‹ Promenades en NorvègeChapitre 19 sur 72 · NOUVELLE APPLICA.TION DES CASCADES · texte numérisé non relu

NOUVELLE APPLICA.TION DES CASCADES

■pEXDANT que je vous raconte cela, nous avons fait du chemin. "'' Tout en promenant nos regards sur les petits lacs que nous lais-

i»romi:nai>es en norvixu:.

sons à nos pieds à ^^auche. ol sur les géants de glace dont le faîle se dore aux derniers rayons du soleil, nous ,sonnnes sortis de la i"6-

ENFANT SE RENDANT A L'ÉCOLE SUR ski's (voir p. 92).

<>ion des neiges et, en des circuits à Tinfini. nous sommes descendus jus({ue daiis la profonde vallée Vasdal.

DE CHRISTIANIA A IIARDANGEUFJORD.

Voilà ciuoro ,imc iiuignifique cascade, le Novic-Fos. Ah! si vous l'aviez à Lyon, se lançaiil di's hauteurs de Notre-Dame de Fourvière, où habile Iti bonne grandinaniaii des missionnaires, M""^^ Baux-Bé-

ALLANT A L'ÉGLISE SUR skt's (voir p. 92).

thenod, présidente de l'Œuvre apostolique de Lyon, — se lançant de ces hauteurs tout droit dans le Rhône, que diriez-vous? Nous n'aurions pas de peine à vous la céder, car }es cascades sont légion chez nous, et souvent nous ne savons qu'en faire.

DS i'U(>mi;n\i)i;s en NORVi:(ii;.

Je dis: souviMil. Souvent aussi nous savons Irès bien en lirer profit. Je vous ;ii déjà dit qu'on les emploie de plus en plus à activer les fabriques, soit direetenient, soit indirectement par J'intermédiaire de rélectricité. Mais dans les tout derniers temi)s on leur a trouvé un nouvel emploi. Vous savez (jue le gaz a de terribles concurrents: la lumière électrique, Jcs becs Auer, enfin l'acétylène.

Il est yrai que ce dernier est extrêmement explosiblc et pour cela d'un emploi dangereux; mais il donne une Jiumière admirîible, et les. savants arriveront bien à le dompter. Seulement, pour produire 1.000 kilos de carbure de calcium, sel générateur du gaz acétylène, un cheval devrait travailler pendant une année entière. Eli bien, si, au lieu de chevaux, qui ont besoin de foin et d'avoine, si, au lieu de machines à yapeur, qui mangent beaucoup de charbon, nous attelions, aux machines productrices de carbure nos cascades, qui ne consomment ni foin ni charbon? C'est précisément ce que nous sommes en train de faire, et Dieu sait si le jour n'arrivera pas où les rues de Lyon seront éclairées par un produit dû à l'activité du Novle- Fos, même s'il reste à sa place au Vasdal.

Bon, nous yoilà arrivés au bord du magnifique lac Roeldalsvand. Mon cocher me signifie qu'il faut absolument loger à l'Hôtel Roeldal.

« — Il se fait tard, dit-il, les chevaux sont fatigués, et puis on est si bien à V Hôtel Roeldal. »

«. — Je yous ai dit que nous voulons loger à l'Hôtel Bredfond, à onze kilomètres d'ici. Puisque vos chevaux sont fatigués, nous en prendrons d'autres au relais, et vous retournerez en paix d'où vous êtes venu. »

Devant ce parti-pris bien arrêté, le cocher n'insiste pas; il sait fort bien que ses chevaux fourniraient sans surmenage aucun une traite double de celle qui reste à faire.

Nous passons au galop devant la porte de V Hôtel Roeldal. Une dame y est plantée et semble nous attendre. Si vous aviez vu le regard qu'elle jeta au cocher! Je ne saurais le traduire que par le mot « Traître » mis à la dixième puissance. Quel supplice pour le pan-

m: CHRISTIANIA A HARDANGERFJORD. 99

vro lioninie! Impossihk' de nous avouer (juil avait promis, nalurclliMuent contre un Ixm [)ourl)oire, de nous déposer à V Hôtel lioddal. hôtel excellent du reste, je puis le recommander ,eii mon âme et conscience. Si je n'y suis pas descendu, c'est (lue je ne veux pas (pfon me force la main, et (jue je contrecarie toutes les tentatives d embauchage que je peux découvrir.

Xous arrivons donc à V Hôtel Bredfond, que je connaissais depuis longtemps J. Nous y prenons gîte et y vivons comme une souris dans un Iromage de Hollande.

Page 1