I. Voir Tournée pastorale, p
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011 piorrc. Mirgirent coniiiu' [)ai- cnchaiileinenl de cet ancien sol cullioliciuc. dominant la ville et en lurniaiil un des i)lus beaux orneincnls. ^Voir la grau. p. 115.)
Ici encore l'aniabilité des aulorilés civiles ne s'est pas démentie. On nous accorda toutes les dispenses dont nous avions besoin pour ces consli'uclions, (jui soiiaienl du cadre des règlemenls ordinaires.
Pour relever notre petite propriété, nous aurions désiré une rue le lonu tlun de ses côtés. J'en fis la demande au (Conseil communal, et quinze jours Après j eus la réponse que Ja commune ouvrirait la rue à ses Frais et avait immédiatement alloué le crédit nécessaire»; la rue reçut le nom catholi(iue de Saint-Olai".
Le dimanche 13 mars 1898. je devais bénir la nouvelle église et l'hôpital. Le 10 mars, M. le curé, qui avait déjà fixé sa résidence à Stavanger. réfléchit qu'un trottoir le long des rues qui accèdent à l'église embellirait de beaucoup le tout. Il alla trouver le maire el lui fit part de son idée :
« — Vite. vite, envoyez-moi une demande en due forme, » répondit le magisti*at. Une heure après, il avait la demande. Le lendemain matin, une petite ai'niée d'ouvriers était déjà en train de poser le trottoir. On travailla jour et nuit, et le samedi soir tout était fini.
Le 13 mars fut une fête pour la ville entière. Il fallut distribuer des billets aux notabilités et aux catholiques pour éviter l'encombrement. Lorsqu'à 10 heures je sortis de l'hôpital pour me rendre en procession, mitre en tête et crosse en main, à la nouvelle église, je fus presque effrayé en voj^ant l'immense foule de protestants qui se pressait à perte de vue. Depuis plus de trois siècles, cette ancienne cité épiscopale navait vu ni évêque ni prêtre catholique officier en plein air. et c'était de ma part un acte d'audace de faire ma première apparition avec toute la publicité et toute la pompe possibles. Mais je n'avais pas compté en vain sur l'aimable caractère de nos chers Xorvégiens. Respectueusement, dans le plus profond recueillement, mêlé naturellement de curiosité, la foule silencieuse nous ou-
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vril un Jaif^c passage, el la police en Iciiue de |:^ala, (jui lonnail la haie, n'avait (]ii"à parader.
« La procession n'était pas l)ien nonil)reiise, mais elle fut d'un effet très solennel, dit dans sa relation, tro]) J'iatleuse pour ma pauvre l)ersonne, le journal protestant Slavangcr Auis... L'évoque est uji lioninie imposant, vénérable et, à ce qu'il paraît, d'une capacité peu commune. La yue des ornements, de la croix portée devant lui, de sa mitre et de sa crosse, donnait l'impression (juil représente une grande chose. »
Après avoir niinutieusement décrit les cérémonies de la bénédiction, le journal ajoutait:
« L'évè([ue monte en chaire... L'explication des cérémonies et des objets du culte qui se trouvent dans l'église, }ui fournit l'occasion d'exposer les institutions catholiques et de les défendre à rencontre du luthéranisme. Il expliqua encore pourquoi on avait construit cette église. Ce n'était pas parce que les catholiques considèrent les luthériens comme des païens, mais parce que c'est pour eux un devoir de travailler au rétablissement de l'Église, pour qu'il y ait un seul troupeau sous mi seul pasteur. Les catholiques ne sont pas des intrus en ce pays. C'est l'Église catholique qui a christianisé la Norvège, c'est elle qui a construit les magnifiques cathédrales, y compris celle de Saint-Svithun à Stavanger. L'Église catholique revient donc là, aux lieux d'où on l'avait chassée. Tous les historiens norvégiens sont d'accord pour remai'quer que leurs pères ne se sont pas séparés librement d'elle, mais forcés par des monarques étrangers. »
Ensuite le journal décrivait la messe pontificale célébrée après le sermon, et relevait surtout la beauté des chants, auxquels même des dames protestantes prêtèrent leur concours.
Les quatre autres journaux quotidiens de Ja ville ne furent ni moins explicites, ni moins aimables dans leurs relations. Le Stavanger Aftenblad releva sm-tout l'esprit de sacrifice des catholiques pour leur religion.
« Il faut le dire à leur honneur, personne n'arrive à égaler leur esprit d'abnégation en faveur de leur Église. Ils agissent en gens convaincus de la sainteté de leur cause. » »
1)1 II vni)AN(ii;nr.!()Rn a sta\ \\(.i.h.
Quel hoiiunagc rendu au\ hiciirailcurs des juissions! Qu'ils soient persuadés (jne. moi non plus, je ne les ai |)as oubliés, lors(]u il m'a été donné de l'aire deseendre pour la |)remière l'ois sur eel liumble autel et dans ee labernacle le Pasleur des pasteurs, le divin Agneau.
Dans rai)rès-mi(li. jious procédâmes avec Ja même solennilé à la bénédiction de 1 hôpital. Même foule, mêmes marques de respect. Après le Salut, un modeste dîner réunit les autorités de la ville cl
ÉGLISE SAINT-SVITHUN, A STAVANGER 'voir p. I lo).
nos amis. Xous étions installés, et au milieu de ces hommes si sympathiques, nous nous sentions déjà comme chez nous...
En revenant avec mon compagnon de voyage à Stavanger pour régler les derniers comptes, j'appris que les dispositions bienveillantes, tant des autorités que de la population, n'avaient pas cessé un seul instant de se manifester, et qu'à tous les offices l'église était remplie jusqu'à la dernière place. Que le Seigneur en soit béni!