UN TRAIN DE PLAISIR AU PÉROU
des Andes sont dfjà en grande partie surmontées ;
le tracé complet est terminé ; l'achèvement définitif
n'est plus qu'une question d'argent. Le point
culminant de la ligne se trouvera au milieu du
tunnel creusé sous le mont Meigg's, à 4,710 mètres au-dessus du niveau \e la mer, c'est-à-dire à peu près à la hauteur de la cime du Mont-Blanc. Jamais, dans le monde entier, aucune voie ferrée n'aura ateint de pareilles élévations. .
* L'administration du chemin de fer à eu l’heu-
reuse idée d'organiser chaque dimanche un train
de plaisir au prix réduit de-cind piastres, alier et retour, pour faciliter aux habitants du Callao
et de Lima la visite de la Cordillère. Je n'es garde
de manquer uré pareille occasion. Un déjeuner confortable attend les voyageurs à Chosica, station importante à 54 kilomètres du Callao, Aux endroits les plus remarquables de la montagne, au. beau
rête quelques minutes afin de permef
"@ d'admirer à loisir les'splendeurs du paysage. Vers
ois heures
on arrivé à la station de San-Mateo, à peu de dis- - tance du bourg, que l’on. a tout le temps de visiter. . Puis le train, revenant sur ses pas, est de retour
à Lima vers neuf ou dix heures du soir, non sans ire de longs arrêts à chaque station. Les buffets
son abondamment fournis de liqueurs et de bois: . Sons de toute sorte, depuis la modeste chicha de
maïs jusqu'au vin de champagne. La foule des. ex-
‘cursionnistes, surexcitée par l'air vif de‘la mon.
tagne, ne perd aucune occasion de leur livrer de rudes assauts. Sous l'influence de ces libations
train s'ar-
répétées, la g siciens |
chargés par le trajet, ct
ec d'assez d'en-
à travers, dans
‘Dès six heures il fait
a cigarette aux Jôvres;
agons d'épais nuages de fumée :
quelques amateurs piicent joyeusement de la gui-
tare; sans se préoccuper du apage infernal qui se fait autour d'eux. C'est ainsi que’ s’accomplissent | E RU les dernières heures du trajet, : Ceique j'avais pu entrevoir des merveilles de Ja Cordillère durant ce rapide voyage m'avait causé une si profonde impression, qu'à peine de retour à Lffnaf je formai le projet de refaire la même route afin de la bien’ fixer dans mes souvenirs. Je voulais aüssi pousser jusqu'à l'extrémité actuelle-
: mr
ment achevée de la ligne, à 500 ‘mètres plus haut
qué San-Mateo. C'est cette seconde excursion que
je vais essayer de décrire avec quelques détails.
Au sortir de Lima, le chemin de fer remonte la ‘vallée du Rimac en longeant la rive gauche du fleuve. Nous traversons des terrains bién'arrosés, où l'on cultive principalement le coton et la canne
à sucre; on passe devant l'hacienda- de Sahtas . Clara, où un millier de Chinois sont employés à l'exploitation en grand du précieux roseau, et qui -est desservie par un embranchement spécial. Plus
loin la vallée se resserre, et l’on aperçoit sur le ‘flanc des montaghes quelques villages indiens entièrement abandonnés. -On distingue encore les traces d'anciens trayaux d'irrigation antérieurs à
CD
le trajet, et |
d'assez d'enravers, dans Ieures il fait aux -lôvres; ss de fumée :
it de la guifernal qui so
complissent
trajet.
reillés de Ja avait causé > de retour e la méme uvenirs. Je
té actuelle- .
s plus haut ursion que .
détails.
remonte la gauche du en'arrosés, et la canne
de Sahtaz.
mployés à.
eau, et qui )écial. Plus soit sur le indiens enencore les itérieurs À
la conquête espagnole, Aijourd'hui tous les
:‘duits sont ruinès, et°ce.pays, présen(® l'image d’une stérilité absolue.
- Hilario; la-vallée seule est cultivée et, produi
ee est renommé pour
oujours d'inégale grandeur :
harnuë, mais d'un goût peu délicat.
| À San-Pedro-Mamino, ruines antiques.
OrcOma-Puente une croix indique le lieu
force de la gravitation),
grosses pierres placées sur la voie. Ces misérables
Mutes après avoir quitté cos lieux de sinistre mémoire, chacra, 59 kilomètres de Lima, et 1,398 m. d'alti-
Des élections politiques doivent avoir lieu
/ Village, à deux pas de la gare, on a dressé un arc de verdure orné de drapeaux et de bannières; des petites filles Couronnées de fleurs viennent offrir un bouquet à l'heureux candidat qui se trouve dans notre train: ce dernier descend aussitôt et est salué paï les aeclamations frénétiques de toute
conautrefois si fertile,
‘Après avoir dépassé Chosica, on arrive à San-
| quantité d'oranges et de fruits excellents: Le rio scs écrevisses (camarones), qui sont ici bien plus grossés que les nôtres; leurs: pattes sont relativement petites leur queue est très
Pres de où fut assassiné un Français. Un peu plus loin, en mai
1874, un Cat-à-bras (sorte de léger chariot à
quatre roues qui descend sur les rails par la seule
fut'attaqué par une bande de brigands qui le firent dérailler au moyen de
On arrive à la station de Coca- /
dans quelques jours. Sur la place publique du
ET la population” réunie. Monté sur une chaise, il prononce une courté allocution, Bientôt unie caisse de bouteilles d'eau-de-vie; dont il a eu soin de sé munir, est mise à la disposition du ‘public. Lé can-
4 didats donne lui-même l'exemple en buvant dans etje un grand: verré qui ‘circule énsuite à la ronde. À char “partir de ce moment, l'enthousiasme n@ connait HE Fe plus de bornes. Des pétards, éclatent de tous côtés, de nombreuses fusées sont lancées à -la face du soleil : l'aguardiente ne suffit plus; le bar-est en- re
- vähi;-on se. bouscule pour y. pénétrer, tandis qu'au da : dehors; d'immenses verrës de la taille d’une petite” faut - cloche à melon, et contenant au moins trois ou * quatre litres d'une chicha jaune et épaisse, cou- LÉ 'entiè rent de bouche en bouche. Les femmes ne sent pas grà ” les moins àrdentes à la lutte. Cependant le signal : ment s du départ est donné; le train se mét lentement en SE
n'êt:
moi) aux
men
. Chos
réuss marche à travers üne foule en délire, excitée par ide
de copieuses libations, vociférant, dansant et hur-" autré länt avec frénésie. Nous.nous arrêtonsde nouveau: + pire le candidat monte sur la plate-forme, adresse un, ae dernier speech à ses électeurs, puis nous repartons | «lelàdéfinitivement. Les plus acharnés persistent à | nous suivre au pas de course, trébuchant et rou- : lant le long des talus, au risque de se faire écraser. mille fois. Nous les avons déjà perdus de:vue, que res pe nous entendons encore leur cris et leurs hurrahs. uùe l = A San-Bartolomé, dist. 63 kil., alt. 4, 495°%m., en su même répétition d'enthousiasme. Du reste ce spéc-. : . tacle n'était pas nouveau pour moi. Le dimanche horiz précédent, lors du passage du train de plaisir, j j'a- ‘natur ! vais assisté aux mêmes scènes populaires. Rien Hopper
-adoss à cell tache
chaise, il unie laisse soit de sé c. Le canvant dans ronde. À
à counait -
Jus côtés, a face du rest endis qu'au une petite y trois ou
isse, CÔU-
> sonÿ pas le signal emient en citée par it et hur-”
nouveau :, *-
dresse un, repartons 'sistent à
it et rou- :
ce écraser.
‘vue, que hurrahs.
1,495%m., | e Ce spec-.
limanche aisir, j'ares. Rien
à. LE CHEMIN DE FER DE LA CORDILLÈRE 279 n'était changé cette fois, sauf le candidat. En témoin-impartial, je dois déélarer.que l'ovation faite aux deux concurrents était exactement la même, . et jé ne saurais on tirer aucune conélusion sur leurs : : chances réspectixes"d'élection."* © RO … Jusque-là, nous avions suivi à pèu près constamment le fond de. la vallée; maintenant nous allons ‘
“attaquer sérieusement la Cordillère; Un @prme . contrefort, aux pentes presque verticales, se dresse’
|. devant nous et semble nôus barrer le chemin”il
faut cependant l'escalader. Aù premier aborg la +
.. Chose paraît impossiblé, car \ l'espace mänque .
\.entièrement pour développer le tracé sinueux,
grâce auquel un chemin de fer parvient habitüellez à nent à triomph@r de ces Sortes d'obstacles, On y a : réussi cefendant à l'aide d‘un ingénieux système.
:" de zigzags.que je n'ai vu employér sur aucune autre ligné.yJe vais tâcher, en peu de mots, de ine
” faire -omprendre. . Be PM ARTS CE
. Ja voic ferrée ne semblé pas se prolonger au-
delà:te la gare de San-Bartolomé, H-de-sac ‘. adossé à la montagne: Une orale pret ns à celle par laquélle le train vient d'arriver, se.dé- nt tache de la station et gravit hardiment lesPremiëres pentes, toujours en lighe droite; elle aboutit à uñe longue et étroite plate-forme, d'ou elle repart # °°° … eu suifant une direction opposée, qui fa*mène par ee régulière sur un.nouveau tetre-plein de.
horizontal, et ainsi de Suite jusqu'à ce que la - ‘nature dü terrain permette à la voie de se déve- Æopper en courbe, ce qui était tout à fait impos= ë sible le long d'ùne muraille à pot pres verticale.
Or; voici comment le train parvient à escalader . cette série de zigzags : la locomotive, qui marchait en tête à l'arrivée en gare, se trouve en.queue au
départ et pousse le train devant elle; arrivé à
la première plate-forme le conducteur descend,
change l'aiguille des rails, et le train repart machine en tête, pour répéter la même manœuvre" autant de fois qu'il est nécessaire.
* Lorsque l'on accomplit ce trajet pour la première fois, on est réellement effrayé ; la voie est solidement construite, il est vrai, mais elle est étroite, . - à une seule paire de rails, et aucun remblai ne la sépare du précipice qui se creuse de plus en plus à mesure que s’effectue l'ascension. Vous .apercevez ” Sous vos pieds les trois ou quatre terrasses de la voie ferrée surplombant la paroi verticale, et comme accrochées dans l'espace immédiatement au-dessus des toits du village et de la gare de San- Bartolomé. De l'autre côté de la vallée, un sentier pour les mules grimpe audacieusement jusqu'aux sommets les plus élevés.
Cette région est trés riche en plantes grasses ; plusieurs espèces de Cereus y atteignent un grand ‘léveloppement ; à mesure que l'on s'élève, les Pilocereus, aux poils fins et soyeux semblables à une toison de laine blanche, deviennent plus abondants, Aucune autre plante ne peut croître sur ce sol focailleux.
4 Cependant nous nous élevons encore par des pen- ; tes rapides et sinueuses ; nous traversons un bois Fo: d'arbres uno véritable oasis au mieu d'un
pont Il re huit auct men brad
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À première est solide= st étroite, .
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rrasses de verticale, diatement re de Sanun sentier jusqu'aux
2s grasses :
un grand e, les Piloles à une bondants, sur ce sol
r des penis un bois ilieu d’un
pont de fer de Verrugas, le plusjélevé de la ligne. Il repose sur des piles de deux cent cinquantehuit pieds de hauteur. Le tablier est à claire-voie ; aucun parapet ne gêne la vue qui plonge librement au fond de l’abîme, sur une verdoyante quebrada où mugit un torrent impétueux. On raconte que trois mille ouvriers, employés à la construction ” du ‘chemin d , Sont morts dans ces parages à la suite d’une étrarige maladie que l'on a attribuée à la mauvaise qualité des eaux ; le Corps de ces mal- - heureux se couvrait de verrues, d’où vient le nom de puente de verrugas. En face de nous on distingue les murailles ruinées d'innombrables terrasses étagées sur le revers de la montagne :.ce { qui subsiste encore de ces immenses travaux F2 teste le degré de civilisation et de prospérité qu’avait atteint le pays sous la domination des Incas. Nous arrivons à une heure à Surco, dist. 77kil., alt. 2,028 m.; même foule et mêmes scènes qu'aux stations précédentes. Beaucoup. de costumes pittoresques, spécialement en usage parmi les populations de la montagne. Les Indiennes se parent de grosses épingles en argent, à tête plate et ornementée. Leur robe est serrée à la taille par une ceinture rouge dont les dessins bizarres rappellent le style antique; quelques-unes portent sur le côté droit un tablier noir rayé de gris, signe de deuil en mémoire du dernier Inca Atahualpa, mort, en 4533, victime de la trahison et de la cruauté des Espagnols. D'autres, les plus riches, se drapent dans de légères mantilles en fil de Gua-
A an rFh z e: Ü
talupe, fabriquées dans ie nord du Pérou, etdontla
valeur n'est pas moindre de cént cinquante francs. Les hommes ont des chaussures en peau {le chèvre, et des poñchos d'un brun \jaunâtre En poil de Vigogne. Ces ponchos, d’üne qualité excellente, se vendent aussi fort cher ; on en voit /souvent qui ont coûté cent soles, et même davanté ge.
‘ En quittant Surco, nous longeon le torrent qui
bondit au fond de la vallée. On s'élève en zigzag.
Tout à coùp hous apercevons sur la voie un indi-. vidu qui nous fait des signaux désespérés. Le train .
s'arrête complaisaniment; un photographe braque son-objectif, etnous voilà tous pris. Ce n’est pas la seule fois que j'ai été à même de constater, au Pe-
lou, la sollicitude presque paternelle des conduc- .
teurs de chemin de fer envers le public. Le train
s'arrête volontiers pour recueillir une personne .
isolée qui chemine paisiblement sur la voie ferrée ; ou bien encore pour déposer des hagages sur li route de quelque hacienda perdue dans la monlagne. J'ai même vu une fois le mécanicien faire rétrograder le convoi pour aller chercher deux voyageurs qui s'étaient oubliés .au buffet de’ li slation.
85 kilomètres, — pont de Challapa, remarquable construction tout en fer; on l'appelle aussi pont des Français, parce qu’il a été fabriqué entivrtment en France, et ajusté au Pérou par des ouvriers français. En face, village indien de Guarachillo, et champs bien cultivés.
88kil., de Lima, alt., 2,374 mèt. — Matucana, station importante, avec quelques maisons asséz bien
nu 1,20 Visc Cor D'oc Mat En | frai chal fait nuel plu\ flûe
construites. Au delà, IC paysage devient de plus
des
ante francs.
1 de chèvre, n poil de cellente, se souvent qui re.
torrent qui e en zigzag.
ie un indi-.
és. Le train.
phe braque n'est pas la ter, au P6-
les conduc-
ic. Le train
e personne.
voie ferrée:
ages sur li 1S la monicien faire cher deux iffet delà ] :
marquable aussi pont ué enticrar des oude Guara-
acana, sfaassez bien
en plus grandiose; la voie grimpe le long d'une étroite corniche; les tunnels se succèdent rapidement. Après avoir traversé le pont de Chaupichaca, la route s'enfonce. dans des impasses que l'on évite au moyen de brusques détours. À chaque instant on se demande ne on pourra franchir la gigantesque muraille de rocs à pic vers laquelle nous nous dirigeons en droite ligne,
et qui, partout, semble obstruer le passage. En-
fin, ce qui paraît impossible se fait. Nous aperce-
- vons, au-dessus et au-dessous de nous, des tron-
cons de cheïin de fer, des tunnels, des ponts, et, Ru ee nous arrivons à Tamboraque, — 106 kil. dist. et 3,000 m. alt. Après quelques minutes de-repos, nous reprenons notre vertigineuse ascension. Encore un dernier zigzag et nous voici à San-Matco.. : Se Le village, assez important, est à quelques minutes au-dessous de la station; il renferme 1,200 habitants, avec les annexes de Tanrbo-de- Viso et de Chicla. A cette hauteur, le climat de la Cordillère est bien différent de celui de Lima. D'octobre à mai, il y pleut tous les jours jusqu'à Matucana, et quelquefois même un peu plus bas. En hiver, il ne gèle pas, mais les nuits sont tres fraîches, surtout en juillet et ‘août; bien que la chaleur soit forte dans la journée. En janvier, il fait plus chaud, mais la pluie est presque continuelle. En somme, cette région est généralement pluvicuse, mais le terrain y sèche vite. Sous l’in-
flüence d'un climat si différent de celui dé là côte,
nt de plus
des "SU des champs verdoyants, sëpa-
rés par de petits murs en pierre, s'étendent autout dans ‘ du village. Les cereus ont disparu ; le seul repré- porte sentant de la famille.des cactées que je rencontré ! hâte aux abords de- la station est une espècé d'Opurtin ment à branches cylindriques, très méchante plante aux table terribles épines. : | ; M nutes Un quart d'heure après avoir quitté San-Mateo, emph on passe le fameux pont de l'Infernillo qui réunit hospi *: deux tunnels en f ranchissant une erevasse formée Dés Par deux murailles de rochers&ffc, d'une haëteur Dos considérable. Au fond de l'abîme, un torrent roule une avec fracas ses.ondes écumantes. Rien n'égale la j'aper Sauvage horreur de cesite unique au monde. Plus mais loin, le hemin de fer a emprunté le lit même du mont torrent que l'on a détourné par un conduit son- | l'air € terrain. en je gr . Enfin, après de nouveaux Zzigzags, on pénètre ; une C ÿ dans un dernier tunnel qui débouche sûr un pont : telle en fer ;de l’autre côté se trouve la station d’Anchi: marc 419 kilomètres de Lima et 3,445 mètres au-dessus faite du niveau de la mer. C'est là que descendent tous reste, les voyageurs; le érain continue sa route à vide encor jusqu'à Rjo-Blanco, près de Chicla, 3,725 m., où se roula trouvent actuellement le dépôt du matériel et les: vais, bâtiments de l'exploitation. somb Ceper terra soute labeu - ces has
/ ÿ A / ent autour
eul repré-
rencontre d'Opuntia plante aux .
an-Mateo, qui réunit
sse formée le hauteur rent roule n'égale la )nde. Plus
même du
duit sou-
n pénètre
”.un pont :
d'Anchi:
au-dessus dent tous le à vide m., où se iel et les:
train de in'à huit reñ chef e recom- UX, r'ésigare: il ‘un gite
".nutes au=dessus du village, et-qu'il occupe avecses
; nie © à dans l’une des pauvres er 16s en planches qui
portent le nom d'hôtel, etq e l'on a édiftées à hâte aux alentours dé la stdtion ; il tint Ro
ment à me recevoir ‘dans là petite, mais confor-|
table habitation qu’ “il s'est construite à dif” mi-
employés. Je trouvai chez lui la plus cordiale
hospitalité.
Désireux de mettre à profit le peu de temps qui
me restait avant la chute du jour, je voulus faire
une promenade dans la direction d'un glacier que
j'apercevais à la hauteur d'environ 5,000 mètres ;
mais j'avais compté. sans le soroche ou mal des |
montagnes, causé. par l'extrême raréfaction de l'air à de pareilles altitudes. De plus; la pente que je gravissais était fort raide ; je ressentis bientôt une oppression accompagnée de malaise et d’une telle fatigue, que je me i ontraint d’abord de marcher très lentement/uis de m'arrêter tout à fait et de renoncer à mon projet d’ascension. Du
reste, le jour baissait rapidement; je contemplai
encore une fois l’admirâble panorama qui se dé-”
vais, la vue plongeait sur un chaos de montagnes sombres et noires, aux sommets couverts de neige. Cependant, autour de moi, partout où la nature du
roulait à mes Dee De la hauteur où je me trou*
terrain l'avait permis, de petits champs cultivés, soutenus par des murs en terrasse, attestaient le.
labeur patient de la race indienne qui, jusque sur
. ces hauteurs désolées, cherche à arracher à un sol
ingrat une maigre subsistance.
Un excellent diner, rréprochablement servi,
m'attendait au logis. M. Laramie, comme la plupart des employés supérieurs de la ligne de Ja Oroya, est citoyen des États-Unis. Avant de venir au Pérou, il avait travaillé à la constrüctien du grand chemin de fer du Pacifique qui franchissant les Montagnes Rocheuses et la Sierra N evada, relie New-York à/San-Fantisco. L'année précédente,
j'avais nd deux fois cette ligne dans toute .
aussi, malgré ma connaissance.
bien imparfaite de la langue anglaise, nos sou- . venirs communs de voyage firent-ils le.sujet de .
son .étendué ;
la conversation. : 7 Le lendemain, au point du jour, le thermomètre marquait seulement &. Je pris congé de mes ai-
mables hôtes, et je descendis au pueblo d'Anchi, où :
je pus examiner à mon ‘aise une troupe de lamas que l'on chargeaït de fardeaux dans la cour d'une auberge. Cet animal, doux et sobre, est un précieux auxiliaire pour l’Indien de la montagne: on le rencontre rarement dans les régions basses où il dépérit prom ptement. Les hautes régions de la Cordillère sont sa véritable patrie: il rend de grands services comme/bête.de somme, mais à la condition"dé ne pas être surmené,. On ne lui donne qu'une ons quintal espagnol (46 kilogrammes). Alors rien n’égale la sûreté de sa marche à travers les sentiers les plus escarpés; mais si ce
poids est dépassé, l'animal se couche aussitôt et
s’obstine à refuser tout service.
J'avais formé le projet de redescendre à Lima par le car-à-bras, seul aveé un employé de Ja compa-
l'on ch descen Il est
homme \manoet
jointe
On con de mo:
dévien:
à sa pr
Par
| rapide:
vionS seriohs au der nation geurs.
La:
montée massac motive tunnel
. teur eu
mal. D sentier comme deux h
Enr sa faib] qui fai conçu, la con:
8nie. Comme je l'ai déjà dit, ce léger véhicule que.
La
me la plugne de Ja it de venir rüction du anchissant vada, relie récédente,
dans toute .
nnaissance .
nos sou- .
e.sujét de :
rmomètre le mes ai-
’Anchi, où :
> de lamas our d'une 1 précieux ne; on le sses- où il de la Corde grands la condiui donne (46 kiloa marche ais si ce issitot et
Lima par \ compa-
LE CHEMIN DE FER DE. lA-CORDILLÈRE .
l'on charge dans le train à la montée, effectue sa descente au moyen de la seule inclinaison des rails. Il est monté sur quatre roues basses; un seul homme suffit pour diriger cette machine dont la imanœuvre demande toutefois une grânde habileté
jointe à une parfaite connaissance de la route. j P
On one ni il'est essentiel de régler et de modérer 14 vitesse de la course qui bientôt déviendrait irrésistible si le car était abandonné à Sa propre impulsion. Pau
ar ce moyen, la descente s'effe tue bien lie
| rapidement qu'avec le train ordi aire. Nous de-
vion$ partir un peu avant le chemi de fer et nous seriohs arrivés à Lima deux heur s plus tôt ;ssimais, au dernier moment, le car reçuf une autre destination et je dus me Hs train des voyageurs.
La- descente est encore plus effrayante que la'. montée ; elle s'effectua sans autre incident que le massacre d'un âne et d’ hé mule que notre locomotive, lancée à toute vitesse, broya au sortir du tunnel de San-Matéo ; heureusement leur conduc-
. teur eut le temps de se jeter de côté et n’eût aucun
mal. Dans ces montagnes où'il n'existe que des sentiers abrupts, la voie ferrée est souvent ufilisée comme chemin par les piétons et les cavaliers. À deux heures et demie, j'étais de retour à Lima.
En résumé, le chemin de fèr de la Oroya, malgré sa faible étendue, .est une œuvre gigantesque et qui fait le plus grand honneur au pays qui l’a conçu, à l’Américain Meigg qui en a entrepris la construction, et aux ingénieurs ques ont°su
cule ( cul
triompher de difficultés que, de prime abord, on ‘aurait pu croire insurmontables. Sur toute la