‹ Promenades dans les deux Amérique 1876-1877 [microforme]Chapitre 9 sur 109 · QUÉBEC · texte numérisé non relu

QUÉBEC

Con-—

« Service. »

ÿj

le fleuve ; là est le Cerveaü-du menstre. L'énorme “Masse obéit avec docilité aux ordres qui lui sont

transmis par une petite roue qu'un'seul homme manœuvre facilement, tn Cependant mon billet me donnait droit à -un dîner, et, dahs tout ce que je-venais de voir, je n'apercevais rien qui réssemblât à he salle à

manger, J’errais done assez embarrassé au milieu. -de la foule, lorsqu'un jeune homme à la phy-

sionomie sympathique, Mais qu’äucun insigne ne distinguait des autres voyageurs, s'approche de moi en me demandant. s’il pouvait m'être utile à quelque chose. « — Volontiers, lui dis-je, ie pourriez-vous pas m'indiquer où se trouve la salle à manger? —Je vais vous y Conduire, » reprit mon

; interlocuteur: et, cômme je le remerciais de son

Obligeance: « — Je suis le Capitaine, me dit-il simplement; j'ai vu que Vous étiez Français et que Vous paraissiez chercher quelque chose.

Nous autres Canadiens, nous n'oublions pas que

Nous.avOns du sang français dans les, veines, et je

#me Suis fait un plaisir de vous rendre .ce léger

La salle à manger occupait avec les: Çuisines une partie du sous-sol. L'heure Qu repas était passée depuis longtemps, mais le Capitaine Labarthe m'aCCoMpagria lui-même, et je n'eu$ pas à me

PS

plaindre du dîner que le chef me servit sur $a recommandation. E se

Je cite ce détail pour donner une idée des sentiments qui animent Jes Canadiens de langue française ; quoique franchement rétonciliés avec

RS

L’énorme

i lui sont 11 homme

roit à un > VOir, je le salle à au milieu.

la phyinsigne ne roche de re utile à ie poura sâlle à rit mon is de son ne dit-il nçais et > chose.

pas que es, et je:

ce léger

ines une t passée abarthe S à me

sur $a

es sen-

lefran— .

avec

MONTRÉAL 3% l'Angleterre, ils n'ont pas oublié la mère patrie et sont fiers\le leur origine. PER ; Lorsque je remonte sur le pont, la nuit est arri: vée. De la terrasse du Premier étage, où je m’installe commodément dans un, fauteuil à bascule, j'entends les sons éclatants d'un orchestre alle-

mand qui fait rage au rez-de-chaussée. Mais peu: .à peu les bruits s’apaisent : il est près de minuit

lorsque nous ‘entrons dans le lac Saint-Pierre, qui n'est qu’un élargissement du Saint-Laurent.

Nulle terre en vue : on se croifait sur l'Océan. La .

nuit est si belle que j'ai peine à Quitter mon poste d'observation.

Le lendemain matin, à six heüres, nous arrivons à Montréal ; un brouillard épais s'est élevé

pendant la nuit et empêçhe de rien distinguer à :

cinquante mètres de distance. ; Montréal est bâti dans une île formée par le Saint-Laurent et un bras qui se détache de la rivière Ottawa ; Sa population qui, au commence- ‘ment du siècle, atteignait à peine 9,000 habitarits dépasse aujourd'hui 120,000 âmes. CE : La ville s'étend sur la rive gauche du fleuve, dans une plaine fertile dominée par le Mont-

Royal, d'où elle tire son nom. C'est la plus impor-

tante cité du Domihion. Ses rues larges, plantées d'arbres vigoureux et bordées de vastes trottoirs, Contrastent avec les ruelles étroites de la vieille cité de Québec. A Québec, on peut encore se croire en Europe ; à Montréal, cette illusion n'est plus permise ; on se sent en Amérique. Les rues se

Coupent à angle droit x. quelques-unes ont plus de— —

SIX MILLE LIEUES EN SOIXANTE Ur

deux kilomètres de longueur. Les hôtels élégants et spacieux de Greal.Saint-Jaines steel, -occupés principalement par des banques et des compagnies

d’ assurances, sont vraiment dignes d’une grande

capitale’ Saint-Paul strect est la résidence favorite du haut commerce. Les faubourgs du nord of-.

. frent une succession continue de charmantes villas -. et de magnifiques résidencés particulières. Les . quais ‘du Saint-Laurent sont bordés d’une longue :

+ rangée de hautes constructions d'un «aspect tout à fait imposant. Le fleuve est accessible aux plus

gros navires. Une forêt de’ blancs vapeurs, aux

cabines étagées, se presse le long du rivage.

La cathéirale, construite en pierres grises dans le style gothique, passe pourla plus belle de l’Amérique du Nord. Elle, cst entièrement peinte à l’in- “térieur et décorée de drapeaux français et anglais. Mais la merveille de Montréal est le pont tubu- ‘ laire Victoria, qui sert de passage au Chemin de fer Great Trunck: long de plus de trois mille mètres, il est soutenu à vingt mètres au-dessus du Saint- Laurent par’ vingt-quatre piliers de maçonnerie construits de manière à résister au choc puissant des énormes glaçons que charrie le. fleuve, au ” moment de la débâcle. La hauteur du tube est de 25 pieds ‘et sa largeur de 18. Ce gigantesque travail a coûté trente millions. Près de l'entrée, un monument a été élévé à la mémoire des ouvriers qui ont péri pendant le cours des travaux.

J'ai remarqué, à peu de distance delà, un moulin élévateur comme on n’en voit qu'en Amérique. C'est une A ROME à douze étages,

peu z sales.

ment par le ment C’es rigou sertes.

logé, 1 du Mo retief.

fiacre .tend à merce.

entre:

comme ouvrie était C dont jo monde de sès4 empres tiers de tous le C'était mme cas, j'à une fou normar aux Ca Le M

gnifique

RS

î J IS élégants l,-occupés ompagnies

ne grande

nce favo- 1 nord of=.

ntes villas .

ères. Les ne longue :

spect tout aux plus

eurs, aux

ge.

rises dans de l’Améite à l’int anglais.

ont tubunin de fer e mètres, du Saint- \çonnerie > puissant euve, aù tube est antesque l'entrée, des outravaux.

un moumérique.

” étages,

peu gracieuse du reste, maisde proportions colossales. Grâces à un système inpénieux, le charge-. ment et le déchargement des grains transportés par les navires ou les Wagons se fait mécanique- .

MONTRÉAJ, à

ment Œ à peu de frais. |

C’est aujourd'hui dimanche : les magasins sont rigoureusement fermés, les’ rues à peu près désertes. Le maître de l'hôtel Richelieu, où je suis A logé, me conséille de faire une promenade au parc re du Mont-Royal et de prendre pour cela « un char-' retief. » C’est aiSi que l’on nomme les cochers de fiacre au Canada. A Montréal, l'élément français .tend à être absorbé par les Dons Le haut commerce, les banques, les professions libérales sont eñtre les mains de ces derniers. Par contre, les . Commerçants de détail, les petits industriels, les , ouvriers sont presque tous Français. Mon cocher . était Canadien français, et, malgré la réputation

dont jouissent ses confrères ans tous les pays du monde, je dois avouer que je n’eus qu'à me louer

de sèsiervices. Ce brave homme mit un véritable empressement à me faire voir les plus beaux quar-

tiers de la ville et à me donner sur chaque chose tous les renseignéments que je pouvais désirer. - C'était peut-être par amour pour le vieux pays, ve Somme il le disait dans son naïf langage. En tout (LS cas, j'ävais plaisir à retrouver, si loin de la France, une foule de locutions particulières aux paÿsans normands, débitées avec l'accent trafnard propre aux Canadiens. , |

Le Mont-Royal, auq gnifique avenue bordé

pâgne, s'élève sous la forme d’une butte escarpée

Couverte de forêts et isolée au milieu de la plainê. Une belle route, bien entretenue, en fait letoifr entier. Les voitures acquittent un droit de passage, Ce vieil usage paraît un côntre-sens en surtout au début d’un voyage, alors que le nouvel arrivant est toujours porté à exagérer la dose .de . Hberté dont il se figure devoir jouir dans le Nou- -veau-Monde. Une notvwelle route, à péine terminée, passe devant la belte villa de sir Allan, le célèbre banquier montréalais, fondateur ide la ligne de navigation qui porte son nom. Avant d'arriver au sommet. ellé décrit de nombreux circuits autour de la mont s Pendant cette ascension, on jouit d’une vue dmirable sur la ville, dont les toitures et les clochers métalliques resplendissent au soleil, sur’le majestueux Saint-Laurent, large de plusieurs kilomètres, ses Îles verdoyantes et les riches campagnes des environs. La vieible forêt a été convertie en parc anglais, aux allées sinuéuses. Parmi la foule des promeneurs, jé: reconnais . uelques-uns de mes compagnons du Sardiniqn, qui, comme moi, sont venus faire cette agréable promenade. Du tôté du sud, l'horizon est borné par les cimes toujours-vertes des hautes montagnes de l’état de Vermont. à

Le Great Trunck raihvay met en communication rapide les diverses provinces du Canada ; c’est aussi la route la plus courte pour se réñdre au Niagara. Mais je préférai suivre la vbie du Saint- Laurent, plus lente, ilest vrai, mais assurément plus intéressante:

Amérique, *

Page 1