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avaient été convifs deux Irlandais, passagers de . pont, qui ont jbué sur l'accordéon et le flageolet de jolis airs dé leur pays. Cette soirée s'était terminée par l'expulsion d'un Allemand” qui, excité par de copieusés libations et ne trouvant pas à ou goût certaine scène comique chantée en patois:
desque, avait, à plusieurs reprises, témoigné de
‘sa mauvaise humeur par deS$ grognements signi—
ficatifs. Le de Re Jeudi, T septembre. — Ce matin, à cinq heures, par a nuit noire et une pluie torrentielle, on a
reconnu Belle-Ile, à l'entrée du détroit dû même
nom, qui sépare le Labradér de l'ile de Terre- Neuve. Nous avons donc franchi toute l'Atlantique en Cinq jours et six heures. | = Ceux qui ont eu la bonne fortune de se trouver
sur le pont, au lever du jour, ont pu voir, outre :
des masses de glaçons échoués sur le rivage, deux grands icebergs flottants plus gros que notre na-
vire et beaucoup d’autres plus petits aux alentours; . à droite, là côte basse du Labrador; à gauche, .
les hautes montagnes de Terre-Neuve, à moitié cachées parile brotillard. | :
Une heure après, lorsque je parus sur le pont, rien n'était plus en vue. Le détroit n’était pas encore franthi, mais üne pluie fine et serrée,
jointe à un brouillard épais, hôte habituel de ces .
tristes et froids parages, me dérobait la vue des
côtes.
.… Ce n’est que vers neuf heufes et demie que j'ai salué, pour 14 première fois entre deux nuages et
à deux milles environ,
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la terre américaine. C'était le Labrador qui se profilait en côte basse et Au et disparaissait,
peu de minutes après, dans le brouillard opaque.
En même temps, à un mille vers le sud, un magnifique iceberg se présentait à nos regards. Il se terminait en deux pointes acérées dont la plus haute dépassait les mâts de notre navire. Son vOlume apparent n'étant que la septième partie de la | masse totale, nous avions donc sous les yeux un bloc de glace d'une épaisseur d'environ trois cents mètres. Je fus d'autant plus satisfait de l’'apercevoir que, le matin, j'avais laissé échapper une occasion que je n’espérais plus retrouver. j
Toute ‘la: journée le mauvais temps persiste. Cependant là mer est tranquille. En effet, nous naviguons dans un vaste bassin intérieur formé par l'estuaire du Saint-Laurent, le Labrador, Terre- Neuve et les côtes du Nouveau-Brunswick.
À table, on a enlevé les tringles de sûreté, vulgairement « les violons, :» indispensables jusquelà. Nôus filons toujours nos 44 nœuds 1/2, malgré vent'et brouillard. Cependant le roulis est' presque nul, et c'est la trépidation de l’hélice qui gêne le plus pour écrire. Nous redesceridons rapidement vers le sud; aussi les journées sont-elles moins longues. Fout de suite après diner il fait nuit close.
Ce soir, il ya eu bal au salon. On a déplacé quelques tables et la jeunesse flirlante a exécuté le quadrille des Lanciers.
Vendredi, 8 seplembre. — La pluie a cessé:
mais il fait froid, et, bien que le soleil brille de tout son éclat, le HS QMEIe ne s'élève pas au-
à ; Lo
dessus de %, Notre route passe au sud de l'île d’Anticosti, longue terre basse que nous apercevons dans le lointain. Le chenal du xord nous offrirait une voie plus courte; maïs il est étroit, semé ‘de dangereux récifs et de bas fonds, et presque impraticable aux gros,navires. Aussi est-il à peu près abandonné par fa navigation.
Bientôt se dressent à l'horizon les hautes falaises
du cap Gaspe, pointe extrême de la presqu'île,
située au süd de l'embou‘ure du Saint-Laurent. Dans les eaux de notre nadite se joue une baleine, dont le passage est signalé far des jets intermittents de vapeur d’eau. MEN
Nous sommes à peine à un kilomètre de terre; nous passons, souvent à portée de la voix, près de petites’ barques muntées par deux hommes'qui se livrent à la pê@kÿ de la morue, fort abondante sur ces rivages. Ces'braves gens salués par nous, répondent en français. Dans toute la région:.du
Saint-Laurent. inférieur, le français est la langue maternelle des habitants qui, pour la plupart, dans . les villages, ne savent pas un mot d'anglais.
: Au fond des anses on aperçoit de petits hameaux et quelques champs cultivés aux alentours. Puis la forêt reprend son empire, De noirs sapins couvrent les montagnes, s’étagent sur les collines et
‘descendent jusqu'au rivage. Beaucoup sont morts
de vieillesse, mais on les voit encore debout, dépourvus de leur écorce et semblables à de grands Spéctres blancs. D’autres jonchent le sol où ils Pourrissent lentement. Une partie de ces bois
: abandonnés est entraînée dans la mer qui les re-
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jette incessamment, sur le rivage où ils” forment * . un amas inextricable de troncs dépouillés et gri- . satres. Vers la fin de la journée les montagnes deviennent plus élevées; l'immensé forêt en couvre les sommets les plus reculés. On me dit que les ours Sont fort nombreux dans cette région; jen’ai pas de peine à le croire, car la hache du bûcheron n'a pas encore pénétré dans ces retraites inacces- ‘ sibles et le pays est trop froid. pour, que la forêt puisse être remplacée par des cultures productives. Toute la journée le beau temps se maïntient et nous longéons ainsi la rive sud de l'immense
re de terre : M fleuve sans jamais apercevoir le rivage opposé. Dix, prés de Vers cinq heures, on a cru l'entrevoir; mais =
mes" qui se M c'était un effet de mirage semL'able à celui dont F ondante sur BA j'ai été témoin en 4869, dans le West-Fiord, près | | r nous, ré- D des îles Loffoden. Cette côte fantastique changeait | région, du BR de forme à tout moment et prenait parfois l'appa-" | tla langue D rence d’un pont gigantesque jeté sur la mer. | upart, dans Dans la soirée, nous avons eu le spectacle d’une Le rlais. splendide aurore boréale. Variant sans cesse.d'as— . ‘
tS hameaux D pect. déployañt à l'horizon ses raperies étince-
tours. Puis BA lantes de! blähcheur et dardant continuellergent apins cou- A dans l’espace de merveilleuses irradiations-multicollines et M colores, cet intéressant phénomène, malgré le -s
sont morts D froid, nous a retenus sur le pont jusqu’à une heure lebout, dé- M fort avancée de la nuit. :
de grands
sol où ils > ces hois ui les re-
‘de ce pays, il se forme au pied de la cascade un,
. vient aboutir à Halifax, et dessert les REGUICES
orientales du Dominion.
“Maintenant nous défilons'entre les deux rives du Saint-Laurent, large en cet endroit de: quinze à vimgt kilomètres. Nous avons dépassé l'embouchure de la célèbre et pittoresque fivière Sagüenay qui sort du lac Saint-Jean et vient appoëter
au Saint-Laurent le tribut des eaux de a vaste et froide contrée avoisinant la baie d'Hudson.
‘Le pays devient de plus en plus fertile et peuplé: çà et là se montrent de coquettes églises aux brillants clochers. Le fleuvé est semé d’iles et d'ilots.
: Bientôt apparaît l'île d’ Orléans, longue de trente’
kilomètres et divisée én champs réguliers. Chaque Cultivateur a bâti sa demeure sur sa propriété. Presque toujours la maison ést construite à unè centaine de pas du fleuve dont Ja berge douce- ment inclinée a été convertie en jardin vu en verger. C’est un village long de. sept. nous que nous côtoyons à toute vapeur.
A l'extrémité de l’île on on ui la chute formée par le Montmorency , large rivière qui se précipite d’un-seul bond dans le Saint-Laurent, d'une hauteur. de quatre-vingts mètres. Maigré
l éloignement, nous la voyons fort bien du bateau. On me raconte” que, pendant les rigoureux hivérs
énorme cône de neige et dé glace. On y'vient alors de Québec en partie de plaisir. Des courses de traineaux s'organisent aux alentours, et la jeunesse canadienne s'amuse à se lajsser glisser le long des parois du cône glacé.
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Bientôt. après, Québec non S apparait perchée sur
un rocher au bord du Sa int-Laurent. Ses nom- breux clochers aux diles Mnétallias ce ses toitures de fer blanc étincelant au soleil, lui donnent l'aspect d'une ville russe. I1 mo semblaitt fevoir la vieille cité de Nijni dominant le cours du Volga. “Le brave Sardinian se fraye lentement un passage à travers une foule de navires que sa masse imposante paraît écraser ; à midi, nous somète, amarrés à la pointe Lévy, sur la rive opposée à Ja ville. . eu
. Notre traversée est terminée. En sept jours et demj nous avons franchi la distance de 2,650 milles (4,910 kilomètres) qui nous sépare de la côte d'Irlande. Sent Te
Au déjeuner, à la suite de plusieurs speechs, on
a porté un toast à la santé du capitaine Dutton et de son navire.-Rien-ne me retient plus: mon sac est bouclé ; et, le premier de tous, prenant ‘en pitié mes compagnons que leürs bagages retiennent à bord, je franchis la passerelle YaCcillante et je touche enfin du pied le sol de l'Amérique.
Quelques minutes après je sûis à bord du bateau omnibus qui fait la navette entre les deux rives du Saint-Laurent, : |
LE CANADA. — QUÉBEC. — MONTRÉAL. .— LE SAINT-LAURENT. — LES RAPIDES."— LES MILLE ILES. — LE LAC ONTARIO. — TORONTO. \
/ be l + Québec (les Anglais prononcent Couébec) se di- | vise en haute et basse ville. Je ne dirai que peu de mots de la basse ville, qui s’étend le long du rivage et se compose de quartiers commerçants et popu- Jaires. J'ai hâte de gravir le rocher escarpé quel coùronne la haute ville, à une hauteur de plus de
cent mètres au dessus du fleuve.
L'ensemble de latité représente un triangle dont la base serait formée par la plaine d'Abraham, ct les deux autres côtés par le Saint-Laurent et h
-rivière Saint-Charles. De la terrasse qui sert de promenade et se termine par un précipice de soixante-dix mètres de profondeur, la vue est ma
ÉAL. — LE ES."— LES NTARIO. —
1ébec) se dii que peu de
triangle dont Abraham, el aurent et la
qui sert de précipice de vue est ma
QUÉBEC 5 navires, Ja ville Fasse et ses vastes chantiers de construction. Plüs loin, sillonnée par l'immense nafpe de Saint-Laurent, qui contourne l’île d’ Or=
léañs, s'étend une tampagne verdoyante, parsemée
« d'élégantes villas et de blanches ,maisons, jus-
qu'aux confins de l’horizon borné par de hautes
collines brumeuses. : k
Près de k, dans le jardin botanique, se dresse
le monument élevé aux généraux Wolf et Montcalm, au vainqueur etau vaincu, morts tous deux
au service dé leur patrie. Une inScription touchante perpétue le Souvenir glorieux de ces héros ennemis, réconciliés par la postérité. Au-dessus du jardin se déploient les immenses fortifications ‘de la citadelle, qui font de Québec le Gibraltar de *
l'Amérique et l’une des plus fortes places de guerre du monde entier.
Les monuments de Québec n'offrent rien de bien
remarquable pour un touriste européens citons cependant le château de Saint-Louis, résidence du gouverneur, la cathédrale catholique, l'église épiscopale, surmontée d'uñe élégante flèche recouverte en étain, le palais de justice, le collége et les casernes. Les rues de la ville sont’ #énéralement étroites et bordées de trottoirs en bois assez malentretenus. Le payage laisse beaucoup à désirer ; une boue noire et épaisse envi ahit l’espace réservé aux voiturés, ce qui complète la ressemblance avec les villes, russes. Certaines ‘rues sont
‘ entièrement pavées èn bois, mais ne sont guère
plus propres ; quelques ruelles sont formées d'es-
Québec. renfer français ÿ est en is. Les magasins sont |petits, semblables à ceux d’une ville de province len France. Je n'y.ai
à visiter ces lieux inune dernière promen
, rien en Eu ope qui puisse donner une idée de ces vastes hôtels flottants, meublés aveë. un luxe
iouï. Par Un ingénieux Système, la machine et les roues otrices restent invite ès lors
point de bruit ni de Mauvaise 6deur “ucun contact avec l'équipage. Le rez-de-chaussée est con
L'élément
endant, la
:S Maga-
Ie ville de à noter si
de jolis >, ‘travail
rive avec
œret. Son intéres- Nvirons, il, le tou- Onsacrer Tontmoau villes, aux rivière
eux inle long au«qui dir. Lé es imétages.
avons de ces luxe ine et S lors | con-
sacré aux marchandises, dont le transbordement est facilité par de vastes ouvertures. D'élégants piliers supportent les étages supérieurs, auxquels on accède par un large escalier. Au premier étage, . à l'arrière, se trouve. le Salon des dames, tout en velours-b eu, puis un grand salon commun, aux pann ux | finement sculptés, avec glaces et dorures à profusion. Au centre, un piano; partout des meubles confortables, de largés divans, des fauteuils, étc. Plus loin une bibliothèque, un cabinet de lecture avec tout ce qu’il faut pour écrire, une buvette toujours très entourée; enfin un véritable bazar où une demi-douzaine de jeunes filles vendent des objets de curiosité, des livres et toutes sôrtes de bibelots. A l'avant comme à l'arrière, sp cieuseterrasse avécvérandaet galerie circulaire. Un somptueux escalier conduit au second étage, spécialement réservé aux chanibres à coucher ; il ÿ en a plusieurs centaines. En arrivant à ord, vous Da votre ticket à un employé installé dans un bureau spécial, et qui vous remet en échange la clef de votre chambre. Vous êtes * désormais chez vous, avec cette différence que ” votre logis, au lieu d’être fixé au sol, fait régulièrement ses 24 kilomètres à! l'heure. J’oubliais de dire que partout, au premier comme au second étage, de moëlleux tâpis assourdissent le bruit des pas. Au-dessus du deuxième étage se trouve la toiture en zinc, surmontée par l'énorme balancier de la machine et dominée par une petite tour où se tiénnent lé c Capitaine et les hommes du gouver- nail. De ce poste élevé, la vues ‘étend au loin sur