. Ce mauvais Pas est généralement -franchi en moins d’une demi-heure.
Le merveilleux panorama dont vous jouissez alors vous dédommage amplement des fatigues que . YOuS avez éprouvées. A vos pieds se déroulent, comme sur un plan géographique én relief, toute la ville de Rio, la vaste baie aux rivages capricieusement découpés, aux ondes bleues et transpa- . rentes, avec le verdoyant archipel de ses îles intérieures, et tout un cirque de Montagnes aux crêtes
dentelées. On ne perd aucun détail de cet admi-
rable paysage: immédiatement au-dessous de vous s'étend le jardin botanique : “Vous dominez d'une “hauteur de plus de deux mille pieds la cime de ses beaux palmiers. Le sommet du pic est entouré d'une muraille, et on y à disposé quelques sièges rustiques. Le touriste peut donc y jouir, commodémènt et en toute sécurité, de la vue incomparable qui s'offre à ses regards. Pour moi, je ne pus m'arracher à ce Magnifique spectacle que bien après le couchier du soleil. Rd
Un autre jour je visitai le Parc'impérial de San-
Cristoyäo, traversé par le chemin de fer. On y