ACTUELLE
lint-Pierre occupe remplacement du cirque où Néron se it à sa passion pour les courses de chars; beaucoup de
ignotti, Hùtoiré de Toscane : cette histoire raconte^ elle est amu-
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martyrs y trouvèrent la mort*. î^s premier» chréticus ensevclireut leurs restes daus uue grotte placée au pied du mont Vatican ; peu après, saint Pierre ayant été mis en croix (voir le tombeau du Guide au Vatican, son corps fut transporté dans rc cimetière par un de ses disciples appelé Marcel. Sic di- (itur.
L'an G*) de Jésus-Christ, le pape Anaclet fit ériger un oratoire dans le lieu où l'apôtre avait été enseveli.
L'an r>06, Constantin se fit chrétien pour se doimer un parli v\ faire oublier ses crimes.
Conquérir l'empereur était un pas immense pour la nouvelle religion ; on fut bientôt d'accord. Pour prix de Pabsolution générale que lui conférait le baptême, le nouveau chrétien dut faire élever une somptueuse basilique. C'est l'antique Saint- Pierre, dont aujoiu'd'hui il ne reste plus rien '.
Cette église eut la forme d'un carré long, et fut divisée eu cinq nefs séparées par quatre rangs de vingt-deux colomies chacun ; elle avait cinq portes et ressemblait beaucoup à Saint- Paul hors des murs. Suivant l'usage de la primitive Église, cette basilique était précédée par une petite place carrée eu-
^ Voici le récit de Tacite (Ann. liv. xv, g 44) :
Pereitntibus adâita ludibria ut ferarum tergis contecU laniatu cùnum iiUerirent, aut crucibus affixi, aul flammandif cU que ubi defecUut flies in usum nocturni luminis urerenlur, Ilorlos suot ei spectaculo Nero nbtulerat, et circense ludibrium edebat, habita aurigœ permixluê pîén, vel curriculo insistens. Dès que la religion des martyrs a été la p!iM t'orle, elle a eu ses auto-da-fé, et plusieurs rois d'Espagne en ont jovt comme Néron. Les pauvres brûlés sont toujours les mêmes, lésâmes passionnées cl poétiques. La civilisation, en étiolant ce!^ deux dernières •judiités, va détruire la cruauté.
^ Voir Gibbon. Cet écrivain est savant, il dit l<i vérité; mais il Gial la saisir à travers un style déclamatoire. Gibbon avait de la pctitctsc 'hnrs le caractère, et sacrifiait à la mode.
éc d'iia pofttque (comine celui de la Madoue de San-
à Milan). Ce portique était soutenu par ijuaraote co- . On enleva toutes ces colonnes aux temples de la relioe Tempereur abandonnait.
lasiliqne élevce par Constantin dura onze siècles. Vers ^iO, elle menaçait ruine, et Nicolas V entreprit de bàtir iveau Saint-Pierre. Ce pa|>e fut un homme d*un vrai géqui peut-être aima les arts d'un amour plus sincère quo i lui-4nême. On démolit par ses ordres le temple de » Anicius, situé tout près de Faucienne basilique; et,
place qu'occupait le temple, on jeta les fondements nouvelle Iribune en dehors et au couchant de Tanciennc
à laquelle on ne touclia point. Rossellini et Léonle Alberti furent les architectes de Nicolas V ; mais ce
mourut (1455), et le nouvel cdiGco, qui n'était élevé ; quatre ou cinq pieds au-dessus du sol, fut abandonné, les années après, Paul II, Véiiilieu, donna cinq mille our le continuer. Toutes les nations de la chrétienté fai-
des offrandes à Saint-Pierre de Rome. Leur produit
I considérable, que le clergé de Téglise était largement ar les offrandes reçues à certaines fêles de Tannée, deheure de tierce jusqu^iu lendemain.
II parut sur le trône pontiûcal Jules H. Ce pape avait le les grandes rhoses. Si Ton considère ce qu'il a lait et vancé auquel il lui fut permis de commencer à agir, on ; comparer à Napoléon. Il ii a régné que dix ans, de 1503 L II était né à Savone, et s'appebit délia Rovère (du . De là le chêne qui form il ses armes et que Ton reeo mille endroits de Rom . Jules U voulut finir Saint- ; il se connaissait en hom s, et choisit le dessin du s Bramante Lazzari; il lui dit de chercher à faire la die chose du f^mmuIo et de ne pas songer à la dépense.
Bramaule admirait la coupole de la cathédrale de Florence; il sentit que cet ornement, par son inutilité et par sa grandeur, convenait à la religion chrétienne. Bramante se proposa de surpasser la coupole de Florence : la sienne devait être éclairée d'une vive lumière ; il avait élevé jusqu'à la corniche quatre énormes piliers destinés à la soutenir, lorsque la mort l'arrêta.
L'église devait avoir la forme d*une croix grecque (dont les quatre branches sont égales).
Bramante mourut eu 1514, une année après Jules II. L^aimable Léon X parvint au trône, d'où le poison le précipita neuf ans plus tard, en 1522. H donna pour architectes à Sainl- Pien'c Julien de San-6allo et le grand Raphaël. Ils fortifièrent les fondations des quatre piliers, qu'ils jugèrent trop faibles l)our soutenir une coupole immense. Raphaël conçut, dit-oo, le projet de doimer à l'église la forme d'une croix latine, celle qu'elle a maintenant. En 1520, une imprudence d*amoar et Terreur d'un médecin conduisirent ce grand honune au toBibeau. Les architectes nommés par plusieurs papes changèrent souvent le plan de l'édifice. Enfin Paul III, ne se laissant point égarer par des intrigues puissantes, donna la direction de Saint-Pierre à Michel-Ange (1546).
Ce grand homme eut l'idée de donner au dôme de Saiul- Pierre la forme du Panthéon ; il fit le modèle, mais il mounl avant que la coupole fût achevée. Heureusement Michel- Ange était à la mode lorsqu'il mourut, et, malgré l'envie qu'ils en avaient, on empêcha ses successeurs de changer le dessin de la coupole. Elle ne fut achevée qu^en 1575, par Jacques deUa Porta. La voûte extérieure fut construite en vingt-deux mois, sous Sixle-Quint; mais les architectes changèreut le dessin de la façade, qui, au lieu du triste placage que l'on voit aujourd'hui, devait se composer de colonnes isolées comme celks
PROMENADES DANS ROME. iil
du Pambéon. L'd[>sciirité qui règne au fond des portiques de ce genre convieut tout à fait à la religion chrélienne. Le vestibule actuel de Saint-Pierre pourrait mener à un théâtre.
Paul y (Borghëse) eut la gloire de terminer le plus bel édifice du monde. Charles Madenie, plus courtisan qu'architecte, reprit ridée de la croix latine, afin de renfermer dans la nouvelle basilique tout Tespace occupé par raucieune, et qui avait été consacré par le sang des martyrs et par un culte de onze siècles. Cet architecte voulait plaire aux prêtres et mourir riche. Il éleva de chaque côté de la nef les trois chapelles les plus voisines de Ventrée, et termina en 1Gi2 la façade, sur laquelle on lit en caractères énormes :
PAVLVS V BVRCHESITS R03UNVS, CtC.
Le Bemin ajouta plus lard les deux grands arcs aux extrémités de la façade ; il commença la construction d'un clocher que, fort heureusement, on fut obligé de démolir. Il fit (misuile la fameuse colonnade sous Alexandre VII, et TefTet ^\o Saiot-Pierre fut doublé.
En 1784, PieVI a bâti une sacristie; mais, de son temps, Farehitecture touchait au dernier terme de la décadence. Heureusement on ne voit guère cette sacristie, cachée derrière le i'6té gauche de Téglise, dont elle gâte le contour extérieur.
Si je ne craignais d'abuser de la patience du lecteur, je placerais ici quelques extraits du livre curieux que Fontana a publié sur la basilique du Vatican (Tempio Valicano illustrato, etc., in-fol.). Suivant Fontana, les sommes dépensées pour cet édifice s'élevaient, en 1094, à quarante-sept millions d'^us romains. L'écu romain, qui vaut aujourd'hui cinq francs Irenle^uit centimes, ne valait alors que trois francs douze iiols, monnaie de Louis XIV. Saint-Pierre avait donc eoAlé
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roui Hokanio-iieuf millions deux cent mille livrer. Bu 1694, [o marc «rargenl valait quarante francs; il en vaut maintenant eiuquaule-cleuY. Ainsi, en monnaie d'aujourd'hui, Saint-Pierre avait cot^té, du temps de Fontana, deux cent vingt millions do rrancH.
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