Promenades en Italie
Voici quelques tableaux d'histoire, quelques paysages italiens aux lignes graves, dignes du Poussin, d'une lumière très pure, la Campagne romaine, les montagnes Volsques, les solitudes monacales de Subiaco ; puis, des ruines, les visions d'un passé tragique, d'une humanité éteinte, les tristesses du vieux Ghetto romain, Préneste, brûlée par Sylla, saccagée par Boniface VIII ; debout sur sa montagne, Anagni, dont la cathédrale rend encore l'écho des cris désespérés de ce même pape Boniface, le jour où tomba,
PRÉFACE
outragée en sa personne, la papauté féodale; les villes mortes des marais Pontins, à demi ensevelies dans la fange et qui dorment sous un linceul de fleurs; enfin, là-bas? noyé dans la brume des marécages, le fantôme impérial de Ravenne, avec ses églises décrépites, ses rues vides et sonores et, perdue au loin comme en un désert, sa haute basilique de Saint-Apollinaire-in-Classe, que bercent éternellement la plainte du vent de mer à travers les derniers arbres de la Pineta et le lointain soupir de l'Adriatique.
Une femme distinguée a détaché ces pages des Années de voyages de Ferdinand Grégorovius et les offre aux lecteurs amis des méditations sévères. Ce livre peut être le compagnon des voyageurs curieux de visiter, en dehors des sentiers battus par les migrations de touristes, quelques-unes des régions de l'Italie les plus grandes par les souvenirs. C'est surtout le moyen âge qu'a évoqué Grégorovius partout où il passait. Et personne, en ce siècle, n'a aimé et révélé